SALLES D'OPÉRATION
Je suis de plus en plus convaincu de la nécessité de placer tout près de la salle d’opération les chambres pour les opérés de cataracte, afin de faciliter leur transport au lit. Je considère comme très préjudiciable aux malades la pratique, devenue assez rare, qui consiste à laisser des ; opérés de cataracte ou de glaucome regagner eux-mêmes leur lit.
En effet il est de toute importance que les plaies intéressant le globe puissent s’agglutiner dans les 24 premières heures après l’opération, ce fait impose la nécessité d’une ] immobilité aussi complète que possible dès le début.
Il n’est pas nécessaire que la chambre des opérés de I
cataracte soit obscure. Il suffit que des stores appropriés ]
les préservent d’une lumière trop vive qui serait désa- j
gréable même pour un œil sain. Onveilleraà ceque l’aéra- ]
tion en soit parfaite car on a souvent affaire à des malades 1
âgés dont l’appareil respiratoire est très délicat.
Pour assurer le repos complet aux opérés de cataracte ]
et de glaucome pendant les premiers temps après l’opéra- 1
tion, on peut leur mettre dans la main une sonnette. I
En prenant cette précaution, on les débarrasse d’une J
anxiété pénible, capable de jouer un rôle dans l’apparition !
du délire post-opératoire, surtout avec l’emploi du panse- I
ment binoculaire. D’ailleurs, dès (que les malades mani- 1
festent des phénomènes d’agitation, on doit laisser leurs 1
yeux découverts, en protégeant simplement l’œil opéré 1
par un treillis métallique.
Eclairage. — L’installation de la salle d’opération et 1
son éclairage ne diffèrent pas des règles qui président |
à l’installation d’une salle d’opération en général. Oirpeut 1
seulement se demander si la peinture des salles doit être I
claire, comme on le fait dans les nouvelles installations 1
éclairage’
hospitalières, ou mieux, sombre avec éclairage latéral et limité pour éviter les reflets sur la cornée. Snellen recommande, pour les murs, le plancher et le plafond de lasalle, une peinture sombre noire mate. J’ai voulu vérifier cette opinion, en utilisant, pour opérer, une chambre noire qui me servait pour l’examen ophtalmoscopique.
Il est incontestable que cette disposition est très favorable pour les opérations où le reflet cornéen peut causer une grande gêne et où l’opérateur doit utiliser le maximum d’acuité visuelle.
Un certain nombre de nos opérations réclament le même éclairage qu’en chirurgie générale; c’est en particulier celles qui portent sur les annexes de 1 œil, (autoplasties, extirpation du sac, opération de Krônlein, etc.).
Fig. 1. — Photophore électrique à manche.
J’ai recours, depuis quelques années, à la lumière électrique, lorsque j’ai besoin d’une excellente lumière. J’emploie une lampe, enfermée dans un tube métallique muni (l’une forte lentille convexe, alimentée par un accumulateur transportable ; je la fais placer du côté où le reflet cornéen ne me gêne pas. Pour cetusage, on a besoin d’un aide attentif, car la lampe devient rapidement chaude et son voisinage du visage de l’opéré peut provoquer des