‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 63 sur 136 · H. — DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

H. — DE L'UTÉRUS

Viitérus ou la matrice est un organe creux, h parois épaisses et musculaires, destiné à servir de réceptacle à l'œuf fécondé, à lui fournir les matériaux nécessaires à son développement, et à l'expulser au dehors à l'époque de la maturité.

Pyriforme et aplati d'avant en arrière, l'utérus est situé dans le bassin, sur la ligne médiane, au-dessous du paquet intestinal, au-dessus du vagin, entre la vessie, qui est en avant, et le rectum, qui se trouve en arrière. Le bord supérieur de l'utérus n'atteint pas, ordinairement, le plan du détroit supérieur du bassin; mais il déborde un peu le sommet de l'arcade p ibienne; son extrémité inférieure se trouve à environ /i à 5 centimètres au-dessus de l'orifice vulvaire.

La dirsctù.n de l'axe longitudinal de l'utérus est à peu près celle de l'axe du détroit inférieur, et fait avec celle du vagin un angle obtus ouvert en avant. H .s'ensui que le fond de l'utérus regarde en avant et en haut, son extrémité inférieure en arrière et en bas. Cette direction, qu'on doit considérer comme la direction normale, est sujette à de nombreuses variations, qui, maintenues dans certaines limites, n'ont rien de pathologique.

L'utérus jouit, en effet, d'une grande mobilité dans tous les sens, transversalement, d'avant en arrière et de haut- en bas, ce qui dépend de la laxité de ses moyens d'attache.

L'axe de l'utérus n'est pas situé exactement dans le plan médian anléro-poslérieur; il est un peu incliné il droite : cette inclinaison, qui s'exagère beaucoup dans la grossesse, a été attribuée à tort à la longueur

moindre du ligament rond de ce côté. Quand on examine l'utérus sur le cadavre, on constate que, sans produire la moindre tension de l'un ou l'autre ligament rond, on peut incliner l'utérus à droite ou ;i gauche. Peut-être faut-il ne voir dans cette inclinaison qu'un effet de la présence du rectum h gauche.

Il résulte de recherches fort nombreuses que nous devons h MM. Roulard, Verneuil et Follin, Richet et Aran, que l'axe de l'utérus, ;i l'état normal, n'est pas rectiligne, qu'il est coudé à sa partie moyenne, ou plutôt qu'il forme une courbe plus ou moins régulière, îi concavité antérieure. Cette courbure ou cette flexion de l'utérus, suivant M. Malgaigne, est diminuée par la distension de la vessie; elle se prononce davantage à mesure que ce réservoir se vide. L'état de réplétion ou de vacuité du rectum peut exercer sur la matrice un effet inverse. Suivant M. Legendre, cependant, qui a pratiqué des coupes sur des cadavres congelés, la distension |)lus ou moins grande de la vessie ou du rectum peut produire un déplacement de l'utérus en totalité, en arrière ou en avant, mais ne parait pas exercer d'influence sur la direction respective du corjis et du col, et ce n'est que dans des cas pathologiques que ces deux portions de l'utérus ont une direction différente, et forment enfre elles un angle ouvert, soit en avant (an téflexion), soit en arrière (rétroflexion). Celte opinion, pour trouver crédit, aurait besoin de nouvelles preuves.

L'utérus est suspendu, pour ainsi dire, dans la position qu'il occupe, par divers replis du péritoine, et par des ligaments musculaires, en grande partie placés dans l'épaisseur de ces replis. Parmi ces derniers les plusconsidérables sont les ligaments larges. On appelle ainsi un double feuillet péritonéal qui, des bords de l'utérus, s'étend aux parties latérales du bassin. Les ligaments larges, avec la matrice, en quelque sorte développée dans leur épaisseur, forment une cloison qui sépare la partie antérieure de la cavité pelvienne, où se trouve la vessie, de sa partie postérieure, qui loge le rectum.

Ils ont une forme quadraugulaire; leur bord interne se fixe aux bords de la matrice, ou plutôt les deux feuillets qui les constituent, se séjiarent pour recevoir celle-ci dans leur écartement; leur bord externe se continue avec le péritoine qui tapisse l'excavation pelvienne. A leur bord inférieur, le feuillet antérieur et le feuillet postérieur se séparent pour tapisser le plancher pelvien ; un tissu cellulaire îi larges mailles et renfermant peu dégraisse s'interpose à ce niveau entre CCS feuillets et les unit à l'aponévrose pelvienne supérieure. Ce tissu cellulaire se continue direclemenl avec celui qui se trouve, sur les côtés du vagin, en bas, et du rectum dans la fosse iliaque, latéralement, autour de la vessie en avant; il communique aussi, ;"» travers l'échancrure sciatique, avec le tissu cellulaire

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