DÉCHIRURES D(J VAGIN
Le fœtus ou les annexes pénètrent ordinairement en totalité ou en partie dans la déchirure. Les symptômes sont souvent peu alarmants ; mais le pronostic doit être réservé.
Traitement. — Extraction immédiate du fœtus par les voies naturelles (danger d’hémorragie interne), suture de la plaie, etprincipalement du péritoine, sans quoi tamponnement et drainage.
11 n'est pas toujours facile de déterminer d’une manière absolument certaine si le péritoine est ouvert ou s’il est intact; c’est qu’en effet, les anses intestinales sont perçues au loucher avec la plus grande netteté, comme si elles étaient à nu, même quand elles sont recouvertes parle péritoine dontla minceur est celle d’une feuille de papier. Lorsqu’on esten droit de penser que le péritoine n’est pas déchiré, il faut, si les sécrétions sont sanieuses ou purulentes, procéder à: des irrigations vaginales fréquentes, ou bien même, ainsi que l’a proposé Stschelkin, pratiquer une incision lombaire, extrapéritonéale, pour établir un contre-drainage. Si l’on n’arrive pas à se rendre maître de l’hémorragie, ou si la plaie est trop irrégulière et déchiquetée, on aura recoursàl’hystérectomievaginale;au besoin même, il faudrait pratiquer la laparotomie pour lier les vaisseaux avec sûrpté.
2° Déchirures de la partie moyenne du vagin. — billes sont ordinairement traumatiques, et dues presque toujours à une application de forceps mal faite ou mal conduite : c’est le cas, par exemple, lorsqu’on veut exécuter, avant le moment voulu, le mouvement d’extension de la téter. Ces déchirures sont longitudinales. Elles se compliquent rarement de fistules recto-vaginales, maisplus souvent de fistules véJ covaginales, qu’on ne découvre habituellement que quelques jours après l’accouchement, quand se déclare de l’incontinence d’urine à la suite de la chute des eschares. 11 faut suturer ces déchirures avec grand soin.
3° Déchirure s de la partie inférieure du vagin. — Ces déchirures siègent le plus souvent sur les parties latérales de la colonne postérieure du vagin. Elles sont produites avec une égale fréquence par la têteau moment de son expulsion, et par l'épaule quand elle glisse sur le périnée pour se dégager. Parfois il ne se produit qu’une déchirure au niveau de la muqueuse de la fosse naviculaire, de sorte que le périnée et la fourchette, vus du dehors, paraissent intacts, tandis qu’il y a en dedans une plaie plus ou moins profonde.
Schaeffer. — Atlas-Man. d'obstùlr.
PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE
E. — Déchirures du périnée. — Au point de vue des troubles fonctionnels, les déchirures du périnée proprementdites présentent trois degrés: 1° les déchirures de la fourchette, 2° les déchirures du corps périnéal, s’étendant jusqu’au sphincter de l’anus, 3° les déchirures intéressant le périnée dans sa totalité et allant j usqu’au rectum.
Ces déchirures doivent être reconnues immédiatement (pour la technique voir l’Atlas, I). Si on les suture avant la délivrance, etqu’on soit obligé par la suite de pratiquer l’extraction manuelle du placenta, il y a lieu de craindre que la suture ne se relâche et que la réunion par première intention ne se fasse pas.
[Pour éviter cet inconvénient et pour ne pas être obligé, après la délivrance, de donner une seconde fois du chloroforme à la malade, j’ai l’habitude de procéder de la façon suivante lorsqu’une déchirure du périnée s’est produite à la suite d'une application de forceps ou de toute autre intervention obstétricale ayant nécessité l’anesthésie: Jelaisse la malade endormie et je passe les fils périnéaux de suite après l’extraction du fœtus et après avoir fait une injection vaginale antiseptique ; j’applique sur ces fils des pinces à forcipressure, mais je ne les serre qu’une fois la délivrance effectuée. J’évite ainsi à la malade la douleur très vive occasionnée par le passage de l’aiguille à suture, et je ne suis pas obligé, chez les femmes pusillanimes, de donner à nouvèau du chloroforme pour cette petite opération.]
En général, la plaie périnéale ne se réunit par première intention que si la suture est pratiquée dans les six premières heures qui suivent l’accouchement. Parfois, on peut chercher à obtenir une réunion par seconde intention, chez les femmes qui doivent bientôt retourner à leur travail et chez lesquelles on n’a pas procédé à la suture immédiate.
La cicatrisation peut se faire d’une façon régulière bien que la femme soit infectée et présente de fortes élévations de température, dès les premiers jours des couches. L’auteur a observé un cas dans lequel la température s’est élevée à 39°71e lendemain de l’accouchement; il s’était formé dans la profondeur des parties génitales un petit abcès, qui s’ouvrit au côté de la fourchette, ce qui n’empêcha pas la réunion par première intention des plaies vaginales et périnéales rapprochées par la suture.