DU CÔTÉ DE L’ENFANT
Lochies sanguines ou rouges. Fond de l’utérus à peu près au niveau de l’ombilic. Tranchées.
Diète liquide.
] Lochies sanguinolen- 1 tes. Congestion mammaire. Decubitus latéral f permis.
La ligne de démarcation s’établit entre le cordon et l’ombilic. Perte de poids maxima.
Chute du cordon ombilical. Il n’y a plus de
Lochies séreuses Température. 37» à 38o au maximum.
méconium.
Lochies blanches. Il n’y a plus de colostrum.
La zone placentaire est encore reconnaissable.
Ictère physiologique.
Fond de l’utérüs derrière la symphyse.
•Possibilité de se lever.
Temp. 36<>,8 à 37°, 7.
Poids égal à celui de la naissance.
Augmentation quotidienne de poids, de 20 à 35 gr. en moyenne.
Il existe une relation physiologique remarquable enhfe l'écoulement des lochies et la sécrétion du lait. Le lait anparatt au moment où les lochies se modifient, c'est-à-dirie du 2e au 4e jour. Inversement, un écoulement loehial excessif diminue la quantité du lait. Le massage des parois smdominales et des organes abdominaux a une action favorable directe ou indirecte sur l’écoulement loehial et la secrétion du lait. /
Au point de vue clinique, il faut remawfuer que, chez l’accouchée bien portante, le pouls est souvent très ralenti et dépressible, de sorte que si, après les cduches, nous trouvons le pouls un peu accéléré, notre/attention doit être éveillée sur la possibilité d'une infecjdon puerpérale. Ordinairement alors les lochies sont féUaes. 11 est vrai qu’aussitôt après l’accouchement, le nouls, sans cesser d’être physiologique, peut être changeant et irrégulier. Les propriétés individuelles du pouls joüent dans ceralentissemenl. un rôle plus important que les/anciens auteurs ne l’avaient admis (lleil). /
De la sécrétion mammaure. — Les mamelles, dont les modifications datent de In grossesse, remplissent dorénavant leur véritable fonction, la sécrétion lactée, qui com4 mence en général le 3ygour, quand les lochies, de sanguines deviennent séreuses. /
Souvent dès le 2e mois de la grossesse, comme nous l’avons dit au § 2, on peut/aire sourdre de la sérosité par la pression des mamelons ; mais déjà dans le cours du premier mois, il se produit au tii veau des seins des tiraillements, des picotements, de la pesanteur, une sensation de plénitude et de la sensibilité à la pression ; on peut aussi y constater à la palpation des cordons durs qui se dirigent en rayonnant vers 1 ai périphérie de la mamelle. Au 5° mois, il se produitdes wrgetures, l’aréole vraie se pigmente, et l’aréole mouchetée ke forme tout autour ; les glandes de Malpighi font saillieltL’épilhélium des acini prolifère pour former les nouveaux tubes glandulaires. Le tissu conjonctif interlobulaire se gonfle, se ramollit et se charge de graisse. Les lobes de la mamelle, au nombre de 15 à 24, sont constitués par des glandes acineuses dont j’ai indiqué le mode de développement. Le canal excréteur de chaque lobe se rend au mamelon, où tous les canaux se réunissent pour former le sinus lactifère.
nouveau-né est fourni par l’examen de son état général ; vient ensuite la détermination de son poids.
L’augmentatipn de poids de l’enfant n’est pas seulement le fait d’un accroissement général, mais il résulte aussi du développement propre des organes, dans lesquels se sont spécialement emmagasinés les éléments nécessaires à leur fonctionnement. Mais comme, en dehors des poumons, tous les organes et appareils de la vie végétative sont déjà en pleine activité pendant la vie intra-utérine, il en résulte qu’ils sont suffisamment développés à la naissance, et qu’ils peuvent dès lors entrer en fonction immédiatement, comme le fait, par exemple, l’appareil digestif.
Pendant la vie intra-utérine, en effet, l’appareil circulatoire, cœur et vaisseaux, est en plein fonctionnement, le foie produit de la bile, les reins de l’urine, l’estomac et le tube intestinal sécrètent également, enfin le fœtus fait des mouvements de déglutition, ainsi que le démontre la présence de poils dans le méconium, ces poils ayant été avalés par le fœtus avec le liquide amniotique dans lequel ils nagent.
L’organe le plus en retard à la naissance relativement à son poids spécifique est le cerveau.
En ce qui concerne la forme du cerveau, il faut savoir que les premiers sillons apparaissent du 7e au 8e mois de la vie intra-utérine, et qu'à la naissance le développement des circonvolutions est complet. Mais la composition chimique et la constitution anatomique n’en sont pas encore définitives. Alors que j’ai vu 1* poids de cet organe marcher à peu près de pair, à partir du 4e mois, avec le poids des autres organes et celui du corps entier, il reste à la fin de la grossesse en arrière relativement à ces différents poids. Sa densité est même si faible, qu’elle est au-dessous de celle du sang. Le cerveau du nouveau-né est donc plus riche en eau que son sang. Ce rapport' change rapidement dans le cours de la première année,
. ch même temps que s’éveillent les fonctions psychiques.
Comme le cerveau, les muscles striés des membres et du tronc sommeillent pendant la vie intra-utérine. A la vérité, le fœtus exécute déjà, à partir du 5° mois de la vie intrautérine, des mouvements actifs, que la femme perçoit et que l’accoucheur surprend au palper; mais, d’une part, ce sont des mouvements réflexes, de sorte qu’ils nq sont pas adaptés à un but déterminé, et, d’autre part, l’effort qui les accompagne n’est qu’apparent. En fait, ces contractions muscu-
laires sont peu énergiques, puisque le fœtus est plongé dans le liquide amniotique dont le poids spécifique est relativement élevé et où, par conséquent, il peut mobiliser facilement le tronc et les membres.
J’ai pu déterminer, sur les muscles striés, les modifications histologiques correspondant à l’établissement de la contraction volontaire pendant les premiers jours de la vie. Chez le fœtus etle nouveau-né,, les muscles sont pâles; sous l'influence de l'excitation électrique, ils se fatiguent très rapidement, c’est-à-dire qu’ils présentent des crampes de fatigue, ce qui explique pourquoi les nouveau-nés tombent si souvent en convulsions accompagnées de contracture. La courbe de contraction des muscles du nouveau-né est analogue à celle des muscles fatigués de l’adulte. Au microscope, on ne reconnaît manifestement à première vue, sur ces muscles pâles, que des strieS'". transversales; mais quand les enfants ont déjà 5 à 8 jours, les muscles deviennent plus rouges et, outre la striation transversale, on y reconnaît aussi très manifestement une striation longitudinale.
La rapidité avec laquelle le squelette de l’enfant s’imprégne de sels calcaires, se reconnaît au changement qui survient dans les os du crâne peu après la naissance. Au moment de l’accouchement, en effet, les os du crâne sont encore relativement flexibles , mais bientôt ils deviennent, durs, et la rapide occlusion des sutures et des fontanelles coïncide avec un développement considérable du cprveau et du crâne. Un sait, du reste, avec quelle facilité lerachilisme se produit dans les cas de nutrition insuffisante, et principalement quand l’apport des sels calcaires dans l’organisme descend au-dessous de la normale. Du moins dans ces conditions, la non-consolidation de la fontanelle antérieure se prolonge au delà de la première année, ou bien il persiste un état de flexibilité et de mobilité des os du crâne qui donne lieu à la crépitation parcheminée.
Les premières semaines de la vie sont donc exclusivement consacrées par le nouveau-né à la transformation et pour ainsi dire à la consolidation de ses tissus et de ses organes.
Les organes des sens qui éveillent les premières manifestations psychiques de la vie sont les yeux. L'époque à laquelle l'enfant voit nettement varie d’un sujet à l'autre et dépend surtout de son développement général et de son état de santé. L'enfant commence à fixer les objets brillants à partir du deuxième mois, mais, dès la naissance, sa vue réagit à une lumière vive, son ouïe est impressionnée
parles bruits éclatants, son goût par les substances irritantes, telles quela quinine. Au3e et au mois, les yeux commencent à percevoir des différences plus délicates, ce que ne font les oreilles qu’un peu, plus tard, au 6® mois. Seul, le sens du tact est très développé dès la naissance, surtout à la face, autour de la bouche.
Chez les enfants débiles, malades ou mal nourris, on observe bien plus tardivement l’éveil de la sensibilité consciente, des perceptions sensorielles, et enfin des idées et de la mémoire.
Au moment delà naissance une véritable révolution s’accomplit dans l’organisme. Jusque-là c’était exclusivement par l’intermédiaire du sang de la mère que s'effectuait l’épuration du sang du fœtus, que se faisaient les échanges nutritifs, ainsi que les échanges respiratoires, c’est-à-dire l’absorption d’oxygène et l’élimination d’acide carbonique. En outre, la circulation fœtale était soumise à l'influence de la tonicité utérine qui exerce son action jusque sur les vaisseaux des villosités choriales. Mais dorénavant l’orga: nisme de l’enfant n’a plus à compter que sur lui-même. Le cœur du nouveau-né doit suffire à lui tout seul à entretenir la circulation du sang; et comme à partir du moment où la respiration pulmonaire est établie, la masse totale du sang doit traverser les poumons, il en résulte une modification complète de la circulation, encore compliquée parce fait que les capillaires pulmonaires opposent tout d’un coup, par leur nombre et leur ténuité, une résistance considérable au cours du sang.
Dès les premières inspirations, et quoiqu’elles soient encore bien peu efficaces au point de vue respiratoire, les poumons aspirent une grande quantité de sang qui afflue dans les capillaires de l’artère pulmonaire ; ce sang provient du ventricule droit, dans lequel il arrive maintenant, au lieu qu’auparavant il passait directement par le trou de Botal dans le Ventricule gauche et dans l’aorte. Le trou deBotal devient donc inutile et s’oblitère dans les trois premiers mois. Les veines pulmonaires conduisent à l’oreillette gauche le premier sang pur qui arrive au coeur. L’excès de pression qui en résulte dans cette cavité cardiaque s’oppose dès lors à ce que le sang mélange contenu dans l’oreillette droite passe dans l’oreillette gauche. Tout ce dernier sang descend donc dans le ventricule droit et de là dans les artères pulmonaires, le cycle de la petite circulation est ainsi complet. Puis le trou de Botal s’oblitère, de sorte qu’au bout de 60 à 80 jours il n’est plus possible de soulever la valvule qui le ferme. Ala circulation du fœtus a succédé la circulation del’enfant.
Les organes digestifs du nouveau-né sécrètent en petite
quantité des ferments pour la digestion des amidons et des albuminoïdes. La possibilité de la digestion des substances -amylacées par l’organisme du nouveau-né est donc scientifiquement déqiontrée. C’est un fait important à connaître pour l’alimentation artificielle du nouveau-né.
Le lait maternel est si bien approprié aux besoins du nouveau-né et à la capacité digestive de son estomac et de son intestin, que seuls les enfants vigoureux sont en mesure de supporter, dans les premiers temps de la vie, le lait de vache pur. Le lait de vache contient beaucoup plus de caséine que le lait de femme, et la quantité de pepsine sécrétée par l’estomac du nourrisson est insuffisante pour digérer et pour liquéfier toute cette caséine. On la voit bien se coaguler sous l’influence de l’acidité du suc gastrique, mais elle ne peut dépasser le stade de coagulation, et pénètre à l’état de grumeaux dans l’intestin. Souvent aussi elle est rejetée sous cette forme dans les vomissements. Ces grumeaux irritent la muqueuse intestinale et deviennent de bons milieux de culture pour les bactéries pathogènes.
Après le lait de femme, le lait le mieux approprié aux besoins du nourrisson est celui d’ânesse qu’il est malheureusement difficile de se procurer ; puis vient le lait de chèvre.
Mais ce n’est pas seulement le lait des animaux qui agit défavorablement sur l’organisme des nourrissons, c’est aussi le lait de la mère quand celle-ci est malade ou bien quand la sécrétion lactée est influencée par une émotion nerveuse subite, telle que la peur, la colère, une attaque de nerfs. Un tel lait est vomi par l’enfant ; il produit de la diarrhée et des coliques, et même des convulsions généralisées.
Il est évident que le nourrisson est pourvu de moyens de défense contre de pareils accidents ; mais ces moyens de défense sont d’une efficacité fort variable suivant les sujets. Aussi faut-il faire intervenir dans la question l’énergie vitale héréditaire, la force de résistance naturelle, en somme ce qu'on appelle la constitution.
Pour se renseigner sur la résistance naturelle des enfants, le procédé le plus simple et le plus sûr consiste à peser les enfants régulièrement toutes les semaines Du reste, il n’est déjà pas aussi simple qu’on le pense de se rendre comple exactement du degré de résistance ou de la constitution du nouveau-né et du nourrisson d’après son poids.
Nous avons vu que l’époque où s'éveillent les perceptions sensorielles chez le nourrisson dépendes progrès individuels du développement général du corps, et que ce développement est en relation intime avec la constitution de l’enfant, avec les soins dont il est entouré et avec son alimentation. Nous avons vu aussi que, pour assurer la transition entre la vie parasitaire du fœtus et la vie indépendante de l'enfant, les premières semaines de la vie du nourrisson étaient exclusivement consacrées à la transformation et pour ainsi dire à la consolidation de tous les tissus et appareils, en vue d’assurer à l’organisme une plus grande force de résistance.
Ainsi les pesées sont importantes, car elles permettent de se rendre compte des progrès du nouveau-né. Lorsqu’elles indiquent un arrêt dans l’accroissement de l'enfant, on doit penser à l’existence possible d'une cause cachée ou ignorée, telle qu'une maladie qui aurait atteint passagèrement la femme pendant la grossesse, ou qui aurait frappé les parents au moment même de la conception, comme une maladie, des soucis, des excès alcooliques; il faut savoir, en effet, que l’arrêt dans l’accroissement de l’enfant n’est pas . toujours dû à un état pathologique de cet enfant, ni à une alimentation défectueuse, ni même à un état constitutionnel des parents transmis par hérédité. 11 n’est pas jusqu’à la période d’incubation de maladies non encore nettement déclarées qui ne se traduise par un abaissement surprenant de la courbe des pesées.
Si nous comparons les oscillations de poids des enfants bien portants, nés de parents sains, nous trouvons des abaissements et des élévations tout à fait typiques. Reproduites sur un graphique, ces oscillations de poids fournissent une courbe qui s’abaisse immédiatement après la naissance et atteint son minimum au 3e jour. Puis le poids de l’enfant augmente; mais d’après mes observations 14 p. 100 des enfants seulement regagnent leur poids initial à la fin de la première semaine. Beaucoup d’enfants n’augmentent de poids qu’à partir du 7e ou du 10e jour, et 44 0/0 des enfants restent encore au-dessous deleur poids de naissance à la fin de la deuxième semaine.
La cause de cette diminution de poids se trouve dans les échanges nutritifs. J’ai comparé le poids absolu du lait ingéré avec le poids des matières excrétées par l’intestin et par les reins, et avec celui de îeau et des gaz éliminés par la peau et par les poumons, et voici les chiffres que j’ai obtenus :
a ) Du 1er au 3® jour inclusivement :
300 gr. de lait ingéré ;
— 453 gr. de différents produits éliminés;
soit une différence de;
— 153 gr. qui représenterait la diminution de poids théorique pour les trois premiers jours.
En fait, cette diminution de poids est d'environ 337 gr. 6 ; il resle donc encore à expliquer la destruction de 184 gr. 6 de matière.
b) Pour la période comprise entre le 4e et le7e.jour inclusivement, j’ai obtenu les chiffres suivants :
L’enfant a pris pendant ce temps, -f- 1539 gr. de lait
— éliminé ■ — . — 1013 gr. de produits ex-
crémentitiels.
L’augmentation de poids théorique ainsi calculée serait de . -f 526 gr.
En réalité, l’enfant n’a augmenté que de . -f- 210 gr.
De sorte que ici encore il y a un écart entre l’augmentation déaj poids supposée et l’augmentation réelle : il y a donc encore un emploi de 316 gr. de matières à expliquer!
Par suite du peu d’activité de ses fonctions de nutrition, le fœtus produit, comme nous l'avons vu, une faible quantité de chaleur. Dès la naissance, il perd néanmoins beaucoup de spn calorique par rayonnement. Mais ce calorique lui est restitué par la mise en œuvre de plusieurs fonctions nouvelles, d’où résultent le développement d’une grande chaleur de combustion et la production de gaz du fait de processus chimiques et physiques. La respiration pulmonaire et cutanée, la digestion et le chimisme cellulaire représentent les sources de production de chaleur les plus puissantes. C’est donc à la production de calorique qu’est employé l’excédent de lait ingéré, qui ne sert ni au développement de l’organisme ni à l'accroissement de poids du corps.
Le défaut de corrélation si inattendu que nous venons de constater entre le pouvoir plastique du lait ingéré et la diminution ou la faible augmentation de poids de l’enfant, pendant la seconde semaine après la naissance, trouve son explication dans les idées que nous venons d’émetlre sur les besoins de calorique de l’enfant : une partie du lait ingéré devant être employée pour les besoins de la chaleur de combustion de l’enfant et pour la radiation calorifique de la peau.
Gomme généralement la quantité rie lait absorbée pendant les ' trois premiers jours ne suffit pas à produire la chaleur nécessaire! à l'enfant, et comme ses organes s’adaptent à leurs nouvelles fonctions avec une rapidité extrême, il en résulte que l’organisme de l’enfant est obligé de recourir pendant ce temps aux réserves nutritives qu’il a acquises de sa mère pendant la vie intra-utérine. En fait, j’ai trouvé que la courbe de poids était parallèle à la courbe dès
température et à la courbe de l’azote total de l'urine. L’ictère physiologique des nouveau-nés, si fréquent pendant les 8 premiers jours, trouve évidemment son explication dans ces phénomènes et très probablement aussi dans la destruction de nombreux globules rouges (Hofmeier).
La température du nouveau-né est basse pendant les premiers jours de la vie, ce qui tient à ce que l’équilibre n’est pas encore établi entre la production de chaleur animale et la perte de chaleur par rayonnement.
La température de la peau du nouvoau-né n’est que de 25° à 29° G. alors quelle est de 32° à 34» G. chez l’adulte, parce que la perte de chaleur par rayonnement cutané est plus grande chez le premier. Cela explique pourquoi, chez des nourrissons enveloppés dans leurs langes comme ils le sont ordinairement pendant la première semaine, j’ai trouvé au niveau du creux épigastrique une température moyenne de 36°,1 G., un peu plus élevée chez les garçons que chez les filles, alors que chez l’adulte cette température n'est que de 35» C. Ces considérations nous apprennent donc que nous devons préserver les nouveau-nés de toute cause de refroidissement, la rapidité avec laquelle ils se refroidissent étant du reste en rapport avec le degré de température ambiante. Il est 'donc nécessaire de prendre les plus grandes précautions pour éviter le refroidissement des nouveau-nés, comme par exemple, quand on est obligé de procéder à la respiration artificielle par la méthode de Schultze ou par tout autre procédé, pour ramener à la vie un enfant né en état de mort apparente.
Le refroidissement que subit lenouveau-nédepuis la naissance jusqu’après le premier bain, suffit ordinairement à ramener sa température de 37°, 4 à 36° et même à 35°. Le fœtus — ainsi que le nouveau-né depuis le moment de la naissance jusqu’à l’époque où sa calorification est bien établie — se comporte comme un animal à sang-froid. Chez lui, les sources de production de la chaleur animale sont encore rudimentaires. Aussi, pendant les premières semaines, la température de l’enfant s’élève-t-elle après les tétées et après les cris.
[Boudin a insisté spécialement sur l’abaissement considérable de température qu’on peut observer chez les nouveau-nés et surtout chez ceux qui sont nés avant terme. La température peut s’abaisser au-dessous dfe 32° et même descendre à 28° et 23°. En ce cas le pronostic est fatal.]
Dans les conditions normales, la température interne du nouveau-né oscille entre 36°5 et 37°.
Schaeffer. — Atlas-Man. d’obstétr. 14
210 PHYSIOLOGIE ET HYGIÈNE DE i/ ACCOUCHEMENT 'j
Des causes qui influent sur le développement de l’enfant. — Nous pouvons nous faire une idée des facteurs qui interviennent dans les oscillations physiologiques de poids des nouveau-nés, par les constatations suivantes : Les enfants très développés, pesant à la naissance plus de 4 kilos, sont moins touchés que les autres ; leur diminution de poids dans les 14 premiers jours est moindre que chez les enfants de poids moyen, c’est-à-dire de 3100 à 3400 gr., et leur accroissement ultérieur plus considérable. Les enfants débiles ou prématurés sont, au contraire, plus profondément atteints que les autres par les influences nocives des premiers jours et, chez eux, l’ictère est beaucoup plus fréquent.
Le développement des enfants est manifestement influencé par les conditions particulières dans lesquelles se trouve leur mère, Ainsi généralement les enfants, nés de primipares âgées de moins de . 20 ans et pesant moins de 55 kilos, sont ceux qui augmentent le moins pendant la première semaine. Il en est de même pour les enfants issus de femmes surmenées, mal nourries ou malades pendant leur grossesse. Cette constatation nous montre que si on soumet les femmes enceintes à un régime diététique spécial, elles mettront au monde des enfants de poids et de dimensions moindres que dans les conditions ordinaires. C'est là un résultat qu’il n’est pas indifférent d’obtenir en cas de rétrécissement du bassin et grâce auquel on peut espérer la naissance d’un enfant vivant (Diète d»:> Prochownik).
Au contraire, les enfants des femmes, surtout des multipares, qui pèsent plus de 55 kilos et qui ont entre 20 et 29 ans, sont ceux qui augmentent le plus rapidement de poids. Ces femmes ont engénéral plus de garçons que de filles. La vigueur du père compense ordinairement, au profit du développement de l’enfant, la faiblesse ‘ de la mère. Il faut également faire intervenir ici l’état de santé du père au moment même de la conception.
Chez les métis, on trouve déjà les caractères propres aux races, S aux peuples et aux tribus. Les mariages entre allemands et japo-,^ naises se terminent souvent d’une façon tout à fait malheureuse, 'i parce que la grande disproportion qui existe entre la largeur dua crâne des enfants issus de ces unions et l’étroitesse et la forme arrondie du bassin de la mère rend l’accouchement impossible. Par contre, de bons résultats ont été obtenus dans les croisements» entre allemands et roumaines.
Tous ces facteurs influent non seulement sur le poids absolu de l’enfant à la naissance, maisencore sur les variations de poids des enfants d'une même femme. Plus est V
grand le poids d’une femme bien portante et vigoureuse, plus s’élève de l’un à l’autre le poids de ses enfants. Il y a des différences caractéristiques suivant qu’il s’agit ou non du premier enfant; le premier enfant est généralement le plus petit.
[Le repos ou des occupations peu fatigantes, une bonne nourriture, l’absence de tous soucis, telles sontles conditions dans lesquelles doit se trouver la femme enceinte, pour que la grossesse suive son cours normal jusqu’à terme. Si ces conditions sont réalisées, les enfants sont, toutes choses égales d’ailleurs, plus gros, plus forts, plus vigoureux à la naissance et mieux armés pour résister aux troubles qui surviennent fatalement dans la première enfance. Pinard a, dans ces dernières années, mené une véritable croisade en faveur de la puériculture intra-utérine, et il a montré les excellents ellets de l’hospitalisation des femmes enceintes pendant les derniers mois de la grossesse.]
Au 15e jour, les enfants des femmes tuberculeuses ou scrofuleuses présentent un abaissement de poids sur leur poids de naissance qui est en moyenne de 6,2 0/0, alors que celui des enfants issus de femmes saines n’est que de 0,14 0/0. Tandis que ces derniers enfants augmentent en moyenne pendant le premier mois de 35 gr., et pendant le second de 28 gr. par jour, les enfants des femmes tuberculeuses restent stationnaires pendant le premier mois, et pendant le second mois n’augmentent que de 4 gr. par jour.
Suivant que les hommes sont bien portants ou malades, leurs enfants pèsent à la naissance 3500 gr. ou 2600 gr. en moyenne.
Le diabète de la mère a sur l’enfant une influence encore plus néfaste que la tuberculose et la. scrofule; les enfants des diabétitiques meurent in utero dans la proportion de 5 0/0.
La syphilis agit de même. On voit cependant, en cas de syphilis, des enfants naître bien portants et conserver une bonne santé quoique leur mère soit infectée ; néanmoins ces enfants se développent moins rapidement que les enfants issus de femmes saines et ils présentent un plus grand abaissement de poids immédiatement après la naissance. On peut toutefois incriminer en partie l’-allaitement artificiel.
11 arrive à des primipares d’accoucher de gros enfants, pesant plus de 4 kilos; mais cela est plus fréquent en ville quà l’hôpital, car, dans les milieux aisés, les femmes enceintes ont une alimentation plus abondante et ne sont soumises à aucun travail manuel fatigant.
Il est encore digne de remarque que souvent, chez les femmes affaiblies, le fœtus se développe pendant la vie intra-utérine aux dépens de la mère. L’enfant prospère à merveille jusqu’au moment
de l’accouchement et la mère se sent très bien portante, même en dépit d’une alimentation insuffisante ou d’un état maladiî. Puis, l’accouohement terminé, la maladie éclate pour ainsi dire brusquement, et la femme ne se rétablit qu’après des mois de soins assidus, ou bien elle ne se remet pas et succombe à la tuberculose. ■ '-M
La connaissance de tous ces faits est d’une grande importance, comme nousl’avonsvu ; elle trouveson application immédiate quand il s’agit d’établir le pronostic de l'accouchement en cas de rétrécissement du bassin, et dans un autre ordre d’idées, lorsqu’on s’occupe de l’alimentation d’un nourrisson.
Allaitement artificiel. — D’une façon générale, chez lus enfants bien portants soumisà Y allaitement artificiel, l’augmentation de poid ; n’est presque jamais aussi forte que chez les enfants élevés au sein de leur mère.
Comparons maintenant le poids des enfants bien portants nourris au sein au poids des enfants élevés artificiellement par la méthode de Soxhlet, la plus répandue aujourd’hui.
Nous savons que, dans la méthode de Soxhlet, on additionn^le lait de vache d’eau ordinaire et de lactose, pour en rapproch®/ plus possible la compdsition de celle du lait de femme, et qu’on fait ensuite cuire celait, mais pendant 10 à20 minutes seulement, pour en détruire les champignons de la fermentation, les bacilles tuberculeux et les autres bactéries qui peuvent s'y trouver. . ;<
Or, chez les enfants nourris artificiellement, le poids de naissance, est moins rapidement récupéré que chez les enfants élevés au sein, car, au 15e jour, le poids des premiers est encore de 3,7 0/0 inférieur au poids de naissance, tandis qu’il l’est seulement en moyenne de 0,14 0/0 chez les enfants élevés au sein; nous trouvons déplus que, chez les enfants nourris au biberon, il y a une plus forte diminution de poids, elle équivaut en effet à 7,3 0/0 du poids initial, au lieu de 5,5 0/0 chez les enfants élevés au sein.
Dans les urines des enfants élevés au lait de vache, on a constaté la présence, de. pseudonucléine, c’est-à-dire d’une, combinais# de substances albuminoïdes dérivant de la caséine et de phosphore organique.
A partir de la seconde semaine le lait maternel est presque complètement utilisé par l’enfant, ainsi que l’indique le tableau suivant (Michel, Ufïelmann, Wegscheider).
PHYSIOLOGIE ET ALIMENTATION Dû NOUVEAU-NE 213