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OPÉRATIONS SUR I.A CHAMBRE ANTÉRIEURE

Fig. 05. — Extraction d'un corps étranger par l’aimant géant (opérateur en face)

LOCAUSATION DES CORPS ÉTRANGERS

11G OPÉRATIONS SUR LA CHAMBHE ANTÉRIEURE l’aimant coïncide avec le centre de la cornée. Mais comme le fragment est habituellement situe dans la partie inférieure du vitré, on le voit d’ordinaire apparaître derrière la portion inférieure de l’iris.

Le corps étranger peut aussi apparaître à la partie supérieure de l’iris si la pointe de l’aimant est placée à la partie supérieure de la cornée.

Le passage du fragment dans la chambre antérieure s’effectue avec d’autant plus de facilité qu’il est petit, que la pupille est peu contractée ou aisément dilatable. Afin d’éviter la pénétration dans le tissu irien, il faut interrompre le courant ou écarter la tête de l’aimant; presque toujours d’ailleurs, le patient effectue ce mouvement de lui-même.

L’extraction par l’aimant est souvent difficile lorsque le fragment est fixé dans les parois, ou entour-é d’exsudats ou de sang. L’ouverture et la fermeturedu courant à plusieurs reprises peuvent souvent réussir à le dégager; l’extraction est souvent malaisée lorsqu’il siège dans la région ciliaire.

11 est très important de donner à l’aimant une position horizontale et de laisser libres les mouvements de la tête du patient.

L’appareil se compose d’un noyau de fer doux de 60 cm. de long et de 10 cm. d’épaisseur, entouré d’une bobine actionnée par un courant de 70 à 100 volts. Il n’est pas nécessaire d’avoir un rhéostat pour mesurer le courant.

L’un des pôles est arrondi, l’autre effilé. L’aimant pivotant sur son axevertical, on peut facilement changer de côté.

Le courant peut être interrompu, à la partie inférieure de l’appareil, avec le pied ; l’opérateur a donc les mains! libres pour diriger la tête et pour écarter les paupières. Un bon éclairage est indispensable.

L’aimant géant constitue le meilleur procédé de recheiS che, puisqu’il comporte à la fois le diagnostic et le traitement.

On doit s’assurer toujours à l’avance, avec l’éclai—

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LOCALISATION DES CORPS ÉTRANGERS 147

rage latéral et, au besoin, avec la loupe, de la pénétration du corps étranger dans le globe de l’œil. Le plus souvent, la pénétration se fait par la cornée ou par la zone de sclérotique voisine ; il en résulte une blessure de l’iris ou du cristallin, parfois des deux. L’examen direct nous permet de découvrir non seulement le point d’entrée, mais encore le trajet. Le point de pénétration dans la cornée est indiqué par une petite ligne grise droite ou légèrement coudée. Un examen attentif permet souvent de reconnaître une deuxième ligne, parallèleàla première, constituée par la blessure de la membrane de Deseemet. La blessure de la capsule postérieure indique que le fragment a pénétré dans le vitré.

L’examen ophtalmoscopique peut, dans certains cas, permettre de localiser le corps étranger dans le vitré ou la .rétine.

La présence de bulles d’air dans le vitré n’indique pas forcément que le fragment est dans l’intérieur de l’œil.

11 est parfois nécessaire d’extraire certains fragments volumineux parla sclérotique, soitpar la plaie de pénétration, Soit par une incision nouvelle ; autant que possible, le fragment métallique doit toujours être extrait par la chambre antérieure ; on évite ainsi d’augmenter les lésions du vitré. Des éclats de 3 à 6 mm. peuvent passer à cûté du cristallin sans le blesser.

‘ L’extraction par la chambre antérieure, que permet l’aimant géant, favorise toujours la conservation de l’œil.

Technique. — L’opération se pratique de la façon suivante : après instillation préalable'd’atropine, de cocaïne et, au besoin d’adrénaline, après nettoyage soigné de la région oculaire et du sac conjonctival, le malade est assis sur une chaise en face de l’électro-aimant sur lequel il fixe solidement ses bras. L’opérateur se place dans l’une des deux positions indiquées fig. 95 et 96. En présence de patients pusillanimes, chez qui la peur fait écarter la tête

148 OPÉRATIONS SUR LA CHAMBRE ANTÉRIEURE de l’instrument, on se place en arrière ; les deux positions permettent de bien surveiller le champ opératoire et de, bien fixer les paupières avec les doigts. Il est inutile de’ fixer le globe, il faudrait en tout cas employer une pince non magnétique.

Les opérateurs porteurs de lorgnons devront prendre soin de ne pas trop s’approcher de l’aimant. Les lampes à armature métallique devront être éloignées de 10 à 20 cm. On doit avoir soin aussi de laisser de côté les montres.

Dans les cas d’éclats de petit ou de moyen volume, il est de règle de placer le pôle magnétique contre le milieu de la cornée. Si l’on suppose l’éclat volumineux, on emploie un courant plus fort ; s’il est présumé petit, on place le pôle mousse devant la cornée.

La pointe de l’aimant est approchée rapidement de la cornée pendant que l’on recommande au malade de regarder dans la bonne direction ; le passage du courant amène le corps étranger derrière l'iris et provoque une légère douleur et un recul de la tête. On veille à ce que le pôle aimanté ne quitte pas le milieu delà cornée, pendant l’ouverture et la fermeture du courant. S’il ne se produit aucune voussure de l’iris, on présente successivement les parties latérales de la cornée, mais jamais la région du corps ciliaire.

Lorsqu’on n’obtient pas de résultat, on dirige la pointe vers l’équateur, puis on la replace vers le centre de la cornée.

Il ne faut pas renoncer aux tentatives d’extraction trop rapidement, souvent le fragment doit se débarrasser d’un petit exsudât, qui le relie à la rétine. De temps à autre, il faut pratiquer l’examén ophtalmoscopique s’il est possible. J’ai observé dès cas, où des tentatives répétées m’ont permis, au bout de quelques jours, de réaliser l’extraction.

Lorsqu’un corps étranger visible à l’ophtalmoscope ne

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