Lbcoq, loc. cit., p
presque toniours des sources prorondes viennent compenser Tabsence des tributaires visibl s. J'ajouterai que beaucoup de lacs possèdent à la fois des affluents superficiels et sous-lacustres.
Nous avons vu dans le chapitre précédent que la présence des affluents souslacustres se manifestait, soit par la formation d'un entonnoir dans la vase (lacs d'Annecy, de Chaillexon, source de la Vise à l'étang de Thau), soit par l'absence de la vase sur une surface assez étendue (lacs de la Girotte en Savoie, dlssarlès, de Tazanat et du Bouchet sur le Plateau Central, probablement moraine souslacustre d'Yvoire au lac de Genève). Mais ces phénomènes sont communs à la fois aux sources et aux émissaires sous-lacustres, et la topographie ne nous donne aucun moyen de distinguer les premières des seconds. Pour nous prononcer, il faut avoir recours aux températures et à la composition chimique des eaux.
Nous verrons, dans le chapitre relatif à la thermique des lacs, que, à partir d'une certaine profondeur, les variations de la température sont très faibles et que, dans les grands fonds, cette température ne s'écarte pas beaucoup de 4"". Nous verrons aussi que, pendant l'été, la température des lacs décroît d'une façon continue de la surface au fond. Si donc nous trouvons des exceptions à ces lois, nous ne pouvons les expliquer que par l'arrivée d'eaux étrangères dans les profondeurs ou, en d'autres termes, que par des sources sous-lacustres.
Nous verrons aussi, dans le chapitre relatif à la chimie des lacs\ que, à partir d'une certaine profondeur, la composition chimique de l'eau ne subit que des variations extrêmement faibles. Si donc nous trouvons, dans certaines régions d'un lac, une eau dont la composition diffère de celle qui occupe le reste de la cavité, nous devons, pour expliquer cette différence, faire encore appel aux sources sous-lacustres.
Or, au mois de ^^vrier 1891, j'ai mesuré, au fond du Boubioz du lac d'Annecy (voir pi. III), une température de 11^,8, tandis que je ne trouvais que 3**,8 sur le plafond du lac; de plus, l'eau recueillie dans cet entonnoir avait un résidu flxe de 0^,173 par litre, tandis que l'eau prise au milieu du lac en avait un de 0^,151. Ce double écart indique d'une façon certaine la présence d'une source.
Une autre différence thermique, mais en sens inverse de la précédente, a permis à M. A. Magnin de démontrer que l'entonnoir qui s'ouvre sur la rive française du lac de Chaillexon, près du village de ce nom', est le siège d'une source. En effet, le 23 mai 1893, il a trouvé, dans cet entonnoir, une température de 8'',8 à 12 mètres de profondeur, taudis que, en plein lac, la température était de 13^,8 à la même profondeur ^ Il faut remarquer d'ailleurs que, si M. Magnin avait fait ses observations en hiver, il aurait trouvé l'eau dans l'entonnoir plus chaude que
• 1. Chapitre IX.