‹ Atlas d'anatomie pathologiqueChapitre 53 sur 73 · TEAT0SE DES TESTICULES · texte numérisé non relu

TEAT0SE DES TESTICULES

pale, en «ITet, se dégagent plusieurs tumeurs secondaires qui préseiileni au toucher une résislSDce asseï Terme avec un certain degré d'élaslii:ité. Nulle pari on ne trouve de parties ramollies. Les éléments du cordon pénétrent daDS la tumeur h sa partie supérieure, mais on ne peut plus les suivre dans celte masse, et les tentatives biles pour recoonattre la présence du tesiicute sont toujours demeurées infructueuses. Les couches sous-culanëes qui recouvrent celle tumeur glissent Lrés-îacilement sur elle dans tous les points de sa aurdace, et la peau n'olTre d'autre particularité que la présence de veines volumineuses qui la parcourent en divers sens en lui donnant une leiale vineuse assez foncée. L'ablation fut prati^uée le â février, après ligature en masse du cordon spermatique. Ilémorrliagies secondaires dans la soirée et dans la nuit, qui font périr le malade le lendemain. A l'autopsie de la lumeur, on reconnaît, par une coupe qui la divise en deux moitiés, qu'elle offre la plus grande ressemblance avec les corps fibreux utérins qui ont acquis un grand volume. Elle se compose, en effel, d'une série de masses votumineuses juxtaposées, ovoïdes ou sphériques, et qui s'éoucléent avec facilité. La couleur de ces masses est d'un blanc mat, et elles rougissent légèrement au "^'

contact de l'air. Elles prfsenlent & l'œil nu des '^""P^' microscopique après l'action de faisceaux étroitement unis, décrivant des lignes con- l'ncidc acétique,

centriques autour d'axes fictifs. Elles sont toutes irès-

résistantes, et ce n'est qu'en quelques points qu'on parvient à les déchirer aisément. Nulle pari il n'existe de parties ramolhes. Des vaisseaux Irès-volumioeuxparcoureotla tumenrdans louslessens, ils se montrent avec l'apparence de sinus creusés dans les intervalles des tumeurs secondaires ; mais ce n'est là qu'une illusion, attendu que ces vaisseaux possèdent des parois propres organisées, indépendantes du tissu voisin. Une coupe microscopique de cette tumeur, préparée par HH. Granger et Lancereaux, se trouve représentée figure 37 ; on y voit des libres musculaires lisses dans leur longueur, b, une section perpemliculaire ou oblique des mêmes libres c, et enGn une trame conjonctive a. Le poids de la lunwur atteignait ! kilogrammes. Contre toutes les prévisions, on a pu constater que )e IqMicule éiait parfaitement sain et indépendant de la tumeur; appliqué seulement sur la [partie la plus inférieure de la surface externe de la tumeur, il est encore recouvert par n tunique vaginale, et il reçoit les éléments du cordon, canal déférent et vaisseaux, qui cliemmenl k la face externe de cette tumeur jusqu'à l'anneau inguinal inférieur où ils se dégagent ' d'elle. L'examen des autres organes nous a révélé qu'il existait des productions analogues à csOés que nous venons de décrire, et que rien ne pouvait faire soupçonner pendant la vie. Dans les voies séminales, dans la prostate, on a trouvé six petites tumeurs analogues ; dans le fine il y en avait davantage, la plus grosse atteignait le volume d'une petite noix ; dans les podmoni leur nombre était considérable, mais elles étaient toutes de petites dimensions ; les parms' du coeur en possédaient deux du volume d'un pois. Dans la gouttière c os to -vertébrale da cAté gauche, ainsi qu'à la face postérieure du sternum, on trouve des masses du volume d'ane petite pomme d'api, se rattachant aux os. Ealîn, dans le corps des vertèbres, {il existe également de petites productions enkystées oITrant le même aspect. Ces tumeurs secondaires ont présenté è l'examen microscopique fait par UM. Cornil, Muron et moi, les mêmes caractères, c'est-i-dire qu'elles étaient constituées par des libres musculaires lisses, tantôt isolées, tantôt groupées en faisceaux sans inlerposilion d'aucun autre élément. Elles n'avaient déterminé aucune altération autour d'elles dans les organes où elles étaient placées (tannelongue.)

STÉATOSE DES TES'HCULES.

La dégénérescence graisseuse des épithéliiims qui tapissent les canalicules

séminifères n'est pas le privilège excitisif de la vieillesse ; loin de là, elle est

une lésion commune chez l'adulte qui se livre à des excès, et notamment aux

excès alcooliques. Les Taits suivants sont des exemples de cette altération sur-

874 APPAREIL GÉNITQ.URfNAIRE.

^ venue dans le cours de ralcoolisme chronique ; mais il importe de savoir que d'autres causes peuvent altérer les épithéliuros des testicules, et que cette altération s'observe, momentanément du moins, dans la plupart des maladies graves et de longue durée.

PI 37, fig. G et 6\ Stéatose des teatleolesy do pancréas et de plaaievra aatrea orswaca* Ifyeta

alcooliques. — Un garçon restaurateur, âgé de quarante ans, depuis longtemps adoiné aux alcooliques , est admis à THôtel-Dieu, pour une toux légère et peu ancienne. Quelques jours plus tard, il succombe à un accès de délire alcoolique. Les poumons sont le siège de rares granulations tuberculeuses. Le cœur est chargé de graisse ; le pancréas et les glandes salivaires sont affectés de stéatose. Les testicules, de petit volume et manifestement tfroplijéf , ont leur parenchyme flasque, décoloré, jaunâtre (fig. 6). Vus au microscope, les caoalicules séminifères renferment quelques épithéliums granuleux et de nombreuses granulations graîs« seuses (fig. 6). (Voyes obs. XL1I, p. 47.)

La stéatose des testicules est, dans ce fait, au même titre que la stéatose de la plupart des glandes, liée à l'alcoolisme. On ne saurait en effet, pour expliquer sa présence, invoquer la tuberculose, qui était toute récente et subordonoée elle-même à Tabus des liqueurs fortes. L'observation qui suit est un autre exemple du même désordre accompagnant une cirrhose du foie.

Obs. CCXXin. cirrhose hépatique et atrophie gralsoeose des tcatleales. Aleoollsme. — T..., âgé de trente-quatre ans, est fils d*un père adonné à la boisson et d'une mère aliénée. Il raconte qu'il a eu une gastrite à l'âge de sept ans; toutefois, il était robuste, lorsque vers l'âge de dix-huit ans il se mit à boire du vin, de l'eau-de-vie et du cassis avec excès. A vingt ans, il est militaire, s'adonne aux liqueurs fortes, fait les campagnes de Grimée et d'Italie, sans contracter aucune maladie fébrile. A vingt-sept ans, il travaille à Paris comme ébéniste, et à partir de ce moment il nous dit que pendant six mois il ne boit pas moins d'un litre d'eau-de-vie de Montpellier par jour. Deux ans plus tard, en 4 864 , il était fort excitable, effrayé la nuit par des rêvasseries et tourmenté par des fourmillements aux extrémités. Le matin^ il était pris de pituites et de tremblement des membres. Néanmoins, malgré un ceilau degré d'inappétence^ il prenait de l'embonpoint, en même temps qu'il s*apercevait d'tm affaiblissement des fonctions génésiques et de l'absence presque complète de désirs véoérieiu. Dans le courant de janvier 4 862, il supporte difficilement les boissons et même les aUmenls, et se voit forcé d'abandonner ses anciennes habitudes; il est triste, inquiet, toujouri ennuyé. En mars, il s'amaigrit, remarque que son ventre gonfle tout d'abord, puis sa jambe gauche et enfin la droite. Le 23 mai, il entre à THôtel-Dieu, salle Sainte-Jeanne, n** 9 (service de la clinique). La peau du visage est flétrie, jaunâtre, le faciès est amaigri, les jambes loot œdématiées, les testicules sont petits et flasques; l'abdomen, distendu, a la forme d'une poire dont l'extrémité pointue serait en bas, il est mal et fluctuant à deux travers de doigt audessous de l'ombilic. Le liquide qui s'y trouve contenu se déplace facilement, les capillaires et les veines de la région sus-ombilicale sont dilatés, de sorte que l'existence d'oie ascite n'est pas douteuse. Le foie déborde un peu les fausses côtes ; pouls petit» léger sooffii au cœur, respiration anxieuse, appétit faible. Le diagnostic porté est cirrhose alcoolique du foie ; la prescription, vin diurétique. Le 49, diarrhée et amaigrissement progressifs. Le ii, accroissement du volume de Tabdomen et œdème des jambes remontant jusqu^aux bourses. Le 4" juin, 42 litres de liquide sont retirés de la cavité du ventre, et le malade en éprouve quelque soulagement. Le 4 2, nouvelle ponction. Le 4 3, plaque érysipélateuse sur la face antérieure de la cuisse gauche, sécheresse de la langue, altération des traits, fièvre. Le II, faiblesse extrême, somnolence et mort.

Autopsie, — Œdème des membres inférieurs et du bassin, écoulement de plusieurs litres de sérosité citrine à l'ouverture de la cavité abdominale. Le foie, augmenté de volume, aune consistance ferme, élastique, et une surface brillante, uniforme, légèrement granulée, de teinte grise jaunâtre. La bile est peu colorée ; sur une coupe microscopique, il y a tout â la fois épaississement de la trame conjonctive et altération graisseuse des cellules. La rate est voluminense (4 4 centimètres), le pancréas est petit et induré. Les reins sont jaunâtres, la vessie est large,

UTERUS. m

disietidue par Turine. Les testicules, petits et flasques^ ont une teinte jaunâtre assez marquée à la coupe. Les tubes séininif^res sont tapissés par des épithéliums infiUrés de granulations graisseuses et pigmentairel, atrophiés, ou détruits. Les vésicules séminales renfermonl un liquide visqueux qui contient à peine quelques spermatozoaires. L<'S poumons sont congestionnés à leur base, et le cœur, de teinte jaune-chamois, a ses cavités élargies; son tissu est , mou et friable. L'aorte, large au niveau de la crosse, est parsemée de plusieurs plaques athéromateuses. L'arachnoïde offre une teinte opaline à la convexité des hémisphères . Les corpuscules de Pacchioni sont hypertrophiés, les circonvolutions sont petites; la substance cérébrale offre à la coupe un piqueté sanguin abondant, le cervelet est un peu ramolli à sa circonférence.

JJn ancien militaire, ftgé de trente-deux ans, est affecte, à la suite d'excès d'eau-de-vie et d'absinthe, d'une cirrhose hépatique qui l'emporte rapidement. La plupart des organes sont modifiés dans leur structure; les testicules, petits, flasques et mous, ont leurs canalicules remplis par des épithéliums granuleux, déformés, atrophiés, ou détruits. — Ce fait et celui qui précède nous renseignent sur la modification que déterminent dans la substance glandulaire des testicules les excès alcooliques, et nous montrent que cette altération ne diffère pas de celle qui est le résultat de l'âge. Remarquons qu'une altération semblable, ou du moins très-analogue, se rencontre dans la plupart des maladies avec cachexie et dés toxémies. C'est là, pensons-nous, la cause principale de l'affaiblissement des désirs vénériens et de l'impuissance particulière à ces maladies.

Page 1