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KYSTES HYDAT1QUES. — PARASITES DU FOIE

Obs. LXX\. Kyalc hydatlqne dn foie. TnberCMloae dan ponmoD» el d««

wéalBRCB. — B...., âgée de trenlc-huit ans, cnlre àl'Hôlel-Dieu, salle Saint-Bernard, d°32, le 3 arril 1866, [Wurune tiémoplysie ; faible, anémiée, elle se plaint d'un semblablt; accident surrenu il y o diï ans, et, depuis lors, d'une toux persistante peu h peu accompagnée de crachats jaunes et opaques. I,' examen physique de la poitrine révèle l'existence d'une tuberculose pulmonaire. L'hémoptysie se continue pendant plusieurs jours, malgré l'emploi d'une potion avec le perchlomre de fer. Vers le 20 avril, vomissements, céphalalgie intense, cris; tous ces phénomènes conduisent k diagnostiquer une méningite tuberculeuse ; la mort a lieu le 27.

Aulopsie. — Injection des méninges et de ta substance cérébrale. ÉpaisEisscment dea méninges à la base ; granulations mili^res abondantes dans la scissure de Sylvius ; ramollissement de la substance nerveuse de !a vaille à trois piliers. Adhérences anciennes des deux poumons aux sommets du thorax ; granulations tuberculeuses et excavations disséminées dans ces organes ; caillots sanguins à l'intérieur des brondies et dans quelqucti-unes des excavations des sommets. Caillot fibrineux dans la cavité ventriculaire droite du cœur; flaccidité du tissu musculaire de cet organe. Dilatation de l'estomac, intégrité de l'intestin ; légère décoloration du tissu vénal ; rate normale ; oblitération de la trompe gauche ; dilatation de la cavité utérine indiquant un accouchement récent.

LeToie, plus volumineux qu'à l'étal normal, renferme, dans sou épaisseur et un peu à gauche du ligament suspenscur, une tumeur du volume du poing, à peine saillante. Cette tumeur, ébstique et fluctuante, laisse échapper à l'incision un grand nombre d'hydatides de grosseurs diverses ; ces hydatides sont 'contenues dans une vésicule mère qu'il est facile de séparer, et le tout est renfermé dans une poche fibreuse et résistante, faisant partie du parenchyme hépalitiuc. Vues par transparence, les hydatides présentent à leur intérieur de petits corps blanchâtres flottant dans le liquide qui s'y trouve contenu ou adhérents à la paroi. L'un de ces corps, examiné ari microscope, a donné la ligure 7.

Cette Hgnre représente un groupe d'échinocoques encore Fie. 7.

adhérents par un funicule à la membrane germinale. Quelques-uns de ces échinocoques ont la tête invaginée à l'intérieur de la vésicule caudale, celle des antres en est sortie.

Une femme âgée de trente-huit ans et atteinte de tuberculose présente à l'autopsie un kyste hydatique du foie qui n'avait produit jusque-là aucun phénomène bien appréciable; toutefois, si la malade eût continué lîe vivre, des symptômes manifestes seraient sans doute apparus. La coexistence de la tuberculose et d'une tumeur hydatique, dans ce fait, n'est peut-être pas l'effet d'une simple coïncidence; cette coexistence est trop fréquente en effet pour qu'on ne voie pas dans la maladie tuberculeuse une prédisposition à l'affection parasitaire.

Par leur développement dans le foie, les kystes hydatiques, pressent peu à peu sur les éléments de cet organe, les aplatissent de môme que le ferait an corps étranger, et deviennent le point de départ de la formation d'une couche fibreuse, sorte de capsule qui les circonscrit de toute part. Ces kystes peuvent occuper les différents points de l'organe, sa profondeur comme sa superficie. Compris d'abord dans son épaisseur, on les voit plus tard faire saillie sur l'une de ses faces ou sur l'un de ses bords, et donner lieu à une augmentation de volume et à une déformation souvent considérables. A leur ■voisinage, les éléments du foie s'atrophient peu fi peu oti sont détruits ; plus

102 APPAREIL DE L'HÉMOPOÏÈSE.

loin ils subissent parfois une hypertrophie notable. Dans quelques cas enfin, les parties les plus rapprochées du kyste suppurent, ou bien sous Tinfluence de Taccroisseraent rapide des échinocoques, ou bien par suite d'une violence extérieure.

Les vaisseaux sanguins et les canaux hépatiques sont rarement affectés ; aussi Tascite et Tictère sont-ils des symptômes peu communs en pareil cas. Cependant on a quelquefois trouvé ces vaisseaux et même ces canaux obstrués ou en communication directe avec les kystes hydatiques. Le plus souvent, la présence de la bile dans le kyste peut tuer les échinocoques, produire l'atrophie des hydatides et amener une guérison,au moins relative, ainsi que cela s'observe dans le fait suivant:

Obs. LXXXL Kysto hjdatiqae unllocnlalre do foie avee extravasatlon biliaire a «on Intérieur, et mort de* éehinoeoquea. Caneer utérin. — D...., àgéc de quarante-trois ans, couliiriùre, admise ùriIôlel-Dicule 2/i novembre, succombe, le 6 janvier 4 86/^, aux suites d'un carcinome de Futérus. PI. If , fiç. 7 ci 7'. Autopsie. — Le col de Tutérus est le siège d'un épilhéliome ulcéré dont il sera plus loin

question ; les autres organes sont peu affectés, à part le foie. Cette glande présente à sa face convexe, et près du bord supérieur du lobe droit, une légère saillie causée par une sorte de sillon transversal grisâtre. Une section verticale, faite en ce point, fait découvrir Texistence d'un kyste du volume d'un œuf de poule ou de canard, circonscrit par une toile fibreuse épaisse. Ce kyste renferme des débris membraneux amorphes qui ne sont que des hydatides altérées, ramollies et colorées par la bile ainsi que l'indique la figure 7', où se voient quelques crochets d' échinocoques au milieu de fragments de matière colorante biliaire. L'un des canaux biliaires s'ouvre dans ce kyste, et cette particularité sans aucun doute a causé la mort des hydatides et amené sa rétraction. C'est là un mode de guérison spontanée de ces tumeurs déjà signalé et pour ainsi dire pris sur le fait. La tumeur hépatique n'avait pu être diagnosliquée.

En résume, une femme morte d'un carcinome utérin portait une tumeur kystique du foie que rien ne faisait soupçonner pendant la vie. Cette tumeur, revenue sur elle-même, comme l'indique la cicatrice de sa surface, est un kyste hydatique dont les vésicules sont flétries, affaissées, et dont les échinocoques détruits ne se révèlent que par la présence de quelques rares crochets (fîg. 7'). Un conduit biliaire ouvert dans la poche kystique rend compte de la mort des parasites, et nous fait connaître l'un des modes de guérison de cette altération. Un autre mode, non moins intéressant à connaître, résulte à un moment donné du défaut d'extensibilité de la poche kystique, ce qui arrive surtout quand des sels calcaires parviennent à se déposer dans ses parois, car les hydatides périssent asphyxiées.

Lorsque les choses ne se passent pas ainsi, le kyste hydatique, continuant à se développer, se porte en général vers les parties qui lui offrent le moins de résistance : il fait saillie à la surface antérieure du foie, s'ouvre dans la cavité du péritoine, ou bien adhère au diaphragme, se fait jour dans la plèvre ou dans les bronches; il peut encore se mettre en contact avec la paroi abdominale et

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