‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 73 sur 136 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ȃVl!:E.OPPi:ilE!VT DE L.'EMBR'VOW.

§ 1". — SEGMENTATION DU VITELLUS-BLASTO- DEIIME.

(PI. .NLV cl .\LVI.)

Les premières phases du développement de l'œuf n'ont pu être observées jusqu'à présent que chez les animaux ; mais tout ce qui a pu être constaté directement sur la femme, présente une telle analogie avec ce qui se voit dans les espèces animales, qu'il n'est pas douteux pour nous que les choses se passent également de même, de part et d'autre, dans les premiers temps du développement.

Trajet dans l'ovidtictc. — Albumen. — Chez les mammifères et dans l'espèce humaine, l'œuf est trop petit pour donner prise aux muscles de l'oviducle. Expulsé par les membranes du follicule, qui reviennent sur elles-mêmes après leur déchirure, entraîné par le liquide qui l'entoure, l'œuf se sépare de l'ovaire, coiffé du pavillon de la trompe; il chemine ensuite dans celle-ci par l'action des cils vibraliles dont est garnie la muqueuse tubaire, et ne larde pas à arriver jusqu'au fond de l'infundibulum. Quelques inslants suffisent à l'œuf pour franchir toute la dislance qui le sépare du point où les oviducles se rétrécissent, distance qui n'est pas de moins de 5 à 6 centimètres

Après avoir traversé le pavillon et s'être dépouillé graduellement de la couche granuleuse qu'il avait entraînée avec lui, l'œuf d'un grand nombre de mammifères .se recouvre d'une série de couches albumineuses, qui sont sécrétées par la muqueuse de la trompe, et qui formcronl probablement les premiers matériaux

nutritifs de l'œuf, avant son contact avec la muqueuse utérine. L'albumen ne parait point être sécrété dans toute la longueur de la muqueuse tubaire, car, au tiers interne de l'oviducle, il a totalement disparu, sans doute parce qu'il a été utilisé par l'œuf, et la membrane vitelline se trouve de nouveau dépouillée de toute enveloppe. Nous ne savons pas si l'anif humain s'entoure d'un albumen, ce dernierétant un produit accessoire, qui man(|ue dans beaucoup d'espèces et qui parait indispensable surtout chez les animaux dont le vitellusest très volumineux.

Le temps nécessaire à l'œuf pour parcourir la trompe varie beaucoup dans les diverses espèces ; il est de quatre jours chez la lapine, de six jours chez la chienne, de huit jours chez la brebis. Il y a des raisons de croire que, chez la femme, l'œuf met huit à dix jours pour traverser l'oviducte.

En pénétrant dans l'oviducte, l'œuf commence par se débarrasser de l'enveloppe granuleuse qu'il avait entraînée avec lui ; il présente alors les mômes caractères que dans l'ovaire; souvent on voit encore des spermatozoïdes adhérents à sa membrane vitelline.

Le premier changement qui s'opère dans l'œuf, c'est la disparition de la vésicule germinative; celle disparition, qui paraît même antérieure à la fécondation, prouve que la vésicule germinative est loin d'avoir l'imporlance que lui avaient attribuée Purkinje et Baer.

!>eijmentation. — On voit ensuite le vitellus, qui ju.squ'alors remplissait complètement l'espace circonscrit par la membrane vitelline, se rétracter sur lui-même

ANNEXES DU FOEHS.

el s'écarler de son enveloppe ; à ce moment il représente une sphère granuleuse, au centre de laquelle se trouve une tache plus claire, homogène, une espèce de globule huileux et mu(|ueux. C'est la première sphère de ,«er/mf îUaiî'o». Bientôt cette sphère se divise en deux moiliésà peu près égales, qui reprennent immédiatement la forme sphérique. Chacune de ces sphères nouvelles présente le même aspect que la sphère primitive, et, comme elle, est munie -à son centre d'un globule huileux. Ce globule central parait exercer une grande iniluencesur la sphère tout entière : c'est lui qui est le point de départ de la segmentation. Avant qu'aucune tendance !i la division se manifeste dans la sphère vitelline, on le voit s'allonger, puis s'étrangler à la partie moyenne de son grand diamètre, et se diviser enfin en deux globules distincts. Ces globules semblent devenir, pour les granulations vitellines qui les entourent, des centresd'allraclionquiamènent ladivision de la sphère primitive en sphères secondaires. Le même travail s'accomplit dans celles-ci, et les divise en quatre sphères tcriiaires, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le vitellus tout entier soit converti en un nombre plus ou moins considérable de sphères granuleuses, d'un volume de plusen pluspetit, maisloujoursidentiquesquantà leur composition; et chaque fois la division de la sphère granuleuse est précédée de celle du globule central.

Ce vitellus, arrivé au terme de la segmentation, a repris une surface lisse comme au début de ce travail ; mais il est composé d'un nombre considérable de petites sphères granuleuses, qui ne paraissent point posséder de membrane d'enveloppe ; en d'autres termes, ces sphères ne sont pointdes celhilesou vésicules, mais de simples amas de granulations. M. Cosle leur a donné le nom àe sphères onjaniques.

Blasloierme. — C'est ordinairement dans cet état que l'œuf arrive dans l'utérus. A ce moment, il s'opère dans les granulations périphériques de chaque sphère organique une modification chimique, une sorte de condensation qui les convertit en une membrane. Chaque sphère de segmentation représente alors une cellule, composée d'une enveloppe homogène et d'un contenu granuleux. Un liquide albumincux s'amasse entre ces cellules et les refoule vers la périphérie; les cellules, appli(iuées contre la face interne de la membrane vileHine,se serrent les unes contre les autres, s'aplatissent mutuellement etprcnnentune forme polyédrique; elles constituent alors une membrane nouvelle, une sorte d'épiihélium, lapis.sant en dedans la membrane vitelline; c'est la vésicule blastoJermique, ou le bhisloderme, origine de l'embryon et de ses annexes.

Le blastoderme résulte donc de la division du vitellus en sphères organiques et de la conversion de ces sphères en cellules. Cependant une portion du vilellus reste étrangère à cette formation, et constitue, sur un

point de la surface du blastoderme, une sorte de dis(|ue ou une couche verruqueuse qui servira plus tard au développement de la tache embryonnaire.

Le blastoderme, qui renferme un peu de liquide dans sa cavité, gagne rapidement en volume, aux dépens de la couche albumineuse dont l'œuf s'était entouré dans la trompe. La membrane vitelline ellemême, distendue par le liquide qui s'accumule dans le blastoderme, s'amincit, s'atrophie et se réduit ii une pellicule très fine. L'œuf est alors formé de deux membranes, la membrane vitelline et le blastoderme, et d'un contenu liquide.

Quand l'œuf de lapin a atteint environ 1/2 millim. de diamètre, on remarque à la surface de la vésicule blastodermique une tache plus foncée, de forme arrondie, provenant de ce qu'il ce niveau les cellules sont plus petites et accumulées en quanlilé plus considéral.'le: IJi-schoff a donné à cette tache le nom lïarea germinativa, et M.Coste, celui de tache embryonnaire.

Le blasloderme, jusque-lii formé d'une sim|ile couche de cellules, se dédouble alors, ii partir de la tache embryonnaire jusque vers le pôle opposé; bientôt il se compose de deux feuillets distincts, un peu épaissis au. niveau de la tache embryonnaire. Pendant ce temps, la membrane vitelline se garnit extérieurement de petits prolongemenls radiculaires, en forme de villosités ramifiées, el composés d'une substance homogène, ne renfermant ni noyau, ni cellules; dans cet état, elle constitue ce qu'on appelle le chorion primitif.

Des deux feuillets dans lesquels s'est divisé le blastoderme, l'interne, ou feuillet muqueux ou végétatif, se compose d'une simple couche de cellules délicates et qui ont conservé leur forme arrondie : il donnera naissance au canal intestinal et à la vésicule ombilicale. Le feuillet exierne, appelé feuillet séreux ou animal, produira les téguments et tous les appareils delà vie de relation. Ce feuillet s'épaissit considérablement au niveau de la tache germinative. — Entre ces deux feuillets, on ne tarde pas à voir s'en produire un troisième, appelé feuillet moyen ou vasculaire ; ce dernier est limité à la tache embryonnaire; mais il se développe très rapidement et formera la plupart des systèmes organiques.

Avant de suivre les développements ullérieurs du germe, nous allons examiner rapidement comment se forment les enveloppes de l'œuf.

§ II. — MEMDliANES DE L'OELF. — ANNEXES

Page 1