‹ Atlas manuel d'obstétrique clinique et thérapeutiqueChapitre 8 sur 119 · DÉVELOPPEMENT DE L’OEUF · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE L’OEUF

L’ovaire (fîg. 4 et 5) est recouvert d’un épithélium eu- . bique simple, qui, quoique nettement distinct de l’endothélium à grandes cellules du péritoine, n’en est pas moins de même origine. A partir du 3° mois de la vie intra-utérine, cet épithélium donne lieu, par sa prolifération, à la formation des tubes ou mieux d es cardons de Pflüger qui traversent la membrane alhuginée fibreuse, [émanation] du stroma de l’ovaire, et se ,dévt@bp.pent ensuite dans le; tissu cellulaire lâche de la* 'couche corticale. C’est là, au milieu du parenchyme proprement dit de l’ovaire, que se développent les ovules.

Tout d’abord, ce sont des ovules primordiaux qui apparaissent [par différenciation] entre les cellules cubiques de l’épithélium sous forme de cellules plus volumineuses, pourvues d’un noyau et d’un nucléole.

, fLes ovules primordiaux, entourés de cellules provenant de l’épithélium germinatif, s’enfoncent donc dans l’ovaire et, se multipliant par division, forment des cordons de plus en plus allongés composés, au centre, d’une file d’ovules primordiaux et, à la périphérie, d’un revêtement épithélial provenant de l’épithélium germinatif. Pais, les cordons de Pflüger s’isolent dans le tissu conjonctif de l’ovaire et ne présentent plus aucune connexion avec l’épithélium germinatif de la surface de l’organe Celui-ci prend dorénavant une constitution plus simple, en ce sens qu’il ne s’y forme plus d’ovules primordiaux et qu’il se trouve cônstitué exclusivement par des cellules cylindriques ou cubiques.

Les cordons de Pflüger se segmentent ensuite et, dans chaque segment,] les ovules primordiaux se groupent pour former des masses sphériques, appelées nids d’ovules, entourées d’épithélium germinatif et logées dans le stroma de l’ovaire. Plus tard, chacun de ces ovules s’isole, mais il reste toujours entouré d'une capsule de petites cellules épithéliales, les cellules épithéliales folliculaires, dérivant du revêtement germinatif, c’est le follicule primordial. Enfin le dernier stade de développement est le follicule de de Graaf, qui, pour arriver à maturité, exige la production des modifications suivantes : les cellules de l’épithélium folliculaire prolifèrent dans l’intérieur du follicule primordial et s’y disposent en plusieurs couches stratifiées, dont l’ensemble constitue la membrane ou zone granuleuse. Quant à l’ovule, arrivé lui aussi à maturité, il est situé dans une position excentrique par rapport au follicule de de Graaf,

au milieu du' cumulus proligère, qui n’est qu’un épaissis^^B sement de la membrane granuleuse.

L’ ovule adulte se compose, en allant de dehors en dedans, d’une membrane d’enveloppe, la zone pellucide, et d’un contenu composé du vitellus. de la vésicule germinative et de la tache germinative [macula) située au milieu du réti-m K culum nucléaire. Le cumulus proligère est entouré de f; liquide, le liquor folliculi, qui se trouve contenu àl’inté-j^ rieur de la zone granuleuse.' Le stroma de l’ovaire entoure»* le follicule et lui forme une enveloppe extérieure, connue !.. sous le nom de theca folliculi et composée de deux couches(^B l’une interne, la tunique propre , l’autre externe, la tuni-^U que fibreuse. Les nerfs pénètrent jusque dans le cumulus si proligère. On n’a pas pu encore découvrir de ganglion ner-^B veux dans l’ovaire (von Herfï).

Note additionnelle.

[Au moment de sa maturité, l’ovule constitue une cellule^B complète, la zone pellucide étant la membrane d’enve-^B loppe, le vitellus le proloplasma cellulaire, la vésicule ger-^B minative le noyau, et la tache germinative le nucléole, ^B C’est la plus grosse cellule de l’économie, car elle mesure^B 0rain,17,soit presque l/5ede millimètre. A la découverte defl l’ovule et du follicule de de Graafde la femme, se rattachent;^| les noms de: de Graafqui, en 1672, découvrit les ovisacsjjfl de Baër qui observa le premier les ovules en 1827; Côstefl qui trouva la vésicule germinative en 1834; Wagner à qui . H on doit la découverte de la tache germinative faite en 1836.j^B

La zone pellucide présente des stries radiées, d’où le nom^B de zone radiée qui lui est donné aujourd’hui. Elle n’est ■ pas le résultat d’une sécrétion de l’œuf, mais elle est pro- W duite par la soudure des plateaux des cellules épithéliales de fl la portion de membrane granuleuse qui enveloppe l’ovule, fl C’est donc un chorion, le prochorion ; elle est perméable fl et se laisse traverser facilement par les spermatozoïdes. 1

Le vitellus ne contient qu’une petite quantité de vitellus fl nutritif, car il est surtout constitué par du protoplasma fl plastique, composé lui-méme d’un filament granuleux' fl baignant dans une substance albuminoïde. La vésicule ger- fl minative, placée excentriquement dans l’ovule, est formée fl par un réseau de chromatine qui joue le principal rôle dans ]H les phénomènes de la fécondation. Quant à la tache ger mi - fl

ovuLation et menstruation

native, elle est composée de plusieurs nucléoles brillants formés soit de substance chromatique, soit de substance achromatique.]

Ovulation et menstruation. — En tout temps, l’ovaire est rempli d’ovules à toutes les étapes du développement. L’expulsion des ovules parvenus à maturité est consécutive à la rupture des follicules de de Graaf, qui se rompent lorsque leur tension intérieure a acquis un degré suffisant. Il peut arriver que deux ou trois follicules se rompent en même temps ; ce qui explique, jusqu’à un certain point, la possibilité de grossesses gémellaires ou multiples, par suite de la fécondation de deux ou de plusieurs ovules. La déhiscence des follicules de de Graaf est produite par l’excès de leur tension intérieure, qui est elle-même fonction de la pression vasculaire de l’ovaire. Or, cette dernière pression s'accroît d’une façon régulière toutes les 3 ou 4 semaines, ce qui explique que, dans les conditions normales, la chute de l’ovule dans la cavité péritonéale se fasse périodiquement et précisément au moment où la congestion ovarienne est à son apogée. La congestion ovarienne commence à se produire au milieu de la période intermenstruelle ; c’est pourquoi, dès cette époque, toute cause quelconquecapabled’amener un afflux vasculaire considérable du côté des organes génitaux, peut provoquer la réplétion rapide d’un follicule et sa déhiscence. Il est démontré par les autopsies de femmes cardiaques mortes enceintes que, pendant toute la durée de la grossesse, il se produit des congestions périodiques des organes génitaux, qui peuvent, par conséquent, entraîner la rupture de follicules [arrivés à maturité]. On s’explique de cette façon la possibilité d’une superfécondation, c’està-dire d’une fécondation nouvelle, alors qu’il y a déjà un embryon en voie de développement, et môme d’une superfétation, la femme portant déjà un fœtus de six semaines.

Le phénomène que nous venons de décrire est {'ovulation ;\a congestion périodique des organes génitaux est la menstruation, expression qui indique qu’elle se reproduit régulièrement toutes les quatre semaines environ. Les deux phénomènes sont évidemment sous la dépendance du système nerveux central qui les régit. En effet, si le seul signe apparent de cette congestion est une hémorragie génitale externe de 3 à 4 jours de durée, ce n’est pas seulement pendant ces quelques jours qu’existent des troubles généraux;

et locaux de L’organisme, mais bien pendant les quatre sel mainesqui séparent les règles les unes des autres, de sorte; que la période menstruelle représente simplement la phase; terminale des modifications circulatoires, nutritives et ner«| veuses, qui surviennent d’une façon cyclique chez la femme.

La congestion de la sphère génitale ne s’établit pas tout d’un coup; au contraire, à partir du milieu de la période intercalaire, elle s’accroît lentement et progressivement: pour atteindre son maximum au moment où le sang, qui gonfle outre mesure la muqueuse utérine, s’échappe des vaisseaux sous forme d’hémorrhagie menstruelle. Aussitôt la réplétion sanguine de la muqueuse diminue, ainsi que l’activité de régénération de l’épithélium et des glandes, rt peu à peu l’utérus revient à son état antérieur, si du rm i 11s il n’y a pas eu fécondation. En tout cas, la muqueuse des-i quame par places, devient le siège d’ecchymoses, sa'gne plus ou moins, et finalement il lui faut deux semaines en-l viron pour se reformer.

L’énergie de la nutrition atteint son apogée avant la menstruation, fléchit immédiatement avant le début de celle-ci, et s’abaisse progressivement pendanttoute sa durée.

Les phénomènes qui se passent dans l’ovaire commandent les modifications du reste de l’appareil génital; s’ils viennent à manquer, il n’y a pas de menstruation. La turgescence de l’ovaire provoquée expérimentalement, à l’aide d’injections, détermine l’hyperémie de la muqueuse utérine (Strassmann).

Chez le même animal, les ovaires peuvent être transplantés dans une autre région de la cavité abdominale et y conserver leurs fonctions; ils continuent alors à provoquer la congestion de l’utérus, et il peut même, dans certains cas, se produire une grossesse normale (Knauer).

Inversement, après une double castration, l’utérus s’atrophie par modification vasculaire ; c’est la muqueuse avec; ses glandes et son épithélium qui s’atrophie la première.^ De même, les ovaires subissent une métamorphose régressive après l’extirpation de l’utérus.

Au moment de la menstruation, il se produit une hémorrhagie dans le follicule rompu, l’hémorrhagie est plus forte s’il doit y avoir grossesse, et il en résulte la formation d’un caillot plus volumineux. Dans ce cas, les ovaires sont augmentés de volume et gonflés.

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