KYSTES CÉRÉBRAUX
Les kystes de l'encéphale sont des lésions rares dont l'étude est encore, à tous les points de vue, fort obscure. Lï^issant de côté les cas où des formations d'apparence kystique succèdent aux hémorrhagies, aux ramollissements ou aux tumeurs gommeuses du cerveau, lésions susceptibles de disparaître par résorption, et ceux dans lesquels un kyste vient à se développer au sein d'un produit de nouvelle formation (sarcomes, myxomes, etc.), on peut classer les kystes cérébraux sous deux types distincts. Tantôt, ces lésions sont liées à la rétention du liquide des cavités ventriculaires ou à l'exagération de la sécrétion physiologique de ces mêmes parties ; tantôt, au contraire, elles sont dues à l'accumulation de sérosité au sein d'une poche de nouvelle formation. Au premier type appartiennent les hydrocèles des ventricules cérébraux, les distensions kystiques de la cloison transparente et de la glande pinéale. Chez un vieillard de soixante-dix ans, j'ai trouvé la cloison transparente distendue par un liquide clair, au point qu'elle avait acquis le volume du corps strié. Un homme de quarante ans, qui succombait le 30 octobre 1860 à l'hôpital de la Pitié, après avoir eu dans l'un des côtés de la face des convulsions prises pour un tic non douloureux, et plus tard des vertiges et des attaques épileptiformes dont l'une l'emporta, nous présenta à sa mort une glande pinéale doublée de volume, renfermant un kyste séreux développé principalement dans l'une de ses moitiés. Le contenu de ce kyste était un liquide transparent, de petits grains arrondis, miiiaires, très-durs, formés en partie de carbonate et de phosphate de chaux. Une des circonvolutions cérébrales renfermait en outre un foyer sanguin du volume d'une noisette, et les poumons étaient infiltrés de granulations tuberculeuses. Parmi les kystes du second type, on peut placer ceux qui se rencontrèrent dans le fiait suivant :
Obs. GCLXIX. Mjmiem séreiix nmltiples des conte* posiérieare* des héndsphère» eérébranx. Mort rapide* la solte d'aecèo éplleptifomes. — D.. ., âgée
de quarante-deux ans, est admise le 21 décembre 1869 à i*b(^pitai de la Cbarilé, où elle meurt le mAme jour avant que nous ayons pu Texaminer. Toutefois, des renseignements fournis par son beau-père il résulte que cette malade ne se plaii^nait pas de sa sanlé avant le 4 9 décembre. Ce jour-là, elle éprouva de la céphalalgie, des douleurs et de la contracture dans les muscles de la nuque. En même temps ou peu de temps après, elle fut prise d'une
KYSTES CEREBRAUX. SàS
Oppression qui alla croissant et qui ét«it lellemeol vhe le 2< au matiD, qu'elle fui trouvde assise sur ses geroiii Hans son lit, le cou raide, la (ace anxieuse ci les Irails altérés. Elle Tut alors amende à l'hApilal ; mais romme on essayait de lui relevi r un peu la tèle, elle fut, au dire de ta relitiieu-e, piise de convulsions é|>ilepiique<. L'aiiaque pa-si^e, l'oppreasion persista, la Tactt ^lail tellement violacée qu'un élève qui la vil porta le diagnostic d'affeetion iboraciqtie. Une seconde attaque survint bientût et déicrmiDa t'aspliyxie et la mort.
Autoptie, — Le crâne est normal, les méningt-s sont opalines h la convriilé des hémisphères, les corpuscules de l'acchioni sont hypertrophiés. Les lobes antérieurs et moyens des hémisplières ne sont pas altérés. Les ventricules latéraux sont un peu larges. A la partie su|.érieure du ventricule latéral (rauche exisleni, dans l'épaisseur du corps calleux, iroii rendements pisiformes semi-lransparenis, recouverts par une faillie couche de substance nerveuse. Vieni-on à déchirer celte to'jehi-, il rst facile de voir que ces renflements sont de petits kystes transparents appendus à des vaisseaux. Semblables kystes se retrouvent sur la portion de la voûte vemriculaire qui regarde le corps strié uauclie. mais ils abondent surtout d.ins l'épaisseur de la substance blanche des cornes postérieures, dans le voisinage de la cavi é ancyrol te. Cette substance est infiltrée de véhicules transparentes d'un volume lanlAt moiadre. lautOt plus considérable que celui d'un pois [ llg. 43). Ces petits kystes se détachent avec la plusgrandc
facilité de la substance nei veuse qu'ils
ont refoulée et dans laquelle ils se sont creusé de véritables loges, et quand on cherche à les extraire de ces loi^i-s, on voit qu'ils restent appeadus à un vaisseau qui parfois se divise en plusieurs branches à leur niveau ; très-souvent le même vaisseau porte deux kystes très- rapproché s l'un de l'autre et séparés par uoe sorte de collet; dans ce cas, l'un des kystes est toujours plus petit i^ue l'autre. Étudiés avec soin par H. Graocher et par moi, ces kystes ont îles parois transparentes, formée'; de faisceaux entrelacés de tissu conjonclif, ''^■G- ^^• de quelq'ies fibres élastiques, et de
nombreuses iiranulations pigmeolaires (hématosine] . Leur contenu séreux, que M. Davaine a bien voulu exauiiner lui-même, ne renferme ni échinocoque, ni cyslirerque Ainsi, il n'est pas possible de coosidiTer ces ky-les comme des hydatides, mais en raison de leur liaison avec les vaisseaux, il feint admettre qu'ils sont formés aux dépens des tuniques vasculaires dont ils sont des dépendances. Du reste, ces tuniques vasculaires sont, dans leur voisinage, pour la plupart infiltrées de grains d'hématosine. Les vaisseaux de la pie-mère, etatiiinéï à dessein, ne présentent aucune trace d'altération kystique. Le cervelet rt le bulbe sont intai'ts. — Les poumons sont congestionnés, et les bronclies remplies d'écume bronchique. I.ecceui n'est pas surchargé de graiase; à droite, il existe un caillot globulaire dans l'oreilleite et un caillot fîbrineux dans le ventricule; les valvules cardiaques sont partout intactes Le fuie paraît un peu gras et la rate volumineuse ; les reins sont congestionnés, les trompes laissent voir à leur surface un certain nombre de kystes ; l'estomac offre plusieurs plaques d'injecUon, les intestins ne sont pas altérés.
Une Femme atteinte de roideiir du cou avec renversement de la tête en arrière et accès convuisifs meurt en peu de temps, et l'on constate pour toute lésion l'existence de kystes pisiformes occupant la voûte des ventricules latéraux et les cornes postérieures des hémisphères cérébraux. Ces kystes sont appendus aux vaisseaux, et leur origine dans l'épaisseur des parois vasculaires n'est pas contestable; mais leur point de départ exact et leur mode de formation restent douteux. Néanmoins on peut croire que les désordres à
àtà APPAREIL DE L'INNERVATION.
graves présentés par cette malade étaient sous la dépendance de ces lésions, car leur siège tout près des circonvolutions porte à penser qu'ils étaient susceptibles, comme les tumeurs des méninges, de produire des accidents épileptiformes.
TUMEURS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE, SARœMES, ETC.
De même que Tencéphale, la moelle épinière donne naissance à des néoplasies diverses qui ont pour point de départ les méninges spinales ou le cordon médullaire. La nature de ces altérations n'est d'ailleurs pas sensiblement différente de celle des tumeurs encéphaliques* comme nous l'apprennent les faits qui vont suivre.
Obs. CCLXX. Sarcome de la dore-mère «pinale (épUhéllome, yammame) . Paraplégie avee contractarc et flexion des Jambea. Ramollissement dn système osseux. — D.., âgée de soixante et onze ans, admiseàTHôtel-Dieule 30 juin 4 863 (service de M. Monneret), est une femme d'apparence chélive et un peu cachectique, qui se dit paralysée des jambes depuis six ans. A cette époque, elle a commencé à éprouver dans les jambes une faiblesse progressive qui Ta mise peu à peu dans l^impossibilité de marcher. Atteinte depuis longtemps d'une paraplégie complète accompagnée de contracture, elle présente une attitude particulière des membres inférieurs. Les jambes sont fléchies sur les cuisses, les cuisses sur le bassin, et les genoux sont appliqués Tun contre Taulre. Ces membres sont grêles.Les urines et les matières fécales sont involontaires. La sensibilité est profondément altérée, mais non entièrement éteinte. Un semblable état se continue jusqu'au 4 ''^ juillet, où la mort sunieot par suite de Tépuisement général et d'une eschare développée a la région du sacrum. PI. 4f.^ Tiff, i Auiopiie, — Les méninges cérébrales sont opalines, le cerveau n'est pas altéré. La dure-mère spinale présente sur sa fuce interne une tumeur ovoïde, d'environ 3 centimètres dans son plus granddiamètrc. Celle tumeur, qui a le volume d'une noix, est ferme, résistante, pierreuse sur quelques points ; elle comprime la face antérieure de la moelle épinière qu'elle refoule en arrière et sur le côté. Celle-ci est, au niveau de la compression, ramollie, réduite en une bandelette rubanée, et presque complètement détruite dans une étendue d'environ 2 à 3 centimètres. Plus bas, elle reprend sa forme et sa consistance. Un léger épaississement calcifié de la dure-mère se trouve au-dessus et au-dessous de cette tumeur, dont le tissu se brise plutôt qu'il ne se tranche sous le scalpel. Ainsi, il est très-difGcile d'en faire des coupes ; mais on parvient à l'aide d'aiguilles à le diviser en [letits fragments, et si l'on place l'un de ces fragments sous deux lames de verre, on y trouve des globes calcairesde dimensions variables (fig. 1'). Dissous par l'action de l'aciJe nitrique étendu, ces globes laissent voir des cellules concentriques, pelotonnées à la façon des globes épidermiques, autour d'un centre commun. Dans leur intervalle existent une masse grenue, parsemée de noyaux ou d'éléments cellulaires, dont un grand nombre sont infiltrés de carbonate de chaux, et des cellules allongées avec noyaux ovoïdes. — Les poumons sont œdématiés à leur base; le cœur, le foie, la rate et les reins sont dans l'état où on les trouve chez les vieillards. Le système osseux, partout ramolli, se laisse trancher au couteau. L'utérus est simplement atrophié, mais l'un des ligaments larges contient dans son épaisseur une masse calcaire aUoDgée à trois branches.
Une femme meurt d'une paraplégie qui avait environ six ans dédale. Une tumeur ovoïde développée à la face interne de la dure-mère comprime la moelle épinière ; elle présente dans sa composition des globes sphériques formés de cellules concentriquement disposées et infiltrées de carbonate de
et 1'. AB.
TUMEURS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE, SARCOMES, ETC. à^b
cbaux. Dire exactement quel est le point de départ et la nature de cette tumeur est chose délicate ; pourtant il semble bien que le revêtement épithélial de la dure-mère soit ici en cause, et alors rien de plus naturel que de faire de cette tumeur, à Texemple du professeur Robin (1), un épithéliome de la dure-mère. Tous les histologistes cependant ne s'entendent pas sur ce point ; aussi les tumeurs de ce genre, déjà nombreuses dans la science, sont-elles connues sous des dénominations diverses : tumeurs arénacées, psammome, sarcome angiolithique etc. La dénomination de tumeurs sarcomateuses ou sarcomes, que leur a donnée Lebert, nous paraît devoir être préférée jusqu'à ce que nous ayons une connaissance plus intime de ces formations.
ObS. CCLXXI. Sarcome faselcnlé des cnTeloppe» eérébro*9plnal<Mi et d<Mi nerfs. — 6. .., âgé de viogt-deux ans, ferblantier, né à Nantes, est admis h rHôteUDieu le 4 1 octobre 1 863, salle Sainl-Benjamin, n^ 3 (service de M. Vigla). De bonne santé habituelle, ce jeune homme a depuis longtemps la mauvaise habitude de Tonanisme. Depuis quatre mois, il est aUeint à Toreille gauche d'une surdité quia été précédée de bourdonnements el de tintouins, et accompagnée au début, pendant environ quinze jours, de vomissements, d*une céphalalgie frontale et orbiculaire à marche progressive sans écoulement par le conduit auditif externe. Environ trois mois avant son entrée à Thôpital, ce malade fut.prb, sans cause connue, d'éblouissemenls qui durèrent de cinq à dix minutes et Tempêchèrent de continuer son travail; bientôt après, l'action de pencher la tête en avant, ou en arriére s'accompagna d'une sensation de vide, les éblouissements furent plus fréquents ; il survint de la diplopie momentanée de Tœil gauche. A droite, la vue s'obscurcit au point que les objets étaient difficilement reconnus dans le jour à une distance de quelques centimètres. Vers la même époque, surviennent les premiers troubles de la marche. Le malade se dirige encore à l'aide de sa vue; mais bientôt celle-ci s'obscurcit, et la marche ressemble à celle d'un homme ivre. Alors B... écarte les pieds, ch*;rche à s'accrocher aux objets voisins et ne peut suivre une ligne droite ; s'il essaye de rapprocher ses pieds, il vacille davantage et manque d'équilibre. Il tombe généralement au bout de quelques instants de marche, quand sa vue est tout à fait troublée. A ces phénomènes plus ou moins aggravés pendant les derniers mois de l'année 1863 ce malade joignait un affaiblissement notable des mouvements de flexion du pied sur la jambe gauche et de la cuisse correspondante sur le bassin, et uae légère diminution de la sensibilité de ces mêmes parties. La jambe droite et les membres supérieurs continuèrent d'avoir leurs mouvements intacts. La parole était encore conservée, mais le tic-lac de la montre n'était plus entendu à gauche^ et bientôt la vue s'éteiguit complètement. Les pupilles, fortement dilatées, se contractaient par instants d'une façon spasmodique. Le fond de l'œil fut alors examiné parle D'Galezowski, qui trouva les papilles optiques gonflées et saillantes, avec des bords irréguliers, mal dessinés, se perdant sous une exsudation blanchâtre. Les vaisseaux rétiniens, gorgés et variqueux, arrivés à la circonférence de la papille, s'enfonçaient sous l'exsudation et disparaissaient momentanément pour apparaître un peu plus loin. Les capillaires des rétines étaient développés au point que, dans certains endroits, ils simulaient des épanchements de sang. — Le ^^^ janvier 1864, H. Vast donne la relation suivante de l'état de ce malade [Bull, de la Soc, Anat., 1864, p. 214). Celui-ci, dit-il, ne peut plus se tenir sur ses jambes et ne se lève jamais ; souvent il agite violemment son bras à tel point que Ton e»t obligé de lui mettre la camisole de force; sa vue est complètement éteinte et il semble tout à fait étranger au nionde extérieur ; jamais il ne répond directement aux questions qu'on lui adresse. Quelquefois, lorsqu'on cause de lui, près de son lit, il parait saisir un mot auquel il riposte avec plus ou moins d'à propos, presque toujours par des injures et des paroles grossières. De semblables paroles sont quelquefois proférées par lui avec de grands cris au moment où l'on s'y attend le moins. Souvent il marmotte des imprécations entre ses dents, puis s'arrête tout à coup. A ces périodes d'excitalion succèdent des moments de calme qui, chaque jour, sont de plus en plus rappro-
(1) Gh. Robin, Recherches anatomiques sur répithclioma des séreuses {Journal de l'anatoniie et de la physiologie normales et pathologiques de rhomme et des animaux, t. VI, p. 239. Paris, 1869).
chés et plus longs. Le mular)e accpple les aliments qu'on lui présente; il reste dans ce même état pendant les mois de jaimer, février et mars 1864 A partir du mois d^avril, l*excitalion et. les cris cessent complètement : le malade, conslammeut immobile, la tôle inclinée sur Toreiller, tes y^ux le plus souvent ouverts, tombe peu à peu dans \*^ coma. Il n'a pas de convulsions, et le pincement des bras et des jambes ne détermine ni mouvement ni douleur. Il s'éteint dans le marasme le I*' mai. PI. M,fig.i,eic. Autopsie, — Le crâne n*e<t pas altéré. Thrombose du sinus latéral gauche et de la moitié
supérieure du s nus longitudinal, sans ramollissement du cerveau. Kystes multiples des plexus choroïdes. Ladure-mén* est le siège de tumeurs nombreuses; une d'elles, sous forme de traînée allongée, occupe la grande faux du cerveau ; deux autres, dont l'une calcifiée et de la grosseur d*un pois, sont situées dans la fosse pariétale droite. De chaque côté de la fosse basilaire sont symétriquement placé t'a deux tumeurs fermes, arrondies, légèrement bosselées, du volume d'un œuf de pigeon. Implantées sur la face interne de la dure-mère par un pédicule mince et allongé (,fig. 2), ces tumeurs sont logées entre le b<«lbe qu*elles compriment au-dessus du corps rhomboïdal et les pédoncules cérébelleux moyens qui leur forment une sorte de cavité de réception. Elles sont limitées en haut par les origines de la septième et de la huitième paire qu'elles déplacent, en bas par les racines des neuvième, diiième et onzième paire. Une tumeur plus petite, fusiforme, existe au-dessous du corps rhomboïdal dans le sillon qui sépare la pyramide droite du faisceau intermédiaire; une autre tumeur, du même volume, est située au niveau de l'amygdale, tout près du pédoncule cérébelleux inférieur droit. Les méninges molles sont hypérémiées ; l'hémisphère gauche n'est pas altéré, mais sur sa face iniernc et vers sa partie moyenne l'hémisphère dnnt est le siège d'une tumeur qui s'étend du corps oolleux à son bord supérieur et comprime légèrement l'hémisphère opposé. Aplatie et déprimée à sa partie centrale, cette tumeur, qui a environ le volume d'un œuf, est située entre l'arachnoïde qui la recouvre, et la pie-mère dont elle paraît être une provenance par ses vaisseaux qui se continuent avec ceux de cette memttraoe. Elle se détache facilemfnt du cerveau, dont la sépare une membrane mince, et ainsi elle est une végétation de la face externe de la pie-mère. Les circonvolutions sont effacées à son niveau et sa face profonde en conserve les empreintes. De nombreux vaisseaux, dont quelques-uns variqueux, rampent à sa surface et dans son épaisseur; ils forment à sa circonférence de petites éminences villeuses représentées fig. 4'. A ces vai'^seaux s*ajoutent des cellules volumineuses, la plupart fusiformes, sans trame appréciable. Au centre de la tumeur existe une masse jaune due à l'altération granuleuse de ces cellules. La moelle épuiière, dont les enveloppes sont injectées, présente sur sa face postérieure (fig. 3, a) plusieurs tumeurs arronities et de la grosseur d'un pois à celle d'un œuf de pigeon. Situées sous l'arachnoïde, ces tumeurs laissent intacte la substance propre de la moelle, et, par conséquent, elles se sont développées, comme la précédente, aux dépens de la pie-mère. Un peu moins vasculaires que la tumeur de l'hémisphère cérébral, elles sont en même temps un peu plus fermes et d'apparence gélatineuse à la coupe. Une tumeur semblable occupe la face antérieure de la moelle, à laquelle elle est appendue par un pédicule. Les racines antérieures et postérieures des nerfs sont affectées de productions semblables^ du volume d'une lentille ou d'un petit pois, grisâtres ou rosées. Déjà nombreuses sur ces racines, ces productions sont plus ahondantes encore sur les faisceaux nerveux qui constituent la queue de cheval (fig. 3'). La plupart des nerfs en sont affectés, notamment ceux des membres inférieurs. Les troncs lombo-sacrés sont le siège d'une tumeur molle, transparente, du volume d*une noisette ; les nerfs sciât iques (fig h) présentent des tumeurs semblàb'es, de volume différent, fermes, arrondies ou fusiformes Parmi ces tumeurs, les unes occupent ta circonférence du faiscau nerveux et font saillie à sa surface ; les autres, plus profondément situées, s'en dégagent facilement après une incision longitudinale ; elles sont ènucléables, et tout à fait indépendantes des libres nerveuses; du reste, il est facile de «'assurer derinté^irité de ces dernières. Semblables productionss'observent dans l'épaisseur des muscles de la r^on postérieure de la cubse les plus rapprochés du tronc nerveux et dans les muscles de la jambe, où elles sont accolées à un filet nerveux, qui est leur point de départ. Dans le voisinage des articulations des genoux, ces tumeurs sont très-abondantes, en raison sans doute des nombreuses branches nerveuses existant en ce point. Aux membres supérieurs, les nerfs des plexus brachiaux et les branches qui en émanent présentent les mêmes productions, qui se retrouvent jusque sur les dernières phalanges L'unede ces productions située au pli ducoude, était assez volumineuse et superficiellement située puur qu'il fût possible, pendant la vie, d'en constater la présence, d'en apprécier la forme etla consistance. Les nerfis faciaux n'en étaientpas exempts.
TUMEURS DE LA MOELLE KPINIÈRE, SARCOMES, ETC. àà7
Je De saurais dire s'il en existait sur les phn^niques, mais les pneumoprastriques étaient sur quelques points alTeclés de reuflements moniliiormes Les branches du grand sympathique, examinées dans une partie de leur étendue seulement, n'étaieut pas altérées. Les nerfs optiques étaient exempts de lésion. Les papilles optiques, mal limitées et blanchâtres, n'offraient que des vaisseaux peu apparents et comme voilés. Les tumeurs des nerfs, comme celles de la moelle épiniére, sont constituées par des cellules allongées (fig. 4*' u etv), un peu moins aplaties que celles de la tumeur encéphalique. Ces éléments sont disposés, dans les nerfs sut tout, par couches concentriques, au pourtour d*un noyau central qui est le plus souvent foimé d'hématosine, circonstance qui semble indiquer qu'elles ptuvent avoir leur point de départ dans les tuniques des vaisseaux. — Les muscles sont minces^ peu volumineux; mais on ne constate ni altération des faisceaux primitifs, ni lé ion analogue à Tatrophie |'rogre>sive Les poumons renferment à leurs sommets quelques masses crétacées, vrai>emblablement tuberculeuses. Le cœur n'est pas altéré. Le foie et la rate sont sains ; les rems, un peu aplatis, ne paraissent pas anatomiquemeot modiliés. La vessie est saine; les testicules sont intacts.
Un homme dont les antécédents de famille font malheureusement défaut éprouve de la céphalalgie, des bourdonnements d'oreille, des vertiges, des douleurs dans les membres ; il a de la titubation dans la marche et une faiblesse relative des mouvements dans le côté gauche du tronc. Il perd peu à peu la vue et Touïe, et tombe dans un état de semi-coma qui le rend complètement indifférent aux choses extérieures. A cet état succède une période d'excitation qui se traduit par des imprécations et des cris assez analogues aux crishydrencéphaliques, et la mort a lieu. L'autopsie révèle la présence d'une tumeur du cerveau et de tumeurs multiples disséminées à la surface du bulbe, de la moelle épinièreet sur le trajet d'un grand nombre de nerfs. Ces tumeurs occupent la pie-mère ou le névrilème et sont constituées par des cellules allongées, fusiformes, concentriquement disposées au pourtour de points centraux multiples. Elles montrent la possibilité de la généralisation de certaines lésions analomiques à tout le système nerveux, et font voir, delà façon la plus nette, l'identité de nature d'altérations que l'on a pu considérer comme des épithéliomes avec des lésions des cordons nerveux dont le point de départ dans la trame conjonctive est incontestable.
Obs. CGLXXII. filarcome flhro-plastique de la ple-mére rachldlenne. Paraplégie. Eacliar<Mi ganuréneuses de la région saerée. €Jaii||rèae d<Mi iiiascl<Mi Iliaque» avec sarelneu dan» leur épaisseur. — H..., âgée de vingt^huit ans, couturière, née de parents bien portants, s*est toujours trouvée dans des conditions hygiéniques convenables, à part son habitation dans un logement humide. Elle a eu deux enfants, dont le dernier, en 1 864, aurait été allaité par elle, en môme temps qu*un autre enfant. A partir du mois d'août 4 865, elle commença à éprouver des douleurs dans le côté droit du corps; au bout de trois mois, ces douleurs se faisaient sentir en outre au creux épigastrique et dans la régi »n du dos; un peu plus tard, elles envahissaient le côté gauche. C'est alors que celte malade fut soignée dans un deî^ grands hôpitaux et considérée comme hystérique. Pourtant, quand elle vint à qiiiUer cet hôpilal, elle ressentait déjà dans les membres inférieurs une faiblesse et une difûculté d^ la marche qui ne firent que progresser. Pendant deux mois, elle continua à marcher avec plus ou moins de difficulté; mais, depuis quatre mois, il lui est impossible de se soutenir; elle rend involontairement les urines et les matières fécales. Si Ton s'en rapportait à ce qu'elle raconte, cette affection serait la suite d'une vive colère
448 APPAUEIL DE L'INNERVATION.
provoquée par les parents de son nourrisson. Le 24 août 4 866, cette malade entre à THôtel- Uieu, salle Saint-Bernard, n° 3 (service de la clinique) . Elle a une paralysie complète du mouvement et de la sensibilité des deux membres inférieurs, des irradialions douloureuses dans les jambes, dans les cuisses, et surtout à la base du thorax, où elles se propagent vers Tépigastre et la région du ventre. Le chatouillement des pieds, le pincement, les corps froids, provoquent des actes réflexes toujours plus marqués à droite qu'à gauche. La miction et la défécation sont involontaires. — Cet état persiste sans changement appréciable jusque dans les premiers jours de septembre, et chaque jour la malade se plaint de douleurs eD ceinture au pourtour du tronc. Le 5 septembre, elle est prise de diarrhée et de vomissements, ses traits s'altèrent rapidement, mais en moins de vingt-quatre heures il se produit une réaction. Le 14, vomissements verdâtres, cette fois accompagnés de frissons et vraisemblable * ment dus à la présence d'une profonde eschare de la région sacrée. Le i 7, violent frisson ; les vomissements continuent, il survient de la diarrhée. Le 18, nouveaux frissons ; Teschare, qui a une étendue de 8 à 4 0 centimètres, a dénudé le sacrum ; le pouls est petit et fréquent, la chaleur est vive. L'état des membres ne varie pas, mais les actions réflexes ont manifcslemctat diminué d'intensité. Le 30 et le 22, les traits s'altèrent davantage ; la fièvre continue, la respiration estgônée. Le 23, la température de la région axillaire est de 38° centigrades; la respiration s'embarrasse de plus en plus, l'agonie commence vers le soir et la mort a lieu le 24 au matin.
ri.4a.rig.2,S',r. AiUopsie, — Absence de roideur cadavérique. Une eschare de 4 0 centimètres de diamètre
a dénudé le sacrum et le coccyx. Il est difficile de savoir si le canal rachidien est ouvert; mais les méninges sont en suppuration à la partie inférieure de la moelle épinière, dans une étendue de 4 2 à 4 4 centimètres, et cette suppuration est sans doute la cause de la diminution des actes réflexes dans les derniers temps de la vie. A 4 5 centimètres de l'extrémité terminale de la moelle épinière, on trouve une tumeur allongée, ovoïde, ayant de 5 à 6 centimètres de longueur sur 4 à 2 centimètres de largeur et d'épaisseur. Ferme, solide et résistante, cette tumeur se termine à ses deux extrémités supérieure et inférieure par des prolongements caudiformes, constitués par une substance un peu molle, et sans aucun doute de formation plus récente. Elle est appliquée sur la partie postérieure et droite de la moelle épinière, qu'elle comprime en même temps que les racines postérieures, et se trouve située entre la pie -mère et TarachnoiJe. Recouverte par cette dernière membrane^ comme l'indique la figure 2, elle est à peine adhérente à la pie-mère, puisqu'il suffit de la moindre traction pour l'en délacher. La portion de moelle comprimée par cette tumeur est ramollie et altérée dans toute son épaisseur. Au-dessus de ce point, les cordons postérieurs sont secondairement afl'eclés; les cordons antérieurs le sont au-dessous, quoique la moelle épinière ait sa consistance normale. A la partie inférieure, le parenchyme médullaire est ramolli par suite de la complication méniogitique. Examinée au microscope, la tumeur des méninges spinales présente sur une coupe fine (flg. 2') une série de nodules réunis entre eux et dont les intervalles sont parcourus par des vaisseaux. Vus à un plus fort grossissement, ces nodules sont composés de deux ordres d'éléments : 4 ° des noyaux arrondis, ovoïdes ou elliptiques, finement granuleux, et dont un certain nombre sont munis d'un nucléole petit et central; 2*' des cellules allongées possédant l'un ou l'autre de ces noyaux. Ces éléments, assez intimement unis entre eux, affectent une disposition concentrique et sont régulièrement disposes au pourtour de centres communs formés par des amas de noyaux ronds plus ou moins granuleux. Le cerveau n*est pas altéré. Les poumons présentent quelques adhérences entre leurs lobes, ils sont congestionnés ; celui de gauche est, à sa base, le siège d'un petit nombre de foyers brunâtres, arrondis, du volume d'une noisette avec un point central jaune purulent Le poumon droit contient des infarctus analogues, mais moins nombreux. Les bronches sont remplies d'écume; les ganglions hronr.hiques sont volumineux et pigmentés. Le cœur renferme un sang liquide, comme battu, et dans lequel je crois apercevoir des bulles gazeuses. On y trouve à droite quelques caillots fibrineux très-mous; ses valvules sont intactes ; ses fibres musculaires sont parsemées de granulations grisâtres. Le foie est épais, jaunâtre et gras; la bile est claire, peu colorée; le pancréas est ferme; la rate est grosse (14 centimètres dans son grand diamètre), elle offre plusieurs petits points ecchymotiques et se déchire facilement. Les reins sont volumineux, jaunâtres, un peu injectés et manifestement altérés; l'un d'eux, affecté de kystes multiples, offre en même temps une pyélite caractérisée à l'œil nu par une vive injection avec points hémorrhagiques. Les parois de la vessie sont épaissies, et la muqueuse, injectée et enflammée, laisse voir à sa sur&ce de petites végétations rougeâtres. L'estomac, dont les dimensions sont normales, est p%*
TUMEIBS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE, SARCOMES, ETC. dl9
ineiil^ par jwiaU au niteau de sa grande courbure; l'intesliu est intact. L'utérus elles ovaires sont gains. Les muscles fessiers, altérés au niieau de leurs attaches supérieures, sont en m£me temps innilrés de pus. Le pilier droit du diaphragme, le muscle carré lombaire et les deux muscles psoas-iliaques, exhalent une odeur fétide ; ils sont TerdAlres, ramollis, înBKrés de granules de pigment. Les faisceaux primitib de cea muscles ont conservé leur
FiG. m.
^jorciaes provenant de muscles gangréacui.
striatioD m, et iodI peu modiBés, mais, dans leur intervalle, il existe des milliers de sarcines s, dont la figure iS nous offre des échantillons. Les ganglions iliaques et axillaires sont ramollis, volumineux et injectés.
Une jeune femme éprouve, en août 1865, dans le côté droit du tronc, des douleurs vives, indices du début d'une lésion qui, peu h peu, conduit à une paraplégie complète. Un an plus tard, elle succombe aux suites d'une eschare survenue dans la région sacrée. La moelle épinière présente sur sa face postérieure et latérale droite une tumeur solide, allongée, située dans l'espace compris entre l'arachnoïde et la pie-mère, membranes auiquelles elle est & peine adhérente. Cette tumeur est constituée par des noyaux et des cellules disposés de façon à former une réunion de nodules entre 'lesquels serpentent des vaisseaux; elle refoule et comprime la moelle épinière que l'on trouve à son niveau ramollie et en partie détruite. C'est là une lésion qui, malgré l'absence de généralisation, a une grande analogie avec celles de l'observation qui précède. La présence des sarcines au sein de muscles verdâtres, ramollis et gangreneux, est un fait à signaler, et nous nous demandons si cette circonstance n'a pas causé l'altération de ces organes.
OBS. CCLXXIII. TauncMr gommcoati de la prolnbérMBce noBiilalrc et ■(rMbImic «MaTcrgeiH dea deoz yeux. Contracture dca membre*. iPoljdlpaie et pol/nrie. NAvroiDca médnUalrca de la qaene-de-elieval. — R..., &gé de trente-huil ans, sergent de ville, est admis, le i novembre 1 8G9, k l'hApital de la Charité, dans le service de M. Pellelan, que je supplée. C'est uu homme bien constitué, noiahlement amaigri, depuû longtemps inOrme et dans l'impossibilité de parler, bien qu'il ait conservé son intelligence et sa mémoire. Il y a une dizaine d'années, il a eu la syphilis, savoir : un chancre et une éruption cutanée, une angine et des accidents prolongés à l'anus. Il est impossible de savoir s'il a suivi un traitement; aujourd'hui, il ne porte aucune trace de son ancienne maladie, si ce n'est peut-être une cicatrice brunâtre déprimée qui remonte i trois ans et qui se trouve située au niveau de l'épine iliaque antérieure et supérieure gauche. Il se plaint de violentes douleurs de tâte (douleurs ostéocopes), et depuis deux ans environ il est atteint, sans avoir éprouvé de perte de connaissance, d'une paralysie qui ne l'a pas empêché de continuer de sortir. Une nouvelle attaque de paralysie, survenue en octobre dernier, lui a
enlevé la parole et le mouvement nécessaire à la marche. 11 présente un strabisme double convergent^ plus prononcé à gauche qu'à droite. Les membres droits sont contractures à tel poinl que^ si on les étend, ils reviennent immédiatement sur eux-mêmes et prennent une attitude semi-fléchie. Les membres gauches, moins contractures, sont susceptibles de quelques mouvements volontaires : ainsi le malade peut tendre la main et soulever un peu la jambe. Dès son entrée à l'hôpital, il a de la diflQculté pour avaler et est atteint d'une toux souvent opiniâtre, notamment au moment des repas, ce qui tient au passage des substances alimentaires dans le larynx ou la trachée. Malgré la conservation de son intelligence, ce malade reste dans un mutisme pour ainsi dire complet. Si on lui montre un doigt, il répond nettement qu'il n'y en a qu'un ; mais si on lui demande son nom, il articule simplement la première syllabe et ne peut aller au delà ; assez généralement, du reste, il parvient à prononcer la première syllabe des noms des objets qu'on lui présente ; rarement il peut arriver à compléter ces noms. 11 n'est pas aphasique, en ce sens qu'il se souvient et qu'il parvient à nous conter son histoire. Le désordre qu'il présente paratt consister dans une difficulté d'articulation des mots, ou peut-être de la coordination des éléments nécessaires à cette fonction. La sensibilité au pincement semble un peu diminuée, tant à droite qu'à gauche ; mais la simple extension des jambes donne lieu à des douleurs qui font jeter des cris au malade. La sensibilité tactile est normale, du moins à droite. Le pincement des membres donne lieu à des actions réflexes très-évidentes. La médication consiste dans une aJimentation modérée et des soins de propreté. Quelques jours plus tard, nous apprenons que le malade a une soif très-vive et que, dans sa journée, il vide plusieurs litres de liquide. Il nous est difficile de savoir exactement ce qu'il rend d'urines, car la miction et la défécation sont involontaires ; mais nous nous assurons que l'urine ne contient point de sucre. A partir du 22 avril, ce malade est pris d'un mouvement fébrile qui s 'accroît ensuite, et il meurt avec des signes de pneumonie le 2 décembre 4869. PI. Âû, fig. 3, 3 , AtUopsie, — Les os du crâne sont épais ; les méninges, injectées en avant» se détachent 3", et PI. 4t, partout avec facilité et présentent simplement un léger degré d'opacité au niveau des drcon- '^' ' ' * volutions du bord supérieur des hémisphères. Les artères cérébrales sont libres et normales, le cerveau n'est pas altéré. Pourtant, la membrane qui tapisse les ventricules latéraux est semée de fines granulations miliaires, semi-transparentes, analogues à celles qui, chez les aliénés^ se rencontrent quelquefois à la surface du quatrième ventricule. La protubérance, renflée, un peu volumineuse, présente à sa partie inférieure et antérieure une tumein* jaunâtre, ferme, solide, sèche, légèrement saillante sous les méninges. Du yolume d'une amandeou d'un petit marron, cette tumeur, située sur la ligne médiane, occupe la partie inférieure delà protubérance, une faible portion de l'extrémité supérieure des pyramides, et parait avoir détruit les nerfs de la sixième paire, qu'il nous est impossible de retrouver à leur origine. Vue par sa face antérieure (fîg. 3 a), elle est constituée par deux masses jaunes assez fermes, réunies par une substance grisâtre vasculaire, résistante. Incisée perpendleolairement à cette face et suivant l'axe de la protubérance (ûg. 3' cc')y elle laisse voir d'autres noyaux jaunes circonscrits par un tissu grisâtre riche en vaisseaux, et comprend un peu plus du tiers de l'épaisseur de la protubérance. Sa délimitation d'avec la substance|nerveuse est tellement nette et tranchée, qu'après macération dans l'alcool il est facile de l'énucléer. Le siège qu'elle occupe dans l'épaisseur de la substance nerveuse fait voir qu'elle a pris naissance dans la substance conjonctive de Tencéphale et non dans les méninges. Sa structure n'est pas partout identique, car une difl'érence notable existe entre les parties jaunes blanchâtres et les parties grisâtres. Celles-ci sont constituées par une trame fibrillaire au sein de laquelle sont disposées, d'une façon uniforme et par petits amas, des cellules rondes, peu volumineuses (cellules embryonnaires) ; celles-là sont formées par une trame analogue, mais les cellules qu'elles renferment, plus abondantes sur plusieurs points et en voie d'altération graisseuse, donnent à la coupe un aspect sombre, qui tranche sur les parties voisines plus claires comme s'il existait plusieurs centres d'altération primitive. Des vaisseaux nombreux et partout libres parcourent cette tumeur, qui a atrophié les éléments nerveux de son voisinage. Le cervelet n'est pas altéré. — La moelle épi nière /ferme et en voie de dégénérescence secondaire, adhère, immédiatement au-dessus du renflement lombaire et dans Tétendue de I centimètre, aux méninges molles. Là existe un point circonscrit d'inflammation des membranes et d'une petite portion de la substance de la moelle. Au-dessus du renflement cervical, la dure-mère spinale est épaissie et opaline. — Six des faisceaux nerveux qui constituent la queue-de-cheval présentent, à 4 ou 2 centimètres de l'extrémité de la moelle, des renflements fusiformes, grisâtres, assez analogues aux ganglions spinaux, et qui ont depuis le