‹ Atlas complémentaire de tous les traités d'accouchements (volume 2)Chapitre 75 sur 136 · MEMBRANE CADUQUE · texte numérisé non relu

MEMBRANE CADUQUE

le sommet de la vessie à l'ombilic. La portion interne est destinée à former la vessie urinaire.

Pendant que l'ailantoïde s'accroit en volume, les vaisseaux qu'elle supporte grossissent considérablement: les artères, en particulier, deviennent des vaisseaux importants et ne sont plus seulement les terminaisons des aortes primitives, mais leurs branches les plus considérables; elles portent le nom à'arleres ombilicales.

l-a portion externe de l'ailantoïde forme une des parties les plus essentielles de l'œuf; en s'étendant, elle s'applique contre la face interne de l'enveloppe extérieure de l'œuf, tapisse toute l'étendue de cette face, se soude avec elle, et constitue dès lors, pour l'œuf, une membrane nouvelle située entre l'amnios et le chorion. Enfin, sa surface extérieure se garnit de villosilés vasculaires, lesquelles pénétrent dans celles qui hérissent le chorion, et, en se multipliant extraordinairement dans une portion restreinte de la surface de l'œuf, donnent naissance au placenta fœtal.

Il résulte de l'examen des pièces nombreuses de la collection de M. Coste que la formation de l'ailantoïde ne saurait guère être bien observée, chez l'homme, que sur des œufs âgés de quinze à vingt-cinq jours. On y voit aussi ((ue l'ailantoïde ne se développe passons la forme d'une poche remplie d'une matière albumineuse et dont un des feuillets s'appliquerait sur l'amnios, et l'aulre contre le chorion, mais bien sous forme d'une lame unique qui s'étend en dehors de la vésicule ombilicale, et dont les bords finissent par se rejoindre et se souder, de même que nous l'avons vu pour l'amnios. l.e principal rôle de l'ailantoïde est de conduire les vaisseaux de l'embryon dans le chorion.

C/iOî(on. — Sous le nom de chorion, on désigne habituellement l'enveloppe extérieure de l'œuf; mais cette enveloppe n'est pas toujours la même. Quand l'œuf arrive dans la matrice, le chorion est constitué par la membrane vitelline ; suivant M. Coste, cette membrane se couvre de végélations ramifiées ou villosilés, qui, en se développant, plongent dans le tissu de la muqueuse utérine, et fixent définitivement l'œuf, en même temps qu'elles s'imbibent des sucs dont est pénétrée celte muqueuse et qui forment les premiers éléments nutritifs de l'embryon. C'est là le chorion primitif, qui est villeux et non vasculaire.

Quand l'amnios s'est développé, le feuillet externe du blastoderme se sépare du feuillet interne; il s'applique sur la face interne du chorion primitif, lequel s'atrophie et finit par disparaître. Le feuillet séreux forme alors l'enveloppe extérieure de l'œuf, rouverte, comme celle qui l'a précédée, de villosilés également non vasculaires, mais composées de cellules : c'est le ilcuxiéme chorion.

C'est à la face interne de ce deuxième chorion (luo

vient se développer l'ailantoïde avec ses vaisseaux. De nombreuses ramifications vasculairesgarni.ssent la face exlernede l'ailantoïde et s'en détachent comme des villosités,lesquellespénètrentdanscelles du chorion et s'en coiffent, ou bien, comme l'admet M. Coste, les atrophient et prennent leur place : on a alors le troisième chorion, villeux comme les précédents, mais vasculaire dans toute son étendue, et qui persiste pendant toute la durée de la grossesse, en subissant, à la vérité, des modifications profondes dans ses diverses parties. En effet, à partir du vingt-cinquième au trentième jour, époque à laquelle le chorion définitif se montre couvert de villosités vasculaires sur toute sa surface, on voit toutes ces villosités .s'atrophier et leurs vaisseaux s'oblitérer, excepté au niveau de la partie du chorion qui répond au tronc des vaisseaux ombilicaux ; là, au contraire, elles prennent un développement extraordinaire, se couvrent de ramifications nombreu.ses et forment par leur réunion un organe essentiellement vasculaire, qni est désigné sous le nom de placenta fœtal. De son côté, la muqueuse utérine a éprouvé, dans la région qui correspond au placenta fœtal et au voisinage de cette région, des modifications profondes, d'où résultent le placenta utérin et la membrane caduque. Voyonscommentse forment ces diverses parties.

Membrane caduque, placenta.— Au momentoii l'œuf arrive dans la cavité de l'utérus, la muqueuse utérine a subi, mais à un degré exagéré, cette sorte d'hypertrophie que nous avons vue accompagner la période menstruelle; elle est très vasculaire, gorgée de sang, molle, lomenteuse; sa surface présente une multitude de saillies et de dépressions, de plis plus ou moins profonds, assez larges pour loger l'cfufdans les anfractuosités qu'ils limitent et pour l'y retenir.

On admettait autrefois que cette grande vascularité de la muqueuse utérine avait pour premier effet l'exsudation à la face interne de cette membrane, avant l'arrivée de l'œuf, d'une couche de lymphe plastique, circonscrivant extérieurement la cavité de l'utérus et passant au-devant des ouverturesdestrompesetducol; on disait cette poche remplie d'un prétendu liquide, auquel Breschet avait donné le nom d'hydro-périone. Dans cette hypothèse, l'œuf, chassé par la contraction de l'oviducle, devait repousser devant lui la couche pseudo membraneuse qui fermait l'orifice de la trompe, la refouler dans la cavité utérine et s'en coiffer comme d'un double bonnet de coton. L'œuf était donc séparé de la paroi utérine par deux feuillets, dont l'externe revut le nom de caduque vraie et l'interne celui de caduque ri'Héchie. On ne fut pas longtemps sanss'apercevoir que l'hémisphère de l'œuf opposé à celui qui avait opéré ce refoulement, et qui, dans cette hypothèse, aurait dû manquer de caduque, est loin d'en

DÉVELOPPEMENT DE L'EMBRYON

être dépourvu. On admit donc qu'en ce point il se fait une exsudation supplémentaire, et qu'il s'y produit une ciiduque sérotine.

Un examen plus attentif a dû faire rejeter ces opinions sur la caduque. Et d'abord, M. Cosie a démontré qu'à toutes les époques de la grossesse, les orifices utérins des trompes sont libres, à moins (|ue l'un d'eux ne soi! bouché par la présence de l'œuf, et qu'il en est de même de l'orifice inlernc du col, qui est simplement rempli de mucus(pl.50). Il a été reconnu, de plus, que les feuillets membraneux appelés caduque vraie et caduque réfléchie ne sont autre chose que la muqueuse utérine diversement modifiée dans sa structure, mais toujours reconnaissable à ses caractères anatomiques. Enfin, l'observation d'œufs humains très jeunes n'a laissé aucun doute sur la marche véritable des phénomènes, qui se passent de la manière suivante.

En pénétrant de l'oviducte dans l'utérus, l'œuf ne rencontre aucun obstacle qui s'oppose à son passage; mais il est retenu généralement au voisinage de l'orifice de la trompe par les plis de la muqueuse utérine. Comme à ce moment il n'a encore que 0""°,3 environ de diamètre, on comprend qu'il puisse tomber au fond d'une des anfractuosités de celte muqueuse. Rien ne le relient d'abord dans la place qu'il occupe, si ce n'est les inégalités des parois de sa loge et les villosilés qui héiissent sa surface; dans la quatrième semaine, il est encore complètement libre, et au commencement du second mois de la grossesse, la séparation est toujours très facile. Ce n'est que vers la fin du deuxième mois que la formation des villosités placentaires rend les adhérences entre l'œuf et la matrice de plus en plus intimes. Voici comment se produisent ces rapports.

Au pourtour de l'œuf, la muqueuse utérine s'hyper- Irophie et forme une sorte de pli ou de bourrelet circulaire, dont la hauteur s'accroît de plus en plus, de même qu'on voit les bourgeons charnus s'élever autour d'un pois à cautères et tendre à l'envelopper complètement. L'énorme développement vasculaire de la muqueuse, auquel participe ce bourrelet, favorise l'accroissement rapide de ce dernier, dont les bords ne tardent pas à se rejoindre au-dessus de l'œuf, et à se souder, en donnant naissance à une sorte d'ombilic, longtemps reconnaissable au défaut de vaisseaux qu'on y observe. Cette portion de nouvelle formation qui a complété la loge de l'œuf, constitue la cadwiue rèjléchic. Coiffe de cette dernière, l'œuf représente, en quelque sorte, un kyste adhérent à la paroi de l'utérus et faisant saillie dans sa cavité. A mesure que l'œuf grossit, la caduque réfléchie, qui présentait la même structure et le même degré de vascularité que la muqueuse utérine, excepté au niveau de l'ombilic caducal, cette caduque, distendue énormément, s'amincit, ses vaisseaux s'atrophient de l'om-

bilic vers son bord adhérent ; elle finit par se réduire en une lame anhyste. Mais au deuxième mois, on la trouve enc,ore;parcourue par de nombreux vaisseaux, et au quatrième ces vaisseaux n'ont pas encore complètement disparu. Quand l'œuf a pris assez de volume pour remplir toute la cavitéde l'utérus, la caduque réfléchie se trouve appliquée contre la face interne de la muqueuse utérine, ou caduque vraie, dont la sépare un peu de liquide albumineux et rougeâlre. Celiquidedisparaissant à son tour vers le milieu de la grossesse, les deux membranes arrivent au contact et finissent par se confondre.

La muqueuse utérine, pendant toute la durée delà grossesse, tapisse la cavité de la matrice et se prolonge dans le col et dans les trompes ; c'est cette muqueuse, dont une portion est expulsée avec le fœtus, qui constitue la caduque vraie; elle se continue naturellement, à l'endroiloû s'insère l'anif, d'une part, avec la caduque réfléchie, qui en est un prolongement ou une excroissance, d'autre part, entre l'œuf et la paroi utérine. C'est cette dernière portion, interposée entre l'œuf et la paroi musculaire de la matrice, qui subit les transformations les plus profondes et qui donnera naissance au placenta ; c'est elle ([ue l'on avait appelée à tort caduque sérotine.

Quand on examine une matrice arrivée au quatrième mois de la grossesse, on trouve la cavité utérine remplie d'une poche membraneuse, adhérente, par une portion de sa surface, avec une région de la paroi utérine, libre dans le reste de son étendue. La couche la plus superficielle de celte poche est une membrane transparente qui, au niveau de l'insertion de l'œ'uf sur la matrice, se continue avec la muqueuse utérine: c'est la caduque réfléchie. Les orifices des trompes, ou du moins l'un d'eux, sont parfaitement libres, l'orifice interne du col n'est bouché que par un amas de mucosités.

La muqueuse utérine, encore distincte des enveloppes de l'œuf, excepté dans la région où celui-ci s'est inséré, a |iris un grand développement, moindre déjii, cependant, que celui ([u'elle avait au troisième moi.'^. Elle est encore très vasculaire dans toutes ses parties, et se continue, en .s'amincissant, dans le col et dans les oviducles. Sa structure a subi des changements importants; l'épilbélium vibralile qui la recouvrait, a disparu. M. Robin admet qu'un épithélium de nature différente l'a remplacé; s'il existe, ce nouvel èpilhéliuni ne lardera pas ;i disparaître à son tour dans la .seconde moitié de la grossesse, quand les deux caduques s'accoleront l'une à l'autre. Outre le grand développement des vaisseaux, ce qui donne surtout une cpai!*seur considérable ;i cette muqueuse, c'est une niasse énorme de substance amorphe qui s'est interposée entic les élémenlsde la membrane et dans laquelle se trouvent

Page 1