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LÉSIONS PARASITAIRES DE LA PEAU

botaniste, en effet, prétend que Tensemencement des spores de YAspergillus glaucus sur une solution épaisse de gomme lui a donné une forme de champignon en tout semblable au parasite du pityriasis versicolor, et que ce dernier, semé sur différents milieux, a pu produire diverses formes de YAspergillus.

Obs. GCCXVI. Teigne iaveoae, pneamonle eàftéease, scorbat et mort. — P.. , âgé

de vingt- trois ans^ ancien tailleur de pierres et garde mobile d*Ille-ct-Vilainc, a été atteint, vers ]*âge de douze ans, d'une aflectiondu cuir chevelu qui n'a pas tardé à s*accrotlre, et qui a donné lieu à la chute d'une partie des cheveux. Entré le 3 janvier à Thôpital, ce jeune homme lousse et maigrit depuis deux mois, mais surtout depuis Tatlaire de Champigny (30 novembre), où il a dû subir un froid tel que pendant deux jours ses jambes sont restées anesthésiées. Les sommets des poumons sont mats à la percussion, et l'auscultation y révèle qu> Iques craquements, tandis que des râles muqueux abondants sont entendus au niveau des hases. La voix est rauquc et altérée. Des taches de purpura, limitées aux bulbes pileux, se rencontrent sur les jambes œdématiées et douloureuses. Dès le 24 janvier, rœdème, après avoir envahi le tronc, gagne la face. Les urines, colorées et en quantité normale, ne contiennent pas d*albunûne. Les gencives ne sont pas tuméfiées. De temps h autre survient un peu de diarrhée. Le cœur cl le foie ne présentent aucun trouble, la tôte, presque complètement nue, laisse voir à sa partie supérieure quelques cicatricesblanchâtres anciennes, et sur les côtés plusieurs godets faviques, isolés ou réunis par groupes, et d'abondantes croûtes jaunâtres. L'œdème continue de s'accrottre, les lésions pulmonaires progressent peu à peu, le malade s'affaiblit de plus en plus, et il meurt le î février.

Autopsie, — Adhérences des deux feuillets pleuraux, foyers de pneumonie lobulaire en voie n. si, dç^Qt de transformation caséeuse et quelques petites excavations aux deux sommets des poumons. Dans le reste de l'étendue, foyers pneumoniques mons avancés et œdème. Cœur normal renfermant peu de sang. Le foie, le pancréas, la rate et les reins ne sont pas altérés. Les glandes de la portion de l'intestin grêle voisine du cœcum sont tuméfiées et jaunâtres. Le cadavre est partout œdématié Le cuir chevelu, privé de ses cheveux à la partie supérieure de la tète, est le siège de cicatrices dans l'intervalle desquelles se voient plusieurs godets faviques isolés et tout à fait reconnaissables, tant par leur forme que par leur teinte jaune ; dans le reste de son étendue, il est presque partout recouvert de croûtes jaunes soufrées faciles à réduire en poussière Vues au microscope, ces croûtes sont formées de t< bes vides cylindriques flexueux, ramifiés et non articulas, et de tubes plus larges remplis de spores. Cellesci sont de grosses cellules de 4 à 6 millimètres, rondes uu ovales, libres ou articulées bout à bout (AcAonon Schœnleinii), Une coupe microscopique perpendiculaire du cuir chevelu permet de reconnaitreque le champignon occupe les couches profondes de l'épiderme, et notamment la partie inférieure du conduit épidermique du poil, où il paraît se développer tout d'abord avant d'irradier dans l'intérieur du cheveu et sous l'épiderme. La disposition des croûtes en forme de godets ou sous forme de petites masses hémisphériques résulte de l'adhérence du conduit épidermique au poil et de l'obstacle à la libre sortie du champignon.

Un jeune homme meurt de phthisie pulmonaire, portant, depuis Tâge de douze ans, une teigne faveuse qu'il n'avait jamais soignée. A côté des godets et des croûtes faviques, il existe des cicatrices blanches. Nous voyons ainsi toutes les phases de cette affection à évolution lente. Après un certain temps, le champignon, ne trouvant plus à la surface de la peau les éléments nécessaires à sa nutrition, périt, et des cicatrices fibreuses plus ou moins irrégulières et nues lui succèdent. Des recherches récentes tendent à établir que le Pénicillium glaucum est l'origine du favus. Hallier, ayant nourri YAchorion Schœnleinii avec du suc de citron dans un appareil à isolement, vit les conidies de ce champignon germer et produire le Peincillium glaucum. D'un

LA5CKREAVX* Z^

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autre côté, ce môme expérimentateur, après avoir déposé des spores de Peni-cilliiim sur la peau d'un homme, vit apparaître une éruption analogue à celle du favus à son premier degré de développement. A l'exemple de Rallier, Baumgarten a pu produire un Pénicillium par la culture de VAchorioîi sur de la colle d'amidon.

C'est encore à une série de végétations inférieures du Pénicillium glaucurh que semble se rapporter, d'après les recherches de Hallier et de Pick, le champignon de la teigne tondante ou Trichophyton tonsurans. Ce cryptogame prend naissance a l'intérieur des cheveux sous forme d'un petit amas de spores arrondies qui se développent au fur et à mesure que le cheveu pousse, et le brisent dès que la partie envahie est arrivée à 2 ou 3 millimètres audessus du niveau de l'épiderme. C'est la présence de ce végétal qui est cause à la fois et de la rupture des poils, d'où calvitie plus ou moins étendue, et de la formation des élevures et des croûtes qui recouvrent les parties tonsurées. Toutefois le cryptogame n'est pas exclusif au cuir chevelu ; il peut atteindre d'autres parties du corps : à la face il produit la raentagre ou sycosis, ailleurs l'herpès circiné. Les conditions anatomiqujBs spéciales des parties envahies sont regardées comme la cause de ces diverses manifestations. Nous représentons ici (voy. pi. 50, fig. 3) une plaque d'herpès circiné développée à la surface de l'un des poignets. Cette plaque se présente sous la forme d'un cercle dont le centre est à peu près normal, tandis que la circonférence est occupée par de petites vésicules à base violacée. Quelle que soit la forme de la manifestation, ce végétal parasite est toujours formé de filaments articulés et de spores disposées en chapelet. En se développant, ces spores rampent dans l'épaisseur de la substance du poil suivant la direction de sa longueur, et finissent presque toujours par le briser.

En résumé, les diverses formes de végétation cryptogamique particulières au tégument externe de l'homme, le Microsporon furfur excepté , affectent les poils, qui, en général, deviennent fragiles et se cassent à une hauteur plus ou moins élevée, suivant le siège primitif du parasite. Chacune de ces végétations donne lieu à ime éruption spéciale : le Microsporon furfur produit le pityriasis versicolor ; VAchorion Schœnleinii, le favus; enfin le Trichophjto7i tonsurans engendre la teigne tonsurante, la mentagre et l'herpès circiné, suivant qu'il se développe sur le cuir chevelu, la barbe ou les membres. Ces formes parasitaires sont transmissibles de l'homme à l'homme, soit par contact médiat, soit par contact immédiat. Le Trichophyton est en outre susceptible d'être transmis à l'homme par les animaux domestiques tels que le bœuf, le cheval, le chien et le chat, chez lesquels il revêt les caractères de l'herpès circiné.

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