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2. Communication de M. Legay, ingénieur des ponts et chaussées à Annecy.
ALIMENTATIOPf ET EGOULEIIËNT DES LACS. 119
dans l'almosphère par évaporation', et noire calcul nous mootre que, dans le bassin du lac d'Annecy, la part réservée à l'évaporatioa serait seulement de 5 p. 100, ce qui est absolument impossible. Il nous faut donc admettre que des affluents invisibles viennent apporter au lac des eaux provenant de bassins extérieurs à celui qui paraît alimenter le lac ; nous avons va, en effet, qu'il existe une source sous-lacustre importante, le Boubioz. Ces considérations avaient d'ailleurs amené Carnot & dire, dans un rapport Inédit sur la régularisation du niveau du lac : « Nous sommes ainsi conduits à penser, comme semblent l'indiquer les traditions locales, que des sources abondantes viennent amener au fond du lac un volume d'eau considérable provenant de bassins supérieurs situés en dehors du périmètre apparent de celui du lac d'Annecy. »
Tous les lacs d'eau douce oat nécessairement un émissaire ; car une masse d'eau , dont le niveau n'est réglé que par l'évaporation, s'enricbit graduellement en sub-
Fio. 13. — Lac de Dëzeaumes (Crau), 28 mars 1896. (D'après ane phocographïe da A. Dblibecqdb.)
stances dissoutes et devient un lac salé. Dans les Alpes et dans les autres chaînes de notre territoire, ainsi que sur le littoral atlantique, le climat est trop humide pour que cette circonstance puisse se produire; l'évaporation est insuffisante pour balancer l'apport de la pluie et des affluents ; mais il n'en est pas de même dans d'autres régions, en Provence par exemple, où l'on trouve, dans la plaine de la Crau, deux lacs sans écoulement visible et dont les eaux saumâtres indiquent peutêtre l'absence de tout émissaire; ce sont le lac de Dézeaumes (fig. 43), qui rea-
I . Dadsse et HcBHAT, m db Lappabent, Traité de géologie, 3" édition, t. 1, p. 153 et 15*.
Terme 0^,72 de résidu sec par litre, et surtout celui d'Eatresseus (Bg. 44) qui en renferme 3«% 638'.
Mais il peut y avoir des émissaires de deux espèces. L'écoulement peut se faire soit par déversement au-dessus du seuil qui soutient le lac, soit par des canaux
Fio. li. — La<* (l'EDlrcsscns, duDï la Criiu. Au fund les Alpines, !6jmarslS96. (D'apr6s Que pbolograpbie do A. DBKBEOQtiK.)
souterrains qui s'amorcent sur les talus ou sur le plafond du bassin. Comme pour les affluents, nous dirons, dans le premier cas, que l'émissaire est superficiel, dans le second qu'il est sous-lacustre*. Étudions successivement chacun de ces deux modes d'écoulement.
a. — ÉMISSAIRES SUPERFICIELS
Pour beaucoup de tacs d'eau douce, l'émissaire est unique et superficiel. En général, il porte les eaux du lac ou bien à la mer ou bien à un autre cours d'eau. Parfois, cependant, après un parcours assez restreint, qui atteint rarement un kilomètre, il s'engouffre dans un entonnoir et disparaît. Ce cas se présente très fréquemment dans les bassins fermés du Jura, notamment pour les lacs de la Motte, de Narlay, des Mortes, d'Etival, de Malpas, de Fort-du-Plasne, et aussi, comme l'a constaté M. A. Magnin^, pour le lac Brenets et pour les lacs du Boulu, d'Onoz, de Viremont, Lauste. Quelquefois l'entonnoir se trouve sur le bord même du lac (lacs de l'Abbaye, du Fioget, du Vernois, lac Genin, et encore, d'après les observations de M. A. Magnin, lacs de Crenans, d'Antre, de Crotel).
i. Voir chapitre IX.
2. Ce terme d'émissaire sous-tacustre est préférable au terme, souvent employé, d'émissaire toultrrain. En effet, il arriTe fréquemment, par exemple lorsque le lac se vide au moyen d'entonnoirs situés sur ses bords, que l'émissaire superficiel devienne souterrain aprÈs un parcours de quelques cuètres,