Nerf saphène tibial, ou racine interne du nerf saphène
externe.
2G. Nerf du muscle soléaire.
APPLICATIONS A LA PATÜ0L0G1E ET A LA MÉDECINE OPÉKATOIBE
La région poplitée est une région dangereuse et très-féconde en lésions de toutes sortes.
Les lésions physiques y sont toutes plus ou moins graves, même quand elles sont superficielles. En effet, les instruments piquants, tranchants ou contondants qui traversent la peau, peuvent blesser la veine saphène interne et l’artère qui l’accompagne, et qui est quelquefois assez volumineuse, comme on le voit sur la planche que nous avons sous les yeux. Ces plaies sont susceptibles de fournir du sang en abondance et par conséquent sont relativement assez graves. Les plaies profondes sont bien autrement graves ; elles atteignent, en effet, des muscles, des tendons des bourses séreuses sur les côtés du creux poplité, et dans celui-ci des nerfs volumineux, branches du nerf sciatique, ou le nerf sciatique lui même, la veine poplitée ou ses branches afférentes, l’artère poplitée et ses ramifications nombreuses. Quand la veine et l’artère sont atteintes simultanément il se forme dans le creux poplité un épanchement sanguin qui remonte facilement dans la région fémorale postérieure. La superposition de la veine et de l’artère poplitée existant dans toute l’étendue du creux poplité, excepté dans le haut de la région, explique bien pourquoi ces pluies sont souvent suivies d’anévrysmes antérioveineux. Il faut faire remarquer que, d’après l’ordre de superposition, le nerf est plus exposé, puis vient la veine eten troisième lieu l’artère. Toutes les fois que l’on aura une blessure de l’artère on devra présumer, d’après cette disposition, que les-’ deux organes superficiels sont en même temps atteints, et de là le caractère encore plus grave de cette blessure qui en elle-même offre déjà une très-grande gravité.
Les plaies du creux poplité sont encore graves parce qu’elles atteignent les os ou l’articulation du genou, et ce sont surtout les plaies produites par les balles ou d’autres projectiles qui offrent ce caractère. On peut voir que l’artère poplitée appliquée intimement sur les os et sur la face postérieure de l’articulation, ne décrit aucune courbe, il résulte de là que dans une extension brusque de la jambe, elle est susceptible de se déchirer, et c’est peut-être ainsi qu’il faut expliquer pourquoi les personnes qui marchent beaucoup ou qui ont l’habitude de rester longtemps assises les jambes fléchies, sont plus sujettes à avoir cette lésion et l’anévrysme qui en est la conséquence.
Les lésions vitales de la région poplitée consistent en inflammations, ulcérations ou suppurations. Les inflammations et les abcès qui en sont la conséquence peuvent être : 1° sous-cutanés, 2° entre les deux fascia , 3° sous les deux fascia, 4® sous l’aponévrose. Chacune de ces inflammations aura un caractère spécial. Celle de ces inflammations qui siégera dans le creux poplité se terminera rapidement par un abcès qui, bridé du côté de la peau, tendra à fuser soit en haut soit en bas. De là la nécessité de pratiquer une prompte ouverture pour éviter ces fâcheux accidents. Du resfe, il y a des abcès du creux poplifé qui viennent d’en haut ainsi que nous l’avons établi, d’en bas par-dessous les jumeaux et le muscle soléaire du devant soit par une ostéite soit par une arthrite suppurée. Dans les suppurations qui accompagnent les tumeurs blanches, il peut arriver ce que j’ai vu, que l’artère s’ulcère et que le malade succombe à une hémorrhagie. Ce fait s’est produit dans le service de M. Velpeau pendant que j’étais son interne en 1850, et a été communiqué à la Société de biologie par mon collègue Dionis des Carrières, aujourd’hui chirurgien distingué à Auxerre.
Les bourses séreuses nombreuses, rormales ou accidentelles qui existent dans la région, sont susceptibles de s’enflammer, de suppurer et de fournir du pus qui se vide dans le creux poplité.
Les lésions organiques qui méritent de nous arrêter sont l’anévrysme et les kystes. L’anévrysme se produit par deux causes, l’une traumatique, l’autre organique. Nous avons déjà montré ces deux causes en action. Faisons remarquer que nous aurons toutes les variétés d’anévrysmes à cause des rapports intimes qui existent entre la veine et l’artère. Quelle
lie soit celte variété de forme, nous aurons des phénomènes communs. Ainsi : la veine et le nerf seront comprimés ; la oclie trouvant une résistance insurmontable du côté des os et de l’articulation, se développera en arrière et le mouvement de flexion du genou aidera encore à ce développement. Aussi, quoique bridée par l’aponévrose poplitée, la tumeur anévrysmale fera promptement saillie. D’abord il y aura compression delà veine poplitée, de là l’œdème de la jambe en arrière et sur le côté externe. Plus tard il y aura compression du nerf sciatique ou de scs branches et production des phénomènes de paralysie de la sensibilité et du mouvement dans les parties sous-jacentes.
Les kyslcs du creux poplité sont assez fréquents. Cette fréquence s’explique par la présence des nombreuses séreuses normales et accidentelles qui occupent cette région. Quelques-uns d’entre eux cependant viennent de l’articulation du genou elle-même par une sorte de hernie de la synoviale. J’en ai observé une variété qui doit être bien rare, pendant que j’étais prosecteur à Clamart. Le kyste était formé par la loge aponévrotique du muscle poplité qui, ayant disparu par atrophie, avait été remplacé par la synovie épaissie venant de la synoviale du genou.
Les ganglions lymphatiques nombreux de cette région peuvent s’enflammer, suppurer, se changer eux-mêmes en kystes. Quand ils constituent une tumeur par suite d’une de ces lésions, ils sont situés sur les vaisseaux, et le battement de ceux-ci peut leur être transmis dans quelques cas et faire croire à l’existence d’une tumeur anévrysmale. C’est là une cause d’erreur qu’un chirurgien prudent saura toujours éviter.
On pratique dans le creux poplité une ligature, c’est celle de l’artère de ce nom. Voici les données qui serviront de règle pour cette opération. On fera une incision oblique qui, partant du côté interne et en haut de la région, aboutira au milieu du creux poplité en le dépassant un peu en bas et eu dehors. En faisant cette incision on se propose d’éviter la veine saphène externe qui vient se jeter dans la veine poplitée vers le milieu et au bas de la région. On traverse la peau, les deuxfascia et l'on coupe directement l’aponévrose. Dès que le creux poplité est ouvert on se sert exclusivement de la sonde cannelée et de la pince. On trouve le nerf sciatique ou ses divisions, on les écarte avec un crochet mousse. Audessous du nerf on voit la veine épaissie en général ressemblant presque à une artère ; on la sépare avec prudence de l’artère et l’on charge ce dernier vaisseau par un tour de main qui consiste à faire glisser la sonde cannelée entre les deux vaisseaux et à soulever l’artère pendant que l’on abaisse la veine et le nerf.
B. J BÉRAUD ANAT CHIKURG
1JB1ÎAIRIK GEKMKR BAILLIÈRE.
Figure 1. — Région Ubialc postérieure.
B. Coupe du tissu cellulo-graisseux sous-cutané,