DES OS DU BASSIN
trente ans. La soudure du sacrum avec le coccyx ne s'effectue chez la femme que de quarante îi soixante ans; elle n'a quelquefois même jamais lieu; mais plus souvent elle se fait plus tôt. Nous indiquerons, en parlant des articulations, les variétés que nous avons observées à ce sujet.
Les anomalies du coccyx ne sont pas très rares; elles portent sur le nombre de pièces dont il est formé. Quelquefois, en effet, celles-ci sont au nombre de trois et d'autres fois au nombre de cinq. Bauhin, Ilaller et Smellie ont rencontré des exemples de ces anomalies, et noté qu'elles étaient plus fréquentes chez la femme que chez l'homme.
On a signalé plusieurs cas où le coccyx était soudé au sacrum, même chez de jeunes personnes. Nous indiquerons plus loin les difficultés qu'une pareille anomalie peut apporter au dégagement de la tète du fuîtus pendant le travail de l'accouchement.
Enlin le coccyx présente quelques anomalies de direction qui nous paraissent reconnaître plus souvent pour cause une lésion traumatique qu'un vice de développement primordial. Ainsi, au lieu de continuer la courbure du sacrum et d'occuper la ligne médiane du bassin, on le voit quelquefois se déjeler fortement en avant ou sur les côtés, de manière à former avec le sacrum un angle droit et même un angle aigu, disposition que M. Cruveilhier dit avoir rencontrée quelquefois.
§ m. — DE L'OS COXAL {os des iles, os iliaque, os des hanches, os ùinominé).
(n. 1, fl;,' G et 7.)
Cet os est le plus gros de tous les os plats du squelette ; pair et non symétrique, il est placé entre le sacrum et le fémur, et occupe les parties antérieure et latérale du bassin , en formant avec son congénère les trois quarts de la circonférence de cette cavité.
Sa forme est celle d'un quadrilatère irrégulier, rétréci à sa partie moyenne cl tordu sur lui-même en deux sens opposés.
On lui considère une face externe, une face interne et quatre bords.
1° La face externe (fig. G), qu'on appelle encore fémorale, est tournée en dehors, en arrière et en bas dans sa moitié .supérieure, et directement en avant et en bas dans sa moitié inférieure. A sa partie postérieure et supérieure, on remarque une surface convexe inégale, bornée en bas par une ligne saillante courbe qui donne insertion au mu.sde grand fessier; au-dessous de cette ligne existe une surface large, limitée inférieurement par une seconde ligne plus longue que la précédente, et qu'on nomme ligne courbe inférieure. Ainsi que la surface qu'elle limite en bas, elle donne alliiche ;iii muscle niiiyi'u fessier, lii troisième espace
inégal, compris entre la ligne courbe inférieure et la cavité cotyloide, donne insertion au muscle petit fessier; c'est sur ce dernier espace que l'on voit l'orifice de plusieurs trous nourriciers de l'os, et plus bas une empreinte rugueuse à laquelle s'attache le tendon rélléchi du muscle droit antérieur de la cuisse. Toute cette partie de l'os représente une sorte d'excavation peu profonde (6) qu'on nomme ta fosse iliaque externe.
La portion de la face externe de l'os des Iles qui regarde en bas et en avant présente en haut une grande cavité arrondie (c), profonde, encroûtée de cartilage dans la plus grande partie de son étendue, et qu'on appelle \Sl cavité colyloïde; elle est destinée à s'articuler avec la tête du fémur. Le rebord de cette cavité, qui est mince et qu'on appelle sourcil cotyloïdien, offre trois échancrures, dont la plus considérable, placée en dedans et en bas, est, dans l'étal frais, convertie en trou par un ligament, et laisse passer les vaisseaux de l'articulation Au-dessous de cette cavité, entre elle et la tubérosité scialique, se trouve une gouttière horizontale (</) qui facilite le glissement du muscle obturateur externe. En dedans se voit le trou sous-pubien (y), triangulaire chez la femme, et qui, bouché en grande partie par la membrane obturatrice, laisse passer en haut, par une gouttière particulière, les vaisseaux et nerfs obturateurs. En dedans de ce trou on voit une surface concave {II), un peu inégale, pour l'insertion des muscles adducteurs et droit interne de la cuisse.
2° La face interne (fig. 7), qu'on appelle aussi face pelvienne, regarde en avant et en haut par sa moitié supérieure, en arrière et en bas par sa moitié inférieure. Elle est divisée en deux parties à peu près égales par une ligne courbe, mousse et arrondie en arrière, mince et tranchante en avant, où elle se continue |avcc la crête pubienne. Cette ligne fait partie du détroit supérieur du bassin. Au-dessus d'elle se trouve une fosse large {h), mais peu profonde, qu'on ap|)elle fosse iliacjue interne; elle donne attache au muscle iliaque et présente un trou nourricier {»•). Deriière celte fosse existe une surface inégale divisée en deux portions, dont l'une, antérieure (rf), de forme auriculaire, s'articule avec une surface correspondante du .sacrum, et dont l'autre, postérieure {qq), présente des rugosités pour l'insertion des ligaments .sacro-iliaques postérieurs. La portion de celte face interne qui est placée au-des.sous du délroit inférieur fait partie de l'excavation du bassin, et offre à considérer d'arrière en avant : i° une surface plane qui répond au fond de la cavité cotyloide; 2° le trou souspubien et le commencement de la gouttière qui loge les vai.sseaux et nerfs obturateurs; 3" la face interne (lu puliis cl de la branche iscliio-pubicnuc.
I)K L'OS CÛXAL.
L'os ilinque présente une, circonférence qu'on peut subdiviser en quatre parties qu'on ap|ielle ses bonis. De ceux-ci l'un est antérieur (lig. 6) ; il s'étend depuis la crête iliaque jusqu'au pubis, (le bord est concave et lort inégal. 11 offre successivement d'arrière en avant, d'abord l'épine antéro-supérieure de l'os desiles(m), qni donne attache au muscle couturier et au ligament de Kallope par sa partie moyenne, au muscle fascialala par sa lèvre externe, et au muscle iliaque par sa lèvre interne; au-dessous, une petite édiancrure semilunaire, par où s'échappent quelques filets nerveux; puis l'épine antéro-inférieure (/), qui donne attache au tendon direct du muscle droit antérieur de la cuisse ; puis une large coulisse {f) sur laquelle glissent les tendons réunis des muscles psoas et iliaque; puis l'éminence ilio-pectinée {kj, à laquelle s'insère le tendon du petit psoas; puis une surface triangulaire (/), inclinée en avant et recouverte par le mu.scle pectine; puis la crête du pubis; puis l'épine de ce nom (î), qui donne insertion au pilier externe du canal inguinal; puis, enfin, l'angle du pubis (g), qui concourt îi la formation de la symphyse pubienne, et en dehors duquel s'insèrent les tendons des muscles droit antérieur de l'abdomen et pyramidal.
Le bord postérieur (fig. 7), commence à la partie la plus reculée de la crête iliaque et se termine U la tubérositéde l'ischion ; il n'est pas moins irrégulier que l'antérieur. 11 offre successivement à considérer : 1° l'épine postérieure et supérieure de l'os des lies (p), qui donne attache au ligament sacro-épineux; 2° une échancrure peu profonde ; 3° l'épine postérieure et inférieure du même os (o), qui répond à la partie inférieure de la facette articulaire du sacrum ; U° la grande échancrure scialique (n); 5° l'épine sciatique (m), qui donne insertion au petit ligament sacro-sciatique, aux muscles ischio-coccygien et jumeau supérieur; 6° une large coulisse (l) pour le glissement du tendon du muscle obturateur interne, et qu'on nomme petite échancrure sciatique; 7° enfin la tubérosilé sciatique (a:), qui donne attache au grand ligament sacro-sciatique et à plusieurs muscles de la cuisse.
Le bord supérieur (lig. G et 7) constitue la crête iliaque («.). Il est contourné en S itaruiue et incliné en dehors. U donne insertion, par sa lèvre externe, aux muscles grand oblique et grand dorsal; par sa lèvre interne, aux muscles carré des lombes et transverse de l'abdomen; par son interstice, au petit oblique.
Enfin le bord inférieur (fig. 7), qui regarde en même temps en bas et en dedans, commence à l'angle du pubis et finit ;i la tubérosité de l'ischion. Dans son tiers supérieur il offre une surface elliptique (u), inés;ile en avant, encroûtée d'un cartilnue en arrière, et
par laquelle le pubis d'un côté s'articule avec celui du coté opposé. Cette surface, qui présente prescpie toujours une crête saillante en dedans, a /il millimètres (18 lignes) de hauteur et l/i millimètres (0 lignes) d'épais.seur. Elle est taillée obliquement, de manière ii s'écarter d'autant plus de celle du coté opposé qu'elle se rapproche davantage de la partie antérieure de l'os, ce qui fait que l'articulation pubienne offre plus de largeur en avant qu'en arrière. Les deux tiers inférieurs de ce bord (:) concourent à former l'arcade pubienne. Un peu renversée en dehors, cette portion de l'os est assez rugueuse, et donne insertion au ligament sous-pubien, aux racines des corps caverneux du clitoris, au muscle ischio-caverneux, et, tout à fait en bas, au muscle transverse du périnée.
Structure. L'os iliaque est composé de deux lames de substance compacte, entre lesquelles se trouve de la substance spongieuse. Mais ces deux substances ne sont pas également réparties dans les différentes portions de l'os : ainsi la substance compacte est plus épaisse que partout ailleurs dans le voisinage de la cavité coiyloide, sans doute parce que c'est le point par lequel le poids du tronc est transmis à la tête du fémur; elle est au contraire réduite à deux lames très minces dans le centre de la fosse iliaque interne, et souvent même, chez les personnes avancées en âge, elle y fait défaut, et l'os est alors perforé. Quant à la substance spongieuse, elle est surtout abondante dans la lubérosité de l'ischion , dans la crête iliaque , les épines iliaques antérieures, supérieure et inférieure, et au niveau des surfaces articulaires qui concourent à former les symphyses sacro-iliaque et pubienne. Dans toutes ces parties de l'os la substance compacte ne forme qu'une couche mince qui revêt la substance spongieuse; on remarque qu'en général la lame externe de l'os présente plus de trous vaseulaires que l'interne.
Développement. Dans les premiers temps de la vie, l'os coxal est constitué par trois pièces distinctes que lesanciensdccrivaient isolémentsous lesnoms ù'ilium, à'ischiuni et de pubis, pièces qui se réunissent ensemble vers le centre de la cavité cotyloïde, qu'elles concourent à former ainsi. Chez le fœtus à teime, non-seulement ces pièces sont encore distinctes, mais encore elles sont incomplètement ossifiées : de sorte (|ue des cartilages assez épais remplissent les intervalles qui les séparent. A deux ans, elles sont arrivées à se toucher, mais ce n'est qu'il sept ans que deux d'entre elles se soudent complètement pour former la branche Lschio-pubienne. et ce n'est qu'à seize ans qu'elles se soudent toutes ensemble dans le fond de la cavité cotyloïde. Toutefois l'ossification n'est pas encore achevée à cette seconde époque; en effet, trois êpiphyses, dont l'une appartien! ii la ciête ilia(pie,
6 DES ARTICULATIONS DU liASSlN
l'autre à la liibérosilé de l'isrhion, et la troisième à l'épine du |)ul)is, apparaissent alors, et ne font rorps avec le reste de l'os qu'à ITige de vingt ;i vingt-cinq ans. Anomalies. L'os des Iles est celui des os du bassin qui offre le moins d'anomalies congénitales de conformation et de composition ; mais, par contre, c'est celui sur lequel les maladies qui altèrent la forme des os exercent le plus leur action. Comme son développement est subordonné au développement du reste du membre abdominal, il présente souvent une atrophie générale qui reconnaît pour cause diverses affections de ce membre. Ftibes a signalé une déformation de l'os des iles qui tient au progrès de l'âge : il ditavoir
vu .souvent, sur de vieilles femmes, ces os dirigés horizontalement par suite de l'effacement de leurs fosses iliaques, et il explique ce changement de forme en avançant que, les crêtes de ces os n'étant plus .soutenues par les muscles larges de l'abdomen, devenus très lâches îi cet âge, la pesanteur des viscères, aidée de la perte de résistance du li.ssu o.sscux, suffit pour produire cet aplatissement {Mémoires, etc., I. I). .L Burns, de son côté, a observé que les femmes qui ont été grosses ont, après leur quarantième année, le centre de la surface plane de l'ischion beaucoup plus mince que celles qui n'ont point eu d'enfants (Principles of Midwifery).