‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 71 sur 136 · II. — SPERME. — FÉCONDATION · texte numérisé non relu

II. — SPERME. — FÉCONDATION

L'œuf mûr tombé spontanément de l'ovaire et entraîné par l'oviducte est apte :i subir les transformalions successives qui en feront un être vivant, semblable i> celui dont il provient. Mais en dehors de certaines conditions, la série de ces transformations est extrêmement restreinte, et l'œuf ne tarde pas à se dissoudre et à disparaître.

Pour que l'œuf continue à se développer d'une manière régulière, et donne naissance à un être apte ii vivre d'une vie indépendante, il faut qu'il ait subi l'inlluence d'un fluide particulier, fourni parle mâle, et qui porte le nom de sperme; celte influence ellemême, exercée sur l'œuf par le sperme, constitue la fécondation. «C'est l'acte, dit M. Coste, par lequel » l'élément générateur mâle et l'élément générateur » femelle se mêlent l'un â l'autre, se confondent en » une seule et même substance, future et vivante » image des parents dont elle émane, et dont elle » porte la double empreinte à la suite de cette visible » et mystérieuse incarnation : visible, parce qu'on » peut en suivre la trace matérielle ; mystérieuse, parce » que les formes phénoménales qui en dérivent, ne » sauraient en révéler l'essence. "

Nous ne croyons pas devoir entrer dans les détails relatifs b la formation du sperme. Qu'il nous suffise de rappeler que ce liquide, tel qu'il est expulsé par l'éjaculalion, est un mélange de la sécrétion du testicule, partie principale du sperme, avec les produits accessoires fournis par les vésicules séminales, la prostate et les glandes de Cowper, produits dont l'usage paraît être surtout de délayer le fluide séminal. Pris en masse, le sperme est un liquide blanchâtre, épais et filant, d'une odeur fade et caractéristi(iue; il a une réaction légèrement alcaline, se dissout dans l'eau et se coagule sous l'influence de l'alcool. Abandonné à lui-même, il laisse déposer des cristaux de phosphate calcaire ou amnioniaco-magnésien; desséché, il se réduit en une lamelle jaunâtre, fendillée. L'analyse chimique a fourni peu de renseignements sur la composition du sperme, si ce n'est qu'elle y a signalé la présence d'une substance organique particulière, â laquelle on a donné le nom de spermaline, et qui, par

ses caractères, se rapproche de la fibrine et du mucus. L'examen microscopique a montré que le sperme se compose de deux parties bien distinctes : 1° d'un liquide albumineux, tenant en suspension quelques débris de l'êpilhélium des voies sperniatiques et beaucoup de granulations élémentaires, de nature graisseuse; 2" d'une innombrable quantité de corpuscules filiformes, doués de mouvements propres et qui constituent l'élément caractéristique du sperme : ce sont les spermatcjzoûles. La forme des spermatozoïdes varie beaucoup d'une espèce à l'autre. Ceux de l'homme sont composés d'une partie renflée, appelée tête, et d'un filament allongé, ([ui porte le nom de queue. Celle-ci, assez grosse à son origine et séparée ordinairement de la têle par une sorte d'étranglement ou de col, s'amincit de plus en plus vers son extrémité libre, qui est d'une très grande ténuité. Ce qui frappe le plus dans ces spermatozoïdes, ce sont les mouvements qu'ils exécutent : on les voit se déplacer dans les directions les plus diverses, avancer, reculer, se heurter, se séparer, se mouvoir, s'agiter comme sous l'influence d'une volonté propre. Ces mouvements paraissent être le résultat do l'impulsion imprimée au spermatozoaire par les ondulations de la queue. Le froid, une chaleur trop forte, la dessiccation les font cesser très rapidement. Dans le sperme épais et visqueux, tel qu'on le retire du canal défèrent, les spermatozoïdes, accumulés les uns sur les autres, se gênent mutuellement: leurs mouvements sont lents et paresseux; mais qu'on ajoute un peu de sérum du sang, pour diluer le sperme, et l'on verra les mouvements prendre une grande vivacité. Les liquides sécrétés par le vagin au moment du coït sont surtout de natureà favoriser les mouvements des spermatozoïdes et à prolonger leur durée : huit ou dix jours après l'accouplement, les observateurs ont encore pu trouver des spermatozoïdes animés de mouvements dans les trompes des animaux soumis à leur expérimentation.

Sans nous arrêter aux opinions singulières auxquelles ont donné lieu les mouvements des spermatozoïdes, nous dirons que ces mouvements sont essentiels, et que de leur existence dépend l'aptitude de la semence à la fécondation.

L'influence mystérieuse du sperme sur l'œuf a de bonne heure excité la curiosité des observateurs. Avant les recherches de Leeuwenhoek et de Spallanzani, on admettait que la fécondation est l'effet d'une vapeur particulière, appelée aura seminalis, qui se dégagerait du sperme et se mettrait en contact avec l'œuf. Ces observateurs, par des expériences nombreuses et variées, démontrèrent avec toute la précision possible que la fécondation ne peut être le résultat que d'un contact immédiat entre les produits mâles et les produits femelles; que, dans ce contact, les spermatozoïdes

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