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ÉTIOLOGIE DE LA FIÈVRE PUERPÉRALE

Comment se produit la fièvre puerpérale?

Le microbe'ou bien : 4“ préexiste dans le vagin; 2® ou bien il est apporté par l’air ; 3® ou par contagion directe (doigts, instruments, etc.).

L’analyse bactériologique du mucus vaginal faite dans nombre de cas avant et après l’accouchement, nous a souvent donné le Staphylocoque doré, toujours des bactéries saprogènes, surtout dans les cas de lochies fétides, mais jamais le Streptocoque puerpéral. Aucune de ces femmes n’a succombé aux accidents puerpéraux (1887 et 1888).

Au contraire toutes les femmes atteintes d’accidents puerpéraux proprement dits présentaient, au cours de ces accidents,le Streptocoque.

Bien mieux, la muqueuse utérine, chez deux d’entre elles, n’exhalait aucune odeur fétide.

Les bactéries de putréfaction sont en effet loin d’être favorables au développement du Streptocoque, qui souvent se trouve étouffé et

frappé de mort au milieu d’elles et chez ces deux femmes le Streptocoque pullulait dans l’utérus.

Nous tenons donc à affirmer que les accidents puerpéraux proprement dits sont causés par l’inoculation du seul Streptocoque, qui vient se cultiver sur cette surface d’absorption immense, la plaie utérine.

Les autres microbes causent la fétidité des lochies, et cette putréfaction est sans rapport avec l’infection puerpérale proprement dite. Car nous refusons ce nom aux péritonites purulentes à Staphylocoques ou à Bacterium Coli, qu’on a parfois observées à la suite des déchirures de l’utérus ou du vagin chez les parturientes. Ces cas d’infections sont de simples péritonites traumatiques accidentelles.

La fièvre puerpérale est une maladie typique, essentiellement épidémique et contagieuse, et le Streptocoque pyogène est son agent exclusif.

La fétidité simple des lochies occasionne une fièvre plus ou moins durable mais en général bénigne. Le Streptocoque seul tend à déterminer une infection péritonéale rapide.

Les microbes de putréfaction les plus variés se rencontrent dans les lochies fétides ; et, parmi eux, on rencontre le plus souvent ces nombreuses variétés de bactéries que nous avons isolées à l’état de pureté de l’urine pathologique et qui, par voisinage, ne peuvent manquer de pulluler dans le vagin et Tutérus des femmes mal soignées.

D’après nos recherches nous croyons exceptionnel que le Streptocoque existe fréquemment dans le vagin avant les couches.

Se propage-t-il par l’air? — Nous ne citerons qu’un seul fait, absolument négatif ; toutes les sages-femmes du service d’obstétrique de l’Hôtel-Dieu de Reims ont été conviées par leur professeur à assister à l’autopsie d’un cas sporadique de fièvre puerpérale : aucune d’elles n’a touché le cadavre ni les pièces.

Il ne s’est produit dans le service, à la suite de cette imprudence, aucun cas de puerpéralité.

Au contraire l’inoculation directe est prouvée parles cas sporadiques observés à la campagne. Les exemples abondent :

1“ Un médecin de l’hôpital d’une petite ville, où il soigne fréquemment des phlegmons et des érysipèles, est appelé pour accoucher

STREPTOCOQUES

dans un village une mère de huit enfants. Cette femme succombe à la lièvre puerpérale.

2" Un autre médecin inocule la lièvre puerpérale à deux parturientes, et une paysanne qui a lavé, avec des crevasses aux mains, des linges contaminés, succombe peu après à la suite d’un érysipèle phlegmoneux du bras droit.

Fig. 512.

Érysipèle phlegmoneux post-puerpéral. (Gr. 4000 diam.)

3® Une sage-femme contracta, en soignant un cas de puerpéralité, une pustule de l’index et un érysipèle ambulant, dent elle mourut Nous avons obtenu dans ce cas, pendant la vie, de la peau de la jambe où s'était étendu de proche en proche l’érysipèle, une culture pure.de Streptocoques.

4® Une autre sage-femme soignait deux personnes atteintes chacune de la fièvre puerpérale. Une nouvelle accouchée reçoit les soins de cette personne et tombe malade à son tour. Nous apprenons que la sage-femme est elle-même souffrante : nous l’examinons et nous con-

statons-qu’elle portait au pouce, sous un cataplasme, une pustule sousépidermique compliquée de lymphangite, et dont le pus nous a donné des cultures pures de Streptocoques.

Fig. 513

Pustule du pouce d’une sage-femnip contaminée. (Gr. 800 diam.).

La malheureuse, s’exposant elle-meme en soignant sans propreté deux femmes préalablement contaminées, avait sans le savoir infecté

Sérosité péritonéale d'une des femmes contaminées par celte sage-femme.

directement une troisième parturiente, à peine âgée de 18 ans, qui mourut en quelques jours.

STREPTOCOQUES

La contagion directe nous paraît donc être la cause réelle de l’infection puerpérale.

Cette maladie est endémique en Europe. Tous les sujets portant des érysipèles ou des abcès à Streptocoques peuvent la propager, de même qu’ils peuvent également s’infecter eux-mêmes.

L’origine de notre épidémie paraît d’ailleurs avoir été une servante des parturientes, atteinte d’érysipple à répétition.

L’érysipèle à répétition est en effet causé par le même Streptocoque que l’érysipèle commun, et, en examinant avec soin le point de départ habituel de la dermite infectieuse, on trouve toujours une plaque de dermite chronique, qui est, à chaque nouvelle atteinte, le point de départ de l’exanthème.

Nous avons fait dans cinq cas analogues la même observation : Ces érysipèles à répétition sont curables par l’application locale prolongée du sublimé ou d’autres antiseptiques.

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