A. Magnin, les Lacs du Jurât p
dans les autres régions du lac; l'écart eût été dans le même sens qu'au lac d'Annecy.
Nous sommes aussi à peu près certains de la présence de sources au fond du lac de la Girotte, où, comme nous l'avons vu^ la vase manque sur certains points. En effet, dans ce lac, la température de l'eau ne décroît pas d'une façon continue de la surface au fond; mais, vers la profondeur de 25 mètres, elle passe, en été du moins, par un minimum qui varie de 4^ à 5*", et remonte ensuite progressivement pour atteindre 7° à 100 mètres, sur le plafond de la cavité. De plus, tandis que l'eau de la surface renferme 0^%07 environ de résidu fixe par litre, l'eau du fond en contient 0*^%52. Ces écarts se vérifient sur toute l'étendue du lac. Il faut donc admettre que des sources nombreuses et abondantes viennent alimenter les régions profondes.
Il peut arriver que la pression de l'eau qui sort de la source soit assez forte pour que le mouvement ascendant des filets liquides se fasse sentir jusqu'à la surface. Ainsi, le 10 novembre 1896, j'ai parfaitement vu, du haut de la falaise de Balaruc, au-dessus de l'étang de Thau, la colonne d'eau issue de la source de la Vise se briser contre les vagues que soulevait un mistral assez violent, et cependant la source jaillit à 30 mètres en contre-bas de la surface de l'eau (voir pi. XX). Cet exemple est, d'ailleurs, unique en France, à ma connaissance.
Parfois le rapport entre la quantité d'eau qui tombe sur le bassin du lac et celle que l'émissaire enlève au lac est tel qu'il ne peut s'expliquer sans la présence de sources sous-lacustres. Ainsi, neuf années d'observations faites, de 1881 à 1889, en divers points répartis autour du lac d'Annecy, ont donné 1™, 32* comme hauteur moyenne de pluie tombée sur le bassin du lac ; la superficie de ce bassin étant de 270 kilomètres carrés environ (y compris la surface du lac), le volume annuel d'eau qu'il reçoit est, en nombre rond, de 356000 000 de mètres cubes. D'autre part, le débit moyen de l'émissaire a été trouvé de 10"®, 74 par seconde pendant les sept années 1862-1868, ce qui donne, pour le débit annuel, à peu près 340 000 000 de mètres cubes. Les deux périodes pendant lesquelles la chute de pluie et le débit de l'émissaire ont été mesurés n'étant pas les mêmes, on ne saurait faire de rapprochement rigoureux. Toutefois, l'une de ces périodes comprenant sept années et l'autre neuf années, les moyennes tirées de chacune d'elles doivent peu différer des moyennes vraies. On peut donc se servir de ces moyennes pour un calcul, sinon tout à fait exact, au moins empreint d'une grande approximation, et il est permis de dire que le rapport de la quantité d'eau qui s'écoule annuellement par l'émissaire du lac à celle qui tombe sur l'ensemble du
bassin ne s'écarte pas beaucoup de |g^ ^" ^ environ. Or, nous savons que, dans
nos climats, la moitié au moins de l'eau qui tombe sous forme de pluie retourne