SPERME
FIXONDATIOX.
jouent le rôle essentiel; que la partie a(|ucnse du fluide séminal, privée des spermatozoïdes par la liltralion, ou recueillie dans les réservoirs qui le sécrètent, est incapable d'opérer la fécondation.
Quant au rôle des spermatozoïdes dans cet acte important, l'examen de ce qui se passe chez les animaux il fécondation externe, nous a appris que les spermatozoïdes pénèlrenl, avec le liquide qui les porte, dans l'épaisseur de la couche d'albumen qui entoure l'œuf. Au bout d'un quart d'heure de contact , toute la couche glaireuse (lui enloure les œufs de grenouille est traversée, et les spermatozoïdes sont en contact inimédial avec la membrane vitelline. L'œuf, saturé de sperme, offre alors, suivant la comparaison de M. Coste, l'image d'une pelote sphérique dans laquelle on aurait enfoncé des aiguilles. Spallanzani, qui n'avait pas encore répudié l'ancienne théorie de la préexistence des germes dans l'œuf, admettait que le rôle de la fécondation se borne it donner l'impulsion-k des rouages déjà engrenés, comme l'oscillation du pendule met en mouvement tout le mécanisme d'une horloge. La semence pénètre dans le cœur du fœtus, le touche, irrite doucement ses cavités, les slimule à battre plus fréquemment et plus foi;t, et anime ainsi toute la petite machine animale.
Chez un grand nombre d'animaux la fécondation est externe : les a^ufs sont pondus par la femelle, et ce n'est que plus tard que le mâle vient répandre sur eux son sperme. Chez les mammifères, la fécondation est interne : le sperme est déposé, dans l'acte de la copulation, sur la muqueuse vaginale, d'où il gagne la nialrice et les oviductes. Les anciens admettaient que le sperme est injecté directement dans le cul , qui même opérait, selon eux, une espèce d'aspiration, propre à favoriser cette pénétration du fluide fécondant. Les observations directes faites sur les animaux sont opposées à cette manière de voir; ce n'est jamais avant vingt-cinq U trente minutes, chez la lapine, qu'on rencontre les spermatozoïdes dans le col utérin.
Le contact du sperme avec la muqueuse vaginale provoque une sécrétion abondante d'un liquide séieux, qui délaye le lluide spermatique et baigne le col utérin. €e liquide, éminemment favorable à la conservation des mouvements des spermatozoïdes, ne pénètre dans le col qu'au bout d'un certain temps. 11 faut en moyenne dix à douze heures pour que le sperme arrive aux franges de l'oviducte.
Pour expliquer ce transport de la semence vere les ovaires, les anciens invoquaient une certaine spontanéité de mouvements dont seraient doués les spermatozoïdes. On peut objecter à celte opinion que, chez quelques animaux, les spermatozoïdes ne présentent jamais de mouvements, ou bien ils perdent loule mo-
tllité avant leur introduction dans le sein maternel; et cependant l'ascension du sperme n'en a pas moins lieu. Les cils vibratiles dont est garnie la muqueuse des organes génitaux, ont semblé, à quchpies auteurs, de nature à rendre compte du passage du sperme à travers les voies génitales. Mais ces auteurs ont oublié que les cils vibratiles ne sont pas également développés sur tout le trajel de la semence, qu'ils font défaut dans le vagin, qu'ils sont peu nombreux dans la matrice, et que ceux de l'oviducte produisent, par leurs mouvements, un courant précisément inverse de celui que nécessiterait le transport du s|)enne vers les ovaires. Les contractions vermiculaires de la matrice et des trompes, très vivaces chez la lapine, sont difOciles à comprendre, comme cause de transport de la semence, chez la femme, dont la matrice a une rigidité qui ne se prèle guère à ces contractions vermiculaires. M. Coste admet qu'à la suite de chaque coïl, le fluide fécondant s'élève simplement par capillarité, comme s'élève un liquide quelconque dans un tube étroit ou entre deux lames de verre. Par ce mécanisme, tout physique, est produit le transport desspermatozoïdes, qui du vagin où le mâle les a déposés, sont conduits forcément aux ovaires. S'ils trouvent, au sein de ces organes, des œufs en état d'en subir l'influence, ils les fécondent; sinon, ils y arrivent en pure perte. Mais après tout accouplement cette ascension a lieu, et un double courant s'élève vers les deux ovaires, prêt à féconder tous les œufs qui peuvent y exister, à moins que, dans le trajel entre le vagin et l'ovaire, un obstacle n'arrête la marche du liquide, ou une sécrétion anormale ne frappe les spermatozoïdes de stérilité. Quel est, dans le sein maternel, le lieu où s'opère la fécondation? La plupart des auteurs qui se sont occupés de celle question, oui admis arbitrairement qu'elle pouvait s'accomplir partout où des spermatozoïdes arrivent vivants au contact des ceufs, sans se demander si, pour en subir l'influence, ces œufs n'avaient pas besoin de se trouver, au moment de la rencontre, dans des conditions spéciales dont l'absence les reudaitstériles. Aussi les uns ont-ils placé le théâtre de cet acte important dans la matrice, d'autres dans l'oviducte, d'autres, enlin ,dans les ovaires. Quelquesuns ont admis que la fécondation peut s'accomplir dans les oviductes, dans la matrice ou dans les ovaires. Mais des expériences directes, faites par .M. Coste, ont démontré que le germe se dégrade et se décompose quand les a^ufs, tombés spontanément des ovaires, s'engagent dans les oviductes sans imprégnation préalable, et que la fécondation, chez les mammifères, comme chez les oiseaux, doit s'accomplir normalement sur les ovaires; tout au plus pourrait-elle avoir lieu dans le quart externe de l'oviducte ou dans le pavillon. Les grossesses extra-utérines prûu\eul t|ue, chez la
UtVELOPPEMENT DE L'EMBRYON'.
femme, les choses se passent de même, et que la semence remonte également jusqu'à l'ovaire.
Une fois arrivés au contact de la membrane vitelline, les spermatozoïdes traversent celte membrane et pénètrent dans sa cavité. Toujours plusieurs spermatozoïdes s'y introduisent à la fois; dès lors rien ne les sépare plus du germe, avec lequel leur fusion s'opère. Comment s'opère ce passage desspermatozoaires à travers la membrane vitelline? Faut-il admettre, avec M. Barry, que cette membrane est perforée dans un point, et que l'élément mâle de la reproduction traverse une sorte de micropyle, destiné à livrer passage au globule fécondant? Nié par Bischoff, ce micropyle est admis sans contestation par M. Coste, qui l'a
vu d'une manière indubitable chez les saumons, les truites, etc. Chez ces poissons, la membrane vitelline est percée d'un trou microscopique, nettement dessiné et muni, en dedans, d'une petite soupape. La situation de cet orilice est constante; c'est toujours derrière lui que viennent s'assembler les matériaux du germe, avec lesquels celle semence doit se combiner. La fécondation opérée, la perforation s'oblitère peu à peu, et la membrane vitelline redevient une vésicule close de toutes parts. Dès lors les matériaux fournis par les deux sexes se confondent en une seule et même substance, qui se transforme en un organisme nouveau, participant à la fois de la nature et des propriétés du père et de la mère dont il émane.