MICROBE DU CLOU DE BISKRA
Duclaux et Ghantemesse ont observé dans le clou de Biskra ou bouton du Nil, bouton d’Alep, etc., des microbes très analogues au staphylocoque pyogène doré.
La gélatine est liquéfiée, les cultures sur agar et pomme de terre ont une belle couleur orangée. Malgré la similitude apparente de ce microbe avec celui du furoncle, il paraît que les effets de l’inoculation par frottement à la surface de la peau donnent des lésions un peu différentes de celles produites parle Staphylocoque doré, qui, lui aussi, pénètre aisément dans les follicules pileux et sébacés, et peut déterminer des furoncles et des anthrax avec gangrène de la peau.
Les cultures, comme celles du Staphylocoque doré, perdent avec l’âge leur belle coloration et diminuent de virulence. La coloration jaune
STAPHYLOCOQUES
redevient manifeste quand les cultures sont rajeunies dans le bouillon ou par plusieurs passages dans le sang d’animaux non réfractaires.
STAPHYLOCOQUE BLANC
llosenbacli a observé dans certains abcès, qui le plus souvent étaient survenus sans douleur vive et sans grande inflammation du voisinage, un staphylocoque absolument identique au Staphylocoque doré à l’exaineii du pus, et qui n’en diffère qu’à l’aspect des cultures sur agar ou sur pomme de terre, ces cultures étant d’un blanc terne.
Staphylocoque blanc (Pus), n*’culture sur agar.
Fig. 455.
Staphylocoque blanc.
2* culture sur agar.
Nous avons fréquemment rencontré le Staphylocoque blanc, et nous citerons particulièrement un abcès péri-anal de 100 grammes de pus survenu chez un enfant de quelques jours et où ce microbe existait à l’état de pureté. Malgré le mauvais état général, la présence exclusive de ce microbe nous parut comporter un pronostic bénin, et le petit malade guérit en effet en quelques jours.
On a prétendu que ce microbe n’était autre que le staphylocoque doré modifié dans ses propriétés chromogènes et dans sa virulence. Nous répugnons à croire qu’il n’existe pas plusieurs espèces bien déterminées de Staphylocoques, et, dans les cas nombreux où nous
avons observé le staphylocoque blanc, les cultures présentèrent d’emblée un aspect terne et légèrement grisâtre très caractéristique. Les
Pus d’un phlegmon de la gaine du psoas. Staphylocoque blanc.
(Gr. i 000 diam.)
vieilles cultures de Staphylocoque doré sur la gélose finissent bien par n’être plus chromogènes; mais elles peuvent reprendre leur belle
Fig. 437.
Jeune culture de Staphylocoque blanc. (Gr. 1 000 diam.)
teinte dorée si on leur rend leur virulence par des inoculations aux animaux.
sTAi*iivL(M;oori:s
La pomme de terre est alors le meilL'iir niilieii de ciilliire poiijobtenir l’aspect orangé caractéristique.
Comme le staphylocoque doré, le staphylocoque blanc peut varh'r dans sa virulence, et nous avons observé un cas de psoïtis suppurée grave à staphylocoques blancs qui s’est terminé i)ar la mort avec toutes les lésions de riiil'ection purulente. Jamais nous n’avons obtenu sur ces cultures la moindre trace de pigment orangé.
STAPHYLOCOCCUS CITREUS
Passet a observé dans certains abcès (1885) un autre slaphylocofjue
Fig. 458.
Staphylocoœus citrem. (Gr. 1000 diani.)
dont les cultures, très analogues à celles des deux précédents, preuiieut une coloration d’un jaune citron, très diflérente de la coloration du staphylocoque doré. Ce microbe liquéfie la gélatine et }>araît intermédiaire, au point de vue de la virulence, aux deux précédents.
Lannelongue et Achard (1892) ont constaté sa présence dans un foyer ancien d’ostéomyélite de ravant-bras. Us ont pu obtenir constammentdescultures conservantla même teinte citron ])endant ipiin/c
ATLAS DK MICHODIOLÜGIE
générations successives, et durant sept mois. Ils considèrent, comme Passet, qu’il s’agit bien d’une espèce distincte et non d’un croisement ou d’une transformation des staphylocoques doré et blanc.
STAPHYL. CEREUS ALBUS ET FLAVUS
Passet a décrit également d’autres microbes pyogènes, notamment les StaphyL eereus albus et Staphyl. cereus /lavus, qui ne liquéfient pas la gélatine. Ces staphylocoques, comme ceux que nous venons de décrire, se colorent par la méthode de Gram. En culture sur plaque, ils se
Fig. 459.
Staphylococcus cereus albus. (Gr. 1000 diam.)
développent sous forme de colonies arrondies, qui s’étalent en petitestaches blanches ou jaunâtres, ressemblant à des gouttelettes de cire blanche ou jaune.
Ces deux espèces se diflerencient très nettement des précédentes, puisqu’elles ne liquéfient pas la gélatine. Les cultures sur gélose sont aussi bien distinctes ; elles ressemblent à une couche de cire d’une certaine épaisseur, tandis que les cultures des stajihylocoques doré, blanc et jaune citron, forment sur l’agar une couche moins épaisse, homogène et humide. ^
STAI'ÜYLOCUUUES
Les propriétés pyogènes de ces espèces sont moins accentuées que celles des staphylocoques précédents el le plus souvent on ne les
Fig. 440.
Slaphijl. cereus albus.
Culture sur agar.
Fig. 441.
SlaphyL cereus flavus.
Col. sur plaque de gélatine.
(Gr. 20 diam.)
Fig. 442.
Slaphijl. cereus flavus.
Culture sur agar.
Fig, 443.
Staphylococcus cereus flavus. (Gr, iOOO diam.)
rencontre que comme association microbienne. Nous les avons, observées dans Furine pathologique (cystites, pyélonéphrites).
MICROBE DE L’ARAIGNÉE