GROSSESSE EXTRA.- UTÉRINE
2° La fécondation a lieu primitivement dans le follicule, mais ensuite l’œuf se développe dans la cavité abdominale ; il est enveloppé d’exsudats fibrineux. En ce cas, on dit qu'il y a grossesse ovario-abdominale.
3° La grossesse est tubo-ovarienne. On rencontre cette variété quand l’œuf se développe dans la partie de la trompe qui avoisine l’ovaire, cette trompe étant coudée, soit congénitalement, soit à la suite d’adhérences périsalpingiennes (trompe ovarique) (voir § 1).
4° L’œuf se greffe dans un kyste tubo-ovarien. Ce faitpeut s’observer quandun petit kyste, appartenant à un ovaire dégénéré, se rompt dans la trompe et donne lieu àla formation d’un hydrosalpinx.
5° On a rencontré plusieurs fois des grossesses ovariennes dans des hernies inguinales.
Dans ces cas l’enfant n’arrive que très exceptionnellement il terme.
Traitement de la grossesse extra-utérine.
La terminaison 'la plus favorable de la grossesse extrautérine est la rupture précoce du kyste, dans les deux premiers mois, avec résorption de l’embyron ; vient ensuite la momification ou la pétrification du fœtus, quand celui-ci est trop volumineux pour se résorber. Cependant, même dans ces conditions, la mortalité maternelle est encore de 25 0/0.
Quand la grossesse est plus avancée, les hémorragies deviennentplus dangereuses et peuvent être fatales ; en outre, le fœtus étant plus gros, est plus exposé à la putréfaction.
Le traitement présente encore bien des points obscurs. L’idéal serait d’attendrequè l’enfant soit viable, et d’opérer à ce moment pour sauver la mère et l’enfant. Mais l’expectation ferait courir à la femme de trop grands risqués, si on s'en rapporte à ce que nous venons de dire, et si oncompare les résultats de l’expectation à ceux que nous donnent les méthodes opératoires modernes.
fA toute période de son évolution, la grossesse extra-utérine doit être considérée comme une tumeur maligne (Wœrth). Pinard a résumé comme suit la conduite à tenir dans te cas de grossesse ectopique: « Toute grossesse extra-utérine diagnostiquée commande l’intervention chirurgicale. »] Les indications peuvent se formuler ainsi :
310 PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE
Fig. 114. — Grossesse ovarique. — Péritonite adhésive. Trompe gauche coudée.
Fig. lis. — Sac tubaire ouvert dans la vessie et le rectum.
— Les os du fœtus, dont les parties molles se sont résorbées, s’éliminent par ces deux cavités. Utérus en antéflexion.
Fig. 116. — Grossesse abdominale. — Péritonite adhésive.
Fig. 117. — Grossesse extra-utérine interstitielle.
Fig. 114 àll7. — Dessins originaux d’après des pièces de la Clinique gynécol. de Munich.
1“ Dans les trois premiers mois, on peut, dans certaines circonstances, pratiquer deux injections de morphine de Ogr. 03 centigrammes dans le kyste fœtal sans aspirer le liquide amniotique. Ces injections ont pour but de tuerie fœtus (v. Winckel). On s’entourera des précautions antiseptiques les plus rigoureuses,
2° Si l’œuf continue à s’accroître malgré ces injections, ou si, même dans les cas où le diagnostic reste incertain, les troubles amenés par la maladie sont très accusés et inquiétants, il faut pratiquer la laparotomie. On ne serait autorisé à ouvrir le cul-de-sac vaginal et le Douglas que si on avait la certitude que la tumeur est petite, pédiculée et • non adhérente.
3° Quand la grossesse extra-utérine est plus avancée, il ne convient d’attendre la viabilité du fœtus, que si la femme est stérile. La malade doit alors absolument garder le lit. En dehors de ce cas exceptionnel, il faut sans tarder procéder à la laparotomie.
4° Lorsque le fœtus est mort, il est bon d’attendre quelque temps (de préférence six mois) avant d’opérer ; on pratiquera alors la laparotomie dans la position inclinée afin d’enlever complètement l’œufet le fœtus.
5° En cas de rupture du kyste, si le collapsus n’est pas très prononcé et si la rupture ne date que de quelques heures, on peut ouvrir le ventre.
Si les symptômes d’hémorragie et de choc sont très accusés, on doit tout d’abord s’efforcer de conserver à la malade le sang épanché : repos absolu, opiacés, analeptiques; sac de sable sur l’abdomen, position élevée du bassin ; injections sôus-cutanées, rectales et intra-veineuses de solution salée physiologique. Le fœtus sera enlevé plus tard.
Si la rupture est ancienne et si la malade n’est pas en péril, on peut attendre pour opérer.
Schaeffek. — Atla\ Ma \uel, page 31 0.
Fig. 114
Fig. 115
Schaeffer. — Atlas-Manuel, page 310.
Tab. 55
Fig. 116
Fij. 117
C° Si le kyste fœtal, par suite de son excès de volume ou de ses adhérences, ne peut être enlevé sans danger, on le sutureraà la paroi abdominale [marsupialisation] pourlerendre extrapéritonéal, et on en pratiquera le tamponnemenl.
7° Lorsqu'il y a suppuration d'une hématocèle, il faut inciser par le vagin et drainer ; dans le cas contraire, on n’y touchera pas.