i VICi:S DE CONKOH.MATION DU BASSIN
la main de l'accoucheur dans les organes génilaux de la femme. Or, celle introduction, nous l'avons dit, est toujours très douloureuse, même quand le vagin y est déjà préparc par un commencement de travail, et elle est impossible quand une partie du fœtus est placée au-dessous du détroit inférieur : double inconvénient qui restreint à un très petit nombre de cas l'usage qu'on peut faire de ces pcivimètres. De plus, pour employer sans grandes chances d'erreur les inslrunients de Slark, de Kurzwich, de Koëppe et de Siméon, avec lesquels on mesure l'étendue des diamètres au moyen d'un fil de soie qu'on tend d'une extrémité à l'autre de ceux-ci dans la cavité du bassin , il faudrait que les parois du vagin n'offrissent pas de résistance à la distension, et que le col de la matrice ou quelque partie du fœtus ne fissent pas dévier le fil de la ligne droite qu'il doit parcourir dans ce canal d'avant en arriére ou d'arrière en avant; conditions que présenteront bien peu de femmes hors l'état de grossesse ou pendant le travail de l'accouchement ; enfin, Asdrubali et Kurzwich, en coiffant, l'un son index et l'autre son pouce d'un dé propre à en augmenter la longueur, ont fait perdre à ces doigts la qualité essentielle qu'ils possèdent, le toucher, et nous verrons tout à l'heure un groupe entier de pelvimèlrcs manquer de précision, parce que ce sens ne peut être employé d'une manière permanente pendant leur application.
Le deuxième groupe comprend les pcivimètres composés de tiges graduées ou non graduées, droites ou courbes, simples ou doubles, avec ou sans curseurs mobiles, dont on dirige l'une des extrémités sur le promontoire et l'autre sur la symphyse des pubis, pour obtenir, après réduction, la longueur du diamètre droit du détroit abdominal ou de l'excavation, ils sont aussi nombreux que les précédents. Ce sont :
1° Le vêtit pelvimètre de Stein l'ancien (pi. 27, fig. 5). — Il se composait primitivement d'une tige droite graduée, terminée par un bouton arrondi ; mais consécutivement, on y a ajouté un indicateur mobile qu'on pouvait fixer sur la tige au moyen d'une vis. On l'introduit dans le vagin en le faisant glisser le long du doigt indicateur préalablement placé dans ce canal; on pousse ensuite son extrémité jusque sur l'angle sacro-vertébral ; puis on relève sa tige jusqu'à ce que sa face graduée soit arrivée sous la sym|)hyse des pubis, et au moyen du curseur on marque le |)oint qui répond à celle-ci. On retire enfin l'instrument, et toute la partie de celui ci, qui reste au delà du curseur, indique l'étendue du diamètre sacro-sonspubien. [Cours d'accouchement, traduit par Briot.)
2° I.e pelvimélre de ^Viedmann (pi. 27, fig. 6) ne diffère du précédent que dans son extrémité libre, qui, au lieu d'élrc arrondie, est, au contraire, con-
cave, de manière à pouvoir se fixer plus facilemen-l sur le promontoire. (Busch, lab. 37, fig. 252.)
3° Le pelvimètre de Crève (pi. 27 fig. 7) , est une tige droite et graduée comme les précédentes , mais creuse à son intérieur, et par l'extrémité de laquelle se dégage un fil ou cordon, qui, d'autre part, se fixe au manche de l'instrument. Quand le bout delà tige est appuyé sur le promontoire, on tend ce fi> sous le pubis et on en mesure ensuite l'étendue qu> est celle du diamètre diagonal. (Leips., 179i.)
li" Le pelvimélre de Cuutouli/ (pi. 28, fig. 1). — Cet instrument, qui est une imitation de cehû qu'emploient les cordonniers pour mesurer la longueur du pied, est composé de deux branches de fer longues de 10 pouces (270 mill. environ), et qu/ glissent l'une sur l'autre. Ces deux branches, droites dans la plus grande partie de leur étendue, sont recourbéesà angle près de leurs extrémités pour y former une sorte de bec -de canne d'un pouce et demi (ÛO mill.) de haut. La branche inférieure est creusée en gouttière et est munie de deux anneaux qui, saisi.s par le pouce et l'indicateur, servent h maintenir l'instrument pendant son application. La branchesupérieure, destinée à glisser sur la première, se termine par un crochet à l'aide duquel on peut la mouvoir; et de plus, elle offresur une partie de sa longueur les divisions du pied métrique. Pour faire usage de ce pelvimètre, on introduit deux doigts dans le vagin, aussi haut que possible, et l'on fait glisser sur eux l'extrémité recourbée des deux branches de l'instrument ; puis on place le bec de canne de la branche inférieure surla saillie du promontoire; on l'y fixe et l'on tire avec l'autre main la branche supérieure d'arrière en avant jusqu'à ce que le bec de canne qui la termine soit arrêté par la symphyse des pubis. On constate alors sur l'échelle graduée le degré d'écartement des deux plaques, qui représente la mesure du diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur. L'examen fini, on fait glisser les deux branches l'une sur l'autre de manière à en rapprocher les deux becs, et l'on retire l'instrument avec les précautions qu'on a dû prendre pour l'introduire. {Mém. et observ. sur divers sujets relatifs à l'art des accouchements. Paris, 1807.}
5" Le pelvimètre de Desbergcre (pi. 28, fig. 2) est une imitation complexe de Vapprèciateur du bassin de Cautoulij, sa forme et son mode d'application n'en diffèrent pas sensiblement. (Desbergère, Beilin, 182ZI.)
6° Le pelvimètre de Salomon (pi. 28, fig. h) se compose d'une tige droite métallique graduée sur sa longueur et terminée par un bouton. Elle est creuse îi son intérieur, et dans son canal se meut un mandrin à l'extrémité duquel se trouve une sorte de bec soudé sur lui à angle droit, et que l'auteur nomme rost)-»»».
DIAGNOSTIC
Pour se servir de ce pelvimétre, on appliiiue le rosirum contre le promontoire, tandis qu'on fixe le boulon de la tige contre la deuxième ou troisième verlèhrc sacrée, et l'on porte sous la symphyse pubienne l'index, qui marque la limite du diamètre droit de l'excavation et du détroit supérieur. {Kist, Uisloria critica Pelvimensorum , Lugd. Balav. , 1818.)
7" I.e pelvimétre de liitgen (pi. 28, fig. 3) est for nié d'une branche graduée avec plaque mobile à .son sommet, destinée à s'appliquer sur la base du sacrum, et d'un bras recourbé glissant sur celte lige et qui doit s'appliquer sur les parties molles placées au devant de la symphyse. On manœuvre ce pelvimétre comme les précédents; seulement on déduit de la quantité trouvée 6 lignes (IZi mill.) pour l'épaisseur de la symphyse. Le reste exprime l'étendue du diamètre antéro- postérieur du détroit abdominal. (Bu.sch, Allas, tabl. 38, flg. 269.)
S" Le pelvimétre de C. Lauwers. — .< Lue sonde de Mayor et un morceau de carton coupé carrément, voilà tout l'appareil qui est nécessaire pour mon procédé, dit l'auteur. .Si je désire connaître le diamètre sacro-|)ubien, je porte: rie bec de la sonde contre l'angle sacro-vertébral, et un coin du carton sur un point noir marqué sur le mont de Vénus vis-à-vis du bord supérieur du pubis. J'applique l'exlréniilé saillante conire le limbe du carton sur lequel je dessine la direelion de l'instrument, marquant avec atlenlion le point ou tombe son pavillon. La sonde étant retirée et replacée exactement sur le carton, rien de plus facile que de mesurer la distance qui en sépare le bec du coin susnommé ; c'est la distance sacro-prépubienne; je porte 2° le bec de la sonde dans le vagin contre le bord supérieur du pubis, ou si, pour un motif quelconque, cette voie ne me permet pas d'atteindre ce bord, je pas.se ma sonde dans le canal de l'urèthre. Le coin du carton est remis contre ce point noir; la direction et l'extrémité de la sonde sont dessinées sur le carton; puis le tout étant retiré de nouveau, la .sonde étant replacée sur les traces qu'elle a laissées sur le papier rigide, la distance du bec au coin me dmine l'épaisseur du pubis, laquelle étant défalquée de la première mesure, m'apprend quelle est la longueur que je cherchais. » [Annales de la Flandre occidentale, année 1855.)
Appréciation. — Tous les peMmètres de ce second groupe agissent à la manière d'une tige de bois, ou mieux encore, d'une règle graduée, avec laquelle on mesure quelquefois la longueur des corps plans ou la capacité de cavités intérieures. C'est là sans contredit un moyen des plus simples d'en connaître tout de suite l'étendue. Mais pour obtenir un résultat exacide celte opération, il faut de toute nécessité que l'on voie les
points précis sur lesquels les deux extrémités delà règle graduée ou de la tige de bois s'arrêtent, et si l'on mesure une cavité intérieure dans laquelle la lumière ne pénètre pas, il faut s'aider du toucher pour diriger les instruments contre les parois de la cavité (mais déjà dans ce cas on agit moins sûrement); enfin, il faut que l'intérieur de cette cavité ne contienne rien qui puisse mettre obstacle à cette exploralion. Or, ces conditions ne se trouvent pas dans un bassin pourvu de ses parties molles. Il y a ici, en effel, des difficultés d'application qui tiennent à la sensibilité naturelle et à la rigidité des parois du vagin, ainsi qu'à la saillie du col utérin ou de quelques parties du fœtus déjà descendues dans l'excavation, si l'on n'explore celte cavité qu'après un commencement de travail. Il y en a d'autres encore qui tiennent à la mise en place de l'extrémité ordinairement arrondie de ces pelvimètres contre le promontoire, et surlout au maintien de l'immobilité de cette extrémité pendant tout le temps que dure l'examen du bassin.
Nous accordons qu'à l'aide de deux doigts ou d'un seul préalablement introduit dans le vagin, on puisse, dans la plupart des cas, diriger le bout du pelvimétre contre la partie la plus saillante de l'angle sacro-vertébral, quoique dans ce cas déjà nous ne trouvions pas qu'il y ait un grand avantage à substituer un instrument au doigt indicateur, comme moyen de mesurer l'étendue du diamètre droit du détroit abdominal (car ce doigl est un meilleur pelvimétre que tous ceux de ce groupe]; mais l'instrument une fois mis en place, les doigts qui l'ont dirigé ne pourront rester dans le vagin, et dès lors qui peut répondre que son extrémité, tout à l'heure exactement en contact avec le promontoire, ne se déplacera pas par le moindre mouvement de la femme ou de l'accoucheur lui même? C'est là le défaut capital que présenlen^les pelvimètres de ce groupe dans leur application. .\ucun n'en est exempt et c'est fâcheux, car ils sont en général simples de construclion, d'un emploi facile et d'une précision qui peut être assez grande.
Toutefois, ils ne jouissent pas tous à un même degré de ces avantages; ainsi, le petit pelvimétre de Stein (l'ancien) ci ceux de 'Wiedniann, de Crève et de.Salomon, ne mesurent que la ligne diagonale qui s'étend du promontoire au sommet de l'arcade des pubis; or, nous avons déjà dit, en parlant du toucher explorateur, que l'étendue de cette ligne n'est pas celle du diamètre droit du détroit abdominal ni celle du même diamètre de l'excavation, et qu'il faut lui faire subir une réduction pour obtenir la véritable mesure de ces diamètres; que de plus, celle réduction, dont les extrêmes varient beaucoup dans les bassins viciés, expose à de graves erreurs dans la pratique. Ainsi encore, le pelvimétre de Crève, qui cherche l'étendue de cette même ligne
126 VICES DE CONFORMATION DU BASSIN
diagonale au moyen d'un fil qu'il contient dans son intérieur, joint aux inconvénients attachés aux instruments de ce groupe, ceux qui appartiennent à plusieurs des pelvimétresque nous avons étudiés dans le groupe précédent. Le pelvimèire de Coutouly a un défaut qui lui est propre et qu'a déjà signalé Désormeaux dans l'article Pelvimétuie du Dictionnaire de médecine (V édition). « C'est qu'en raison de l'obll- » quilé qu'il faut lui donner en ie mettant en place, » l'angle formé par la réunion de sa plaque posté- » rieure avec la règle ou branche qui la supporte » s'appuie contre la face antérieure du sacrum, d'où >' résulte que l'extrémité de cette plaque reste plus ou » moins éloignée de l'anglesacrovertébral. » Gardien (t. I, p. 6û) avance que Coutouly, ayant reconnu plusieurs des inconvénients reprochés ;i son instrument, avait en dernier lieu modifié celui-ci, et dans son mécanisme et dans son mode d'application, en donnant de la mobilité à l'équerre postérieure et en plaçant l'équerre antérieure sur le mont de Vénus, au lieu de l'introduire dans le vagin ; mais alors encore le pelvimélre de Coutouly ainsi modifié a un défaut capital qu'il partage avec celui de Rilgen : l'un et l'autre, en effet, nécessitaient la léduction de la symphyse des pubis et des parties molles qui la recouvrent, |)our donner l'étendue vraie du diamètre droit du détroit sujiérieur, et l'on sait que non -seulement la symphyse, mais encore les parties molles qui la revêtent, et en particulier le tissu graisseux du mont de Vénus, ont un volume qui varie suivant les sujets. Quant au pelvimètrede M. Lauwers, qui est plutôt un pelvigi-aphe, il est infidèle à cause des vaiialions d'inclinaison que donne le carton dans la mesure des diamètres obliques.
Au troisième groupe se rapportent les pelvimètres qui»sont formés de deux branches qu'on développe dans le bassin à la manière d'un compas, et dont on apprécie le degré d'écartcment à l'extérieur r.u moyen d'une règle ou rapporteur placé sur la partie de ces branches qui reste à l'extérieur du vagin. Ici nous trouvons :
1° Le grand pelvinùtre de Stein l' ancien {[i]. 2S, fig. 5). — Nous avons déjà dit que c'était une sorte de pince à anneaux dont les deux branches, d'inégale longueur, sont recourbées en sens contraire à l'une de leurs extrémités, où elles sont pourvues chacune d'un petit bouton ollvaire, et qui, entre les anneaux placés à leur autre extrémité et le point par lequel elles s'articulent ensemble, sont traversées par une règle graduée qui indiquée l'extérieur du vagin le degré d'écartcment que la pression exercée sur les anneaux fait subir aux deux branches. Pour pouvoir être employée dans tous les degrés d'étroilesse du bassin, la petite l)ranche peut recevoir plusieurs pièces
de rechange qui s'y implantent comme dans le corps d'un compas. {Cours d'accouchement, IviniuU parBiot.)
2" Le pelvimétre de Stein jeune (pi. 28, fig. 6) est, comme le précédent, une espèce de pince dont les branches, d'inégale longueur, sont concaves par devant et courbées en sens contraire à leur extrémité supérieure; chacune de ces branches se termine par une sorte de doigtier dans lequel on introduit le pouce et l'indicateur ; à leur autre extrémité elles sont munies d'une petite lame transversale graduée qui marque le degré d'écartcment des deux doigtiers. On peut, suivant son auteur, appliquer ce pelvimétre à mesurer l'étendue du diamètre droit, ainsi que celle des diamètres oblique et transverse du bassin. (Stein, .1»nales, 1813.)
3° Pelvimétre d'Aitken ( pi. 29, lig. 1 ). — C'est une longue pince droite, assez semblable par sa forme à celledont on se sert pour les pansements, mais dont les branches, renflées à leur extrémité terminale, sont traversées à leur autre extrémité par une règle graduée qui, placée au-dessus des anneaux, indique à l'extérieur le degré d'écartcment que l'on donne à l'Instrument dans l'intérieur du bassin. {Principles of midwifery, plate L, fig. û.)
U" Le pelvimétre d'Osiander (pi. 29, lig. 3) est une sorte de compas dont les branches sont recourbées en dehors et qui porte, près de l'articulation de celles-ci, une règle transversale curviligne et graduée sur laquelle se traduit le degré d'écarlement de leur extrémité. (Osiander, Commentalio, etc. Goltlng, 1810.)
5° Le pelvimétre de Jumelin (pi. 29 , fig. 2) se compose de trois lignes métalliques droites; deux de ces liges sont réunies en X par un pivot qui traverse leur milieu, tandis que la dernière, qui est graduée s'articule par l'une de ses extrémités avec l'extrémité externe de l'une des deux premières. Il résulte de ce mécanisme un instrument qui, par i'écartement de ses branches, peut mesurer l'étendue des diamètres du bassin, et qui peut traduire cette mesure à l'extérieur au moyen de la troisième lige qui sert de rapporteur. (Rozier, Mongez et de la Mélhrie, Journal de physique. Paris, 1773 k 1802.)
Appréciation. — Les pelvimètres de ce troisième groupe agissent, on le voit, à la manière d'un compas muni près de son articulation d'une règle graduée, pour indiqiu'r l'écarlemenlde rextrémilé deses branches. Ils seraient ici d'un emploi aussi simple et au.ssi sùrciue cet instrument luimème, s'ils n'étaient pas appliqués dans une cavité profonde et s'ils n'agissaient pas sur des parties dont la résistance à la distension est encore augmentée par le développement simultané des deux branches en sens contraire; au.ssi leur mode d'action nous paraît-il avoir plusieurs des inconvénients que nous avons signalés dans les pelvi-
DIAGNOSTIC
nic'liTS (](.'S deux groupos pm-wlrnls, cl ilc plus quelques autres qui leur sont propres. En effet, la nécessité d'introduire plusieurs doigts, si ce n'est la main tout entière, dans le vagin pour mettre l'instrument en place; l'inextensibililé des parois de ce canal et sa rupture posssible par suite de la marche des deux branches de celui-ci en sens opposé ; la présence du col utérin ou de quelques parties du fœtus pouvant faire obstacle au développemcut de ces branches, et enfin la facilité avec laquelle elles se déplacent au moindre mouvement de la femme ou de l'accoucheur: tels sont les vices capitaux des pelvimètres de ce troisième groupe et qui doivent les empêcher d'être d'un usage fréquent dans la pratique. Ces vices paraissent au reste avoir étéentrevus par les modernes inventeurs d'instruments; car, de tous les groupes de pelvimètres internes que nous avons passés en revue, c'est celui auquel ils ont le moins ajouté.
De l'étude que nous avons faite jusqu'ici des deux classes et des trois groupes de pelvimètres que nous avons cru devoir établir dans l'une d'elles, il résulte qu'il n'en est aucun avec lequel on puisse se flatter de constater d'une manière précise les principaux diamètres d'un bassin normal ou vicieusement conformé. Xous avons vu en effet que ceux qu'on applique à l'extérieur sont loin d'être positifs dans leurs résultats dèsqu'onveut par eux mesurer les diamètres de la cavité intérieure: que ceux qu'on introduit dans les organes génitaux et qui mesurent l'étendue du promontoire au bord inférieur de la symphyse des pubis, ne donnent pas à l'aide d'une soustraction invariable la longueur réelle du diamètre droit du détroit abdominal ; que ceux enfin dont l'action consiste à distendre le vagin en sens contraire sont presque tous inapplicables dans la pratique à cause des accidents auxquels ils exposent. Voyons donc si la troisième classe de pelvimètres que nous avons faite, et dans laquelle nous plaçons ceux qui agissent à la fois ou mieux successivement h l'intérieur et ii l'extérieur du bassin, offrent des avantages réels sur ceux-ci.
Troisième cla.sse — Des pelvimètres mixtes.
A cette troisième classe se rapportent les pelvimètres de madame Boivin et ceux des docteurs Wellenbergh. Van Huèvel, Ce<k et Amant.
1" Le pelvimètre de madame Boivin (pi. 29, fig. à) se compose de trois pièces princi|)ales : deux grandes de 12 pouces (accent.) de longueur avec leur courbure, et une petite de 7 pouces (13 cent.), y compris son manche. Avec ces trois pièces l'auteur fait deux instruments distincts et séparés qui forment un appareil complet do mensuration du bassin ; l'un est un compas d'épaisseur, l'autre un intra-pelvimèlre.
Lcpremier est constitué par deux tiges recourbées vers leur tiers inférieur (A et lï), égales de volume et de longueur, dont l'une, fixée sur un manche et graduée dans sa portion droite, sera appelée branche rectale, et dont l'autre, terminée à son extrémité supérieure par une pièce à charnière et à mortaise destinée à recevoir l'extrémité de la première branche et pouvant se fermer par une vis de pression, sera appelée branche du rapporteur, parce qu'elle est munie d'un quart decercle gradué (E) qiii, en traversant la branche rectale , indique l'écartement des deux jambes du compas d'épaisseur que l'écartement ainsi formé représente On s'en sert du reste de la même manière que de celui de Baudelocque.
Le second, ou l'intra-pelvimètre, est composé de la branche rectale du précédent instrument et de la troisième pièce longue de 7 pouces (13 cent.), indiquée plus haut. Celle-ci (C), recourbée sur deux sens opposés, et comme les deux premiers terminée à son extrémité libre en bec-de-cane, offre à son autre extrémité une mortaise destinée à recevoir la branche rectale sur laquelle on la t'ait glisser quand on manœuvre l'instrument à l'intérieur du bassin. Cette branche peut être fixée sur la branche rectale au moyen d'une vis de pression que porte le manche en trèfle qui la termine. Comme elle est destinée à être introduite dans le vagin, cette pièce est désignée sous le nom de branche vaginale.
Voici comment on applique cet intra-pelviniëtre: la femme, après avoir pris un lavement pour vider complètement le rectum, se couche à plat sur le devant d'un lit, les cuisses écartées l'une de l'autre et le siège plus élevé que la poitrine. L'accoucheur prend la brani:he rectale de la main gauche, en incline le manche du côté de l'aine droite de la femme, et présente à l'anus l'extrémité arrondie de cette branche, le bout de l'index de sa main droite étant préalablement introduit dans cet orifice, il glisse sur lui l'extrémité (le l'instrument convenablement enduit de cérat, lui l'ait franchir avec précaution le sphincter anal; puis, abaissant le manche qu'il ramène de droite au-devant de la femme dans la direction de la ligne médiane de la vulve, il pousse alors l'instrument et avec douceur le reste de cette tige courbe dans la même direction, et, en suivant l'axe du détroit intérieur du bassin, il parvient jusqu'à l'angle sacro-vertébral. Cela fait, il donne îi tenir ou soutient lui-même d'une main le manche de l'instrument , dont l'extrémité appuie contre la saillie du promontoire, et il s'occupe de l'autie main de l'introduction de la branche vaginale. Celle-ci est placée dans le vagin et à droite de la branche rectale, de manière i"! recevoir aisément cette branche dans [a mortaise qui est pratiquée à son centre, et quand les deux branches sont convenable-
nienlen place, a près s' être toutefois assuré de nouveau de la silualion où se trouve la branche rectale par rapport à l'angle sacro-vertébral , il place la branche vaginale derrière la symphyse des pubis et l'y maintient en donnant un tour à la vis de pression qui termine son manche, consulte enfin l'échelle graduée tracée sur le plat de la branche rectale et obtient la mesure du diamètre droit du détroit supérieur sans qu'il soit besoin de faire la moindre réduction. {Mémoire sur l'intra-pelcimétre, à la suite des recherches sur une des causes les plus fréquentes et les moins connues de l'avorlement. Paris, 1828.)
2» Pelcimétre de Welleniergh (pi. oO, fig. 1). — Cet accoucheur a imaginé trois pelvimèlres qu'il désigne par les n" 1, 2 et 3, et qu'il destine chacun à mesurer isolément un ou deux des diamètres du bassin. Nous nous bornerons à décrire celui de ces instruments qui nous paraît être le plus complet et avec lequel on peut obtenir la plus grande somme possible de renseignements exacts; c'est le pelviniètre qui porte le n° 1.
11 est formé de trois branches : la moyenne, presque droite très légèrement convexe en avant, est munie à son extiémité libre d'une petite fourche à bords et à pointes mousses, de quelques lignes de longueur, soudées à angle très obtus sur la lige, assez large pour recevoir l'extrémité de l'index qui la dirige par le vagin vers l'angle sacro-vertébral et l'y maintient invariablement fixée; l'anlérieure et la postérieure sont comme les branches du compas d'épaisseur de Baudeiocque, composées de deux parties, l'une droite, l'autre courbe, seulement les courbures ne sont pas égales: celle de la branche antérieure fait partie d'un cercle plus petit; l'extrémité libre de ces deux branches est terminée par une lentille; l'apophyse épineuse de la dernière vertèbre lombaire et la partie supérieure de la symphyse pubienne sont les points sur lesquels les lentilles doivent être appliquées, tes trois branches convergent inférieurcment et se réunissent au sommet d'une sorte de manche ou poignée sur laquelle l'antérieure et la postérieure sont mobiles et la moyenne fixe. Enfin, un arc de cercle convenablement gradué traverse les branches antérieure et postérieure à l'union de leur portion droite avec leur portion courbe et la moyenne h une distance proportionnelle du point commun d'articulation.
Cet instrument donne assez exactement : 1° l'épaisseur du bassin en appliquant sa branche postérieure sur l'apophyse de la dernière vertèbre lombaire et sa branche antérieure au-devant de la symphyse; 2° il donne l'épaisseur de la ba.se du sacrum, au moyen de sa branche postérieure appliquée comme plus haut et delà branche moyenne placée au-devant du promontoire; 3" il donne rétendue du diaiiieire droit «lu
VICES DE CONFORMATION DU BASSIN
détroit supérieur, h l'aide de la branche moyenne appliquée contre l'angle sacro-vertébral et de la branche antérieure placée au-devant de la symphyse des pubis : il n'y a en effet qu'à retrancher l'épaisseur de cette symphyse et des parties molles qui la recouvrent pour avoir la mesure exacte de ce diamètre; et celle épaisseurelle-même, on peut la déterminer facilement en substituant ù la branche moyenne fixée à vis sur la tige, une branche plus courte recourbée en avant et terminée par une extrémité aplatie qu'on introduit dans le vagin et qu'on maintient un instant contre la face postérieure de la symphyse pubienne en même temps qu'on ramène la branche antérieure contre la peau qui recouvre celle-ci en avant. De cette manière on obtient avec toute la précision désirable la mesure du diamètre droit, qui autrement ne peut être qu'approximalivement exacte. [Abhandlung uher cinen Pelvimetcr haaij,18'H, et Dict. de méd., ai'ticlc Pia-