TUBERCULOSE DES REINS ET DES VOIES URINAIRES
De môme que la plupart des viscèt*es, les reins peuvent être affectés de deux formes distinctes de tuberculose. L'une, oîi ces organes sont le principal siège de l'altération tuberculeuse, commence par la vessie ou les uretères pour de là gagner les pyramides qu'elle altère peu à peu : c'est la tuberculose vraie et primitive des reins. L'autre, où des granulations tuberculeuses peu abondantes sont éparpillées dans le parenchyme rénal, mérite ajuste titre la dénomination de tuberculose secondaire. La première de ces formes offre le plus grand intérêt clinique, et doit surtout nous occuper.
Obs. CCXIV. Tuberculose primitive des voles nrlMalres et des reins. Granulations tuberculeuses des poumons. — H..., âgée de quarante-six ans, faible et amaigrie, meurt trois jours après son admission à THôtel-Dieu; elle présentait des phénomènes qui avaient conduit à diagnostiquer une méningo-encéphalite.
S50 APPAREIL GENITO-URINAIRB.
PI. ae, fig.3 ei3'. Autopiie, — Rien à noter dans l'apparence extérieure du cadavre ; intégrité du cenreau et
de ses membranes. Infiltration des sommets des poumons par des granulations tuberculeuifs miliaires ; congestion dans le reste de retendue de ces organes. Cœur non altéré ; tube intei^ tinal normal ; foie et rate assez sains. La vessie a des dimensions ordinaires, sa muqueuse eit parsemée de granulations tuberculeuses miliaires, dont quelques-unes sont ulcérées ou ea voie d'ulcération. Ces granulations, que circonscrivent des vaisseaux nombreux et volumineoi, sont fermes, grisâtres ou jaunâtres. Des granulations analogues se retrouvent en diffèneits points de la muqueuse urélérale et notamment à sa partie supérieure, dans une grande partie du bassinet où existe en même temps une vive injection. L'un des deux reins, de toIiubc normal, et dont la substance corticale est un peu jaune, offre au sommet des pyramidei de Malpigbi de petites excavations renfermant une matière molle, jaunâtre, composée de petites cellules rondes et de quelques cellules plus grosses et granuleuses. Cette matière, qm s'échappe en partie sur une coupe médiane, laisse voir des ulcères peu réguliers i foid bleuâtre (ûg. 3). Au-dessus et dans le voisinage de ces ulcères, se rencontrent plusieurs granulations tuberculeuses. L'autre rein est occupé dans sa moitié supérieure par deux kystes d'oa blanc jaunâtre, renfermant un magma caséiforme ; quelques-uns des calices correspondnis sont oblitérés. Dans la moitié inférieure de ce même organe, les pyramides sont ulcérées m complètement détruites ; la substance corticale, un peu atrophiée, est envahie par quelques granulations tuberculeuses, dont quelques-unes, ramollies, laissent voir à la coupe depeCiiei excavations remplies par un magma caséeux. Ce magma est formé de granules moléculairei et de détritus cellulaires. L'utérus, les trompes et les ovaires ne sont pas altérés.
Une femme amaigrie présente des phénomènes qui donnent lieu de croire à une méningite, quand il n'existe qu'une altération des sommets des poumons et des reins. Cette dernière altération est caractérisée par la présence de granulations tuberculeuses disséminée à la surface de la muqueuse vésicale et des uretères, et par l'existence d'ulcères et de granulations analogues dans l'épaisseur de la plupart des pyramides. Une erreur fut donc commise dans ce cas, car les troubles cérébraux constatés pendant la vie n'étaient évidemment que des accidents urémiques, c'est-à-dire des phénomènes liés à une altération du sang consécutive à Texcrétion incomplète des urines. Cette erreur, qui n'est pas extrêmement rare, indique l'urgence d'un ^amea approfondi des reins chez tous les malades. Le fait qui suit prouve encore la nécessité de cet examen si l'on ne veut s'exposer à un diagnostic inexact.
Obs. CCXV. Tuberculose primitive des relus et des voIeA ariBttircu» — D..., âgée
de quarante-sept ans, est admise à THôtel-Dieu, le 30 octr^re 4 863, salle Saînl-AntiiBe, n° 4 2 (service de M. Potain). C'est une femme qui a travaillé avec excès et qui aujoiird*lMiti trouve profondôment débilitée et abattue. Depuis trois ans, elle perd ses urines; elle attrAw cette inûrmité au chagrin que lui a causé la mort de son mari. Il y a deux mois qu'elle ■% pas eu ses règles, et depuis trois semaines elle est dans l'obligation de garder le lit. Le l^n^ vembre, langue sèche, ventre sensible, volumineux; constipation, vomissements bilieux etalimentaires; toux légère, sans expectoration, râles sonores dans les deux poumons; rien an cœur. Les urines, décolorées, laissent un dépôt que Texamen microscopique nons apprend être formé de globules de pus, de corps granuleux et de cristaux phosphatiques. La oia/ade éprouve des besoins d'unner qui se répètent jusqu*à vingt fois et plus dans un jour, elle accuse de la douleur pendant la miction et cependant elle ne rend qu'une faible quantité d^nrine. Traité par Tacide nitrique, ce li()uidc donne lieu à un précipité blanc un peu floconneux. La région des lombes n'est pas douloureuse ; Tépigastre est le siège de douleurs assez riveSt et la malade se plaint d'une sorte de cercle incommode. (Chiendent, julep pectoral, eao de Seltz.) Le 2 novembre, persistance de la sécheresse de la langue et des vomissements, hoquet; l'abdomen n'est pas météorisé et les garde-robes sont faciles. La main, profondément