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FoREL, LémaUf t. II, p

NATURE DU SOL DES LACS. 105

pour empêcher la vase de se déposer. D'autres courants peuvent avoir aussi une intensité assez considérable ; ce sont ceux des seiches. On sait que les seiches sont, d'une façon générale, des oscillations rythmiques de Teau d'un lac, dont le niveau s'élève à une extrémité pendant qu'il s'abaisse à l'autre. Pendant chaque oscillation, une certaine quantité d'eau passe d'un côté à l'autre du plan autour duquel ce balancement se produit; il en résulte des courants, dont M. Forel a évalué la vitesse à 28 millimètres par seconde au maximum ^ Il est probable qu'ils sont beaucoup moins énergiques que les premiers.

MORAINE SOUS-LACUSTRE d'yVOIRE DANS LE LAC DE GENÈVE

M. ForeP a essayé d'expliquer par des courants de celte nature une particularité très étrange du fond du lac de Genève. Un peu au nord-est de la ligue qui joint Yvoire à la pointe de la Promenthouse, du côté de la rive française et par des fonds de 55 à 70 mètres, le sol est constitué par du sable et des cailloux de nature très variée (calcaire alpin, protogine, gneiss, quartzites, etc.). Ces cailloux sont de dimensions souvent assez considérables ; j'en ai vu dont le poids atteignait presque 5 kilogrammes, que les filets des pécheurs avaient ramenés. M. Forel et moi en avons récolté de moins volumineux dans nos dragages. M. Forel raconte que, dans ses opérations de dragage, sa sonde s'est plusieurs fois accrochée dans le fond, ce qui fait supposer l'existence de gros blocs saillants. Cette localité est bien connue des pêcheurs, car « c'est là, dit M. ForeP, que vient frayer le précieux salmonidé, l'ombre-chevalier, le plus délicat (?)* des poissons du lac et que les pêcheurs d'Yvoire capturent avec un succès constant et sans analogue dans aucune autre région du Léman » .

La nature variée des cailloux ramassés nous montre que nous sommes là en présence d'une moraine immergée. Cette moraine parait d'ailleurs occuper une assez grande surface ; on peut la constater en un certain nombre de points répartis assez irrégulièrement sur un espace de quelques dizaines d'hectares. Son existence n'a d'ailleurs rien qui doive nous surprendre ; car les rives du lac consistent, dans ces parages, presque exclusivement en terrain glaciaire. Mais il parait singulier que, à une profondeur semblable, cette moraine ne soit point recouverte par la vase.

Tant que la carte hydrographique du lac de Genève n'était pas dressée, on supposait, sans aucune raison sérieuse d'ailleurs, que cette moraine formait la crête de la barre qui sépare le Grand Lac de la succession de cuvettes dont se compose le Petit Lac, et, en se fondant sur cette hypothèse, M. Forel expliquait que les

1. Forel, Bull. S. V. S. iV., vol. XXII, p. 129, 1886, et Léman, t. II, p. 284.

2. FoRBL, Bull. S. V. S. iV., vol. XXII, p. 125, 1886, et Léman, 1. 1, p. 145.

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