CONCEPTION ET MIGRATION DE 1,’OVULE FÉCONDÉ
[saillants dans la cavité de la trompe]. La muqueuse est tapissée d’un épithélium cylindrique à cils vibratiles. Les mouvements des cils sont dirigés du pavillon vers l’ostium uterinum, et tendent par conséquent à produire du côté du péritoine un courant liquide dans le même sens. Quand l’ovule n’est pas fécondé, le courant l’entraîne vers l’utérus; ilen est de même quand il est fécondé, mais alors la tunique musculaire de la trompe participe également à sa progression. Les ovules, nés sur l’ovaire d’un côté, peuvent passer dans la trompe du côté opposé, par migration externe ou intra-péritonéale, et, dans quelques cas exceptionnels, par migration interne ou utérine.
Note additionnelle.
[La trompe ou oviducte est logée dans l’aileron moyen ou supérieurdu ligament large, le méso-salpinx, qui laisse à la trompe une grande mobilité surtout dans sa partie externe. Aussi voit-on ordinairement le méso-salpinx, rabattu avec la trompe en arrière, former une sorte d’opercule qui masque l’ovaire. La trompe se continue en dedans avec l’utérus ; elle est unie en dehors à l’ovaire par le ligament tubo-ovarien recouvert de la frange ovarique, et donne attache au ligament infundibulo-pelvien. Rectilignes sur 2 à 3 Cm. vers l’utérus, puis flexueui, les oviductes dans leur moitié externe se recourbent en arrière, en dedans et en bas, et décrivent un arc qui embrasse l’ovaire. Leur longueur est. de 12 cm.].
Le corps de la trompe est formé de deux parties : d’une partie interne plus grêle, l 'isthme, qui présente une lumière étroite, et dont la tunique musculaire est puissante et la muqueuse presque lisse; d’une partie externe, l’ampoule, plus large, et dont la muqueuse dessine denombreux plis. Ces plis se continuent avec les franges de l’orifice péritonéal de la trompe et constituent 1 e pavillon ( morsus diàbolij. Les franges se développent vers le 3e ou le 4e mois delà vie intra-utérine, alors que l’extrémité de Ja trompe est encore soudée en partie à la surface de l’ovaire, en formant ce qu’on appelle la trompe ovarienne; lorsque cette dernière disposition persiste, elle peut donner lieu aux grossesses tübo-ovariennes.
Note additionnelle.
[La partie la plus interne de l’oviducle chemine dans la
paroi même de la corne de l’utérus et pour ce motif portet^fl le nom de portion interstitielle ou intra-utérine de la jfl| trompe ; elle est rectiligne, et offre un diamètre de 1 mm.fl Elle s’ouvre dans la cavité utérine par un orifice minuscule, l’ostium uterinum.
Le corps de la trompe, terminé parle pavillon, est la por-^B tion libre de l’organe On lui distingue, ainsi qu’il vient’^fl d’être dit, une région interne de 4 cm. de longueur qui est j^J l’isthme, et une région externe, l’ampoule, longue de 8 cm.
La surface externe du pavillon est lisse et recouverte par ^fl le péritoine ; sa surface interne est, au contraire, irrégulière:^H et tapissée par une muqueuse. Au sommet de la cavité de |^| l’ampoule est un orifice arrondi de 2 mm.; c’est l’orifice ab-^H dominai de la trompe ou ostium abdominale qui s’ouvre^H donc en pleine cavité péritonéale. Les franges du pavillon ont 10 à 15 mm. de longueur, et elles sont aussi au nombre de 10 à 15; on les met bien en évidence en examinant la trompe dans l’eau, car elles s’écartent alors les unes des autres, et le pavillon s’épanouit comme une corolle de fleur.
La frange ovarique, appliquée intimement sur le ligament^^H tubo-ovarique, est creusée sur sa face libre d’une gouttière.^H longitudinale qui peut recueillir l’ovule et le conduire jus- ^fl qu’au pavillon.
Les liquides peuvent passer du péritoine dans la trompe et lacavité utérine, mais il ne semble pas que le reflux ve^^fl le péritoine des liquides injectés dansl’utérus puerpéral soiti^fl possible, ainsi que cela résulte des expériences entreprises ^^fl en 1892 par Tarnier].
Les coupes transversales de la trompe présentent un aspect étoilé (fig. 6 et 7). A l’extrémité utérine, on voit trois saillies en forme de papilles ; à la partie moyenne de la^^fl trompe quatre plis principaux et plusieurs plis secondaires;^H (les premiers apparaissent déjà au 5e mois de la vie intra- I | utérine et contiennent de nombreuses fibres musculaires lisses); à l’ampoule enfin, la lumière est remplie de nom- 9 breuses saillies ramifiées. Le canal tubaire contient, à l’état fl normal, une très minime quantité de mucus sécrété par les cellules muqueuses, car il ne renferme pas de glandes 9 proprement dites.
La tunique musculaire de la trompe se compose en de- fl dans d’une forte couche de fibres circulaires, et en dehors fl d’une couche plus mince de fibres longitudinales. La trompe fl est recouverte de péritoine sur trois côtés ; quan t au quatrième fl
côté ou hile de la trompe, il correspond au tissu conjonctif ntra-ligamentaire qui se continue autour de la trompe rec le tissu cellulaire sous-péritonéal dans lequel cheinent les vaisseaux.
La fécondation de l’ovule peut s’effectuer en un point quelconque du trajet tubaire, attendu que les spermatozoïdes, grâce aux mouvements propres dont ils sont doués, peuvent en quelques heures parvenir au fond de l’utérus et être retrouvés vivants, dans la matrice, la trompe et à la surface du péritoine, une semaine et même plus longtemps encore après le coït. La rencontre de l’ovule et du spermatozoïde est rendue possible, non seulement parce qu’ils suivent tous deux le même chemin et que leur progression en sens opposé les conduit à la rencontre l’un de l’autre, mais aussi à cause du nombre considérable de spermatozoïdes mis en liberté dans une même éjaculation. Le plus souvent la rencontre de l’élément mâle et de l’élément femelle a lieu dans l’ampoule de la trompe.
Développement de l’embryon et des enveloppes de l’œuf. — Plusieurs filaments spermatiques peuvent pénétrer dans un même ovule. Le noyau de l'un d’eux ou pronucleus mâle se fusionne avec le pronucleus femelle, qui représente le reliquat de la vésicule germinative après l'élimination des globules de direction ou globules polaires, élimination qui a lieu même sur un ovule non fécondé [et qui donne à l’ovule les caractères de la maturité.] Le pronucleus mâle apporte aussi avec lui dans l’ovule une certaine quantité de masse protoplasmique. La zone pellucide s’épaissit alors pour former l’enveloppe de l’œuf et la segmentation commence.
Les sphères de segmentation donnent naissance à la vésicule blastodermique ; et celle-ci s’épaissit en forme de disque en un point de sa paroi. Cet épaississement représente le premier rudiment de l’embryon. Puis, l 'ébauche embryonnaire s’i ncurve sur toute sa circonférence vers la cavilé de la vésicule, et de cette incurvation résulte un étranglement de la vésicule blastodermique, qui reste néanmoins unie à l’embryon par le conduit omphalo-mésentê- ■rique. L’embryon est alors constitué par deux feuillets, L ectoderme et l’endoderme ; le premier donne naissance à la peau, au système nerveux et aux organes dæ sens; le .second, à l’épithélium de l’intestin et de ses glandes. Entre Schaeffer. — Atlas-man. d’obstétr. 3
34 physiologie et hygiène de la grossesse
Fig. 8. — Œuf abortif de la fin du 2e mois (Préparation fraichél? en grandeur naturelle). La caduque est le siège de nombre use® extravasations sanguines ; le chorion, qui est représenté soulevé efl tendu par des crochets, est en partie décollé. Par l’ouverture di» chorion, nous voyons l’intérieur du sac amniotique, d’où on a M fait sortir le cordon ombilical et, dans la profondeur, des hématome» sous-amniotiques.
L’œuf s’est rompu pendant le travail et l’embryon s’est échappé® avec le liquide amniotique. Il se pourrait cependant que l’embryon® ayant succombé prématurément, se soit résorbé, ce qui se produit® fréquemment dans ces œufs abortifs.
ces deux feuillets et à leurs dépens se forme le mésodermex origine du système vasculaire, du tissu conjonctif, des muscles et des organes génitaux. L’ecloderme apparaît le. premier et seul.
Après la formation de la gouttière primitive, les lames médullaires s’incurvent pour circonscrire la gouttière médullaire. Mais avant que ces lames ne se soient réunies pour fermer le canal médullaire, l’embryon se recouvre d’un sac spécial, Vamnios, rempli d’un liquide, le liquide amniotique. L’amnios se détache de la paroi abdominale du fœtus encore ouverte, se porte en arrière tout autour de l’embryon et vient se souder à lui-mémfe suivant une ligne parallèle à la crête dorsale. D’abord, le sac amniotique est intimement accolé à l’ectoderme; puis, il s’en éloigne, ; quand le liquide amniotique se forme et vient remplir la cavité de l’amnios. C’est ce qui arrive avant le 15e jour du développement, l’embryon ayant à cette époque 2 à 3 millimètres de longueur.
La zone pellucide, dont la striation est due à ce qu’elle est pénétrée par des processus intercellulaires qui vont de l’ovule à l’épithélium de la membrane granuleuse du fol- J; licule, se transforme en un chorion villeux composé essentiellement de colonnes de cellules ectodermiques. Ce chorion est très adhérent à l’amnios, et l’embryon lui est uni par un pédicule ventral, le futur cordon ombilical.
C’est par l’intermédiaire des vaisseaux du cordon que l’embryon reçoit ses matériaux de nutrition. Au début, ces vaisseaux sont les artères et veines omphalo-mésentériques qui, appartenant à la circulation ombilicale, vont chercher les sucs nutritifs dans les réserves de la vésicule blastoder- 1 mique, dfe venue vésicule ombilicale. 11 n’est pas rare de trouver les vestiges de la vésicule ombilicale dans l’œuf à.:
Tab. S.
Fig. 8.
terme, sous la forme d’une petite masse jaune, aplatie, située sur la face fœtale du placenta, non loin de l’insertion du cordon, dans la direction d’un repli amniotique (B. S, Schultze).
Vers le milieu du premier mois de la vie intra-utérine, se détache de l’extrémité caudale de l’embryon et plus spécialement de l’origine de l’ouraque, une vésicule, la vésicule allantoïde , d’où partent les vaisseaux ombilicaux qui vont s’enfoncer dans les ramifications eclodermiques de cette membrane villeuse, dont nous avons déjà parlé, le chorion.
Le cordon ombilical donne naissance également à de nombreux filaments choriaux ou villosités, dont l’ensemble constitue le placenta. Les villosités choriales s’enfoncent dans la muqueuse utérine qui, par places, a déjà perdu son épithélium, et dont la couche cellulaire superficielle est détruite. Elles pénètrent aussi dans les capillaires maternels après disparition de l’endothélium vasculaire; quant au sang de ces capillaires maternels, il se répand dans les espaces élargis qui séparent les villosités, ou espaces intervilleux, et les remplit.
C’est là que se font les échanges gazeux et les phénomènes d’osmose nécessités par la nutrition et la respiration du produit de conception. Telle est, en quelques mots, la circulation allantoïdienne ; elle se maintient sans modifications jusqu’au moment de l’accouchement.
Le sang du fœtus circule dans les vaisseaux des villosités choriales sous l’impulsion du cœur fœtal et se trouve soumis à la pression intra-utérine.
Les échanges nutritifs et gazeux, le passage des albuminoïdes maternels vers le fœtus s’effectuent à travers le revêtement des villosités. Ce revêtement est ordinairement simple; il est, au début, formé par des cellules ectodermiques ; plus tatd, il est constitué par une couche protoplasmique riche en noyaux, appelée le syncytium.
Tout d’abord le chorion villeux entoure l’embryon de tous côtés (voyez fig. 9 et 12). A la fin du 1er mois, le diamètre du chorion mesure 2 centim., la longueur de l’embryon est inférieure à 1 centim. (environ 7à8 millim.); l’inflexion de l’extrémité céphalique est depuis longtemps accomplie, les hémisphères cérébraux sont déjà différenciés du cerveau intermédiaire, les membres sont ébauchés, le foie est déjà représenté par un tubercule qui plus tard deviendra très visible au dehors.
Fig. 9. — Sac chorial et amniotique du 2e au 3e mois (a<fua-|H relie d’après nature). — JLe chorion (chorion frondosum) qui, cette époque, enveloppe l’œuf encore complètement, est ouvert et»! on aperçoit la cavité amniotique avec la tête du fœtus.
Fig. 10. — Caduque vraie (aquarelle d’après nature; c’est liiSl caduque de l’œuf représenté flg. 8). — La caduque intacte est rc-Si couverte d’un caillot. Comparez l’aspect de ces véritables membranes,! [ ovulaires avec celui des productions représentées dans la figure
Fig. il. — Fibrine et caillots expulsés dans un avortement , : et pouvant être pris pour des débris ovulaires.
Fig. 12. — Œuf complet du 2 mois (Dessin original d'après»! une’piècé .de la clinique gynécologique de Munich) — On a creusé»! dans la caduque vraie une sorte de fenêtre qui permet de voir &HI l’intérieur de l’œuf. Cette caduque reproduit exactement l’aspect de»l la cavité utérine : elle a, en effet, une forme triangulaire ett roisSj orifices qui correspondent, l’un, J M, à l’orifice interne, et les deux ® ] autres, Ol, aux orifices tubaires. On aperçoit, à travers la fenêtrejffi ménagée dans la caduque vraie, la caduque réfléchie D. C„ puis lé'®, chorion villeux entier Ch., et dans l’amnios Am., qui contient le li^H quide amniotique, l’embryon. Dans l’embryon, on distingue les vési-.W cules cérébrales, les arcs branchiaux, les membres, la région cardia-.® que et la région hépatique proéminente, enfin l’extrémité caudaleHj avec le coccyx encore long.
Fig. 13. — Œuf du 3e mois (Dessin original). — On voit laS caduque réfléchie De, et le chorion C h. ouverts, le sac amniotiqui^B Am, fermé. Le fœtus est suspendu au cordon ombilical Naô, vu» par transparence. Aremarquer le volume encore relativement exces-^B sif de la tête par rapport au reste du corps.
Le chorion est doue une membrane d’origine fœtale. Mais il est, lui aussi, entouré d’une production maternelle, dérivée* de la muqueuse utérine, la caduque réfléchie, decidua cir-Ë cumflexa, dont le nom indique qu’elle tomb’e au moment:! de l’accouchement comme un organe désormais sans utilité, ij Il faut la distinguer de la caduque vraie, decidua vera (lig.
8, 12, et 67 a et b) qui n’est autre chose que la muqueusé'i utérine elle-même, modifiée parla grossesse, c’est-à-dire i devenue, plus épaisse et plus vasculaire. La caduque vraie s'arrête à l’orifice interne; exceptionnellement toutefois elle ;) peut s’étendre encorejusqu’à deux centimètres plus bas dans le canal cervical; elle donne naissance à une autre mem-1 brane muqueuse d’origine maternelle, qui lui est absolu- 9 ment semblable à l’origine, et qui s’appelle, comme je l’ai
Fig ' il.
Atlas-Manuel, page 36.
DÉVELOP. DE l/EMBRYON ET DES ENVELOPPES DE i/OEUF :i~
déjà dit, la caduque réfléchie. La caduque réfléchie enveloppe le chorion sur sa partie convexe qui est libre dans la matrice; par conséquent, elle laisse sans la recouvrir la région du chorion dont les villosités pénètrent dans la caduque vraie.
D’après les recherches comparatives sur les animaux, il est très vraisemblable que l’œuf, poussant au-devant de lui comme des racines ses villosités choriales, se greffe dans la muqueuse utérine devenue caduque, et se niche, pour ainsi dire, entièrement dans la caduque hyperplasiée (von Herff). L’œuf tubaire de deux semaines et demie que Sænger a recueilli et qui a été examiné par Füth présente tout à fait ce type.
Du fait de ses fonctions multiples et complexes, la muqueuse utérine est, aussi bien au point de vue anatomique qu’au point de vue histologique, bien plus développée que les muqueuses des autres organes.
Sur l’utérus encore rudimentaire du nouvead-né, la cavité utérine présente, sur une coupe transversale, la forme d’une fente concave en avant, tapissée d’une muqueuse recouverte elle-même d’une seule couche d’épithélium à cellules cylindriques. Le stroma sous-muqueux est riche en cellules rondes, et quelques glandes seulement s’y enfoncent sous forme d’invagination en doigt de gant de la muqueuse utérine. Plus tard, les glandes muqueuses, au lieu deresterde simples tubes, se compliquent et deviennent plus nombreuses et plus ramifiées, surtout dans le canal cervical. Les vaisseaux sous-muqueux, et principalement les vaisseaux capillaires sont déjà très développés. Les vaisseaux afférents traversent presque verticalement les faisseaux circulaires ou obliques de la tunique musculaire, ce qui explique que, chez l’adulte, les contractions utérines aient une influence marquée sur la circulation artérielle de l’utérus, que des contractions très fortes ou tétaniques soient capables d’oblitérer complètement la lumière des artères utérines, et qu’en somme les contractions utérines agissent sur la circulation de la matrice proportionnellement à leur intensité. Si, par exemple, du fait de leur compression les vaisseaux sont complètement oblitérés, l’accès du sang maternel vers le fœtus est supprimé, et par là même l’accès de l’oxygène. Nous pourrons utiliser cette propriété, dans un but thérapeutique, pour arrêter des hémorragies graves.
Fig. 14. — Coupe transversale de l’utérus d’un foetus de 6 mois au niveau de l’orifice interne (Dessin original d’après * une préparation microscopique de l’auteur). — 1, Epithélium cy- . lindrique cilié à une seule couche, à sécrétion muqueuse, avec les 1 invaginations glandulaires de premier ordre. La forme en S de la section de l’utérus à ce niveau est caractéristique du col; elle est due à la présence, sur les faces antérieure et postérieure du col,? des saillies longitudinales de l’arbre de vie (plicæ palmatæ) d’où partent de chaque côté des plis disposés comme des nervures de ; feuilles. 2, Stroma conjonctif de la muqueuse, riche en cellules 'm rondes, principalement au-dessous de l’épithélium. Vaisseaux à J direction radiée. 3, Couche musculaire à libres enchevêtrées s ordre, dont la plus grande partie cependant a une direction oblique 1 et circulaire ; cette couche est traversée par des artères à direction 1 radiée. 4, Tissu cellulaire sous-séreux, dans lequel cheminent les gros vaisseaux. Ceux-ci viennent du tissu conjonctif du ligament fl large, 6, avec les branches principales de l’artère utérine. Par places, M ■ quelques faisceaux musculaires coupés transversalement. 5, Endo- fl thélium péritonéal.
Fig. 15. — Cellules déoiduales.
Fig. 16. — Une villosité choriale entière avec les vaisseaux sanguins fœtaux (Vue au microscope, dessin original d’après une fl préparation obtenue par dissociation). — Tissu conjonctif muqueux^B embryonnaire avec son enveloppe protoplasmique riche en noyaux ® et avec les vaisseaux foetaux. — (Ce dessin doit être corrigé: en effet, fl d’après des recherches toutes récentes, la striation transversale® de l’épithélium cubique n’existe qüê sur les œufs des 15 premiers® jours).
Au point de vue anatomique, on distingue dans l’utérus 3 deux parties : le corps et le col. En dehors de la grossesse, le fl corps est aplati d’avant en arrière, il a la forme et les I dimensions d’une poire ; le coL(collum, cervix), plus étroit fl et de forme cylindrique, plonge dans le, vagin par son extré- 1 mité conique, à laquelle on a donné le nom de portion var U ginale ou museau de tanche.
Le canal cervical communique avec le vagin par 1 ’ori- ’Ë fice externe; il a pour fonction principale de sécréter un 1 mucus alcalin qui possède des propriétés bactéricides très 1 prononcées et lubrifie le vagin. Peut-être même le bouchon ,1 muqueux que renferme le col a-t-il aussi pour effet de faciliter la conception.
Le canal cervical est un peu plus large dans sa partie i moyenne. Il est rempli par les saillies parallèles de la muqueuse (plicæ palmatæ) qui, plus développées dans l’uté- (
Fig. 14.
DÉVELOP. DE I.’EMBRYON ET DES ENVELOPPES DE l/OEUF 39
rus du fœtus, y dessinent de véritables valvules dirigées obliquement en bas, comme cela se voit, par exemple, chez la brebis.
Les cellules cylindriques de l’épithélium sont très développées, ce qui est en rapport avec leur fonction de cellules à sécrétion muqueuse. Aussi celles du col sont-elles les plus volumineuses de l’organisme. Ce sont des cellules caliciformes: leur partie profonde est occupée par un protoplasma contenant le noyau cellulaire, c’est la partie stable et sécrétante de la cellule, dont la partie superficielle n’est en somme qu’un simple réservoir pour le mucus. L’épithélium est tapissé de cils vibratiles dont les mouvements produisent un courant allant du fond de l’utérus vers le col (Hofmeier, Mandl). La forme des cellules est d’ailleurs extrêmement variable et dépend des influences extérieures, telles que la compression. Entre ces cellules épithéliales existent des fentes intercellulaires préformées, traversées par des filaments protoplasmiques très fins.
Le canal cervical communique avec la cavité du corps de l’utérus par l’intermédiaire de l 'orifice interne , étroit et sensible ; cet orifice est parfois dévié par la présence de valvules mobiles vers le haut, qui résultent d’un arrêt de développement infantile. Normalement, l’œuf se loge au-dessus de l’orifice interne; la cavité utérine est donc l’organe approprié à la greffe et au développement du produit de conception, (.'est pourquoi la muqueuse utérine est seule capable de se transformer en caduque. C'est pourquoi également les hémorragies menstruelles ont leur siège dans cette muqueuse. Les cellules cylindriques du corps sont moins hautes et plus régulières que celles du col.
L'irrigation sanguine de l’utérus, qui doit forcément être très active, est assurée par des artère s qui proviennent de deux troncs vasculaires absolument indépendants l’un de l’autre à leur origine. Les rapports de ces vaisseaux entre eux sont représentés aussi nettement que possible sur la figure 31 (voir plus loin la légende qui accompagne celte figure).
Pendant la grossesse, l’afflux sanguin vers les organes génitaux augmente considérablement; les appareils ligamenteux du bassin eux-mêmes sont envahis par une infiltration séreuse. Les contractions utérines arrêtent le cours du sang dans la tunique musculaire du corps de l’utérus, mais non dans le segment inférieur et le col; de là résulte
fO
Fig. 17. — Utérus gravide de 3 mois. Cet utérus a une direc tion verticale qui est exceptionnelle, et qui tient à ce qu’aupara vant il existait une rétroversion (figure originale).
Coupe sagittale médiane du bassin. L’œuf ne remplit que le corps de l'utérus : le canal cervical n’est pas entrouvert. L’orifice interne et l’orifice externe sont fermés. Ce dernier regarde en bas et en arrière, et se trouve situé plus bas que chez les femmes non enceintes dont l’utérus a une situation normale. Le corps de l’utérus n’est plus pyriforme ët aplati dans le plan médian comme il l’est d’ordinaire, il a la forme d’un ballon, et est augmenté de volume surtout dans le sens antéro-postérieur. La caduque et le chorion qui ont encore, sur toute la périphérie de l’œuf, une épaisseur àpeu près égale, commencent à présenter une épaisseur plus grande dans la région où s’insère le cordon et qui correspond au siège du placenta. L’utérus appartient encore en entier au petit bassin. Entre l’utérus et la paroi abdominale, s’interposent des anses intestinales et le grand épiploon. Au-dessus du troisième sphincter du rectum, le rectum et les anses sigmoïdes sont fortement dilatés. La vessie est rétractée.
.Fig. 18..— Utérus de 2 mois en rétroversion (d’après une coupe' congelée deBraune). — Si le col de l’utérus suit le corps dans son déplacement et se porte en haut, quand le fond de l’utérus est fortement rétrofléchi, il en peut résulter, la grossesse continuant à évoluer, une incarcération del’utérus dans la concavité du sacrum. La compression et le tiraillement du col ,de la vessie peuvent alors se compliquer d’une rétention d’urine dangereuse.
une stase veineuse. Les échanges respiratoires du fœtus sont donc fréquemment, de ce fait, suspendus pendant des fractions de minute au niveau du placenta.
Les cellules du stroma de la muqueuse utérine donnent naissance, par prolifération et division intensives, à de grandes cellules ovales et polygonales, pouvant devenir fusiformes par pression réciproque, et contenant souvent plusieurs noyaux (fig. 15). Ce sont les cellules déciduales qui, avec les vaisseaux capillaires extraordinairement dilatés, constituent presque à eux seuls la caduque, dont le tissu, conjonctif interstitiel est fort peu développé; ces vaisseaux capillaires dilatés, ramifiés et courant jusqu’au-des.sDus dq l’épithélium, donnent naissance à de véritables espaces lacunaires. On a aussi constaté, dans des grossesses utérines ordinaires, l'existence de cellules analogues aux cellules déciduales sur la séreuse du ligament large.
Entre les cellules de la caduque s’enfoncent les villosités choriales et, inversement, de la caduque partent des proion-
Tab. 8.
Fig. 18.
DÉVELOP. DE 1,’eMBRYON ET DES ENVELOPPES DE I,’OEUF 41
gements qui pénètrent enlre les villosités. En raison de leur double fonction, les villosités choriales sont de deux espèces: les premières, plus fortes, plus riches en tissu conjonctif et ne contenant que des troncs vasculaires, sont les villosités-crampons; les secondes, plus petites, ramifiées en fines divisions et renfermant des vaisseaux capillaires, sont les villosités nutritives, villosités libre s,, qui plongent dans les espaces sanguins maternels. Mais, nulle part, les vaisseaux fœtaux ne sont en' continuité directe avec les vaisseaux maternels, de sorte que le fœtus ne reçoit pas directement du sangde la mère. Le mur de séparation, interposé entre le sang de la mère et celui du fœtus, est formé par les deux couches d’endothélium vasculaire, maternel et fœtal, entre lesquelles s'interpose le revêtement protoplasmique mullinucléé des villosités ou syncytium.
L’origine de ce revêtement n’est pas encore complètement élucidée ; est-il d’origine fœtale ou d’origine maternelle? L’origine fœtale est plus vraisemblable(trophoblaste).
Il ne s’agit pas ici d’un épithélium de revêtement d’origine ectodermique, à un seul plan de cellules cubiques,’ comme celui que l’on observe sur des œufs tout à fait jeunes, mais d’une couche continue de protoplasma dans laquelle sont incorporés des noyaux cellulaires. Celte couche protoplasmique recouvre le tissu muqueux mésodermique embryonnaire dans lequel serpentent les vaisseaux. Enfin, c’est aussi bien aux tissus maternels qu’aux tissus embryonnaires qu’on peut attribuer la formation de ces amas cellulaires fusionnés.
Des rapports aussi intimes que ceux que nous venons de décrire entre le chorionet la caduque, ne persistent pas sur toute l’étendue de ces membranes.
Dans le cours des trois premiers mois, en effet, le travail d'organisation est plus complet et plus intime dans les points où lechorion et la caduque vraie entrent en contact, et c’est en cet endroit que se développe \e placenta, placenta serotina.
Au contraire, toutes les villosités qui se sont enfoncées dans la caduque réfléchie, et cette caduque elle-même, non seulement ne se développent plus, mais subissent finalement un important travail de régression. Une partie de la caduque réfléchie peut toutefois conserver son caractère placentaire: elle donne lieu alors à la formation du placenta circumvallé, qui est le premier degré du placenta marginé.
Note additionnelle.
[La connaissance de laconstitution anatomique de l'œuf humain, c’est-à-dire des membranes et du placenta, est de première impor-^H tance pour l’accoucheur. Cette élude a fait de grands progrès dans fl| ces dernières années, mais les éléments en sont épars. C’est pour-^H quoi je crois bon de donner ici, d’après la magistrale étude que f.r vient de publier Varnier, un tableau d’ensemble de la formation et^H de la constitution des membranes et du placenta humain dans les^^H diverses phases de leur développement. On pourra parfaitement^H suivre cette description sur les figures qui accompagnent notre texte.