Geologische Nachlese, p. 16 du tirage à part
3. Pbnck, Congrès géologique de Zurich^ 1894 (Procès-verbaux des séances des sections).
supérieur à celui du lac, une ceinture de roche en place, constituée par le Salève, la montagne de laBalme, le plateau molassique qui s'élève au nord-est de la rivière des Usses * et le Vuache.
Le Rhône coupe cette dernière chaîne au fort de TÉcluse, à l'altitude d'environ 325 mètres. Le niveau du lac étant de 372 mètres et sa profondeur de 310 mètres, on voit que, sur 263 mètres au moins,' le lac se trouve dans une cuvette rocheuse.
Le lac du Bourget*, dont l'altitude est de 231 "",50 et la profondeur de 145", 40, est limité de toutes parts, sauf au sud du côté de Chambéry, par une ceinture continue de roche en place, dont le point le plus bas est la cluse de Pierre-Châlel, au point où celle-ci est traversée par le Rhône, à l'altitude d'environ 212 mètres. A Chambéry, la coupure n'a que 500 mètres de largeur, mais elle est encombrée de terrain erratique et nous ne savons absolument pas à quelle profondeur se trouve la roche en place. Pour retrouver celle-ci, il faut passer dans la vallée de l'Isère et la suivre jusqu'au village de Saint-Gervais, à une trentaine de kilomètres en aval de Grenoble. Là, l'Isère traverse, par une étroite et profonde coupure, un seuil molassique continu^ qui réunit les plateaux miocènes de la rive droite aux chaînes crétacées de la rive gauche. L'altitude moyenne de ce seuil est de 215 mètres et l'Isère coule à peu près 50 mètres plus bas, soit à la cote 165. Cette coupure, en raison de son aspect, parait être très récente et, dans tous les cas, postérieure à la formation du lac du Bourget. Le seuil rocheux se trouve donc de ce côté sensiblement à la même altitude qu'à Pierre-Châtel, soit environ à 125 mètres au-dessus du fond du lac. Cependant si, par excès de prudence, l'on désire écarter toute hypothèse sur Tâge relatif du lac et de la coupure, nous pouvons affirmer que, l'Isère coulant aujourd'hui sur la roche à la cote de 165 mètres, le lac du Bourget est tout entier dans la roche en place sur au moins 80 mètres de hauteur.
En ce qui concerne le lac d'Annecy*, dont l'altitude est de 446", 50 et la profondeur de 80"\60, le Fier, dans lequel vient aboutir son émissaire après un trajet de 3 kilomètres, entame à la cote 415 un plateau molassique dans lequel il s'est, depuis la formation du lac, taillé un lit déjà profond. Donc, de ce côté, le lac est presque entièrement situé dans la roche. Du côté du nord-est, existe, au pied de la
i. Sur la carte géologique (feuille Nantua), l'espace de 8 kilomètres compris entre la montagne de la Balme et celle du Vuache porte les teintes de la molasse et du terrain glaciaire. Mais, en allant sur le terrain, il est facile de voir qu'on a affaire à un plateau molassique continu, qui s'élève à une hauteur supérieure à 500 mèlres et qui est recouvert par le glaciaire.