PHLÉBITE UTÉRINE
l’alcool pendant et après chaque bain. En outre, alimentation de digestion facile, riche en albuminoïdes ; glace, boissons rafraîchissantes et excitantes.
Injections sous-cutanées de sérum artificiel.
Dans les cas d’infection putride, il faut tout d’abord procéder à l’évacuation de l’utérus, et par conséquent enlever le fœtus et les annexes putréfiés, mais sans produire de nouvelles lésions. Avant et après le nettoyage de l’utérus, faire des injections intra-utérines d’acide pbénique à 3 0/0 ou de lysol à 1 0/0 ; au besoin, un attouchement de la cavité utérine avec de l’acide phénique concentré. Finalement, introduction dans la cavité utérine d’un crayon d’iodoforme ou d’un tampon à la gaze iodoformée.
1. Phlébite utérine. — Lorsqu’il y a phlébite, les thrombus qui, physiologiquement obstruent les vaisseaux de la zone placentaire, se prolongent dans les veines de la paroi utérine tout entière et de là jusque dans les veines uléro-ovariennes. Les caillots peuvent alors être lancés dans la circulation générale, mais c’est dans les vaisseaux du poumon qu’on les rencontre de préférence.
Si ces thrombus veineux sont envahis par la putréfaction ou la suppuration, les caillots migrateurs portent l’infection là où ils s’arrêtent. Il en résulte des métastases septiques dans différents organes et en particulier dans la rate qui augmente alors considérablement de volume, dans les reins, dans le foie, ce qui donne lieu à un ictère intense, mais plus spécialement dans les poumons, dans les articulations, dans les yeux et dans la peau.
Cette forme d’infection est plus rare que la lymphangite utérine. Le péritoine et la plèvre sont assez souvent atteints en même temps.
Symptômes. — Inopinément ou après des phénomènes vagues d’endométrite, qu’il y ait ou non de la douleur ou des hémorrhagies, il survient un violent frisson suivi d’une ascension rapide dé la température et d’une abondante transpiration Le ventre est peu sensible, ou ne l’est que dans une région limitée; par contre, l’utérus est doulou-
Les phénomènes emboliques de l’infection purulente métastatique se répètent à intervalles plus ou moins réguliers. L’état de la malade empire alors rapidement ; elle se plaint de maux de tête et d’angoisse précordiale.
Fig. 159. — Endométrite et vaginite puerpérales diphtériti-
ques. — Transformation purulente des thrombus vasculaires de la zone placentaire. Eclampsie (aquar. orig.).
Puis apparaissent les uns après les autres les symptômes des maladies à métastases. La mort survient ordinairement au bout de 2 à 3 semaines pendant lesquelles la fièvre revêt la forme rémittente ou intermittente. Souvent aussi, dans ces cas, on voit se produire une phlegmatia alba dolens qui résulte de l’obstruction de la veine fémorale par thrombose et qui est caractérisée par un œdème blanc, dur et douloureux de la cuisse. Quand la phlegmatia apparaît la première, son pronostic est beaucoup moins mauvais.
Traitement. — Le traitement qui doit être, avant tout, prophylactique, doit réaliser encore plusieurs indications.
1° 11 faut empêcher la formation de thromboses volumineuses et, dans ce but, faire tout son possible pour éloigner toutes les causes d’hémorrhagies.
Ces causes sont : a) les contractions utérines insuffisantes, soit les contractions irrégulières du corps de l’utérus qui, cependant, ne donnent pas lieu à des hémorragies très abondantes, soit la paralysie isolée de la zone d’insertion placentaire qui se complique d’hémorragies extrêmement considérables et dangereuses.
6) La rétention de-débris ovulaires ou placentaires ne provoque guère d’hémorragies que dans le cours de la première semaine, mais elle détermine plus tard la décomposition putride des caillots vasculaires qui, en se détachant, donnent lieu à des hémorrhagies secondaires.
c) Les hémorragies, peu abondantes, mais répétées, qui se produisent après la première semaine des couches, tiennent à l’inertie utérine, à l’involution insuffisante de la matrice et surtout de la région correspondant à la plaie placentaire.
d) La cause de cette inertie est assez souvent l’endométrite; cette dernière détermine aussi la putréfaction des caillots et la congestion inflammatoire.
e) Les stases veineuses provoquent aussi des hémorragies. Il en est ainsi notamment quand il y a pléthore des organes du petit bassin, quand les accouchées se lèvent trop tôt, quand elles font prématurément des efforts, comme les efforts de toux ou de défécation ou qu’elles se livrent à un travail intempestif ; il se produit aussi des hémorragies quand il existe des troubles circulatoires consécutifs aux flexions ou aux déplacements de l’utérus.
Les émotions violentes et les brqsques accès de fièvre provoquent une congestion aiguë qui vient s'ajouter à ces causes prédisposantes.
Tab. VI.
Fig. 159.