S6 APPAREIL TÉGUMENTAIRE EXTERNE
n. M,fifr*3. Obs. CGGXI. ÉpIthéUome ulcéré de ki faee. — Une femme figée de cmquante-iieuf ans et affectée, depuis quinze ou dix-huit mois, d'une lésion de la partie droite de la face qui peu à peu s*est ramollie à son centre, présente aujourd'hui un ulcère étendu caractéristique de répithéliome. Cet ulcère, de forme ovoïde, a un fond sale, grisâtre, terne, constitué, dans une faible étendue, par un tissu blanchâtre et lardacé. 11 est limité par des rebords sinueux, *épais, saillants, fermes, légèrement recourbés en dehors et formant avec la peau un sillon plus ou moins profond. Une tranche mince de ces rebords, examinée au microscope, laisse voir de grosses cellules épithéliales et des globules épidermiques. Plusieurs des ganglions auxquels aboutissent les vaisseaux lymphatiques provenant de cet ulcère sont indurés.
Ce cas est un véritable type de répithéliome qui débute par la couche du réseau muqueux de Malpighi ; robservation qui le précède nous montre cette même affection envahissant les glandes de la peau et plus profondément située. Ainsi, nous pouvons juger des deux principales formes de cette altération, qui n'a qu'une faible tendance à la généralisation. En effet, si la propagation du cancroîde s'étend quelquefois jusqu'aux ganglions du voisinage, il faut reconnaître qu'elle est relativement rare dans les organes. Voici un fait dans lequel elle existe.
Obs. CGCXII. Canerolde eatané de la fa<se et da eoa avee propasati«M aa diaphragme. — G..., âgé de quarante-sept ans, chimiste, est un homme robuste et un grand voyageur. Il a contracté autrefois une maladie vénérienne, qui s*accuse aujourd'hui par des cicatrices à la région pénienne et dans Taine droite. Une tumeur épilhéliale, développée depuis plus d'une année à la lèvre inférieure et à la joue droite, s*est étendue en dernier lieu à la partie supérieure du cou du même côté, où elle forme un large ulcère. Le 3 août 4 861, M. Maisonneuve opère ce malade, et, après avoir pratiqué la résection du maxillaire inférieur, il sectionne les tissus malades du voisinage. Deux jours plus tard, survient un œdème de la glotte, et le malade meurt le 6 août.
Autopsie. — Plaie béante occupant une partie delà face et du cou; gonflement œdématenx des replis aryténo-épiglottiques, qui sont infiltrés de leucocytes. Tuméfaction des cordes vocales supérieures, rétrécissement de Torifice supérieur du larynx. Quelques points de pneumonie lobulaire s'observent à la surface du poumon droit, qui se trouve en partie couverte d'une fausse membrane récente. Un caillot mou et fibrineux existe dans le cœur droit, dont les valvules et le tissu sont intacts. Rate volumineuse, reins et foie sains. Bans l'épaisseur du diaphragme, se voit, faisant saillie à sa face supérieure et à droite du centre aponévrotique, une tumeur un peu arrondie, du volume d'une petite noix, blanchâtre et chagrinée à la coupe. A Texamen microscopique, cette production nouvelle est constituée par des cellules volumineuses, polyédriques, munies d'un gros noyau avec nucléole, et par des globes épidermiques très-manifestes. La portion du maxillaire enlevée par l' opération offre une surface inégale, érodée et comme rongée. Sur quelques points, on trouve des cellules épithéliales dans les aréoles et dans les canaux osseux. Cette pénétration des éléments épithéliaux dans le tissu osseux rend parfaitement compte de la destruction de ce dernier.
Une forme rare de cancroîde est celle oîi la nouvelle formation s'infiltre .d'un pigment noir. Nous , avons communiqué autrefois un fait de ce genre à M. Heurtaux, qui Ta inséré dans sa thèse inaugurale. Il s'agissait d'un vieillard de quatre-vingts ans qui portait, depuis dix ans, au niveau de la région molaire gauche, une tumeur épithéliale pigmentée, du volume d'une noix. Nulle part ailleurs il n'existait de tumeurs semblables. Bien différente est l'altération mélaiiique dans le cas qui suit :
>• M>^* ^i Obs. CCCXlil. raélanome eaUmé. — Une femme portait depuis quelque temps, à la partie
antérieure de Tune des jambes, une petite tumeur saillante, noirâtre, analogue à un nasvus.