‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 69 sur 136 · CHUTE DE L'OEUF · texte numérisé non relu

CHUTE DE L'OEUF

la poule, la crête s'injecle et prend une couleur jilus vive; chez les lapines, on observe une injection et une tuméfaction de la vulve; chez les chiennes il se fait, par les parties génitales, un écoulement muqueux dont l'odeur attire le m;"ile; chez les singes, il se produit par la vulve un écoulement sanguinolent, qui ne manque pas d'analogie avec ce qui s'observe dans l'espèce humaine.

Les organes génitaux de la femme, depuis l'époque de la puberté jusqu'à Vdge dit de retour, sont le siège, tous les mois, d'un écoulement particulier qui porte le nom de flux menstruel ou de règles.

Des changements très notables ont précédé généralement la première éruption des règles; le bassin de la jeune tille, qui jus((ue-là avait conservé les formes de l'enfance ou de l'indifférence sexuelle, a pris le type du bassin de la femme: ses diamètres se sont allongés, l'arcade pubienne s'est arrondie, les crêtes iliaques se sont écartées. Les organes génitaux se sont développés; les lèvres du pudendum se sont allongées et se sont garnis de poils; les follicules sébacés de ces dernierssontdevenuslesiége d'une sécrétion onctueuse et odorante ; les seins ont grossi et présentent des phénomènes qui annoncent une excitation nouvelle. Les ovaires ont doublé de volume et contiennent des follicules de Graaf plus nombreux, plus gros et plus superficiels; l'utérus s'est élargi surtout dans son corps. En même temps il s'est opéré, dans le caractère de la jeune fille, des modifications dont l'ensemble est en rapport avec la vie nouvelle qui va s'ouvrir pour elle.

L'invasion des règles est ordinairement annoncée par des phénomènes variés que présentent, non-seulement les organes génitaux, mais encore les organes qui ont avec ces derniers des connexions sympathiques plus ou moins étroites; ces phénomènes, qui attirent peu l'attention et même passent souvent inaperçu» ([uand ils se maintiennent dans des limites modérées, peuvent prendre une intensité très grande et constituer des accidents graves qui appellent l'intervention de l'homme de l'art. Sur 6i5 femmes observées par Brierre de Boismont, 357 n'ont présenté aucun phénomène insolite précurseur des règles; les autres ont éprouvé, avant la première menstruation, des accidents plus ou moins sérieux, et ces accidents ont duré tantôt quelques jours .seulement, tantôt plusieurs mois et même des années, avec des rémissions plus ou moins longues.

Parmi les phénomènes précurseurs des règles, les plus fréquents sont des coliques, des tranchées, ayant leur siège dans l'utérus ou dans les intestins, quelquefois accompagnées d'un développement de gaz dans l'abdomen, des douleurs de reins, un sentiment de pesanteur dans le bassin, qui s'explique par un

affiux sanguin plus considérable vers les organes génitaux internes. Ces phénomènes, dont l'intensité et la durée sont fort variables, peuvent se reproduire aux époques suivantes, pendant un certain nombre de mois, ou même pendant toute la durée de la période menstruelle.

hes seins sont très souvent le siège d'une congestion sympathique annonçant l'invasion des règles; beaucoup de femmes y ressentent une sorte de tension, de plénitude, des élancements ou des |)icûtements, quelquefois limités au mamelon.

Les centres nerveux présentent souvent des troubles sympathiques; beaucoup de femmes se plaignent de céphalalgie, de pesanteur dans la tête, de bouffées de chaleur qui leur montent au visage, de lassitude dans les jambes; il en est qui éprouvent des troubles digestifs, tels que de l'anorexie, des envies de vomir et même des vomissements; d'autres sont prises d'un peu de fièvre, de palpitations, d'oppression, d'épistaxis ou de crachements de sang.

Avant le début de l'écoulement , les lèvres du museau de tanche se sont tuméfiées et ramollies légèrement, l'orifice s'est entr' ouvert, et l'utérus tout entier, gorgé de sang, s'est un peu abaissé dans le bassin.

L'éruption des règles est annoncée généralement par une odeur particulière que contracte le mucus sécrété normalement par les organes génitaux. Ce mucus, d'abord d'un blanc mat, prend une couleur brunâtre, due aux globules sanguins qui se trouvent déjà mêlés aux globules muqueux. Lorsque ces symptômes précurseurs ont duré un ou deux jours, l'écoulement sanguin parait ordinairement d'une manière brusque; le liquide qui s'échappedes organes génitaux est d'un rouge vif, il a tous les caractères du sang artériel ou |>lutôt du sang des capillaires, mêlé à du mucus plus ou moins abondant et à des fragments de l'épithélium des organes génitaux.

La durée de cet écoulement sanguin est très variable ; chez beaucoup de femmes elle est limitée îi trois ou quatre jours; chez d'autres elle n'est pas moindre de huit jours. Quand l'écoulement est à son déclin, le liquide prend une couleur plus foncée, la quantité des globules sanguins qu'il contient diminue, en même temps que le mucus se montre plus abondant ; enfin le flux redevient purement muqueux et présente les mêmes caractères qui avaient annoncé l'éruption des règles. A ce moment, la surface interne de la matrice et du vagin devient le siège d'une sorte de mue, d'une desquamation dont les produits, formés de plaques d'èpithèlium plus ou moins intactes, sont expulsés avec le mucus vaginal pendant les premiers jours de la période intermenstruelie.

Chez les jeunes filles arrivées à l'âge de la puberté, la première éruption des règles est souvent précédée

ORGANES GÉNITAUX INTERNES

d'un écoulement séreux, blanchâtre ou brunâtre, dont la durée peut se prolonger plusieurs mois, et qui peut se reproduire à diverses reprises jusqu'à ce que la menstruation soit définitivement établie. Souvent aussi celte fonction est très irrégulière dans les premiers temps, et ne prend son type véritable qu'au bout de plusieurs mois.

Vers le temps de la ménopause, les mêmes écoulements muqueux apparaissent dans l'intervalle entre les règles, et celles-ci ne se montrent qu'à des époques plus ou moins éloignées, jusqu'à leur disparition définitive.

La quantité de sang que la femme perd à chaque époque menstruelle, est sujette à de nombreuses variations. Burdach l'estime à 200 grammes; elle s'élève ordinairement à 300 ou 350 grammes, mais peut atteindre jusqu'à 500 grammes et même aller au delà. En général, le flux menstruelesl moins abondant chez les femmes pauvres et mal nourries que chez celles qui vivent dans l'abondance, chez les femmes continentes que chez les femmes lascives. Le genre de vie, les conditions hygiéniques, le travail manuel ou intellectuel exercent une grande influence sur la menstruation. Suivant Burdach et Brierre de Boismont, les règles sont plus abondantes dans les pays chauds que dans les pays froids.

Le flux menstruel se reproduit, en général, à des intervalles égaux; d'après Brierre de Boismont, trente jours s'écoulent, chez la plupart des femmes, entre le moment de l'apparition des règles et celui de leur retour. Schweig, qui a fait plus de cinq cents observations sur soixante femmes, estime cet intervalle à 27, o9 jours, en moyenne. En fait, chez beaucoup de femmes, le liquide cataménial reparait très régulièrement au bout d'un mois révolu. Mais il est plus fréquent de le voir revenir un ou deux jours plus tôt, tandis qu'on rencontre rarement des femmes dont la période menstruelle dépasse le mois d'un ou de deux jours.

Il est aujourd'hui certain que le sang menstruel a sa source dans la matrice; dans des cas de renversement on de prolapsus, on l'a vu couler goutte à gouttede cet organe. En examinantl'utérusdefemmes mortes au début des règles, on a trouvé la muqueuse utérine engorgée, pointillée en quelque sorte d'une multitude de petites taches rouges qui étaient autant de gouttelettes de sang. M. Coste, qui a eu l'occasion d'observer nombre de fois l'utérus aux diverses périodes de la menstruation, a remarqué que le sang s'échappe du réseau capillaire superficiel de la muqueuse, par de petites déchirures imperceptibles, qui n'en laissent sourdre que de très faibles quantités M la fois. 11 arrive quelquefois, cependant, que des vaisseaux plus volumineux se rompent sous la pression

du sang qui s'y accumule; mais alors l'écoulement devient d'une abondance telle qu'il n'est plus possible de le considérer comme un phénomène physiologique.

La mensti-uation est le signe extérieur qui annuncqu'il y a dans l'ovaire un œuf arrivé à maturité et prêt à s'échapper.

Sur des cadavres de femmes frappées de mort violente au moment même où leurs règles allaient faire irruption, M. Coste a trouvé, dans celui dé leurs ovaires qui devait émettre l'ovule, une vésicule de Graaf prête à se rompre; ce qui prouve que la maturation du produit femelle de la génération précède l'apparition du flux menstruel, comme elle précède le rut des animaux.

Pour avoir, sur la cause déterminante de la menstruation, des données aussi certaines que celles ijuc nous ont fournies les vivisections sur le rut des animaux, il nous faudrait trouver des cas dans lesquels la suppression des ovaires aurait produit celle de l'hémorrhagie périodique, en éteignant en même temps toute disposition au rapprochement sexuel. Mais de tels faits nous font presque complètement défaut. Nous ne ferons que mentionner l'histoire, racontée par Vierus, de ce châtreur de cochons du duc de Clèves qui extirpa les ovaires à sa fille, pour mettre fin à ses débordements : cette histoire ne doit être accueillie qu'avec réserve- Nous sommes fort mal renseignés, d'autre part, sur les conséquences de la castration à laquelle, suivant quelques historiens, les anciens rois de Lydie soumettaient certaines femmes, coutume qui, au dire de quelques voyageurs, se serait perpétuéejusqu'à nos jours.

La seule observation d'extirpation des ovaires digne de confiance est celle de Percival Polt. Chez une femme de vingt-cinq ans, les deux ovaires, hernies à travers le canal crural, furent extirpés méthodiquement et reconnus. La femme a toujours joui, depuis cette époque, d'une bonne santé; mais sesriyles, qui jusqu'alors avaient coulé avec la plus grande régularité, n'ont plus reparu; elle a perdu ses seins, fort volumineux antérieurement, elle a maigri et pris une apparence plus masculine.

En rapprochant ce fait de ceux qu'a fournis rex|)érimentation, on peut admettre que la menstruation de la femme est, comme le rut des mammifères, sous la dépendance des fonctions des ovaires, et qu'elle est toujours déterminée par la maturation d'un œuf et l'évolution de la vésicule de Graaf.

Corps jaunes (pi. iû, fig. 5, 6, 7, 8). — Après la chute de l'œuf, il reste sur l'ovaire une déchirure des membranes ((ui lui ont livré passage, déchirure irrcgulière, qui nécessite un travail de cicatrisation analogue à celui qui s'observe dans toutes les plaies : c'est ce

Page 1