CHAPITRE II CULTURE DES PLANTES ALPINES
Avec le goût des courses de montagnes se développe aussi l'amour des plantes des hauteurs. Aussi la culture, dans nos jardins de plaines, des bijoux dont nous venons de parler, entre-t-elle dans les mœurs dans la proportion où s'accentuent les progrès de l'alpinisme. Ce n'est cependant pas d'aujourd'hui que date cet amour des plantes de montagnes car, au siècle dernier, quelques naturalistes genevois (Necker de Saussure entre autres) avaient essayé d'acclimater des fleurs de montagnes ^ Le botaniste vaudois E. Thomas, cultivait, en 1818 2 dans son jardin de Bex toute une collection de plantes de montagnes. Quand, vers la même époque, de Candolle fonda notre jardin botanique genevois, il consacra une plate-bande pour la culture des plantes alpines. Les Anglais ont, d'ailleurs, depuis plus longtemps encore, introduit la flore des hautes montagnes dans leurs jardins et eu l'idée de construire des rochers artificiels à cet eifet.
Les premiers rochers qui aient été construits sur le continent sont certainement ceux que notre éminent concitoyen, le botaniste Edmond Boissier, auteur de la Flora orienfalis, a établis sur les terrasses de son jardin de Valleyres près Orbe, canton de Yaud. A l'heure qu'il est ce système de cultures est tout à fait entré dans les mœurs et il n'est — chez nous en Suisse, tout au moins — si petit jardin qui n'ait sa rocaille ou même son alpinum.
^ Bulletin de l'Association pour la protection des plantes n» 2, p. 4. * 11^ rapport de la Société helvétique des silences naturelles, 1818,
La culture des plantes alpines n'est, d'ailleurs, pas une chose aussi difficile qu'on a bien voulu le dire, car on est parvenu à acclimater la presque totalité de ces plantes et le Jardin alpin d'acclimatation de Genève, dont le but est précisément l'acclimatation dans nos climats des plantes de montagnes et leur vente aux amateurs, a, sur ses catalogues, la plupart des espèces qu'on rencontre dans les Alpes.
Etant données les conditions que nous avons énumérées plus haut, lumière intense et prolongée, insolation forte, chaleur très vive mais dont les effets sont atténués par les nuits froides, humidité constante et répandue dans le sol et dans l'air, tout cela avec abondance et se produisant tout à coup, après un long repos hivernal, on comprend que la transplantation dans nos jardins des plantes des hauts sommets ne soit pas très facile et qu'elle exige certaines précautions. Notre climat plus sec, nos hivers, qui n'en sont plus pour elles, nos étés meurtriers, la lumière moins pure et moins intense dont nous jouissons et le long printemps qui les sépare des journées lumineuses de l'été, sont autant de causes qui modifient, avec leur mode de vivre, leur nature et leurs organes. Il est certain que beaucoup d'essais d'introduction ont échoué ce qui a fait croire, pendant longtemps, que l'acclimatation des plantes alpines dans nos jardins de plaines était chose impossible. Mais, à l'heure actuelle, il est bien prouvé que non seulement cette acclimatation est chose possible mais encore qu'elle est couronnée de beaux succès si l'on a soin de procéder avec intelligence.
La transplantation directe dans les jardins de végétaux arrachés dans la montagne n'est pas à recommander. Elle échoue le plus souvent et il est certain que, dans les cas ordinaires, c'est à peine si le 6 7o des plantes arrachées dans la nature et transportées ainsi dans les plaines, réussit. Cela provient très généralement du fait que, pour cette transplantation, on choisit généralement l'époque de floraison de la plante. Or, chacun sait combien est préjudiciable à une plante quelconque sa transplantation après arrachage plus ou moins soigné, en pleine époque de floraison. C'est, il est vrai quand la plante est fleurie qu'on peut la reconnaître et pour le gros public c'est là un point capital ; il tient à la plante qu'il voit en fleurs et elle ne lui dit rien quand elle a défleuri. C'est pourtant à ce moment-
là, quand les charmes ont disparu et que la plante est dans une période de repos relatif qu'il faut la transplanter. Il faut, il est vrai, pour ce faire, apprendre à connaître les plantes autrement qu'à la fleur et parleur seul feuillage. C'est une affaire de flair, d'habitude et cette connaissance s'acquiert assez facilement. En général c'est en septembre, ou bien au commencement d'octobre, qu'il faut arracher les plantes qu'on veut transporter chez soi. Il faut le faire assez tôt avant l'hiver pour que la plante puisse émettre des racines nouvelles avant les jours humides et froids. On peut alors, et cela facilite beaucoup les transports, dépouiller les racines de la plante de toute la terre que contient sa motte. Il importe cependant de conserver le plus intacts possible, tous les organes radiculaires.
Il suffit d'être alors un peu jardinier et de comprendre quelque chose à la vie des plantes pour trouver le traitement à leur affecter. Si possible on les enterrera dans du sable pur, sous châssis froid et on les y laissera passer l'hiver à l'abri de l'humidité et presque au sec. Au printemps on les met en pots ou en godets dans un sol composé de 73 de terreau de feuilles ou de bruyère ou encore de tourbe; ^/s de bonne terre franche à blé ou de terre de gazon ; V» de sable, granitique ou calcaire suivant l'espèce. On place les pots sous couche froide et ombragée du gros soleil dans les premiers jours ; puis on aère et, enfin, on découvre tout à fait. Après quoi, dès que les plantes ont émis des racines, on les met en pleine terre dans la rocaille ou les plates-bandes du jardin.
Quand on procède de cette façon et qu'on transporte les plantes des régions nivales pendant leur état de repos, on est presque sûr de les réussir toutes. C'est ainsi que procède le Jardin alpin d'acclimatation, à Genève, pour les plantes qu'il reçoit du Caucase, de Sibérie, des Pyrénées, d'Amérique même et qui, cependant, ont à supporter un long voyage. Mais, prises ainsi à l'époque de leur repos elles ne souffrent pas de cette transportation.
Mais c'est toujours un peu aléatoire que de procéder ainsi et le système que nous employons le plus généralement au Jardin alpin d'acclimatation, est celui que nous enseigne la bonne vieille nature, le semis. On pense à tort, généralement, que ce procédé est long et difficile à poursuivre; cela peut être vrai en ce qui concerne les Ericacées, Vacciniées, Empêtrées, Pyroles, etc. Mais, dans la plupart
des cas ce moyen, qui est simple et à la portée de chacun, permet au bout de 2 ou 3 ans, d'obtenir de fortes plantes. Le Jardin alpin d'acclimatation à Genève a été fondé précisément dans le but de prouver qu'on peut, au lieu d'aller dévaliser les montagnes et de les dépouiller souvent de leur plus riche parure, élever leur flore par le moyen du semis. Le catalogue général de ce jardin comprend près de quatre mille noms de plantes appartenant à toutes les chaînes de montagnes du globe dont plus des ^lo ont été élevées par semis. C'est donc, à n'en pas douter, le moyen le plus sûr et le plus rationnel pour arriver à bien cultiver les plantes des régions glacées.
Voici comment on procède : Il faut faire un terreau léger, sablonneux, juste assez nourrissant pour donner les éléments nécessaires à de toutes jeunes plantes. On peut le composer de 7^ sable et Vs terre franche tamisée. Il faut éviter le terreau de feuilles qui produit des lombrics fort gênants pour les pots de semis. On sème dans des terrines, des caisses ou des pots fortement drainés et on le fait au premier printemps ou tard dans l'automne, de manière à ce que les graines ne germent pas avant l'hiver. Puis on place les pots, terrines ou caisses sous verre, à froid, et, s'il vient de la neige, on les en recouvre le plus possible. L'influence de la neige sur les semis de plantes alpines est considérable ; nous en avons fait l'expérience au Jardin alpin et sommes persuadé qu'elle active la germination des plantes et la favorise.
Les graines alpines lèvent très irrégulièrement ; les unes (Hélianthèmes, Ancolies, Crucifères, Légumineuses, PoZemowmm etc.), lèvent au bout de quelques jours; puis viennent les Composées, Viola, Ombellifères, Crassulacées, Potentilles, Saxifrages, Campanules, etc. Les espèces les plus longues à germer et les plus capricieuses sont les Gentianes, les Primulacées, certaines Renonculacées, telles que les Anémones, TroUes, Aconits, Hellébores, Pivoines (celles-ci restent souvent une année avant de germer), etc. Il faut avoir la patience d'attendre, pour toutes ces espèces jusqu'à ce qu'elles aient germé et c'est parfois bien long.
Une fois les plantules un peu développées et qu'il apparaît des feuilles au-dessus des cotylédons, il faut les repiquer, c'est-à-dire les planter avec de grands soins à une certaine distance les unes des autres, en échiquier. Puis, une fois grandies et en état de supporter
l'isolement complet, ou les place chacune dans un petit godet; après quoi, la plante étant devenue grande et forte, on la met en place.
C'est dans les rocailles, c'est-à-dire dans des enrochements artificiels auxquels on donne la forme la plus naturelle possible, qu'on place les plantes alpines de préférence. Cependant, la plupart d'entre elles s'accommodent fort bien de la culture en plates-bandes. Seules les espèces saxatiles proprement dites, celles qui croissent à l'état naturel dans les fentes de rochers, exigent la rocaille et périclitent dans le sol. La plupart de ces plantes de montagnes se contentent d'un sol sain, riche en humus, plutôt léger et bien drainé. On trouvera ailleurs toutes les informations relatives à la construction des rocailles et à la culture des espèces délicates ^
La composition chimique du sol est d'une grande importance et exerce une influence sur la plupart des espèces des Alpes surtout celles des hautes altitudes. Le terrain dans lequel ces plantes croissent, à la montagne, est bien différent de celui qui forme les jardins de nos plaines. Dans les fentes des rochers, au fond des pierriers, se trouve un humus noir, composé de matières végétales et minérales et pourvu d'éléments organiques. Ce terreau noir et spongieux est spécial à la montagne ; il s'y forme à la longue par la décomposition du rocher et des feuilles de plantes ou d'arbres.
On sait que le rocher est friable et poreux, plus ou moins fendillé suivant sa nature. Il se désagrège petit à petit, rapidement chez les roches molles et friables, plus lentement chez les pierres granitiques ou cristallines^. Mais toujours et partout la roche est fissurée ; elle est loin d'être immuable dans ses formes et sa destinée est la destruction. Les débris constituent d'abord des pierriers plus ou moins brisés, puis des éboulis plus fins, enfin des graviers et des sables ; en tout dernier lieu le rocher se transforme en sol parle mélange du sable avec les détritus végétaux. On comprend dès lors que, suivant la nature des rochers qui dominent dans le paysage, la composition d'un sol ainsi formé soit granitique ou calcaire. De là dépend aussi la nature de la flore qui est, suivant les cas, calcicole
^ Voir Les plantes alpines et de rocailles, par H. Correvon, Paris 1895. 2 Lire à ce sujet l'intéressant travail de M. Albert Brun, Destruction des arêtes des Alpes, dans l'Echo des Aljyes, 1884:, n» I.
et silicifuge ou silicicole et calcifuge. Sans vouloir exagérer l'importance de cette classification il est pourtant nécessaire d'établir la distinction entre les espèces du granit et celles du calcaire car il est un certain nombre d'espèces qui ne peuvent être cultivées indifféremment dans les deux terrains.
Le botaniste Kerner, dans un petit volume qu'il publia en 1864 ^ sur la question des plantes alpines et de leur acclimatation dans les jardins, consacre un important chapitre à ce sujet. Il divise, au point de vue cultural, la végétation des Alpes en espèces calcaires et en espèces de la silice et ajoute, dans les conseils culturaux qu'il donne, une grande importance à cette question.
Des savants physiciens, chimistes, botanistes, tels que Tymbal- Lagravc, Planchon, Contejean, Kirschleger, Thurmann etc. ont attaché une grande importance à la composition chimique du sol au point de vue de la flore qui le recouvre. Le D^ Magnin, professeur à la faculté des sciences de Besançon, a publié un travail fort remarquable sur ce sujet et s'est livré à des études spéciales sur ce pointa
Il est bien certain que cette question-là est importante pour la constitution d'un jardin alpin et qu'il ne faut pas cultiver sur le calcaire des espèces purement granitiques et vice- versa. Il existe tout une série de plantes ^ qu'il faut traiter à part dans les cultures et qu'on ne peut cultiver indifféremment sur des rochers d'une nature ou d'une autre.
Ceci dit il faut pourtant reconnaître que la plupart des plantes alpines sont ubiquistes et réussissent dans tout sol de jardin où se cultivent les autres fleurs. L'expérience vient d'ailleurs en pratiquant et il n'est pas besoin d'être un savant cultivateur pour comprendre la culture des plantes alpines ou saxatiles ; l'important c'est de les aimer et d'en saisir la nature.
Depuis une dizaine d'années nous avons essayé, au Jardin alpin d'acclimatation, un système de culture dans le Sphagnum, ceci sur-
* Kultur der Alpenpflanzen, Innsbrùck 1864.
2 La végétation de la région lyonnaise par le D"" Ant, Magnin, Lyon 1886. ^ Voir dans Les plantes des Alpes par H. Correvon, Genève 1885, p. 85 et suivantes.
tout pour les espèces délicates de la flore alpine et pour celles qui redoutent la chaux. Ce système nous a donné de si excellents résultats que nous le recommandons à tous comme le seul, l'unique moyen de conserver et faire prospérer sous les climats chauds et secs, ces plantes-là. Une collection semblable, exposée pendant 6 mois dans le jardin alpin de l'Exposition nationale suisse à Genève, et comprenant cent plantes alpines délicates, a obtenu la médaille d'or comme récompense.
Voici ce que disait, à ce sujet, le journal Le Jardin, de Paris ^ :
« Ceux d'entre les visiteurs de l'Exposition nationale suisse qui s'intéressent aux plantes, ont été frappés de l'aspect sain et très gaillard d'un lot de cent plantes alpines, réputées de culture difficile, qui se trouvait parmi les plantes du Jardin alpin d'acclimatation. Elles étaient contenues dans des terrines de 20 centimètres de diamètre, perforées de 10 à 12 trous assez gros et remplies de Sphagnum additionné d'un peu de sable et de terre de bruyère. »
« Placées sous un emplacement sablé et en plein soleil, ces plantes alpines, parmi lesquelles un assez grand nombre étaient, jusqu'à ce jour, considérées comme intraitables, ont fleuri tout l'été durant et jusqu'à la fermeture de l'Exposition, en octobre. Ce petit lot a, d'ailleurs, remporté la médaille d'or. »
« C'est qu'il s'agit d'un système nouveau de culture, connu déjà en Italie où il est appliqué aux espèces qui demandent la fraîcheur et qu'on a, avec le plus grand succès, eu l'idée d'appliquer à certaines plantes alpines du Jardin alpin d'acclimatation. Voici les noms de quelques-unes des plantes que nous y avons admirées et qui ont fleuri sans presque d'interruption et tout aussi richement qu'elles le font à la montagne : Achilîea atrata (pi. 228), Achillea moschata (pi. 229), Aethionema Thomasiana (plante très rare des Alpes Graies), AlUum pedemontamim, Androsace Charpentieri, A. carnea, (pi. 326), A. pubescens, A. Helvetica (pi. 329), A. glacialis (pi. 331), A. imbricata (pi. 330), A. villosa (pi. 323), A. Vitaliana fpl. 327), Anémone vernalis (pi. 7), A. sulfurea, A. alpina (pi. 8), Aquilega alpina, Arctostaphylos alpina (pi. 299), A. Uva Ursi
^ Le Jardin, Journal d'horticulture générale, 167, Boulevard St-Germain PariR, 1897, p. 4.
(pi. 300), Arnica montana (pi. 241), Aronicum glaciale (pi. 244), Artemisia glacialis (pi. 235), Astrantia minor (pi. 191), Azalea procumhens (pi. 303), Campanula cenisia (pi. 292), C. Allionii, C. Raineri, C.pulla (pi. 294), C. zoyzii (293), Crépis aiirea (pi. 266), Daphne cneorum, I). striata (pi. 418), Dianthus glacialis (pi, 76), Draba pyrenaica (pi. 52), Eritrichium nanum (pi. 361), Gentiana Clusii (pi. 337j, G. alpina, G. havarica (pi. 356), G. purjmrea (pi. 342), G. hrachiphylla, Edelweiss (pi. 223), tous les Hedreanthus, Linaria alpina (pi. 366), Papaver alpinum (pi. 29) et toutes ses variétés, Phyteuma comosum (pi. 280), les diverses Pinguicula (pi. 398), Potentilla nitida (pi. 14), Primula ghitinosa (pi. 317), P. Carniolica (pi. 310), P. Clusiana (pi. 316), P. minima (pi. 318), P. latifoUa (pi. 311), P. longiflora (pi. 320), P. villosa (pi. 314), P. ^^//«^^««««(pl, 315), Banunculus anemonoides (\)\. 10), P. 7*wfa?- /bZm.ç (pi. 9), P. Seguierii (pi. 14), Saxifraga stellaris (pi. 172), /S. retusa, S. Androsacea (pi. 163), *§. c^.sva, 5*. squarrosa (pi. 155), /S. Vandelli (pi. 158), Silène Pumilio (pi. 179), Soldanella alpina (pi. 333), /S. p</.sv7to (pi. 334), Valeriana celtica (pi. 212), T7o/a alpina (pi. 68), F. cenisia (pi. 69), etc. (nous ne citons que les plus importantes.)
« Toutes ces espèces ont fleuri abondamment et la plupart d'entre elles ont produit de bonnes graines. Elles se sont bien développées et avaient une luxuriance presque exagérée ce qui tient, sans doute, au manque de soleil et à l'excès d'humidité dont on a joui cette année-là. >>
« Mais ce qui a frappé tous ceux qui s'occupent de la flore alpine c'est le ffiit que les espèces et leurs variétés ont bien conservé et semblent même avoir accentué leurs caractères particuliers. C'est ainsi qu'on voyait là, côte à côte, les Géranium argenteum {])\. 101) et cinereum (ce dernier est une plante pyrénéenne) très voisines l'une de l'autre, les Linaria alpina (pi. 366) et petrœa (du Jura) qu'on a souvent considérés comme deux synonymes etc. Or, la culture dans le Sphagnum a produit des types bien divers chez ces deux Linaires. Tandis que le L. petrœa avait les tiges grêles, toutes érigées et dressées, des fleurs étroites, à l'éperon grêle et allongé, le L. alpina avait ses tiges courbées ou traînantes, les feuilles plus larges et plus épaisses, plus charnues, les fleurs plus
grandes et plus larges et leurs éjjerons plus courts. La différence était absolument saisissante. »
Le système consiste à remplir les terrines percées dont nous avons parlé plus haut, d'une composition de -/s de Spliagnum sec et concassé, et mélangé à 7'^ de sable et à 7^ de terre de bruyère ou de tourbe et à bien drainer le fond des terrines. Après avoir planté le ou les échantillons qu'on destine à la terrine on trempe celle-ci dans l'eau pendant un moment puis on l'expose en plein soleil. (Ce travail doit se faire au printemps, avant les jours trop chauds). Il s'agit, dès lors, d'arroser copieusement, soir ou matin, afin de donner à la plante une atmosphère continuellement humide. De la masse poreuse et spongieuse, l'eau s'échappe, sous forme de vapeur qui entoure et protège la plante contre les rayons brûlants du soleil. Le système radiculaire se développe aisément et rapidement dans ce milieu mou et poreux et il est telle petite espèce d'à peine quelques centimètres de haut dont les abondantes racines emplissent rapidement la terrine.
Le résultat est d'autant meilleur que l'été est plus sec et plus lumineux et il est étonnant de voir alors certaines fleurs comme les Androsace Charpentieri et glacialis résister aux plus chauds rayonnements solaires, grâce toujours à cette continuelle évaporation qui sort du sol. Il ressort de ce qui précède que c'est dans le pays du soleil que ce système est surtout recommandable tandis que, dans les pays du Nord ou dans les contrées où le climat est humide en Bretagne, en Hollande, eu Angleterre, par exemple, le système est défectueux. C'est une culture plus particulièrement propice aux pays à climat continental.