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DES PREMIERS MOIS

Caduques. — Sur un utérus gravide de 1S jours environ, on voit fl que l’œuf est déjà complètement enfoui dans là muqueuse utérine, J et on distingue nettement la caduque pariétale, caduque vraie, de- » cidua vera, hypertrophiée,, mamelonnée et criblée d’orifices qui sont 9 les orifices dilatés des glandes. La caduque pariétale tapisse toute fl l’étendue de lacavité utérine en dehors de l’œuf. Au niveau decelui-fl ci, la muqueuse utérine prend le nom de caduque sérotine, decidua fl serotina, ou simplement sérotine, c’est la future base d’implantation fl du placenta. De l’union de la caduque pariétale et de la sérotine part fl une membrane muqueuse quiva recouvrir l’œuf complètement, àla 9 manière d’un couvercle, d’une cloche, c’est la caduque réfléchie, de- ^9 cidua. reflexa, épaisseà son point de départ, mince àson sommet(l).^H

La caduque pariétale , qui a presque triplé d’épaisseur, est forméej^H d’une couche superficielle plus compacte que dans la muqueuse nor- ^^H male, et d'une couche profonde spongieuse dont l'aspect est dû à fli l’allongement et à la dilatation des glandes. Ses modifications histo- fll logiques portent sur :

1° L’épithélium de revêtement dont les cellules, devenues plus iH courtes, se colorent mal parles réactifs et sontenvoiede régression L^fl

2° L’épithélium des glandes qui dans la couche compacte présente les mêmes caractères de dégénérescence, tandis qu’il conserve en- fl core l’état normal au fond des culs-de-sac ;

3® Le stroma conjonctif dont les cellules, petites, arrondies ou fu- fl siformes et réduites pour ainsi dire au noyau à l’état normal, se fl sont multipliées et sont devenues de grosses cellules rondes, ovales’fl ou fusiformes, dont le noyau atteint plusieurs fois le volume de fl l’ancien. Ces cellules, cellules déciduales, cellules de la caduque, sont fl massées surtout dans la couche compacte au voisinage des vaisseaux ; fl

(1) La théorie ancienne de Hunter (1774), remplacée par celle de Coste (1842), permet de comprendre les expressions, inexactes au point de vue anatomique, mais conservées tout de même pour obéir à la tradition, de caduque vraie, caduque sérotine, caduque réfléchie.

DÉVELOP. DE l’embryon ET DES ENVELOPPES DE L’OEUF 43

4o Les vaisseaux sanguins qui sont dilatés, alors que sur l'utérus à l’état de vacuité, ils sont à peine visibles; ils sont parallèles aux glandes et montent jusque sous l'épithélium de la muqueuse où ils forment un réseau superficiel de capillaires dilatés.

Les modifications de la sérotine sont les mêmes, avec cette différence que les couches compacte et spongieuse sont moins épaisses et que l'hypertrophie porte surtout sur le stroma conjonctif. Les vaisseaux sont aussi plus développés et ils forment déjà de grands espaces sanguins.

Laconstitution de là caduque réfléchie est celle des caduques pariétale et sérotine. d’où elle se détache. Son épithélium regarde la cavité utérine, il est donc opposé à l'œuf, contrairement à ce qui se passe pour la sérotine. Au-dessous de cet épithélium, on trouve les deux couches compacte et spongieuse, mais la spongieuse est moins nette, car les glandes et les vaisseaux sont moins nombreux et moins dilatés que dans la caduque pariétale. Les glandes cessent à peu de distance de la sérotine, de sorte qu’il ne reste bientôt plus que le stroma anhiste avec les cellules déciduales envahies bientôt elles-mêmes par la dégénérescence. Les vaisseaux vont cependant jusqu’à l’ombilic de la réfléchie.

OEuf. — L’œuf, extrait de sa loge muqueuse àlaquelle il n’adhère encore que faiblement dansles quatre premières semaines de lagrossesse, ressemble à une petite sphère velue, hérissée de filaments qui deviennent très nettement visibles quand on examine l’œuf plongé dans l'eau. Cette membrane limitante et chevelue est le chorion villeux, les filaments sont les villosités choriales non ramifiées à cette époque, et dont le développement ultérieur donnera lieu à la formation du placenta.

Dans la coupe d’un œuf de doux semaines, on reconnaît en allant de dedans en dehors :

•le L’épithélium del ’amnios, formé d'une seule couche de cellules pavimenteuses qui revêt la cavité centrale de l'œuf ;

2o Le stroma de l’amnios, tissu" conjonctif embryonnaire encore finement fibrillaire ;

3" Le stroma du chorion, également embryonnaire, mais formé d’un tissu réticulé plus denseavec de grosses cellules à gros noyaux analogues à la gélatine de Wharlon ;

4“ L’épithélium chorial.

Les villosités sont appendues au globe ovulaire ainsi constitué; elles représentent en réalité des sortes de bourgeonnements du chorion, et renferment par conséquent, au centre, du tissu chorial et, sur toute la périphérie/le prolongement de l’épithélium du chorion.

A cette époque de la gestation, il n’y a pas encore de vaisseaux dans le chorion ni dans le chorion membraneux, ni dans les villosités choriales qui en proviennent. L’œuf ne vit probablement que de la réserve nutritive de sa vésicule ombilicale.

C’est de quatre à six semaines seulement que les vaisseaux fœtaux amenés par l’allantoïde'pénètrent dans les villosités choriales (Berry Hart).

La. villosité vasculaire jeune comprend : 1» un stroma conjonctif; avec des vaisseaux, 2» un revêtement épithélial. Le stroma on. substance fondamentale qui représente les 6/7 de la villosité, est formé de tissu conjonctif embryonnaire renfermant des cellules rondes, fusiformes, étoilées, disséminées dans une substance intermédiaire muqueuse; c’est, comme nous l’avons vu, la même substance que la gélatine de Wharton du cordon ombilical.

Le revêtement épithélial comprend, à cette époque, deux couches, bien différenciées qui sont, en allant de l’axe de la villosité vers la, partie extérieure : 1° une couche cellulaire ou couche, de Langhans, 2° une couche protoplasmique, ou syncytium.

La couche cellulaire de Langhans. qui recouvre immédiatement le stroma du chorion, est représentée par Une rangée presque continue de grosses cellules polyédriques, àcontours nets, à proloplasma clair, à gros noyau renfermant un ou deux nucléoles (1).

La couche externe de la villosité, le syncytium, est une bande protoplasmique d’épaisseur variable dans laquelle on ne peut pas distinguer de séparations cellulaires et où se trouvent éparpillés sans ordre, mais le plus souvent au voisinage immédiat de la couche de! Langhans, des noyaux moitié moins gros que ceux de cette dernière couche, et fixant bien les matières colorantes.

■ Certaines villosités choriales, appelées villosités-crampons, servent de moyens de fixation de l’œuf à la sérotine et à la réfléchie. Voici comment elles sont constituées.

Au point de contact de ces villosités et de la caduque, il y a d’abord simple accolement de l’épithélium de la villosité et de celui delà caduque. L’épithélium de la villosité prolifère et forme des bourgeons de cellules épithélioïdes qui s’accolent solidement aux cellules déciduales. Puis la tête de la villosité s’entoure d’une gaine de caduque, et enfin son épithélium disparait au point de fixation, comme a disparu l'épithélium de la caduque. Il y a dorénavant fusion entre l’axe conjonctif de la villosité arrivée à son complet développement etle tissu conjonctif de la caduque, de sorte qu’il est difficile de distinguer à ce moment ce qui appartient à l'organisme maternel de ce qui appartient à l’organisme fœtal. Entre le chorion membraneux et la face interne des caduques réfléchie et sérotine, il y a donc uni; espace libre, l’ espace inter-chorio-décidual, occupé en partie parles villosités choriales ; le reste de cet espace, ou espace inter-villeux, est virtuel, mais il est tout disposé à devenir réel si, comme nous le verrons, quelque chose se présente pour l’occuper.

A mesure que l’œuf augmente de volume, les villosités augmen-’; tent de longueur et se ramifient à l’infini, et l’espace inter-chorioê.

(1) Langhans, qui le premier les a vues et décrites, les croyait de> nature conjonctive à cause de leur ressemblance avec quelques-unes des cellules du stroma conjonctif du chorion. Il est, généralement admis aujourd’hui qu’elles sont épithéliales et dérivées de l’ecto-.

décidual s’accroît de plus en plus. Des villosités, les unes se cramponnent à l’utérus pour y fixer solidement l'œuf, les autres restent libres' et flottantes dans l’espace inter-chorio-décidual où bientôt arrive le sang de la mère, et les échangés osmotiques nutritifs et respiratoires vont dorénavant pouvoir se produire. La date de l’envahissement de l’espace intervilleux par le sang de. la nière est encore l’objetde controverses /Léopold la fixe au huitième jour, Keibel à un mois, Hofmeier et Yarnier ont vu à 2 . mois 1/2 cet espace occupé par le sang maternel, Ruge et Winter (1896) pens'ent, à tort, qu’il ne l’est qu’à 4 mois.

Pendant toute cette période l’œuf es^comme on dit placenta partout. Mais déjà dans l’œuf de six semaines, certaines villosités commencent à s’atrophier.

Les villosités s’atrophiant sur le chorion qui est en rapport avec la réfléchie, le chorion ne présente bientôt plus de saillies villeuses, il devient chauve, chorion lœve; la réfléchie elle-même régresse peu à peu, et, repoussée en dehors parla pression de l’œuf, elle s’accolo intimement à la caduque pariétale avec laquelle elle finit par se fusionner vers 3 mois et demi.

Les villosités s’hypertrophient au contraire, s’allongent et se ramifient à l’infini du côté de la sérôtine, surtout vers son centre et ainsi se constitue le placenta.

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