RUPTURES DE L’UTÉRUS
de contraction épais. Le segment inférieur est alors distendu par le fait des tractions qu’exercent sur lui les fibres musculaires du corps.
L’utérus trouve son point d’appui inférieur, dans les solides faisceaux fibreux qui s’insèrent sur le col et les culsde-sac du vagin, ainsi que dans le muscle rétracteur de l’utérus (voir p. 130 elsuiv.). Il prend encore un point d’appui au niveau de l'orifice utérin, quand celui-ci est Exactement appliqué sur la tête fœtale.
Le point d’appui de la résistance est le corps du fœtus. Cette résistance se fait sentir pendant tout le temps que la tête met à s’engager dans le détroit supérieur du bassin, pendant toute la période de dilatation de l’orifice utérin et surtout quand il y a un obstacle siégeant au col.
Les déchirures qui se produisent sous l’influence de la distension ont été décriles p. 140 et sont représentées, d’après nature, sur les fig. 16 et 17 du texte, p. 376 et 377 et dans la fig. 76 de la planche 34. La distension excessive du segment inférieur par traction est encore augmentée, par la compression exercée directement par la tête du fœtus sur ce segment inférieur, compression dont l’effet le plus immédiat est un nouvel amincissement de la paroi utérine. C’est par suite de ce double mécanisme : élongation et amincissement du segment inférieur, que se produisent les ruptures de l’utérus dans les cas d’hydrocéphalie même sans rétrécissement du bassin (fig. 133, 133a, 152, 153 et 157), ou dans les cas de présentation de l’épaule négligées (fig. 98 et 151), quand on abandonne l’accouchement à lui-même et qu’on laisse se produire l’évolution spontanée ou l’accouchement conduplicato corpore.
L’anneau de contraction remonte alors jusqu’à la hauteur de l’ombilic, plus ou moins au-dessus de la partie fœtale qui-se présente, tandis que le segment inférieur est très distendu et très aminci ; en cas de présentation du sommet, on voit même le tronc du fœtus tendre à s’engager dans ce segment inférieur qui proémine déjà fortement en avant avec la tète fœtale.
Nous sommes au moment critique ! Le fond de l’utérus contracté est fixé par la tension considérable des ligaments ronds. Si les efforts abdominaux sont insuffisants pour faire pénétrer la tête dans le bassin, ils deviennent dangereux en ce sens qu’ils repoussent vers le bas le tronc de l’enfant qui vient s’engager de plus en plus dans le seg-
376 PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE
Fig. 131. — Fœtus en présentation détrône conduplicato corpore, autrement dit en présentation de l’épaule négligée.
L’épaule était engagée, le fœtus macéré. Le bras et le moignon de l’épaule étaient au niveau de l'orifice utérin et, pour ceinotif, très œdématiés. En certains points l’épiderme est détaché. (Aquar. orig. d'après une pièce de la clinique' gynéc. de Heidelberg).
ment inférieur, et celui-ci se distend chaque fois davantage. La pression exercée sur les parois du segment inférieqr provoque une excitation des centres nerveux utérins qui produit par réflexe de nouvelles contractions et de nouveaux efforts. La rupture se fait précisément au point où se transmet la pression suivant l’axe du fœtus (p. 121). k. i La distension du segmentinférieurseraencore augmentée
Or Fig. 16. — Rupture complète de l’utérus.
La solution de continuité Ru s'étend de l’anneau de contraction CR, jusqu'à un travers de poucè au-dessus de . 'l’orifice externe AMm'. Ce dernier point correspond à la limite de l’adhérence du péritoine sur. la face postérieure de l’utérus, ou encore à l’insertion du muscle réfracteur de l’utérus. Unt. üt. S, segment inférieur de l’utérus. PI, insertion placen-
si on introduit la main dans l'utérus qui pourra se rompre alors par ellYaction. Les déchirures latérales sont les plus fréquentes, et parmi ces déchirures celles qui ont une direction longitudinale.
Les ruptures commencent par un écartement des fibres