Kppli, loc. ciCf p
4. if]ppLi, loc. cit., p. 410. Cette opinion avait d'ailleurs déjà été émise pai' M. Léon Du Pasquier {Pluvioglacialen Ablageningen der NordschiveiZy p. 147).
molasse sur la lisière du Jura. Au-contraire, toujours d'après le même auteur ', aucune autre cause que rafîaissement alpin n'a besoin d'être invoquée pour la formation du lac voisin de Zug.
Tels sont les faits précis d'observation sur lesquels repose la théorie de M. Heim qui, en ce qui concerne le lac de Zurich, parait bien près d'être la vraie. Toutefois, M. Heim va plus loin ; il applique cette théorie à tous les lacs qui, à la limite des Alpes et de la plaine, occupent un emplacement analogue à celui du lac de Zurich, et, s'abandonnant à une brillante généralisation, il écrit celte phrase singulièrement affirmative ^ :
De cette manière, nous avons prouvé que les lacs de bordure (Randseen) alpins sont dus à un affaissement en bloc des Alpes (Nachsinken des Alpenkôrpers) et que cet aiTaissement s'est produit pendant la première époque interglaciaire.
Bien plus, d'après M. Heim, tous les massifs montagneux, les Pyrénées, l'Himalaya, les Alpes de la Nouvelle-Zélande sont ou ont été entourés, comme les Alpes d'Europe, d'une ceinture de lacs qui sont dus à la même cause ; ainsi, toujours suivant les idées de ce savant, lorsque le plissement d'une chaîne de montagnes est terminé, celle ci doit nécessairement s'affaisser en bloc, comme épuisée par l'effort qu'elle a subi pendant son soulèvement.
Il semble que M. Heim se soit laissé entraîner un peu trop loin par lamour de la symétrie, et l'extension qu'il fait à tous les lacs subalpins des phénomènes qui se sont déroulés à celui de Zurich ne doit, quelque séduisante qu'elle paraisse, être acceptée qu^avec réserves. Sans aucun doute, des mouvements se sont produits après la première époque glaciaire; mais leurs relations avec les lacs sont loin d'être toujours aussi simples qu'au lac de Zurich. Si la plupart des lacs suisses, ainsi que le Wiirmsee en Bavière, se trouvent dans une sorte de pli synclinal du Deckenschotter, le lac de Constance et l'Ammersee, voisin du Wûrmsee, se trouvent au contraire, d'après M. Penck^ dans un pli anticlinal de celle-ci, c'est-à-dire dans une situation géologique diamétralement opposée.
Examinons si la théorie de M. Heim peut s'appliquer aux trois lacs dont l'étude nous intéresse, ceux de Genève, du Bourget et d'Annecy qui se trouvent, eux aussi, à la limite des Alpes et de la plaine.
Il s'agit d'abord de vérifier si ces trois lacs rentrent bien dans la catégorie des lacs à cuvette rocheuse.
Après sa sortie du lac de Genève, le Rhône coule au milieu d'alluvions et de moraines ; mais, en consultant les feuilles Thonon, Annecy et Nantua de la carte géologique au 55^, on verra immédiatement que, à l'aval du lac, s'étend, à un niveau