‹ Atlas des lacs françaisChapitre 134 sur 360 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

9 mètres

16 mètres

24 — (fond)

39 — (fond)

TEMPÉRATURES DES LACS. 153

Ici encore il y a un écart manifeste entre les températures des lacs de Saint- Point et de Remoray. Et pourtant les deux lacs sont très voisins et, à quelques décimètres près, à la même altitude ; les températures des affluents sont sensiblement les mêmes*; enfin, la profondeur moyenne du lac de Saint-Point est de 20"*, 50, tandis que celle du lac de Remoray n'est que de 12™, 60; ce dernier lac devrait donc, semble-t-il, se réchauffer plus facilement que le premier. Mais le lac de Saint-Point est un long boyau de 6 kilomètres, orienté du nord-est au sud-ouest, c'est-à-dire dans le sens des vents dominants ; le lac de Remoray est au contraire un lac de forme elliptique, considérablement plus petit, et sur lequel les vents n'ont que peu de prise. Une promenade sur chacun de ces deux lacs, faite par un jour de bise, montre très bien la manière dont chacun d'eux subit l'action du vent. Sur le lac de Saint-Point, le vent souffle toujours dans le même sens et, si l'on veut s'arrêter pour faire une opération quelconque, il est facile de maintenir le bateau en place en ramant contre la direction du vent. Au contraire, sur le lac de Remoray, il se produit des sautes de vent perpétuelles, dues à de petits remous locaux; le vent vient en quelque sorte de tous les côtés à la fois et rien n'est plus difficile que de rester immobile au milieu de tous ces courants.

M. A. Magnin' a trouvé également des températures élevées au fond du lac de Saint-Point; ainsi, le 16 juin d'une de ces dernières années, il a observé 6'*,6 à 29 mètres et 6'',5 à 33 mètres, et, le 17 juin de la même année, 6^,8 à 27 mètres, à 34 mètres et à 41 mètres. Toutefois il attribue ces températures au réchauffement produit par le voisinage du sol dont la température moyenne est de 7"* environ. Mais, cette explication ne me paraît pas exacte; car nous avons vu plus haut' que l'action de la chaleur centrale pouvait être considérée comme insignifiante. D'autre part, on ne voit pas pourquoi ce réchauffement se produirait seulement au lac de Saint- Point et non dans les autres lacs, dans le lac voisin de Remoray, par exemple.

Les vagues elles-mêmes peuvent, en mélangeant les eaux superficielles, faire perdre à la surface du lac une partie de sa chaleur au profit des couches venant immédiatement au-dessous. M. Forel en cite un exemple frappant*. Le 14 mai 1884^ la température du lac de Genève, qui était, à 11 h. 40 du matin, de 16", 3 au milieu de la ligne Ouchy-Évian, n'était plus au même endroit que de 11**, 9 à 2 h. 30 après midi. Un fort coup de vent du sud-ouest, suivi de grosses vagues, avait fait perdre en trois heures près de 4^,5 à la surface du lac. J'ai fait une constatation analogue les 27 et 28 mars 1894. Le 27 mars dans l'après-midi, j'ai mesuré 9'',1 au large

i. J'ai trouvé en effet : pour le lac de Remoray, le 21 septembre 1894, ruisseau de la Diézine 12°, ruisseau du Haut 11®,6; pour le lac de Saint-Point, à des dates comprises entre le 12 et le 20 septembre 1891, ruisseau de Chaon 10«,8, ruisseau des Grangettes 15% ruisseau de Suint-Point llo,3, Doubs 14°,2, ruisseau de Chaudron 9°,i, ruisseau de Bivoiron 10%8, ruisseau de Vesenay 8o,4, Source HIeue 7o,8.

2. Les Lacs du Jura^ p. 62. L'année des observations n'est pas indiquée.

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