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Branches moyennes du nerf saphène interne

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Les lésions physiques de cette région n’offrent rien de spécial, si ce n’est la possibilité d’une complication de la blessure de la veine saphène interne ; mais est-ce bien là une complication? Le sang ne s’arrête-t-il pas facilement et la

phlébite est-elle réellement à redouter si l'on a soin de traiter la plaie d’une manière méthodique? Les plaies profondes

qui iraient jusqu’à l’artère tibiale seraient certainement plus graves, mais aujourd’hui, avec les notions anatomiques exactes que nous avons, nous pouvons conjurer facilement tout danger. Parmi les lésions physiques nous signalerons la rupture du tendon du muscle plantaire grêle, rupture s’accompagnant d’un bruit assez fort et auquel on a donné le nom de coup de fouet. On peut voir en F' de la figure 1 ce tendon qui par sa gracilité se prête bien à cet accident.

Parmi les lésions vitales nous signalerons plus spécialement les varice;. Celles-ci peuvent occuper les veines superficielles ou sous-cutanées et les veines tibiales et péronières en même temps. M. Verneuil a môme cherché à démontrer que les varices des veines profondes précédaient toujours celles des veines superficielles. Cette découverte, qui nous dévoile plus complètement la nature de cette affection, nous montre aussi que le traitement rencontrera encore plus de difficultés. Nous avons pu vérifier l’exactitude de la découverte de M. Verneuil, mais, tout en admetlant avec lui la coïncidence fréquente des varices profondes avec les varices superficielles, nous n’irions pas jusqu’à dire avec lui que les

varices des veines profondes précèdent toujours celles des veines superficielles.

Les opérations que l’on pratique sur cette région sont surtout des ligatures d’artère. Ainsi la tibiale postérieure se lie en trois endroits (1, 2, 3). L’inspection de cette figure nous donne à elle seule tous les documents nécessaires pour faire méthodiquement chacune de ces ligatures. Commençons par la ligature au tiers inférieur, c’est-à-dire au niveau du trait 3 ; mais auparavent représentons par une ligne fictive le trajet parcouru par l’artère dans toute sa longueur. Ce trajet sera représenté assez justement par une ligne partant de la partie postérieure du condyle interne et qui, suivant parallèlement le bord interne du tibia, aboutirait au milieu de l’espace compris entre le bord postérieur de la malléole et le bord interne du tendon d’Achille. Pour la ligature de l’artère tibiale au tiers inférieur nous ferons donc une incision qui aura son centre au niveau du trait 3, et aura environ 6 centimètres de longueur. Après l’incision de la peau on trouvera le fascia souscutané, on le coupera et l’on arrivera sur l’aponévrose. Cn peut voir qu’ici comme dans toute son étendue l’arlère est recouverte par deux aponévroses. Seulement ici les deux feuillets sont rapprochés, de sorte que pour les inciser séparément il faut quelques précautions. On voit que l’artère est accompagnée de deux veines ; chacune d’elles est souvent un peu dilatée et hypertrophiée dans ses parois. Il y a quelquefois, par suite de ces changements, tellement de ressemblance entre les veines et l’artère, qu’il faut se prendre garde de tomber dans l’erreur de les confondre. Du reste, cela se remarque pour toutes les artères de la jambe. Pour éviter l’erreur, il suffît de se rappeler que l’artère est entre les deux autres vaisseaux.

A la partie moyenne on suit les mêmes règles qu’en bas. Après avoir découvert l’aponévrose superficielle on l’incise près du tibia et l’on porte cn arrière le bord interne du muscle soléaire. On voit au-dessous le vaisseau qu’il faut lier. On le découvre en dédolunt et on le charge.

A la partie supérieure la ligature est très difficile et l’on devine facilement que cela tient à la profondeur du vaisseau. On suit les mêmes règles jusqu’à l’aponévrose superficielle, en évitant de blesser la veine saphène interne. On incise l’aponévrose superficielle et le muscle soléaire. On tombe alors sur l'aponévrose profonde que l’on incise en dédolant. L’artère étant découverte on la dénude et on la charge en suivant les règles de lapins grande prudence.

Figure 2. — Coupe transversale de la jambe a sa partie moyenne.

EXPLICATION

A. Coupe de la peau.

B. Coupe du tissu cellulo-graisscux sous-cutané.

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