DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE
CHOROÏDITE CIRGUM PAPILLAM — DÉCOLLEMENT DE LA CHOROÏDE — CYSTIGERQUES
FiG. 1. — Décollement récent de la moitié supérieure de lv rétine avec perforation spontanée,
(Image droite).
La membrane décollée et fortement proéminente est encore assez lisse et assez étendue pour ne réfléchir que faiblement la lumière, et comme la sérosité épanchée entre elle et la choroïde est un liquide transparent, on peut apercevoir au travers de la rétine la couleur rouge du fond, un peu voilée il est vrai. Cependant, vers la hmite inférieure du décollement, au niveau des trois légers replis qu'il forme, et au bord de la perforation, la substance rétinienne offre un reflet assez intense pour couvrir d'un voile blanc bleuâtre la choroïde sous-jacente. La rupture en forme de fer à cheval laisse apercevoir avec une netteté remarquable les vaisseaux choroïdiens et les espaces intervasculaires qu'elle a mis à nu. Dans notre dessin, le lambeau rétinien un peu ratatiné qui flotte à l'endroit de la rupture se trouve encore au même niveau que le reste de la membrane décollée. Plus tard, lorsque cette région de la rétine se fut réapphquée sur le fonsl de l'œil et qu'au lieu du décollement de la partie supérieure il se fut produit un décollement de la moitié inférieure de la rétine, ce lambeau continua seul à faire saiUie par son sommet dans l'intérieur du corps vitré; on pouvait alors reconnaître, encore mieux que sur notre dessin, dans une région très restreinte de la choroïde, des modifications circonscrites du pigment et les restes d'une hémorrhagie choroïdienne. Il semblait permis d'attribuer à ces altérations la cause probable du décollement rétinien.
FiG. 2. — ■ Décollement rétinien ancien et presque total. (Image droite.)
L'adhérence normale de la rétine et de la choroïde n'existe plus que dans le voisinage immédiat de la papille. Aussi ce disque a-t-il conservé la netteté de ses contours, tandis que ses bords paraissent toujours confus dans les cas où la rétine est décollée complètement jusqu'au nerf optique. La moitié supérieure de la rétine est très peu éloignée de la choroïde et paraît assez hsse et tendue. La moitié inférieure, au contraire, limitée du côté gauche par une arête assez vive, fait une saillie plus prononcée dans le corps vitré, est fortement phssée et présente par suite une couleur toute particulière due en partie aussi à l'opacité du hquide sous-jacent. Les vaisseaux rétiniens, dont le trajet reproduit les ondulations de la membrane décollée, ne doivent leur
teinte si foncée qu'à la coloration du fond sur lequel on les voit. Quant à leur contenu, il est certainement normal.
FiG. 3. — Choroïdite exsudative localisée au pourtour de la papille avec perforation de la rétine.
Une tache grise, qui envoie vers la périphérie plusieurs prolongements pointus , entoure le disque rougeâtre et confus du nerf optique. Cette tache est produite par une exsudation consistante située à la face interne de la choroïde. Les vaisseaux rétiniens rampent au-dessus de cette plaque, dont ils accusent la saillie légère en décrivant sur ses bords quelques sinuosités. Une masse exsudative, qui a probablement perforé la rétine tout près du nerf optique, fait saillie dans le corps vitré ; elle présente l'apparence d'un corps arrondi très clair qui masque une partie de la papille.
Dans quelques cas de cette affection rare, que j'ai décrite pour la première fois au Congrès international d'ophthalmologie (voy. Compte rendu, 1861, page 21), on pouvait démontrer la continuité qui existait entre l'exsudation sous-rétinienne et la masse proéminente dans le corps vitré.
FiG. h. — Décollement de la choroïde.
C'est là aussi une affection extrêmement rare (voy. la description que j'en ai donnée dans mon article intitulé : De V examen de Vœil au moyen de Voiohthalmoscope. Mackenzie, Maladies des yeux, traduit par Warlomont et Testelin). L'adhérence intime qui existe entre la choroïde et la sclérotique est assez favorable à un épanchement de Hquide entre ces deux membranes. Néanmoins, quand un pareil épanchement s'est produit, il se forme une tumeur nettement délimitée et fortement tendue, qui fait saillie dans le corps vitré et à la surface de laquelle les vaisseaux rétiniens suivent un trajet rectihgne. A l'ophthalmoscope, cette affection se distingue du décollement de la rétine par le défaut de phs et l'immobiUté de la surface proéminente, mais surtout par le fait que l'on aperçoit plus ou moins nettement, et immédiatement derrière les vaisseaux rétiniens, le tissu de la choroïde, ses vaisseaux et ses espaces intervasculaires. D'ordinaire, à une période plus avancée de l'affection, elle se comphque de décollement des parties environnantes delà rétine. Le décollement choroïdien présente tantôt la teinte que l'on voit dans notre figure, tantôt une coloration plus rouge, selon le degré de pigmentation du sujet et selon la nature de l'épanchement qui a séparé la choroïde de la sclérotique.
Les tumeurs intra-oculaires au début peuvent produire des images ophthalmoscopiques analogues aux figures 3 et 4.
FiG. 5. — Cysticerque dans le corps vitré.
L'entozoaire, primitivement développé sous la rétine, avait pénétré dans le corps vitré et se présentait aux regards de l'observateur avec une parfaite netteté; on pouvait reconnaître non seulement les mouvements ondulatoires et les resserrements périodiques de la vésicule à l'aide des changements de son contour, mais on remarquait encore au travers de son corps les mouvements de la paroi postérieure, surtout dans la partie centrale de l'animal; cette partie apparaît plus en rouge dans notre figure, parce qu'elle laisse mieux passer la lumière venant du fond de l'œil que
les parties marginales, où les rayons sont plus fortement réfléchis en vertu de leur incidence oblique sur la vésicule. Le col de l'animal, surtout à sa base, est plus opaque que la vésicule et parsemé de petits points blancs (concrétions calcaires). C'est cette région de l'insertion du col sur le corps qui offre la plus grande solidité, c'est là qu'il faut chercher à saisir l'animal lorsqu'on veut en pratiquer l'extraction. C'est ainsi que je réussis à le saisir dans un cas au moyen d'une pince capsulaire introduite par une section de la sclérotique : pendant l'opération, j'observais exactement le parasite, ainsi que mon instrument, en projetant dans l'œil la lumière d'un ophthalmoscope fixé à ma tête.
Dans la figure on reconnaît sur la portion céphalique du cysticerque deux de ses suçoirs (les deux autres étant placés en arrière), ainsi que l'orifice buccal dirigé en haut.
La forme de cette tète n'était pas toujours celle que nous avons dessinée, mais variait d'une façon très remarquable. Tantôt elle s'allongeait par saccades en poussant devant elle la trompe qui portait l'orifice buccal et la couronne des crochets, tantôt elle s'aplatissait complètement et l'on voyait alors les quatre suçoirs s'avancer en tâtonnant, à peu près comme les cornes d'un limaçon. Lorsque le col et la tête s'enfonçaient dans la vésicule, je voyais apparaître sur celle-ci, au niveau du lieu d'implantation du col, une petite fente, qui s'élargissait et s'arrondissait au moment où la tête afiait de nouveau faire saillie hors du corps.
Les petites taches grises et arrondies qui environnent une partie de la vésicule sont constituées par des opacités du corps vitré; ces opacités, caractéristiques de la présence du cysticerque, sont dues à la succion qu'il exerce sur ce milieu.
Dans la figure 6, nous voyons un cysticerque sous-rétinien, La rétine recouvre encore le parasite, comme le prouvent les vaisseaux qui parcourent la surface de la tumeur. On n'apercevait que vaguement, au travers de la rétine et des parois de l'animal, la portion céphalique et cervicale invaginée dans la vésicule ; la bandelette grise à droite du contour brillant de la vésicule est constituée par la rétine, qui en ce point se soulève pour passer au-dessus de l'animal.