TUBERCULOSE PULMONAIRE
L'étude que nous avons faite plus haut de la pneumonie lohulaire avec transformation caséeuse nous a appris à connaître Tune des lésions les plus ordinaires de la phthisie, celle que Laennec appelait du nom de phthisie rég^lière. Les faits qui suivent sont destinés à nous renseigner sur une autre manifestation morbide qui, généralement connue sous le nom de phthisie granuleuse, est distincte de la précédente au triple point de vue du siège, de rérolution et de la cause.
Obs. CLXXXIX. flra«Mltttl— fnlwfwileMicM des ponmons «t d« pérltolMc. CÊt» UépmîÈtimm. Alciilif e. — P..., âgé de quarante-cinq ans, porteur aux halles^ est un individu fort et bien constitué, n^ayant aacim souvenir de maladies de poitrine dans si famille. Il travaille aux halles depuis plusieurs années, passe souvent les nuits et s*adoiiAe aux liqueurs fortes ; aussi a-t-il depuis longtemps des pituites et du tremblement le malin. Bien portant jusqu*à ces derniers jours, il se dit malade pour avoir monté un poids assél lourd à un étage un peu élevé. A partir de ce moment, il s'apei^çut que son ventre adfmentait de volume, sans être douloureux; d*ailleurs, il éprouvait un sîmpla malaile tt peut-être avait-il un peu de fièvre vers le soir. Admis le 11 mars à rHôteMKeu» sale Sainte-Jeanne, ce malade est amaigri, il tousse et se plaint d*une dyspnée asseï ifpt; cependant on ne constate qu*un léger degré d'obscurité du son aux sommets des poumons H quelques râles humides vers les bases; peu ou pas d'expectoration. Le pouls petit, irréguUer, tendrait à faire croire que le cœur est lésé; mais, à T auscultation, les deux bruits sontbfen frappés et nonnaux. L'abdomen est météorisé, et les veines souS-cutanées sont un peu dilatées, surtout adroite. Avec le repos, l'état de la respiration s'améliore, mais la toux persiste. Survient une diarrhée qui affaiblit le malade; l'abdomen est tendu, sonore à la percussion, excepté dans les parties les plus déclives (sous-nitrate de bismuth). Cet état persiste po-' dant plusieurs jours, et quoique le malade n'accuse aucune sensation douloureuse^ il n'en ^. pas moins les traits profondément altérés par suite de son affaiblissement progressif. La respiration et la circulation s'accélèrent, le tremblement des lèvres et des membres s'aceroft, h langue se sèche, il y a de l'agitation et des rêvasseries; enfin la mort survient le 23 mars. W 8f , ùg. 5. Autopsie. — Une sérosité jaune, cilrine et peu abondante, se trouve épanchée dans la ca-
vité abdominale. Quelques-unes des anses intestinales sont soudées par des fausses membn* nés peu anciennes, recouvertes de granulations miliaires blanchâtres ; semblables granulalioii existent sur les anses intestinales. Le foie,>'olumineux, de teinte jaunâtre, présente aussi des granulations tuberculeuses. Celles-ci se retrouvent encore à la surface de la rate, mais non dans les reins. Dans les poumons, où elles sont abondantes, fermes et grisâtres, elles infiltrent la plus grande partie du parenchyme (fig. 5). Congestionnés et pigmentés sur plusieon points, ces organes ont un certain nombre de leurs lobules, vers les bases principalemeit, affaissés et camifiés (atélectasie). Le cœur est seulement un peu large et décoloré ; il renferme un caillot cruorique peu volumineux ; le péricarde est intact. Les méninges offrent un léger degré d'opacité à la convexité des hémisphères cérébraux; la substance encéphalique est un peu pâle, mais de consistance normale.
Un homme robuste, exerçant la profession pénible de porteur aux JiaHeset adonné aux liqueurs alcooliques, présente la plupart des symptômes engen-