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MALADIES DE L’OEUF

du tronc, du cou ou des extrémités, et finalement des nœuds du cordon qui apportent de nouvelles causes de troubles à la circulation du fœtus.

VII. — Syphilis. — Au moment de la conception et pendant la grossesse, les femmes sont particulièrement prédisposées à contracter la syphilis. Plus la syphilis des parents est jeune, plus sont fréquents les avortements et plus tôt ils se produisent. Il en est de même quand le père seul est syphilitique ; on sait, du reste, que le père peut infecter le produit de conception sans contaminer la mère. Si la mère est contaminée dans le cours de la grossesse, l'accouchement prématuré est plus rare, mais cependant le fœtus est presque toujours infecté. Enfin, quand la mère ne contracte la syphilis que 4 semaines avant le terme, l’enfant reste indemne.

Souvent l’enfant succombe in utero, il est alors expulsé mort et macéré. S’il est né vivant, il peut ne présenter aucun symptôme bien net, et on remarque seulement chez lui une mauvaise nutrition, une augmentation de poids insuffisante en dépit d’une alimentation bien réglée, en somme un dépérissement très manifeste dans le cours de la première année.

D’autres fois, l’enfant naît avec des manifestations de la syphilis ou bien celles-ci ne se développent que quelques jours après la naissance. Ce sont les suivantes : le pemphigus syphilitique, qui est caractéristique quand il siège à la plante des pieds et à la paume des mains ; la roséole syphilitique dont les taches ont les dimensions d’une lentille; le lichen nodulaire ; les ulcérations aux divers orifices naturels; les pustules d’ecthyma; l’œdème des extrémités et l’œdème généralisé, souvent aussi l’ascite et l'hydrothorax. il faut ajouter à ces manifestations spécifiques qui sont les plus fréquentes : l’hydrocéphalie, dont nombre de cas peuvent être rattachés à la syphilis héréditaire; les ostéites épiphysaires, surtout observées au tibia et au fémur ; l'hypertrophie du foie et de la rate due à la prolifération du tissu conjonctif de ces organes ; les ulcérations de l’estomac, qu’on retrouve dans une partie des cas de mélœna des nouveau-nés; et enfin la pneumonie interstitielle produisant des troubles respiratoires dès la naissance.

Le poison syphilitique peut passer de la mère au placenta et au fœtus, mais cela est rare, car dans la majorité des cas

PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE

l’infection ne se transmet à l’œuf qu’au moment du coït fécondant et par l’intermédiaire de l’élément mâle. Il est vraisemblable que si la mère est infectée, l'œuf peut être également contaminé par elle; enfin il peut arriver que le fœliis contaminé par le père, au moment de la conception, contamine à son tour la mère encore saine [syphilis par conception.] Mais l’infection de la mère par le produit de conception est rare (choc en retour), et cela tient probablement à ce que les toxines spécifiques produites parle fœlus donnent l’immunité à la mère, de sorte que celle-ci n’est généralement pas non plus infectée par son enfant, si elle le nourrit (loi de Colles).

Le traitement à conseiller est le suivant : iodure de sodium, 0&r, 15 à I s,',25 et même 1 gramme par jour. — Calomel, 0sr,0o à 0«r, l ou 0sr,2 trois fois par jour, tant comme laxalif que comme spécifique. — Emplâtre mercuriel d’Unna, au lieu de frictions avec la pommade mercurielle.

L’enfant né de parents syphilitiques, qu’il soit bien portant en apparence ou malade, ne doit pas être mis au sein d’une nourrice mercenaire. Si la mère est saine, elle ne doit pas nourrir son enfant, lorsque celui-ci est malade. On traitera cet enfant par des bains de sublimé (l gr. de sublimé pour 20 litres d’eau) ; par le calomel à la dose de 0sr,00o milligr. à 0,075 milligr., trois fois par jour, associé à la poudre de Dover, 0«r, 003 milligr. à 0,005 milligr. [lVous enseignons en France, avec Fournier, qu’un enfant procréé syphilitique par un père syphilitique ne contagionne jamais sa mère; il en résulte que cette mère peut allaiter son enfant et qu’elfe ne sera pas contaminée par lui, même s’il présentaitdes ulcérations buccales spécifiques. Mais si la femme contracte la syphilis dans les 3 derniers mois de sa grossesse, elle ne doit pas allaiter son enfant, car celui-ci a bien des chances de n’avoir pas été infecté in utero .]

En ce qui concerne le consentement au mariage accordé par le médecin, ce consentement ne peut être donné à un syphilitique que 5 ans après le début de la maladie et 3 ans après la disparition des derniers accidents. Immédiatement avant le mariage, il convient de faire subir au malade une cure de frictions mercurielles. II faut aussi attirer son attention sur le danger de contamination par les érosions bue-

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