‹ Atlas de microbiologieChapitre 25 sur 52 · MAMMITE GANGRÉNEUSE DES BREBIS LAITIÈRES · texte numérisé non relu

MAMMITE GANGRÉNEUSE DES BREBIS LAITIÈRES

Il se produit parfois chez la brebis une mammite gangréneuse à marche foudroyante et qui peut tuer en 24 et 48 heures. Le « mal de pis » de la brebis a été dénommé VAraignée, parce qu’on l’attribuait autrefois à la piqûre de cet insecte.

Cette affection s’est autrefois tellement répandue qu’il n’était pas

.'i ' A ^ - * SA Y

Fig. 444.

Mammite gangréneuse de la brebis. Culture. (Gr. 1000 diam.)

rare de voir un dixième des brebis laitières au moins, dans les troupeaux infectés, succomber à cette terrible maladie.

La mamelle atteinte s’indure et triple de volume. Elle offre une einle rouge violacée.

I.e mamelon est flétri, flasque et froid. Le tissu glandulaire se gangrène.

L’inlillralioii sous-cutanée gagne la face interne des cuisses, la région abdoiiiiiiale, et l’animal succombe.

Nous avons vu que la mort survient, dans les cas suraigus, en 21 heures. La plupart dos brebis infectées succombent en quatre ou cinq jours.

STAPHYLOCOQUES

Dans les cas assez rares où la guérison spontanée se produit, les inainelles et les téguments voisins, a[)rès avoir laissé suiiilei- nue sérosité roussâtre et sanieuse, se flétrissent, se dessèclient et s’éliminent lentement.

La cicatrisation de ces vastes plaies bourgeonnantes exige plusieurs mois.

Les vétérinaires ont longtemps considéré cette maladie comme une mammite traumatique. On a recherché en vain les bactéries charbonneuses. Dans les pays ou le « mal de pis » est fréquent, certains bergers ont imaginé de fendre dès le début le pis en dilférents sens et de traiter les plaies par des lotions détérsives.

Fig. 445.

Mammite gangréneuse de la brebis. Culture. (Gr. 1000 diam.)

Les recherches du P'' Nocard ont confirmé la nature infectieuse de V « araignée ». En mars 1886, examinant le lait extrait par la pression d’une mamelle de brebis indurée, Nocard y observa, apres coloration par les couleurs d’aniline et la méthode de Gram, un microcoque extrêmement petit, en (juantité considérable.

Ce microcoque est un des. plus petits qui existent. On en jugera par les préparations ci-contre.

Le microbe de la mammite se cultive aisément <lans les bouillons neutres ou alcalins, qui, dès le [ircmicr jour dcvienmmt franchement

acides, moins acides cependant qu’après ensemencement avec le streptocoque de la mammite des vaches.

Dès que le houMlon de culture est devenu très acide, le microbe perd la propriété de se reproduire, à moins qu’on n’ajoute, pour le neutraliser, du carbonate de chaux.

Cultivé dans du lait de vache ou de chèvre, il y détermine en 24 heures un coagulum rétractile d’une fermeté extraordinaire. Les bouillons sucrés neutres sont un excellent milieu de culture, l’acidité y apparaît vite et îe microcoque meurt si on ne prend soin d’alcaliniser.

Le microbe de l’araignée est un anaérobie facultatif. Il se cultive bien sur les milieux solides et liquéfie la gélatine dès le second jour. Cette action liquéfiante s’exerce aussi à un moindre degré sur le sérum gélatiuisé.

Sur i’agar-agar il produit en surface une traînée opaque, assez épaisse et qui s’étale peu à peu jusqu’aux parois du tube. La culture est d’un blanc sale, légèrement grisâtre, et devient jaunâtre aux points les plus épdis.

iS'ocard démontra expérimentalement, par l’inoculation dans les conduits galaclophores d’une brebis saine, que le microcoque qu’il a décrit est bien l’agent pathogène de la maladie.

Le microbe de l’araignée n’est nettement pathogène que pour les animaux de l’espèce ovine. La chèvre n’est nullement indisposée; il en est de même pour le cheval, le veau, le porc, le chien, le chat, la poule, le cobaye, à la suite de l’injection soit dans la glande mammaire, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané.

I.e mécanisme de la pénétration spontanée du microbe dans les conduits galactophores de la brebis demeure assez obscur.

La ]»rophylaxie seule, par les soins de propreté, est réellement efficace, et les tentatives d’injections antiseptiques jusqu’aux acini glandulaires n’ont pas donné de résultats satisfaisants.

Le traitement curatif est celui rnis en vigueur par les bergers, c’est-à-dire l’incision large de la mamelle.

MICUOCOQIIES

MÎCROCOQUi:S PATHOGÈNES

On a décrit un certain iioniljre de niicrocoques non pathogènes.

La plupart ont été rencontrés au cours de recherches sur les bactéries de l’air et de l’eau. Nous mentionnerons les plus connus.

MICROCOCCUS CANDICANS

Ce microbe se développe fréquemment sur des plaques de gélose ou de gélatine exposées à l’air. Il abonde également dans l’eau.

Fig. 44G.

Micrncoccust candicans. (Gr. 1000 diam.)

11 offre l’aspect de larges disques aplatis d’un blanc brillant, qui se comj)Osent de stapbyloco({ues régulièrement sphériques. Il ne liquéfie pas la gélatine, et se dévelopj)e bî long de la pi(pire sous forme d’une traînée blanche volumineuse, surmontée d’un large boulon plus ou moins bémispbéricpie.

MICROCOCCUS RUGOSUS OLEARIUS

Nous avons décrit sous ce nom un microcoque qui se trouve fréquemment dans l’air ou dans l’urine exposée. Ce microbe se déve-

Fig. 448.

Micrococcus tugosus otcarius. Culture sur plaque de gélatine. (Gr. 25 diam.)

loppe sur l’agar sous forme d’une large couche rugueuse et ridée blanc grisâtre, dont l’aspect est intermédiaire à celui des cul.tu res du farcin du bœuf et du BaciUus mesentericiis vulgatUà.

MIGROCOQÜES

Les tubes de gélatine ensemencés présentent le long de la piqûre une liquéfaction progressive, un peu moins rapide que pour le staphylocoque doré. Mais la partie liquéfiée, au lieu de s’écouler facilement quand on incline le tube, reste louche et de la consistance d’une huile épaisse.

Cette consistance oléagineuse de la gélatine liquéfiée est caractéristique. Ce microbe est très résistant et se cultive encore lorsque les tubes de culture sont anciens et presque complètement desséchés. Nos premières cultures datent de 1888.

Fig, 451.

Micrococcus flavtis desulens.

Cullure sur agar.

Fig. 452.

Micrococcus auratiüacus.

Culture sur agar.

Fig. 450.

Micrococcus riujosus olearius.

Vieille cuit, sur agar.

Fig. 449,

Micrococcus riigocus olearius.

Jeune cuit, sur agar.

MICROCOCCUS VERSICOLOR

Le Micrococcus versicolor provient de l’air et se cultive sur la gélatine sans la liquéfier. Il y forme comme sur l’agar une couche visqueuse d’un jaune verdâtre, qui présente à la lumière réfléchie (les reflets nacrés. Ce microbe vient souvent contaminer les plaques de gélatine.

MICROCOCCUS AQUATILIS

Ce microbe est fréquent dans les eaux potables. Les colonies se développent dans l’épaisseur de la gélatine avec une apparence mûriforme. A mesure qu’elles se développent, on observe du centre de la colonie à sa périphérie une série de sillons qui la découpent en petits ilôts analogues aux acini du foie.

MICROCOCCUS ROSEUS

Le micrococcus roseus est très commun dans l’air et forme sur les

Micrococcus roseus. Culture. (Gr. 1000 diam.)

plaques de gélatine, sans les litpiéüer, d’assez larges colonies humides et trnne belle teinte rosée.

MICROCOCCUS LUTEUS

C’est un microbe de l’air qui donne sur la pomme de terre des colonies d’un jaune citron. Il ne liquéfie pas la gélatine.

MICROCOQUES

MICROCOCCUS FLAVUS DESIDENS

C’est une espèce de l’air. Il se présente sur les plaques sous forme de colonies arrondies à bords sinueux, d’une coloration jaune. L’aspect des cultures sur gélatine est caractéristique. Le milieu se ramollit le

Fig. 454.

Micrococcm flavus desidcns. {Gr. 1000 diam.)

long de la piqûre et la colonie s’enfonce dans le substratum en forme d’entonnoir. La liquéfaction est très lente.

MICROCOCCUS FLAVUS OLEARIUS

Ce microbe, que nous avons isolé de l’urine, nous paraît être celui que Prove a dénommé ochroleucus.

Il offre sur l’agar une coloration d’un jaune soufre ou doré et se cultive dans les tubes de gélatine en forme de clou, en ramollissant le milieu, qui devient visqueux et de consistance huileuse.

ATLAS DE MICUOI’.IOLOGIE

MICROCOCCUS FLAVUS LIQUEFACIENS Ce microbe, assez analogue au précédent par la coloration des colonies sur plaques, liquéfie rapidement la gélatine. Les éléments sont assez volumineux.

MICROCOCCUS AURANTIACUS

Cette espèce, fréquente dans l’air, s’observe sur les milieux de culture exposés. L’espèce orangée, que nous avons rencontrée le plus souvent, oll're comme particularité que les colonies, d’une teinte uniforme.

Fig. 455.

Micrococcus aurantiacua. (Gr. 1000 diam.)

s’élendent sur l’agar eu présentant à leur surface des saillies irrégulières (jui leur donnent un aspect ridé.

MICROCOCCUS FULVUS

Cette espèce, observée sur des excréments de cheval ou do lapin, y forme de petites gouttes muqueuses bombées d’un jaune rougeâtre. C’est un gros microcoipie de 1 a b d(' diamètre.

MICROCOCCUS RUBER AGILIS

!.(' Mirrococcus niber ugilia a été découvert par Ali Cohen dans une eau potable.

MICROCOQÜES

Il se développe bien sur la gélatine, Tagar et la pomme de terre

Fig. 456.

Micrococais ruber agilis. (Gr. 800 diam.)

Fig. 457.

Micrococeus ruber agilis (cils). (Gr. 1000 diam.)

y la température de la chambre, et végète mal au-dessus de 25“. Sur tous les milieux la culture présente une couleur d’un rouge

vif. Le Micrococcus agilis présente comme particularité ses mouvements actifs.

Fig. 458.

Micrococcus ruber agilis (cils). (Gr. 1200 diam.)

Fig. 439.

Miei-ococcus ruber agilis (cils). (Gr. 1800 diam.)

Lüffler a démontré l’existence de cils longs et déliés. Nous reproduisons ces cils d’après une préparation de M. Borrel, de l’Institut Pasteur.

MICROCOQUES

MICROCOCCUS CITREUS AGILIS (je microcoque, très mobile dans l’eau distillée, donne sur

Fig. 460.

Micrococcm citreus agilis. (Gr. 1000 diam.)

Fig. 461.

Micrococcus citreus agilis (cils). (Gr. 2000 diam.)

l’agar une culture crémeuse, de teinte citrine et très visqueuse.

ATLAS HE MICROBIOLOGIE

INFECTION BLENNORRHAGIQUE

GONOCOaUE

L’uréthrite blennorrhagique reconnaît pour cause la pénétration ati niveau de la muqueuse uréthrale d’un microcoque dont l’aspect et la disposition sont assez particuliers. 11 a reçu de Neisser le nom de « Gonocoque » (1879).

Lorsque, chez un malade atteint de blennorrhagie, après avoir désinfecté le méat, on recueille par la pression d’arrière en avant

Fig. 462.

Uréthrite blennorrliagiqiio. aiguë. (Gr. 1000 diam.)

une goutte de pus, pour la soumettre à l’examen microscopique, l’aspect de la préparation varie suivant la date de l’écoulement.

Dans les écoulements récents, de couleur opaline, on constate, après coloration à la fuchsine, la présence de nombreuses cellules d’épithélium pavimenteux, de grandes dimensions et de forme polygO' nale, et d’une assez grande quantité de cellules de pus. Çà et là on observe quelques microcoques, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur de ces deux variétés de cellules.

(;o.\ocoqi:es

L’aspect des préparations est le plus souvent caractéristique et permet d’aflirmer d’emblée la nature de l’écoulement :

Les cellules de pus sont extrêmement nombreuses, se iouchent et encombrent le champ du microscope; les noyaux sont fortement et uniformément colorés. La disposition des microbes est toute spéciale : ils se groupent par îlots de dix, de vingt, de cinquante et plus, soit à l’intérieur des cellules, soit à leur surface ou dans les espaces qui les entourent. Souvent une moitié du groupe est extérieure à la cellule, l’autre moitié incluse dans le protoplasma.

âr

va

Fig. 465.

Uréthrile blennorrhagique aiguë. Pus. (Gr. lÜOO diani.j

Ces îlots sont plus ou moins éloignés les uns des autres, et dans leur intervalle on ne voit que rarement des microcoques isolés.

Enfin la forme du microbe lui-même est caractéristique. Outre la disposition en diplocoque, l’aspect de chaque élément est celui de deux haricots se regardant par leur face concave. Cette particularité est un vestige de la segmentation du microbe, et lorsqu’on observe, non plus un diplocoque, mais un élément isolé, il se montre absolument arrondi. Le diamètre habituel de chaque clément est de 0 p. 4 à 0 [X 8.

Quand récoiilement blcnnorrhagique est de date plus ancienne, il se produit le plus souvent, sinon toujours, une infection secondaire. Un peut alors rencontrer dans le pus les iiiicrobcs les plus divers : microbes chromogènes généralement jaunes, diplocoques de Legrain, MicrococcuH albicam de Bumm, microcoques orangés, staphylocoque pyogène doré, etc.

Girode, dans de nombreux examens d’uréthrite chronique, a trouvé le Bâclerium coli^ les staphylocoques blanc et doré, des diplocoques

Fig 464.

Urèlhrile blennorrhagique.

Gonocoques libres et à la surface de cellules épithéliales. (Gr. 1000 diam.)

indéterminés. Ces microbes ont été observés seuls ou en association avec le gonocoque.

Ces diverses espèces bactériennes se rencontrent également chez la femme dans les métrites et pelvi-péritonites chroniques. Les salpingites suppurées, sauf un certain nombre de cas où aucun microorganisme n'a pu être constaté, reconnaissent souvent pour cause la présence du gonocaque-ÊLsont d’üJÛgine^bLénnorrhagique.

Nous avons fait ces constatations sur un grand nombre de pièces soumises, après Thystérectomie vaginale totale, à l’examen micro-

GONOCOQUES

scopique et aux cultures. Souvent aussi le pus d’origine blennorrliagique est infertile ; on ii’y trouve même pas de microbes par la coloration,,comme nous l’avons signalé plus haut.

Dans un petit nombre de cas, nous avons rencontré les staphylocoques doré et blanc et le Baclerium coli. Dans une autre observation (salpingite suppurée volumineuse), il s’agissait du pneumocoque.

Les streptocoques et le Baclerium co/i sont, dans les salpingibîs anciennes, beaucoup plus virulents que le gonocoque et comportent pour l’opérée un pronostic plus grave.

n** ^ "in ^

Fig. 463.

Culture pure de gonocoques. "(Gr. 1000 diam.)

Les tentatives faites pour cultiver le gonocoque ont été longtemps infructueuses. Bumm le premier a obtenu des cultures en étalant du sérum humain en couche mince sur des tubes d’agar ordinaire. Wertheim emploie un mélange de sérum et d’agar. Au bout de 24 heures, on obtient, sur des plaques de sérum-agar, des saillies punctiformes et transparentes, qui deviennent grosses comme la tête d’une épingle et prennent une teinte blanc grisâtre.

Turro le cultiva sur l’urine acide stérilisée, puis sur la gélatine peptone acide, qui n’est autre que la gélatine peptone ordinaire

non alcaliniséc. Il se forme le long de la piqûre une culture blanche. La gélatine n’est pas liquéfiée.

D’après Turro, le gonocoque ainsi obtenu est très virulent; il a pu l’inoculer au chien et déterminer chez cet animal des accidents graves.

Ces procédés ont réalisé de grands progrès, mais il faut reconnaître qu’ils échouent parfois et que la culture du gonocoque n’est pas aussi facile à réaliser que semblerait l’indiquer la description des méthodes que nous venons de décrire.

Fig. 466.

Oplilalmie punilente du nouveau-né. Leucocytes chargés de gonocoques.

(Gr. 1000 diam.)

Les cultures sur des milieux acides sont un excellent procédé pour isoler le gonocoque des bactéries auxquelles il peut se trouver associé, la gélatine acide étant un milieu défavorable pour les autres microcoques. On détermine la présence de ceux-ci à l’aide des plaqües de gélatine alcaline ordinaire.

Le gonocoque se décolore par la méthode de Gram, à moins qu’on ne laisse agir que très peu de temps la solulion iodée.

On obtient de belles préparations, dans les cas d’association microbienne, en colorant au violet et en traitant par le Gram avec double

GONOCOQUES

coloration à la vésuvine : les gonocoques et les cellules de pus sont colorés en brun ainsi que certains bacilles sur lesquels nous reviendrons à propos de Finfection urineuse, tandis que les autres microbes gardent une teinte bleu foncé.

Les inoculations de pus blennorrliagique à Fhomme réussissent assez facilement. Les inoculations à Faidc des cultures ont donné des résultats positifs dans un certain nombre de cas.

On n’a pas encore déterminé exactement quelle action exercent sur

Ophtalmie purulente du nouveau-iié. Gonocoques et cellules épithéliales.

(Gr. iOÜO diam.)

la virulence du gonocoque les associations microbiennes. Toutefois, si les complications graves de la blennorrhagie (ophtalmie, adénites, abcès péri-uréthraux, salpingites, arthrites) doivent être dans certains cas exclusivement rapportées au gonocoque, leur origine se lie souvent à une infection secondaire : al>cès contenant le staphylocoque doré, endocardite infectieuse à streptocoques an cours de la blennorrhagie (Weiehselbaum). Ces faits ont été démontrés par les examens bactériologiques d’un grand nombre d’auteurs.

Le gonocoque peut donc à lui seul déterminer, comme les autres

510 ATLAS DE MlCKOIilOLOGIE

microbes pyogènes, des accidents seplicémiques ou pyoliémiques

mortels, et particulièrement l’endocardite ulcéreuse (Winterberg).

Councilman a trouvé le gonocoque dans des foyers suppurés du muscle

cardiaque.

On a observé, au cours de la blennorrhagie, certaines arthrites, dans l’exsudât desquelles il fut impossible de déceler la présence d’aucun microbe. Ces faits méritent d’ètre rapprochés des cas de pleurésies et de salpingites où, comme nous l’avons vu, l’on ne découvre plus trace de bactéries, soit par la culture, soit par l’examen microscopique.

Expérimentalement on a produit chez le chien, le lapin et le cobaye, à l’aide de cultures de gonocoques, des arthrites aiguës dont la guérison était rapide. L’inoculation dans le péritoine détermine une péritonite locale rarement mortelle.

Palhogénie, Les bactéries, qui infectent primitivement le méat, pénètrent entre les cellules épithéliales et atteignent jusqu’au derme de la muqueuse; elles provoquent la ehute de l’épithélium et une migration abondante de globules blancs. La guérison survient soit parce que le milieu devient impropre à la culture du gonocoque (Bumni), soit grâce au rôle des cellules lymphatiques. Quand la muqueuse a été profondément altérée, il se produit habituellement une cicatrice rétractile aboutissant à la formation d’un rétrécissement uréthral.

Traitement. La blennorrhagie et ses complications locales doivent être considérées comme des suppurations vulgaires. Nous préconisons depuis douze ans l’emploi des grandes irrigations de l’urèthre, du vagin, de la vessie ou de la conjonctive avec des solutions très étendues de liquides antiseptiques (particulièrement de sublimé) à la température (le 40® centigrades. Ces irrigations se font avec une poire de caoutchouc de 130 cent, cubes. Elles doivent être répétées fré(iuemment dans les cas graves et surtout dans la conjonctivite des nouveaunés. La conjonctivite purulente peut être ainsi maîtrisée en quelques jours*. I

i. Trailemeiil de la lilennurrhaijie. etc., etc., par rirritjalion anliscplique discontinue. Hm*ir. Paris, 1891.

HÉMOGLOBINURIE

HÉMOGLOBINURIE BACTÉRIENNE DU BOEUF

L’hémoglobinurie du bœuf est endémique en Roumanie où elle fait dans certaines années des ravages considérables. Les bœufs vigoureux succombent. Les vaches résistent davantage. Les veaux sont indemnes.

Babès a étudié cette maladie en 1888.

Fig. 468.

Microcoques de rhémogloliiniirie du bœu! dans les globules rouges. (Gr. 1000 diaiii.)

Les animaux atteints perdent l’appétit, présentent de la prostration, de la dyspnée, une fièvre vive. L’hématurie est constante. L’urine contient de l’albumine et de l’hémoglobine ; puis surviennent des hémorrhagies sous-cutanees.

A l’autopsie on rencontre des ecchymoses de la muqueuse gastrointestinale, des ulcérations duodénales au voisinage du pylore. Les ganglions abdominaux sont engorgés, les reins hyperémiés, la vessie pleine d’un liquide rouge foncé. Le foie est piile et marbré, la rate grosse et diffluente.

atlas liL MICIIUBIOLOGIK

Fig. 46ü.

lléuiü-lobinui-io.. Miciocoiiaes libres et inlra-globulaires. (Gr. 600 diam.)

iiurie. Sang de liœiil. (Gr. .1000 diam.)

Uéiuoidobii

IlfiMOGLOIJINl'RIE

Babès a décrit comme agent pathogène de cette alïection des micrococpies que l’on ül)scrve particulièrement dans le saiiir, dans la sérosité des plaques ecchymotiques et dans le rein.

Ce microcoquc, qui se décolore par la méthode de Gram, est tantôt libre, tantôt adhérent aux globules rouges, tantôt situé dans leur intérieur.

i/inoculation de grandes quantités de sang inlécté à d’autres bœufs ne leur a pas transmis la maladie.

Fig. -471.

Ht'iiiogltihiiiiirie. Sang do bœuf. (lîr. lÜOO diam.)

Le microbe tle Babès présente donc l’intérêt d’être un nouveau parasite du sang sans que son action pathogène comme agent de l’hémoglobinurie soit bien démontrée.

On remarquera sur nos photographies, surtout au grossissement de 1000 diamètres, l’existence autour des parasites libres ou inclus et les globules d’une étroite capsule analogue à celle du jmeumocoque de Lramkel.

ATLAS DE MICROBIOLp,GIE

STREPTOCOQUES

Beaucoup des espèces que nous venons de décrire présentent dans les cultures, ou même dans le pus, de courtes chaînettes. Elles ont été classées parmi les Staphylocoques en raison de leur groupement habituel en petits amas ou en grappes. Le nom de Streptocoques est réservé aux microbes qui, soit naturellement, dans les liquides de l’écononiifr, soit en culture, et particulièrement dans les milieux liquides, se développent en longues chaînettes. Le plus souvent les chaînettes sont formées de diplocoques accolés les uns aux autres, comme on peut le remarquer sur les clichés suivants. Un tel aspect ne s’observe jamais dans les courtes chaînettes des cultures de Staphylocoques.

STREPTOCOQUE PYOGÈNE

Le Streptocoque pyogène a été décrit dans le pus des abcès chauds par Ogston en 1881. Les formes en chaînettes avaient déjà été observées par Coze et Feltz en 1869 dans la fièvre puerpérale, ainsi que nous le verrons plus loin.

Nous avons fréquemment trouvé le Streptocoque au cours de nos recherches sur les suppurations, dans le service du D' L. Champion nière en 1882, comme en témoignent les photographies ci-contre.

Mais la consécration scienlifique du Streptocoque ne pouvait être faite tant que ses caractères objectifs n’ont pu être déterminés par la culture sur les milieux solides.

C’est donc à Rosenbach qu’appartient le mérite d’avoir idifféreiicié nettement le microbe en chaînettes des abcès chauds, que nous identifions aujourd’hui, comme nous le verrons plus loin, avec le Streptocoque découvert dans l’érysipèle par Felheisen et le Streptocoque puerpéral.

Page 1