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KYSTES SÉREUX ET BILIAIRES DU FOIE

KYSTES SÉREl^X ET BILIAIRES DU FOIE.

Sous le nom de kystes, on comprend généralement des lésions du foie trèsdifférentes, et qui, à tous égards, méritent d'être séparées. Parmi ces lésions, les unes ont une pathogénie obscure , ce sont les kystes séreux ; les autres, mieux connues quant à leur origine, appartiennent à la grande classe des affections parasitaires et se nomment kystes hydatiques. Les unes et les autres seront Tobjet de notre étude.

Obs. LXXVIII. Ujute» aéreas et tameor érectile do foie. Éplthéllomo de la |««e et pneaiDonle. — N...., âgé de soixante-six ans, entré à THôtcl-Dieu le 22 septembre 186/i, meurt, le 15 octobre suivant (salle Saint-Jean, service de M. Maisonneuve), d'un cancrolde ulcéré et gangrené de la joue gauche qui avait donné lieu à une pneumonie caractérisée par une hépatisation verdâtre, fétide, semée de plusieurs points de suppuration.

AtUopsie. — La lèvre inférieure est le siège d'un large ulcère sanieux, à fond gangrené. Pi. la, fig.ô. Les poumons, celui de droite surtout, présentent plusieurs noyaux d'hépatisation légèrement vcrdàlre. Le parenchyme, affecté, très-friable, donne lieu par la pression à Técoulement d'un suc abondant. — Le cœur est intact; le foie, d'un volume normal, n'est pas sensiblement altéré, mais au niveau de sa face convexe et à une faible distance du ligament suspenseur, siègent un grand nombre de kystes, variant de volume, depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'un œuf de pigeon. Ces kystes renferment une sérosité transparente, coagulable par la chaleur et l'acide nitrique; ils ont des parois minces, lisses, transparentes, tapissées d'épilhélium et parcourues sur quelques points de vaisseaux plus ou moins nombreux. Ils sont groupés en différents endroits du foie, et tous, ou presque tous, au niveau des tumeurs érecliles au sein desquelles ils se sont développés. Ainsi le foie de ce malade est le siège de plusieurs tumeurs vasculaires modifiées et de teinte brunâtre (angiomes), et chacune de ces tumeurs présente des kystes plus ou moins nombreux, tandis qu'il n'eu existe pas dans le reste de la glande hépatique. Les autres organes sont intacts.

Deux points méritent ici d'être remarqués : la condition étiologique de la pneumonie des derniers moments et la localisation des kystes au sein des tumeurs érectiîes. Relativement au premier, il est incontestable que l'ulcère gangreneux de la bouche a été la cause de la pneumonie. Le second point est aussi des plus importants : il me semble prouver d'une façon pour ainsi dire péremptoire l'existence d'une relation entre les tumeurs érectiles et les kystes séreux. Quant à celte relation, elle est sans doute le résultat de l'obstruction des vaisseaux sanguins aboutissant aux vacuoles de l'angiome, et de la distension de ces vacuoles par un liquide qui y serait sécrété. Si dans quelques cas ces kystes se rencontrent là où il n'y a pas de tissu érectile, il y a du moins lieu de croire que môme alors des vaisseaux ont pu en être le point de départ ; sans quoi il est difficile de se rendre compte de leur présence.

Cependant Bristowe et Wilks ont constaté l'existence simultanée de kystes

séreux dans les reins et dans le foie, ce qui rendrait probable l'origine de ces

derniers dans les canalicules biliaires, car on sait que les kystes rénaux se

développent dans les tubes urinifères. Beale a avancé, sans preuve certaine

du reste, que ces kystes procédaient des cellules hépatiques.

100 APPAREIL DE L'HÉMOPOIÈSE.

A côté des kystes séreux on en rencontre qui ont leur point de départ dans les conduits biliaires; ils sont ordinairement multiples, de petites dimensions, remplis par une substance plus ou moins épaisse et verdâtre qui n'est autre que la bile, ou bien muqueuse et à peine colorée, ainsi qu'on l'observe dans quelques cas. Le rétrécissement ou les obstructions des canaux hépatiques, telle est la cause habituelle de cette dernière forme dont j'ai pu observer plusieurs exemples.

Obs. LXXIX.Kyvie* biliaires do foie, tubercule* pulmonaire*. — M.. , cordonnier, âgé de cinquante ans, entré à Thôpital de la Pitié le 9 octobre 1861 (salle Saint- Athanase, n** 20), succombe le 30 du même mois aux progrès d'une phthisie pulmonaire avancée.

Les poumons sont le siège de tubercules et de nombreuses excavations. Cœur sain. Le foie, d'un volume normal, ne présente aucune lésion appréciable àTextérieur, mais lorsqu'on vient à le couper par tranches, on y aperçoit un certain nombre de tumeurs du volume d'une noisette ou d'une petite noix. Au nombre de 12 à 15, ces tumeurs arrondies, sphériques, de coloration verdâtre, sont constituées par une membrane fibreuse formant une poche qui renferme un liquide ayant tous les caractères de la bile. Néanmoins aucun canalicule ne s'abouche manifestement dans ces poches, qui cependant ne paraissent être que la terminaison de ces conduits, au même titre que certaines dilatations ampullaires à l'extrémité des bronches. Dans l'une de ces tumeurs existe un caillot sanguin rouge brunâtre qui sans doute n'est que le résidtat dé la déchirure d'un vaisseau rampant dans la paroi de la poche. Il n'existe aucun obstacle au cours de la bile dans le canal cholédoque. La rate est volumineuse, les reins ne sont pas sensiblement modifiés. La vessie est intacte. Le tube digestif est sain.

Parleur contenu, leur volume, leur dissémination, autant que par leur siège, les kystes biliaires du foie se distinguent des kystes séreux du môme organe et ne peuvent leur être assimilés.

KYSTES HVDATIQUES. - ^AftASITES DU FOIE.

Plus fréquents que les kystes séreux ou biliaires, les kystes hydatiques en diffèrent, tant par leurs caractères anatomiques que par leur origine parasitaire. De même que toutes les lésions de cette nature, ils sont plus communs dans certaines contrées, l'Islande par exemple, où ils se rencontrent à l'état endémique. Ils sont formés de vésicules particulières connues sous le nom d'hydatides. Ces vésicules sont arrondies, composées d'une matière semblable à l'albumine coagulée, et renferment un liquide limpide et non coagulable par la chaleur. Elles contiennent des échinocoques adhérents à leur surface interne ou libres et flottants dans le liquide hydatique. De forme sphéroïde ou ovoïde, elles ont un volume qui varie ordinairement depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une noix. Elles sont généralement multiples et contenues dans une vésicule principale, vésicule mère qui peut acquérir jusqu'aux dimensions d'une grosse tête de fœtus ; plusieurs vésicules mères sont quelquefois placées les unes à côté des autres dans une même poche. L'observation suivante est un exemple de cette lésion :

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