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ORGANISATION GÉNÉRALE DES HOUILLÈRES ANGLAISES

Propriétaires et ouvriers des mines se sont, dans toute la Grande-Bretagne, peu h peu groupés en grandes associations qui traitent ensemble de puissance à puissance, et il est très remarquable devoir depuis quelques années les rapports se transformer progressivement. À la fixation libre du taux des salaires par chaque propriétaire, d’après la situation des cours, a succédé une détermination générale pour tout un district, soit par application d’une échelle mobile, soit par traité spécial.

Une échelle mobile de salaire est une entente conclue entre patrons et ouvriers, qui fixent à l'avance le tableau des variations de salaires correspondant aux variations des prix de vente.

Le tableau étant une fois dressé, il ne s'agit plus que d'arrêter, de période en période, tous les deux, trois ou quatre mois, le prix moyen de vente, et le prix de main-d'œuvre figurant au tableau en regard de ce prix de vente sera appliqué pendant la période prochaine à tous les ouvriers mineurs du district.

Deux difficultés ont surgi au bout de peu de temps; les ouvriers ont trouvé que les périodes étaient trop longues et qu’ils ne jouissaient que trop tardivement du bénéfice des hausses produites sur les prix de vente ; ils ont protesté également contre la sensibilité trop faible, si l’on peut s'exprimer ainsi, de cet instrument,

qui ne les faisait bénéficier que des variations importantes dans les prix.

Les modifications apportées aux échelles mobiles ont donc eu pour effet :

l n De réduire la durée d’application d’un même tarif, durée qui a été peu à peu ramenée de six à quatre, à trois, puis à deux mois, et même moins;

2° De réduire l'écart de prix des charbons qui devait réagir sur le taux des salaires; tandis qu’à 1 origine cet écart type était de 1 shilling, il a été peu à peu réduit à 6* 4 et même 2 pences par tonne de houille.

Adopté en 1875, dans Le pays de Galles du Sud et le Monmoulhshire, le système de l'échelle mobile y subsiste encore à l'époque actuelle, tandis qu’importé ensuite dans plusieurs autres bassins et en particulier dans le Durham et le Northumberland, il n’a pu s’y acclimater et a dû être abandonné.

L'échelle mobile actuellement en fonction dans le pays de Galles comporte un tableau des prix nets moyens de vente du charbon gros criblé, par tonne franco bord, variant de ! p. 3/4 en 1 p. 3/4 depuis 8 shilings jusqu’à 15 shilings et au-dessus.

A chaque augmentation de 1 p. 3/4 du prix de vente correspond une hausse de 1 1/4 p. 100 au-dessus du salaire type adopté.

Ainsi :

Quand le prix net moyen de vente du charbon par tonne, franco bord, es L compris entre:

Les salaires sont fixés étant p. IUU au dessus du prix type.

bIi .

sis.

Typa.

GO

L’effet de cette échelle est une hausse de 8 p. 100 des salaires par chaque shilling d’augmentation du prix de la houille.

L’échelle qui fonctionnait de 1890 à 1892 donnait une hausse de 10 p. 100 des salaires par chaque shilling d’augmentation du prix de la houille.

En fait, au moment de 3a hausse des houilles en 1890-91, les salaires arrivèrent à dépasser de 57 d/2 p. 100 le salaire type, qui est le salaire qui était effectivement payé en décembre 1879.

Un point important à noter, c’est que le seul charbon payé aux ouvriers est le gros criblé, et que le menu n’est pas payé aux ouvriers. Le prix payé comprend donc l’ensemble de tout le travail nécessaire pour produire et extraire le gros et le menu, et non pas

seulement le travail nécessaire pour la production du gros seul \

Plusieurs fois contestée, Inexistence de l’échelle mobile a toujours été maintenue dans le pays de Galles et grâce à son fonctionnement, le travail a pu être continué dans ce district alors que de longues et violentes grèves se produisaient dans les autres districts*

Dans le centre de l’Angleterre (Yorkshire, Lancashire, Derbyshire, etc*), s’est constituée et peu à peu développée la Fédération nationale des mineurs, qui a pris surtout une importance prépondérante depuis que les mineurs du Durham et du Northumberïand s y sont affiliés. Cette fédération est une puissance qui traite d égale a égale avec les associations de propriétaires des mines, et dont les décisions sont obéies sans contestation*

L’affiliation à ce tic association centrale des comtés du Nord de l’Angleterre est encore très récente; elle n’est peut-être même pas définitive; en effet, les mineurs du Durham et du Norlhumberland ont entre eux une fédération puissante qui, en 1892, a soutenu pendant de longs mois la lutte contre les propriétaires*

Pour donner une idée de la puissance de ces différentes associations et de la discipline qui y règne, qu’il nous suffise de rappeler la suspension générale du travail dans les mines pendant une semaine, exécutée en mars 1892 en vue de parer à l’avilissement des prix par une réduction des stocks, suspension générale qui s’est étendue sur tous les comtés du Centre et du Nord et a été effectuée par plus de 400 000 mineurs.

Qu’il nous suffise aussi de rappeler la grande grève du Durham qui dura du 12 mars au 2 juin 1892.

Si les syndicats sont hardis et passivement obéis, leur puissance ne peut réagir contre la situation générale des affaires; au contraire, ces mesures prises en vue de relever les prix ont eu des effets tout différents* La suspension générale du travail de huit jours a eu pour effet une aggravation de la crise houillère; et la grève générale du Durham a été suivie d’une baisse nouvelle des prix des houilles à gaz, de sorte que la baisse de 10 p* 100 sur les salaires, subie par les ouvriers, n’a pas suffi pour parer aux pertes des exploitants*

Et actuellement (juillet 1893) la situation des propriétaires est devenue si difficile qu’ils iront pas hésité à annoncer une baisse générale de 25 p, 100 sur les salaires; a cette demande, la Fédération nationale des mineurs prétend opposer un refus plus ou moins absolu* Une fois encore se trouvent face à face les 400 000 mineurs de la Fédération et le Syndicat général des propriétaires* Seuls l’Écosse et le pays de Galles sont jusqu'ici en dehors de la lutte. Ce dernier district, nous l’avons vu, évite les luttes aiguës grâce à F existence de son échelle mobile des salaires,

1 Voir sur celle question des échelles mobiles J a circulaire n" du comité des houillères et aussi Je volume sur la conciliation et Farbîliage publié par YOffive du ifiaéaü 1893, p. 133 et suivantes*

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