DÉCHIRURES DU COL
dans les bassins rachitiques, la symphyse pubienne et les crêtes pectinéales, sont les points de prédilection pour ces compressions.
Les pertes de substance dues à la compression ont une forme caractéristique ; elles sont arrondies et cteusées eu forme d’entonnoir. Ordinairement, elles se cicatrisent d’ellesmêmes, après s’ètre pour ainsi dire encapsulées au milieu de fausses membranes et d’adhérences dues à la production d'une péritonite adhésive.
Il n’existe pas de symptômes spéciaux de la mortification de l’utérus causée parce mécanisme. Les amincissements de l’utérus qui siègent au niveau de la paroi antérieure de l’organe peuvent aboutir à la production de fistules génitourinaires; le plus souvent ces fistules sont consécutives à la gangrène de la paroi. Mais comme le bouchon de tissus mortifiés ne tombe qu’au bout de quelques jours, l’incontinence d’urine n’apparaît que vers le 3e ou le 4e jour des couches. (Pour le traitement, voir mon allas de gynécologie)-
C. — Déchirures du col. — ■ Les déchirures du museau de tanche n’ont qu’une gravité relative, en dehors bien entendu des cas où elles s’infectent et se transforment en ulcérations caractéristiques (fig. 18 du texte) et où elles peuvent se compliquer de paramétrite.
Les déchirures plus profondes du col, qui sont ordinairement produites par l'accoucheur dans le cours d’une intervention, prennent une réelle importance quand elles empiètent sur les culs-de-sac vaginaux ou quand elles s’étendent jusqu’au tissu cellulaire sous-péritonéal, parce qu’alors elles arrivent à intéresser les branches de l’artère utérine ou celte artère elle-même.
Le diagnostic s’impose en cas d’hémorragie et il devient alors nécessaire de déterminer si cette hémorragie est due à l'inertie utérine ou à une déchirure du col.
Si l’on perçoit à travers la paroi abdominale un globe utérin dur et contracté, il faut penser à une déchirure du canal génital et immédiatement explorer le vagin et le col avec le doigt [et au besoin avec des valves] ce qui permettra de reconnaître une déchirure du vagin, du museau de tanche, ou même de la portion sus-vaginale du col.
Comme traitement, suture par l’un des deux procédés suivants : soit, comme Veit le conseille, sans spéculum, le
PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE
porte-aiguilles conduit sur deux doigts servant de guides, pendant qu’un aide appuie sur la paroi abdominale pour abaisser l’utérus, soit, comme on le fait ordinairement, en appliquant des valves vaginales et des pinces de Museux qui mettent à découvert les lèvres de la déchirure.
Le mécanisme de ces déchirures varie avec leur siège, ainsi, du reste, que leur pronostic.
D. — Déchirures du vagin. — Au point de vue pratique, il nous faut distinguer 3 variétés de déchirures du vagin: 1° les déchirures des culs-d'e-sac vaginaux, 2° les déchirures qui portent sur la partie moyenne du vagin, 3“ celles de la fosse naviculaire avec ou sans déchirure du corps périnéal.
1° Ruptures des culs-de-sac vaginaux. — Ces ruptures s’observent presque exclusivement au niveau du cul-desac postérieur.
Elles sont traumatiques ou spontanées. En ce derniercas, elles sont dues à ce que la tête, qui était située jusqu’ici audessus du détroit supérieur, se trouve tout d’un coup poussée avec force dans l’excavation par les contractions utérines. Elle rencontre alors le fond du vagin et le déchire ; certes, la paroi viginale, qui est ramollie du fait de la grossesse, ne devrait pas céder, mais il faut remarquer que dans ce cas elle a perdu son élasticité par suite de la forte distension à laquelle elle a été soumise et que, par conséquent, elle est relativement vulnérable. Quand le bassin est normal, la tête peut aussi ne pas s'engager dans le détroit supérieur avant la fin du travail; cet engagemént tardif peut tenir à plusieurs causes : par exemple, à une anomalie des contractions utérines, telle que la tétanisation partielle de l’utérus ou des contractions irrégulières, ou à une direction défavorable de ces contractions, comme on l’observe dans les cas de ventre pendulum ou lorsque la parturiente reste debout et penche trop fortement le corps en avant.
Les déchirures des culs-de-sac vaginaux firent leur gravité du mécanisme de leur production, de leur étendue et de leur profondeur. D’une part, en effet, elles donnent lieu souvent à des hémorragies profuses, car les vaisseaux si nombreux de la base des ligaments larges se trouvent déchirés, d’autre part, elles se compliquent de péritonite quand le péritoine est ouvert. Plus rarement, il se produit Un abcès dans le tissu cellulaire du paramétrium déchiré.