Opération de la cataracte sénile. — Jusqu’en
OPÉRATION DE LA CATARACTE
1743 où Jacques Daviel pratiqua sa première extraction, le cristallin cataracté était abandonné dans l’œil ou déplacé par des manœuvres dites de dépression et de réclinaison. L’amélioration constatée dans la vision ne se maintenait pas en général ; au bout de peu de temps le cristallin reprenait son ancienne place ; il n’était pas rare de voir survenir une perte de la vision par infection et surtout par glaucome.
Fig. 12. — Incision de Beer. Fig. 13. — Incision de de Graefe.
Jusqu’à A. de Graefe la plupart des opérateurs pratiquaient le lambeau inférieur (fig. 12).
Pour tailler ce lambeau, on construisit des couteaux particuliers. La figure 129 représente celui de Beer.
Albert de Graefe modifia l’opération en pratiquant l'incision sclérale et en la réduisant autant que possible ; c’était l’incision linéaire et sa méthode prit le nom d'extraction linéaire. Comme une plaie aussi périphérique exposait à la hernie de l’iris, de Graefe joignit à son incision l’iridectomie qu'il pratiquait en haut, de manière à pouvoir cacher le colobome sous la paupière supérieure (fig. 13).
U fit construire un couteau spécial (fig. 33).
Les inconvénients de ce procédé engagèrent Albert de Graefe à reporter l’incision vers le bord cornéen, et par suite à donner une certaine hauteur au lambeau, tout en conservant l’iridectomie. A la fin du siècle dernier, la pratique de l'antisepsie et de l’asepsie, l’emploi des myotiques et de la cocaïne permirent de revenir à l’ancien lambeau sans iridectomie (Panas).
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Soins préparatoires. — Les soins préparatoires, les examens préliminaires portant sur l’état général ou sur l’état local et les fonctions de l’œil seront l’objet de toute notre attention.
S’il existe une cataracte incomplètement opacifiée et cependant opérable, on vérifie l’état de la vision centrale de la manière suivante.
Après dilatation de la pupille, on place le trou sténo-. péique et un fort verre convexe vis-à-vis du point le plus clair du cristallin. D’après la grosseur des plus petits caractères lus, il est facile de conclure à l’état de la vision maculaire.
On doit faire toujours à diverses reprises l'examen des urines (sucre et albumine).
Un état fébrile, même léger, constitue une contre-indication opératoire.
On doit rechercher avec soin s’il n’existe pas, en un point quelconque du corps, une suppuration (ulcère de jambe, eczéma, fistules, fissures aux narines ou derrière les oreilles) pour la recouvrir avec un pansement antiseptique, destiné à éviter toute cause d’infection de ce côté.
L’infection la plus menaçante pour les malades atteints de cataracte est celle qui siège au niveau du sac lacrymal. Une suppuration même insignifiante en ce point est susceptible de donner naissance à une infection du lambeau.
L’état du sac est vérifié par Vinjection d'épreuve du canal nasal faite la veille au soir ou le matin de l’opération.
L’état de la conjonctive est également examiné.
Un catarrhe conjonctival peut être aussi dangereux que celui du sac.
S'il existe (les personnes âgées y sont très sujettes), il faut au préalable le traiter.
Si la conjonctive paraît sipiplemenl suspecte, on n’hésitera pas à instituer le traitement prophylactique, en pas-
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sant le pinceau, imbibé d’une solution de nitrate d’argent à 1 0/0, une ou plusieurs fois dans les 24 heures. A plus forte raison si le pansement d’épreuve est souillé par quelque sécrétion.
Toute blépharite doit être traitée par l’ichtyol avant l’opération.
Il ne faut jamais oublier d’examiner à maintes reprises la tension oculaire des patients.
Pour peu que cette dernière se trouve élevée à un moment donné, on pratique l’iridectomie préalable, ou on administre des myotiqu.es jusqu’au retour du tonus normal. Le glaucome, après cataracte, est une des plus pénibles complications que l’on puisse observer.
Il ne faut pas négliger non plus Yexamen dç l'autre œil. Si ce dernier n'est pas sain, s’il présente des symptômes d’iridocyclite ou de glaucome, on devra d’abord combattre ces affections; au besoin il faut procéder àl’énucléationd’un œil atrophique après traumatisme ou opération, pour se mettre à l’abri d’une irritation ou d’une ophtalmie sympathique sur l’autre œil atteint de cataracte. L’œil cataracté est opéré 6 à 8 semaines après l’énucléation de l’autre œil.
En outre, on observera les précautions suivantes :