DYSTOCIE, CAUSÉE PAR LE CANCER
du fœtus à travers le canal génitale ; de sorte qu’il y a des cas où, même après un accouchement par les voies naturelles, il vaudrait mieux opérer.
Le rétrécisse ment de la filière pelvienne produit par un fibrome n’est pas comparable au rétrécissement osseux du' même degré, à cause de l’élasticité du fibrome ramolli par la grossesse et du changement de forme qu’il subit sous l’influence des contractions. Si la. tumeur occupe le tiers de l'excavation et si elle n’est pas réductible, on pratiquera la craniotomie dans les présentations de la tète et l'extraction dans les présentations du siège. Si la tumeur remplit la moitié du bassin, l’indication est défaire l’opération césarienne.
E. — Dystocie causée par les tumeurs de l’ovaire. — Les tumeurs les plus dangereuses sont les petites tumeurs solides de l’ovaire qui se logent dans le cul-de-sac de Douglas, et s’opposent à la descente de la tête dans l’excavation pelvienne. Si néanmoins la tète s’engage, la tumeur peut être comprimée et contuse à ce point qu’elle se rompt ou qu’elle se gangrène; elle offre alors à l’infection septique un excellent terrain de culture. Si la tumeur résisle, il peut se produire une rupture de l’utérus et du vagin. 11 n’est pas rare cependant que la tumeur soit pour ainsi dire laminée par compression et finalement repoussée au-dessus du détroit supérieur du bassin ; mais, dans ce cas, le pédicule de la tumeur peut facilement se rompre ou subir un mouvement de torsion.
En ce qui concerne le traitement, il faut d’abord faire des essais de réduction de la tumeur et, s’ils restent infructueux, pratiquer la ponctiondu kyste. Si la ponction ne réussitpas, l’ovariotomie par la voie vaginale est indiquée, et éventuellement l’opération césarienne suivie d’extirpation de la tu-
F. — Dystocie causée parle cancer de l’utérus. — La
possibilité de l’accouchement par les voies naturelles dépend de l’étendue de l’infiltration cancéreuse et de la rigidité du bol qu’elle détermine.
Si le néoplasme a envahi les tissus profondément, et si la portion vaginale du col ne se dilate pas malgré des contractions utérines énergiques, ee qui indique que l’obstacle à l’accouchement est insurmontable, on aura recours, soit
PATHOLOGIE DE LA GROSSESSE
aux profondes incisions cruciales de la portion vaginale, soit à l’ouverture du segmentinférieur de l’utérus par le cul-desac antérieur après décollement de la vessie, soit finalement à l’opération césarienne, suivie d'extirpation totale de l’utérus, si le cancer n’a pas encore envahi lesorganes voisins ; cette dernière opération comprendra, dans un premiertemps, l'extirpation du corps de l’utérus par l’abdomen et, dans un second temps, celle du col par le vagin.
§ 22. — Dystocie causéepar l’œuf et parle fœtus.
Les difficultés de l’accouchement qui tiennent aux mauvaises présentations, aux inclinaisons et attitudes vicieuses du fœtus ont été décrites dans l’Atlas I.
A. — Dystocie dans l’accouchement gémellaire et dans les accouchements multiples. — Les grossesses gémellaires et multiples requièrent une mention spéciale, parce qu’elles se compliquent souvent de dystocie au moment de l’accouchement.
G.Veita calcule, d’après une statistique portant sur 13,000,000 d’accouchements, qu’il y a :
1 accouchement gémellaire pour 88 accouchements simples.
1 — triple. . 7,010 — —
1 — quadruple 371,126 — —
Il n’a été publié qu’une douzaine de cas d’accouchements quintuples dans ces dernières années.
Les grossesses multiples reconnaissent pour cause la fécondation de deux ou de plusieurs ovules expulsés pendant une même période menstruelle ou la fécondation d’un ovule contenant plusieurs germes (flg. 5). Dans ce dernier cas, c’est-à-dire quand il s’agit de jumeaux résultant de la fécondation d’un ovule à plusieurs germes, les membranes de l’œuf sont communes, à l’exception de l’amnios, chaque fœtus étant enveloppé dans une' gaine amniotique propre ; les jumeaux sont alors de même sexe. Quand les jumeaux proviennent d’ovules différents, les œufs ont chacun un chorion, un amnios et une caduque réfléchie ; ils peuvent être de même sexe ou de sexes différents.
Lorsque les jumeaux ont pour origine le même ovule, il existe oies anastomoses entre leurs circulations placentaires, et ce sontces anastomoses qui constituent ce qu'on appelle la troisième circulation. Si cette dernière est asymétrique, c'est-à-dire si son importance