‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 53 sur 136 · VI.MÈTRE · texte numérisé non relu

VI.MÈTRE

3° Pelvimvtre du docteur Van Haevel (pi. 30. fig. 2). — H se compose de deux branches principales qui sont articulées, et d'une règle graduée en pouces et en lignes. De ces branches l'une est interne, ronde et droite dans la plus grande partie de sa longueur, aplatie en spatule à ses deux extrémités et recourbée en haut sur la seule qui pénètre dans le vagin ; elle porte ;i son milieu un crochet mousse ouvert en avant ; l'autre est arrondie dans toute son étendue, renflée en haut et taraudée pour recevoir une troisième tige ou ajoute, ronde comme la précédente, mais plus courte qu'elle et terminée à un bout par une lentille et à l'autre par un pas de vis et un bouton. Cette tige, unie à la branche externe sous un angle droit, se meut sur elle au moyen du pas devis. Enfin, une espèce de noix ou boite circulaire assujettit les deux branches principales l'une îi l'autre et leur permet de se mouvoir dans tous les sens, tant que l'écrou qu'elle renferme n'est pas serré par une gâchette qui lui est adaptée.

Poui' mesurer le diamètre antérû-|iostérieur du détroit supérieur, la femme est couchée sur le dos, les jambes et les cuisses écartées et fléchies; l'accoucheur, tenant de la main droite le pelviniètre, dont l'articulation est desserrée, insinue un ou deux doigts de la main gauche dans le vagin, jusque sur la saillie sacrcvertébiale. Ces doigts servent de conducteurs à la branche interne ou vaginale, qui, appuyée alors sur le promontoire, est maintenue lii. [.a lentille de l'ajoute que présente la branche externe îi son extrémité supérieure, est posée à son tour sur le mont de Vénus au niveau du bord supérieur des pubis, l/ou fixe en cet état l'articulation des deux branches au moyen de la gâchette ; l'on retire l'instrument des parties de la femme et l'on mesure, au moyen de la

diagnostic:.

W'gio graduée, In dislnnop qui sépare l'extrémité de la brnntlie appliquée sur le promontoire de l'extrémité de l'ajoute placée sur le mont de Vénus.

L'articulation des deux ti^es étant de nouveau rendue mohile, l'inlerne est reportée dans le vagin et appli(iuée celle fois derrière la symphyse pubienne. L'ajoute est fixée comme la première fois sur le mont de Vénus, et la règle graduée fait connaître l'étendue que les sommets de ces deux liges laissent entre eux ; en soustrayant cette étendue de la première obtenue, on a exaclement le diamètre cherché.

Pour mesurer les diamètres diagonaux et transverse, l'auteur ajoute à son pelvimètre une ceinture et un rapporteur qu'il serait trop long de décrire ici.

Enfin, pour transformer cet instrument en compas d'épaisseur, il allonge sa branche interne en adaptant à son extrémité, au moyen d'une vis, une plaque longue de 0 pouces environ, concave en haut et large comme celte extrémité, ou mieux encore il ajoute une troisième branche aux deux premières, qu'il fait monter sur un manche; seulement cette branche ajoutée et la branche vaginale sont longues, courbées et aplaties en avant, unies en arrière par une articulation simple, près de laquelle elles portent un rapporteur qui indique la distance de leurs sommets: c'est cette dernière transformation du pelvimètre de Van Iluevel que nous avons représentée dans nos planches. (Mémoire sur la pelvimélrie, 2' édil. Gand, i8/il.)

U° Le pelcimHre de Beck (planch. 29, fig. 5), est une tige droite dont l'extrémité un peu recourbée se place facilement sur l'angle sacro-vertébral ; une branche cachée dans cette tige se relève au moyen d'une vis et vient s'appliquer contre la partie postéro-supérieure de la symphyse des pubis. Une autre branche droite, de même longueur que celle-ci, et glissant sur cette même lige, vient s'appliquer contre la face antérieure de celte arliculalion, et permet de mesurer :i la fois le diamètre droit du déiroilsupérieuret l'épaisseur de la symphyse pubienne: enfin, une lame (A), semblable àcelle du pelvimètre de Van Iluevel, peut être ajoutée à la tige, partie fondamentale de cet instrument, et permet de connaître ainsi l'épaisseur générale du bassin, en posantla dernière branche sur le devant de la symphyse et l'extrémité de la lame d'ajouté sur le sommet de l'apophyse épineuse de la cinquième vertèbre des lombes. (//, E, h'ilian. armamenlarium Lucinœ novum. Bonn., 1856.)

5° Le pelvimètre du docteur Amant (pi. 30 , Ug. 3). — Ce jeune médecin a récemment décrit dans sa thèse inaugurale (Paris, 1857), un pelvimètre plus simple de structure, et avec lequel il espère obtenir la mesure de tous les diamètres des détroits et de l'excavation. C'est un compas d'épaisseur analogue de celui de Baudelocque, donnant comme lui la mesure externe, mais pouvant aussi donner celle des parois

du bassin par l'introduction d'une de ses branches dans la cavité pelvienne. A cet effet, il a imprimé à l'exlréniilé de cette branche la forme d'un cathéter d'homme. Quand l'instrument doit fonctionner comme intro-peivimèlre, il adapte au bec du cathéter un petit ajoulage d'ivoire qui offre deux entailles à sa surface: l'une transversale, servatil ii maintenir l'exlréniilé du pelvimètre contre l'angle sacro-vertébral, et l'autre, perpendiculaire, servant à coniluire l'instrument le long du doigt. Quand au contraire il veut donnera son pelvimètre le même usage qu'à celui de Baudelocque, il substitue à cet ajoutage en ivoire une petite tige de fer qui lui donne alors une longueur égale h celle de la branche correspondanle. Cette tige est pour cela creusée à l'une de ses extrémités, et porte là une vis de pression qui peut lafixer selon le besoin sur le bout du cathéter aussi bien que sur le bout de la branche externe. Enfin, deux manches recouverts de deux morceaux d'ébène supportent les branches de ce compas et sont traversés par une règle graduée courbe qui indique le degré de leur écarlement.

Pour mesurer l'étendue du diamètre droit du détroit supérieur, on introduit lecathéterdans le vagin, muni de son ajoutage d'ivoire, et avant, de fixer celui-ci sur le promontoire, on l'articule avec la branche externe armée de la petite tige, et l'on mesure l'épaisseur de la base du sacrum en appliquant le bout de la première branche sur l'angle sacro-vertébral, et celui de la seconde sur le sommet de l'apophyse épineuse de la cinquième vertèbre lombaire. On procède ensuite de la même manière à la mesure de l'épaisseur de la symphyse, puis convertissant l'instrument en simple compas d'épaisseur, en ajoutant la petite tige au bout du cathéter, on prend la mesure de l'épaisseur générale du bassin en ayant soin de faire tomber en avant et en arrière l'extrémité des deux branches sur les points de repère externes de chacune des mesures précédentes; on défalque enfin le nombre des centimètres fourni par les deux opérations de celui qu'a donné la dernière, et l'on obtient par cette soustraction l'étendue \éritable du diamètre droit du détroit supérieur. Il importe peu ici que l'épaisseur des parliis molles et dures soit plus ou moins forte, puisqu'elle repré.sentc une même quantité dans deux mesures différentes, et que si d'un côté on l'ajoute, de l'autre on la retranche.

Nous ne suivrons pas l'auleur dans la descri|>iion qu'il donne de la manière de mesurer les diamètres oblique et Iransversc du même détroit et del'excavalion ; celle manière différant d'ailleurs fort peu de celle que nous \enons de décrire en détail pour le diamètre droit.

Appréciation. — Nous ne nous arrêterons pas longtemps à signaler les avantages des pelvimètres de cette dernière classe; il est évident qu'ils l'emportent sur

VICES bE COiNFORMAÏlOiN DU BASSIN.

tous ceux qui ont été précédumnient décrits et figurés, puisque résumant en eux la forme et les usages de plusieurs de ceux-ci, ils fournissent ;"i Taccoucheur une promptitude et une facilité d'application qu'il ne pouvait trouver que dans la combinaison de plusieurs de ces instruments. On a vu que ceux de cette dernière classe sont pour la plupart composés de deux branches, dont l'une peut être introduite à l'intérieur du bassin par le vagin, le rectum ou la vessie, pendant que l'autre reste appliquée à son extérieur; d'où résulte la possibilité de prendre exactement avec elles la mesure de l'épaisseur de tous les points des parois de cette cavité qui répondent aux extrémités des différents diamètres établis à son intérieur, tandis que, d'autre part, ces deux branches agissant extérieurement à la manière du pelvimètre de Baudelocque, donnent l'étendue de ces mêmes diamètres prolongés jusqu'à la surface tégumentaire du bassin. Il n'y a plus, après cette double mensuration, à déduire de cette dernière étendue que l'épaisseur des deux parois opposées du bassin pour obtenir la mesure exacte du diamètre intérieur que l'on cherche ; et s'il était encore besoin de vérifier après cela l'exactitude des résultats ainsi obtenus, une troisième branche des mêmes instruments plus courleque les précédentes, et introduite directement dans l'excavation comme les inlro-pelvimètres précédemment décrits, donnerait au moyen de la réduction de l'épaisseur de la seule paroi antérieure, préalablement déterminée, l'étendue vraie de ce même diamètre. C'est donc, comme on le voit, tout à la fois directement et indirectement qu'avec ces pelvimètres mi'ccïes on peut apprécier la capacité de la cavité intérieure du bassin ; avec eux on n'est plus forcé, au lieu et place du diamètre droit du détroit supérieur, à s'en tenirà mesurer le diamètre diagonal, et de n'arrivera obtenir l'étendue de ce premier diamètre qu'au moyen d'une déduction toujours approximative opérée sur le second. C'est là ce qui rend surtout ces pelvimëtres supérieurs aux précédents, et ce (jui doit les faire préférer dans la pratique.

Disons toutefois qu'ils ne sont pas tous également aptes !i fournir ii l'accoucheur les importants résultats quenousvenonsdesignaler. Ainsi le pelvinièlredeBeck ne peut guère permellre de mesurer avec exactitude que le seul diamètre droit du détroit supérieur. Ainsi celui de madame Boivin, quoique construit d'après un principe nouveau en pelvimétrie, celui de chercher l'angle sacro-vertébral avec une des branches de l'instrumiuit introduite dans le rectum, ce qui épargne les distensions douloureuses du vagin, a l'inconvénient d'être difficilement maintenu en place sur cette éminence, et de n'être point applicable dans les cas oi'i l'extrémité du gros intestin est rétrécie et dans ceux où sa portion pelvienne est comprimée ou simplement déviée par une tumeur ([ueicoïKiiie de l'excavalion

Ainsi encore le pelvimètre du docteur Van Huevel, qui exige la complication d'une ceinture fixe pour être fructueusement appliqué à la mensuration des diamètres obliques et transverses du détroit supérieur ou de l'excavation, ne pourra jamais être pour cette raison d'un usage habituel dans la prati(iue. Enfin, le pelvimètre de Wellemberg est un instrument encore aujourd'hui bien compliqué; maisil nous semble qu'il n'y a que peu d'efforts à faire pour amener ce pelvimètre ou quelque aulre de cette classe à un état de simplicité tel que le réclame la pratique de tons les jours et de tous les pays: aussi malgré leurs imperfections actuelles, nous n'hésitons pas à les conseiller de préférence à ceux qui ont été précédemment décrits dans cette étude.

Quel que soit, du reste, de tous les inslrumenlspelvimétriques connus, celui dont on fasse usage, il faul que l'accoucheur et la femme soumise à l'examen se placent préalablement dans de certaines condition^ indispensables pour obtenir une mensuration exacte du bassin Ainsi, sans insister de nouveau sur la précaution de vider le rectum à l'aide d'un lavement pris et rendu (juelquetemps à l'avance, surla posilion la plus convenable adonner à l'opérateur et à la pr.tiente, choses que nous avons déjà recommandées en décrivant quelques pelvimèlres en particulier, nous rappellerons qu'ici encore le médecin doit procéder à cet examen avec calme et surtout dans un silence absolu, et qu'enfin s'il est contraint d'y faire a.ssisler un aide, celui-ci doit être chuisi |)armi les plus zélés et les plus intelligents.

Telles sont les règles générales qu'il faul suivre dans l'application des divers moyens que l'ai l possède pour arriver à établir lediagnostic des différents vices de conformation du bassin.

Voyons maintenant, en nous résumant, quels sont ceux de ces moyens qui sont spécialement indiqués elà l'emploi desquels on peut à la rigueur exclusivement se tenir quand il s'agit de constater l'existence de chacun des vices de conformation du bassin que nous avons décrits en particulierdans le chapitre pi écédent ; quand il s'agit d'établir, en un mot, leur diagnostic différentiel.

11 ne semble pas qu'il soit bien important, en pratique, de déterminer d'avance en quoi et à quel degré le BASSIN nÉoi LiÈREJiKM TiîOi' GUAND s'écatlc des dimensions ordinaiies d'un bassin de femme adulte bien conformée, car les accidenis qui peuvent résulter de cette disposition congénitale de la cavité pelvienne sont bien rarement assez graves pour appeler l'attention de l'accoucheur, avant, pendant ou après l'enfantement. Cependant, si à la suite d'un travail trop prompt ou de l'un de ces phénomènes morbides dont on rattache généralenu'nt le développement à une trop grande ampleur de la ca\ité du bassin, on croyait de-

voir constater l'existence de celle-ci, la mensuration extérieure du bassin exécutée au moyen An pelvimelre de Baiidelocque nous parait devoir suffire dans ce cas.

Il n'en est pas tout à fait de même du bassim régu- LiÈiiEMENT TROP PETIT, car ici 011 3 à rcdouter tous les accidents graves qui résultent d'un rétrécissement plus ou moins grand de la filière pelvienne. Nous avons déjà dit, en décrivant ce bassin, qu'il se renconlre à peu prés également sur deux genres de sujets bien difl'érenls les uns des autres par leur stature et l'Iialiiiude extérieure de leur corps. Les uns, en effet, sont des femmes de taille moyenne et au-dessus, sveltes, et en général remarquables par l'aisance de leur démarche et la grùcede leurs mouvements; les autres sont au contraire toujours plus ou moins petites, et quelques-unes sont positivement naines. Chez les premières rien ne fait présumer l'existence d'un bassin rétréci, et comme le dit Naegele, ce n'est le plus sou- \eiit, si ce n'est constamment, qu'au moment même (le l'accouchement que l'on reconnaît le vice de conformation dont elles sont affectées. Chez elles, les premières couches seront toujours accompagnées ou suivies d'accidents; mais chez celles qui survivront il faudra, pour prévenir ceux-ci à un accouchement suivant, prendre la mesure exacte du bassin, afin de déterminer d'avance l'espèce d'opération qu'on pourra alors avantageusement opposer au degré de rétrécissement (le cette cavité.

Chez les naines on doit toujours soupçonner au bassin un volume proportionné à celui du reste du corps, et nous croyons que dès qu'elles sont enceintes, il faut les soumettre ;i un examen propre à déceler le développement incomplet de leur canal pelvien. Cet examen sera fait au moyen des pelvimétres mixtes, <|ue nous regardons comme les plus avantageux dans les cas où, comme ici, il faut mesurer l'extérieur et l'intérieur du bassin.

Le B.ASsiN EN ENTONîvotR, qui cst constltué par un défaut de proportionsentreles deux moitiés supérieure et inférieure, offre, comme nous l'avons vu, deux esiièces distinctes. Dans l'une, le bassin a acquis un développement plus grand qu'à l'ordinaire dans ses parties supérieures, et il est normal dans ses parties inférieures; dans l'autre, au contraire, sa moitié supérieure est normale, tandis que l'inférieure a des dimensions plus petites que chez une femmebien conformée ; il résulte de là que la première espèce caractérisée par un excès d'ampleur partielle produit une partie des inconvénients que nous avons décrits dans le bassin régulièrement trop grand, et que l'autre, caractérisée par uneétroitesse restreinte à une partie de l'excavation et au détroit périnéal, produit quelques-uns des accidents propres au bassin régidièrement trop petit.

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