BLÉPHAROPHIMOSIS, CANTHOPLASTIE
Le blépharophimosis, caractérisé par le rétrécissement de la fente palpébrale, l'angle externe étant caché sous un repli de la peau (planche XIV, fig.l), provoque et favorise Tentropion. Une traction sur la rég'ion temporale découvre Tang-le externe, ce qui distingue cet état de Tanlcyloblépharon dû à la soudure des bords palpébraux. Le blépharophimosis résulte du raccourcissement de la peau de l'angle externe.
Les conjonctivites chroniques, le larmoiemententraînent des excoriations et consécutivemsnt une atrophie cicatricielle de la peau. Le blépharospasme et la sénilité favorisent ce processus.
CSLlïthoplSLStie . — On y remédie par une section de l'angle externe. Les paupières étant bien écartées Tune de l'autre, on sectionne horizontalement d'un coup de ciseaux l'angle externe. On suture ensuite la conjonctive à la peau. Une première suture est disposée horizontalement, deux autres en haut et en bas ; elles comprennent la conjonctive et la peau. Pansement pendant quelques jours (PI. XIV, fig. 2).
La simple section de l'angle externe sans sutures [can-
Planche XIV. — Fig. i. — Blêpharophiniosis chez un lionnim âgé, pli vertical de la poaii devant l'angle externe.
Fig. 2. — Canlhoplastie. Elargissement de l'angle externe.
pion sénile de la paupière inférieure (et quelques cas d'ectropion paralytique) par le procédé de Kuhnt (Planche XVI). On excise un triangle comprenant le tarse et la conjonctive dont la base répond au bord palpébral ; la peau peut aussi être comprise dans Texcision. Mais l'excision de la peau peut entraîner la production d'un colobome, par action des fibres musculaires sectionnées transversalement. Antjllus avait autrefois proposé une opération analogue. L'opération de Kuhnt peut être pratiquée avec Tanesthésie loca1e(injeciion de cocaïne-adrénalinedanâla paupière). On peut se servir de la pince de Knapp ou de deux pinces qui circonscrivent Tespace triangulaire à détacher ; plus simplement encore on saisit la paupière entre le pouce et rindex de la main gauche. La largeur de la base du triangle doit varier suivant le degré de raccour-
Planche XV. — Fig. 1. — Ectropion par paralysie faciale. La nialado, femme de 52 ans, présentait un ectropion avec larmoiement intense.
Fig. 2. ^ Même œil, six mois après la tarsorrhaphie médiane et l'opération de Szymanowsky.
Planche XVI. — Ectropion sénile chez une femme de 61 ans, avec cataracte.
Planche XVU. — Fig. 1. — Opération de l'ectropion par le procédé de Kuhnt chez la même malade.
Fig. 2. — Le même œil, 3 mois après l'opération et 1 mois après l'opération tie cataracte sans iridectomie, légère cataracte se<"ondaire.
Planche XVin. — Fig. 1. — Ectropion sénile chez un homme de 73 ans. Larmoiement depuis 2 ans malgré la perméahilité des voies lacrymales. La conjonctive de la paupière inférieure est très enilamméc et très rouge.
Fig. 2. — Même teil traité par le procédé de Kuhnt moilifié par Millier.
Fig. 3. — Même œil 3 semaines plus tard.
BLÉPHAROPLASTIE 225
légitiment de plus grandes espérances, ont pu néanmoins déterminer une série d'accidents, évitables par le choix d'une technique mieux réglée. C'est cette technique que le professeur De Lapersonne vient de formuler tout récemment (1). Avant tout, il faut protéger l'œil d'une façon efficace, garantir le visage du malade par un masque de plomb présentant une fente au niveau de la région palpébrale; après cocaïnisation, on doit placer une large plaque de plomb dans le cul-de-sac conjonctival pour isoler complètement le globe pendant toute la séance. Il ne faut jamais dépasser 8 à 10 Holzknecht, et mettre un intervalle d'une quinzaine de jours entre chaque séance.]