PROPORTION DES ELEMENTS DU LAIT MATERNEL ABSORBÉS PAR LE NOURRISSON
Sur l’ensemble îles principes nutritifs . . 90,11 0/0
— les graisses . 96, 3S »
— les substances azotées . 03, 90 »
— lm',486 de sels minéraux . 78,26 »
— 0sr,243 de chaux . S9,42 »
— 06r,263 d'acide phosphorique . . . 91,63 »
Les enfants élevés au sein augmentent dans le premier et le deuxième mois d’environ 30 grammes par jour ; les enfants élevés artificiellement n’augmentent au contraire pendant le premier mois que de 23 grammes et pendant le second de 19 grammes par jour.
Les enfants nourris artiticiellement peuvent conserver une bonne santé, mais ils ont fréquemment des troubles digestifs, soit parce qu’ils n'assimilent pas bien la caséine du lait de vache, soit parce qu’ils sont très exposés aux gastroentérites infectieuses. Quand ils restent bien portants, on voit, dans la seconde moitié de la première année, leur poids atteindre celui des enfants élevés au sein, car à cet âge tous les enfants reçoivent une alimentation mixte. Néanmoins, l’allaitement artificiel a déjà comme conséquence un affaiblissement général de l’organisme et une diminution de la force de résistance pendant les six premiers mois de la vie.
De l’expérience des anciens, corroborée par les recherches modernes, il résulte que dès les premiers jours de la vie, le nourrisson est en état de digérer les substances amylacées ayant subi une préparation spéciale, et de les transformer en suese soluble; nous avons donc le droit, dans tous les cas où l’allaitement, au lait de vache n’est pas suffisant ou est mal supporté, de lui adjoindre de bonne heure des farines modifiées artificiellement.
La préparation la plus ancienne de lait, de sucre et de substances amylacées, est la farine lactée de Nestlé, composée de lait condensé stérilisé, d’une espèce particulière de farine de biscuit et d’une certaine quantité de sucre de canne. J’en ai obtenu de bons résultats ainsi que des biscuits spécialement préparés pour enfants.
La crème d’avoine avec du biscuit écrasé et bouilli remplit assez souvent le même but. Récemment on s’est' servi
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avec succès, chez les nourrissons alhrepsiques et atteints de gastro-entérite, même dans les huit premiers jours delà vie, de soupe de malt, composée de telle sorte que pour 750 gr. de soupe de malt, il y ait 11)0 gr. d’eau ; cette soupe contient donc moins de lait et de farine et plus d’extrait de malt que la préparation analogue de Liebig.
[En France, nous préférons ne pas avoir recours trop tôt à ces préparations, et nous nous contentons de donner aux jeunes enfants du lait de vache pur ou coupé. En général, c’est à partir d’un an seulement, que nous permettons les soupes et les œufs.]
Nous avons vu que le nouveau-ué a surtout besoin d’aliments produisant de la chaleur. Or, 52 grammes de graisse fourn issen t autant de calories que 1 00 grammes d’al bumine. Le lait de vache ne convient donc pas au nourrisson, puisque la proportion de caséine y est plus grande que dans le lait de femme et que cette caséine est indigeste pour l’enfant. C’est pourquoi l’appareil digestif du nourrisson est approprié à la digestion d’un lait pauvre en albumine et riche en graisse.
Par la centrifugation, par conséquent par un moyen mécanique, on peut débarrasser le lait de vache d’une partie de sa caséine. La transformation du lait ainsi opérée réalise très bien, du moins en théorie, la question de l’allaitement artificiel. Danschaque laiterie, on peut, avec la force centrifuge, préparer le « lait gras » de Gærtner. Sans doute on obtient de bons résultats avec ce lait, mais il ne réalise pas encore l’idéal de l’allaitement artificiel. J’ai vu, en effet, bien des enfants nourris au lait de Gærtner, n’augmenter que d’une manière insuffisante, et leur accroissement ne devenir régulier que quand on avait recours en outre aux aliments supplémentaires énumérés plus haut.
[Pour donner au lait de vache une composition centésimale à peu près analogue à celle du lait de femme, il faut en diminuer la proportion de caséine et des sels et en augmenter la teneur en beurre et en sucre. On obtient ce résultat en ' coupant le lait de vache avec la moitié environ de son volume d’eau lactosée et en soumettant le mélange à la centrifugation. Par ce traitement, la masse liquide se sépare en coya chès decompositionsdifférentes, le beurre plus léger s’amasse au centrera caséine et les sels à la périphérie et on recueille à l’aide d’un robinet placé en un point spécial le liquide