‹ Atlas des lacs françaisChapitre 62 sur 360 · CÔNES DE DÉJECTION OU DELTAS TORRENTIELS · texte numérisé non relu

CÔNES DE DÉJECTION OU DELTAS TORRENTIELS

Lorsqu'une rivière se jette dans un lac, elle forme un cône de déjection dont la pointe est plus ou moins prononcée. Un des plus caractéristiques est celui de la Dranse, dans le lac de Genève, dont la saillie est de 2 kilomètres environ. D'autres petits affluents forment dans le même lac des cônes beaucoup moins importants; citons, sur la rive suisse, la Promenthouse, TAubonne, la Venoge, la Veveyse, les Baies de Clarens et de Montreux, la Veraye, la Tinière; sur la rive de Savoie, la Morge de Saint-Gingolph et THermance. Le Rhône, lui aussi, forme un cône de déjection, moins apparent, il est vrai, sur la carte; car il ne fait pas saillie sur la côte comme ceux des affluents latéraux. Mais une étude de la carte hydrographique permet bien vite de se rendre compte de son importance. Si en effet Ton examine les courbes de niveau, on reconnaîtra que, de part et d'autre de la plaine centrale, elles ont une allure toute différente. A l'ouest, elles tournent leur concavité vers cette plaine, dessinant une sorte de ravin dont la forme générale a été à peu près respectée par la vase; à l'est, au contraire, elles lui présentent leur convexité, comme celles qui tournent autour du delta de la Dranse. En anticipant un peu sur le chapitre relatif au comblement des lacs, nous pouvons dire que le cône de déjection du Rhône s'avance jusqu'à la courbe 300 et vient toucher la plaine centrale.

D'autres lacs offrent aussi des cônes de déjection très remarquables. Celui du Sierroz, au lac du Bourget, est particulièrement intéressant, et l'inspection des courbes de niveau nous montre que le delta immergé s'est déjà avancé jusqu'au pied de la muraille rocheuse qui forme la rive opposée du lac, coupant en deux la cuvette primitivement unique *.

Au lac d'Annecy, le cône du Laudon forme également une pointe très accentuée, et c'est probablement à lui, ainsi qu'aux autres cônes des petits affluents situés à l'est, qu'est due la barre qui sépare les deux bassins et qui, ainsi que nous l'avons déjà remarqué*, ne coïncide nullement, comme on le supposait avant d'avoir fait les sondages du lac, avec la partie la plus étranglée de la cuvette.

Le talus de ces cônes de déjection a en général une pente assez forte; ainsi celui de la Dranse atteint 25'' à 30*", ou en moyenne 50 p. 100, celui du Sierroz 15"* à 20*", ou 30 p. 100. Cette inclinaison s'explique aisément par ce que nous connaissons de la structure intérieure de ces cônes de déjection.

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