‹ Atlas d'anatomie pathologiqueChapitre 60 sur 73 · NEURO-RÉTINITE. SCLÉROSE CÉRÉBRALE. — RÉTINITES · texte numérisé non relu

NEURO-RÉTINITE. SCLÉROSE CÉRÉBRALE. — RÉTINITES

Une femme, âgée de trente-deux ans, est peu à peu atteinte d'une hémi-contracture à ''• ^Î'J^"'**** gauche, d*une paralysie de la troisième paire à droite, et de douleurs vives dans les membres du même côté. La vue su perd à peu près complètement à droite et s*aUère à gauche, puis surviennent des attaques apoplectiques; la contracture gagne le côté droit, et la mort a lieu après plusieurs semaines d'une perte absolue des facultés intellectuelles.

Le cerveau et le cervelet sont diminués de volume ; une partie du corps strié et de la couche optique du côté droit est le siège d*une induration ferme, blanchâtre, criant presque sous le couteau. A gauche, masse rougeâtre et vasculaire vers la partie moyenne du corps strié; plus en arrière, substance nerveuse indurée. Les bandelettes optiques sont aplaties et un peu.molles ; elles présentent, à Texamen microscopique, des fibres nerveuses, petites, gra- Dulepses, la plupart rompues, et dans leur intervalle des globules granuleux plus abondants à droite qo'à gauche. Le nerf optique droit a son ncvrilème épaissi et ses tubes nerveux atrophiés et granuleux. Le gauche est un peu moins altéré. La papille optique droite est petite, blanchâtre et à peu près complètement dépourvue de canaux vasculaires; ceux-ci se retrouvent plus loin et sont peu développés. La papille gauche, plus large, est d'une étendue à peu près normale et d'une coloration grisâtre. On y voit des artères diminuées de volume et des veines volumineuses, en même temps qu'une légère modification de la couche fibreiTse. (Voyez, pour plus de détails, obs. GCXLVII, p. 403.)

Ces observations montrent que, dans sa période avancée, la rétînite secondaire se traduit par Tatrophie blanche de la papille optique, et que la papille du côté opposé à l'affection cérébrale est le principal siège de Taltération. Les faits qui suivent indiquent que cette altération se distingue, à tous les points de vue, et notamment au point de vue clinique, des rétinites survenant dans le cours de la maladie de Bright, de la leucémie ou même de la syphilis, maladies dans lesquelles la rétine est généralement affectée par points disséminés et dans une grande étendue.

Obs, CGLXXXI. Rétlnlte albnmlnarlqne i •téatosc des reins. Aeeldentm are-

■tiques. — B..., âgé de vingt-neuf ans, maçon, est un parçon robuste, né de parents bien portants. A Paris depuis 4 853, il a toujours habité un premier étage et n'y a jamais souffert; mais il a depuis plusieurs années des habitudes alcooliques. Sa santé a été bonne jusqu'au mois de janvier 1861, où il contracta une fluxion de poitrine. Au printemps qui suivit, sa vue devint très-faible et resta telle pendant trois mois ; améliorée en juillet, elle se troubla de nouveau à la fin d'octobre. En même temps survint une anasarque qui suivit une marche analogue. Un médecin consulté ordonna des sangsues derrière les oreilles et fit appliquer des vésicatoires. Dans le cours de novembre, les accidents, dissipés momentanément, reparurent Le %\ du même mois, ce malade entre à la Pitié, salle Saint- Athanase. n° 6 (service de M. Gendrin). 11 est pâle, anémié, affecté d*un œdème sous-cutané général ; il manque de forces et se plaint d'un trouble de la vue qui l'empêche de voir distinctement les objets. Ses urines sont fortement chargées d'albumine, et ses poumons sont le siège d'un léger oedème (pilules drastiques, vin antiscorbutique). Le %9, vomissements de matières alimentaires, dyspnée, râles sonores dans la poitrine, ecchymose sous-conjonctivale à la partie inférieure et externe de l'œil gauche (vésicatoire). Quelques jours plus tard, épistaxis qui se répètent pendant une semaine environ et font perdre une grande quantité de sang an malade; en même temps surviennent des vomissements de matières liquides un peu verdâtres. Dans les premiers jours de décembre, les téguments sont profondément décolorés, l'anasarque et la dyspnée persistent ; les urines donnent lieu à un précipité floconneux très-abondant par Tacide nitrique et la chaleur. La vue ne permet pas au malade de lire les plus grosses lettres du cahier de visite, cependant il peut en distinguer quelques-unes; il aperçoit les doigts que Ton fait jouer devant ses yeux, et quelques objets volumineux lui paraissent blancs et confus. Les deux yeux sont également affectés, les muscles qui servent à les mouvoir sont intacts ; les pupilles sont égales, à peine dilatées. Le 4 2 décembre au matin, le malade tombe dans le coma ; il a la respiration ralentie, presque stertoreuse, la face violacée. C'est là, nous dit- on, la fln d'une attaque convulsive, et une attaque semblable aurait eu lieu dans la nuit (sinapismes). La connaissance revient dans l'après-midi, mais la tête reste vacillante, et le malade peut à

hlO APPAKEIL DE L'INNEKVATION.

peine ouvrir les yeux et répondre aux quesiioDs ; ses membres sont tremblants, ses trtils altérés. A sept heures du soir, nouvelle attaque éclamptique et mort. Pî. 4«,fi^.5. Autopsie, — Ecchymoses multiples du cuir chevelu et de la conjonctive de l'œil gauche ;

légère injection des méninges et décoloration de la substance nerveuse, notamment de h substance blanche où existent plusieurs points hémorrhagiques ; dégénérescence graisseuse d*un certain nombre de capillaires cérébraux ; épaississement et résistance de la membrane qui tapisse le quatrième ventricule, examinées avec soin, les rétines laissent voir k l«*ur face interne de nombreuses taches miliaires blanchâtres ou jaunâtres et des taches rouges eccfaymotiques entremêlées. Les premières de ces taches sont constituées par des exsudais transformés en amas graisseux ; les secondes par des extravasats sanguins résultant de la rupture des capillaires dont les parois sont épaissies et infiltrées de granulations graisseuses. Les <leux rétines sont affectées de la même façon, mais celle de droite Test â un nioindre degré; toutefois elle présente, comme la rétine gauche (voyez pi. 49, fig. 5), un iarge exsudât à la partie interne de la tache jaune. Le cœur ne renferme qu*un sang liquide, brunâtre, peu abondant ; il est large et un peu hypertrophié à gauche ; son tissu est ferme, quoique jaunâtre; les valvules ne sont pas altérées. Les poumons, congestionnés et œdématiés à leur base, sont le siège de plusieurs points de pneumonie lobulaire. Le foie, de coloralion brunâtre et jaunâtre, renferme un certain nombre de cellules infiltrées de granulations graisseuses pigmentaires. La rate, qui a 22 centimètres de longueur sur 4 2 de largeur, offre a sa face externe une plaque fibreuse ayant près d'un centimètre d'épaisseur ; son parenchyme, ferme et rosé, ne parait pas sensiblement altéré à Tœil nu. Les reins, d*un volume à peu près normal, présentent à leur surface des sillons qui laissent entre eux de larges Ilots, ce qui leur donne une apparence lobulée. La capsule fibreuse de ces organes se détache facilement de la substance corticale qui a une teinte jaune clair ; la substance tubuleuse offre une coloration brunâtre. Les corpuscules de Malpighi, ainsi que les épithéliums des tubuli de la substance corticale, sont infiltrés de nombreuses granulations grisâtres et graisseuses. Les muscles sont partout colorés et ne semblent pas altérés.

Un jeune homme adonné aux alcooliques éprouve, pendant quelques mois, un affaiblissement de la vue, qui s'améliore pour reparaître bientôt avec une nouvelle intensité. U entre à l'hôpital, où ses urines sont trouvées albumineuses ; surviennent des accidents urémiques, notamment de l'éclampsie, et il succombe. Tjes reins sont affectés de dégénérescence graisseuse, et les rétines ont leur face interne semée de points jaunâtres constitués par des exsudats transformés en une émulsion dégraisse, et de taches hémorrhagiques résultant de la rupture de capillaires en voie d'altération graisseuse. Ces lésions peuvent être regardées comme typiques parmi celles qui, dans le cours de certaines affections brightiques, surviennent du côté des rétines ; elleâ sont tellement caractéristiques, que le seul examen ophthalmologique suffît le plus souvent pour diagnostiquer l'altération des reins.

PI. 4t, fi^.6et6'. Béilnlte leocéailqiie. — Une femme de cinquante-quatre ans meurt d*une pneumonie

survenue dans le cours d*une leucémie ganglionnaire et splénique déjà avancée ; elle n^avait accusé aucun trouble sérieux du côté de la vision et n'avait pas été vue à Topbthalmoscope. Toutefois les yeux furent examinés après la mort, et les rétines se trouvèrent altérées. La papille de l'œil gauche était en partie recouverte d*un léger exsudât grisâtre qui s'étendait jusqu'à la tache jaune. Un exsudât semblable voilait les vaisseaux rétiniens près de leur origine. La papille droite avait simplement une teinte sombre. Dans le voisinage des deux papilles, notamment sur le trajet des vaisseaux, on apercevait de petites taches rouges, saillantes, arrondies, avec point blanc central. Les fibres de la rétine étaient troubles, granuleuses au niveau de ces taches constituées par des globules sanguins. (Voyei obs. LXXXIY, p. 112.

La rétinite leucémique, dont ce fait est un exemple, constitue un type d'altération différent de la rétinite albuminurique tant à l'œil nu qu'à rexaiuen

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microscopique. Je n'insisterai pas sur les caractères distinctifs de ces altérations et de la neuro-rétinite secondaire ; mais je ferai remarquer, en m'appuyant sur les faits qui précèdent, qu'un certain nombre d'affections rétiniennes ont une physionomie spéciale en rapport avec leurs conditions étiologiques ou pathogéniques , et qu'elles constituent des types particuliers qu'un œil exercé peut facilement reconnaître; j'ajouterai que d'autres affections de la rétine, notamment celles qui dépendent de la syphilis, présentent aussi des caractères spéciflques.

Cet appareil comprend les muscles, les articulations et les os ; nous pa.<serons successivement en revue les altérations de ces parties adaptées à une même fonction, la locomotion.

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